Moi : Mon père avait pour principe de ne jamais faire nettoyer la pièce. C'est moi qui s'en chargeait, mais vous comprendrez que la dernière fois je n'ai pas eu le temps!
Bill n'en peux plus, je le sens après avoir vu le fouet posé contre le mur et après avoir ouvert une armoire pleine de couteaux, il est devenu blême. Je crois qu'il ne pensait pas que ça se pouvait réellement ce genre de choses. Il se précipite dehors la pièce et quelques secondes plus tard, on entend la porte claquer. Il est dehors. Les autres n'en peuvent plus et moi aussi d'ailleurs. On décide d'aller rejoindre Bill. On installe mes affaires dans la voiture et on part direction ma nouvelle maison. Celle-ci est beaucoup moins spacieuse que mon ancienne, mais je m'en fous car celle-ci a l'avantage de m'être invitante! Je rentre après les autres et tout à coup quand la lumière s'ouvre, pleins de gens me crient des saluts avec des chapeaux de fêtes, des confettis. On me présente à un certain Gordon (Si j'ai bien compris, la dame sort avec !!!) aussi à deux garçons : Gustav et Georg. Ils m'ont l'air assez gentils. Des voisins sont également venus me souhaiter la bienvenue dans le quartier. Je commence à pleurer, ceci est trop beau pour être vrai, mais ce n'est pas tout le monde qui l'a compris, car on me demande si tout va bien.
Moi:Ce n'est rien, je vous le jure! Seulement je connais la plupart seulement depuis quelques instants. Mon bonheur a commencé avec vous, dis-je en regardant Bill et Tom et la dame, mais je ne croyais pas que je pouvais être plus heureuse. Ce ne sont que des larmes de joie, un trop plein d'émotion je crois.
Je sens que tout le monde a l'air soulagé par ma réponse. On me faut visiter la maison et on me montre ma chambre. Elle est au sous-sol. Elle est jolie, je l'aime bien, elle a un style que j'adore, on m'affirme que c'est l'ancienne des jumeaux. Eh bien oui, je n'avais pas remarqué tout de suite, mais il y a effectivement une part du style de Tom. Cette chambre est magnifique.
2 heures plus tard
Après un souper super (Bien c'est peut-être moi aussi, à force de ne pas avoir mangé, n'importe quelle portion de nourriture me semble énorme!!!) et beaucoup de plaisir, les invités s'en vont sauf Gustav et Georg qui doivent parler à mes nouveaux frères. (Cela me fait drôle de me dire que maintenant j'ai des frères et une mère, mais je suppose que je finirai par m'habituer.) Moi je vais prendre ma douche et je me couche tout de suite après. Cette journée a peut-être été géniale, mais elle a été lourde en émotions, cela m'a fatigué. Je ne me sens pas encore à ma place, vous savez comme quand on rencontre pour la première la famille d'une de vos amies. Vous ne savez pas comment réagir ni quoi faire, c'est exactement ce que je ressens. Quand je rentre dans ma chambre, je me faufile sous ma couette et cinq minutes plus tard je suis toujours réveillée. Je sais ce qu'il cloche, ce matelas est trop mou, quand cela fait trois ans que vous vous couchez sur un sol qui est dur après vous avez l'impression que le lit va vous avaler tellement vous vous enfoncez dedans. Je déménage donc quelques affaires par terre comme mon oreiller et ma douillette. Je m'installe confortablement et je finis par m'endormir.
Plus tard cette nuit-là
Moi:Non! Non! Non arrête! Je ne veux pas! Non, je t'ai dit, ne me touches pas! JE NE VEUX PAS! NOOOOONNNNNNNN!!!!
Je me réveille en sursaut. Toute la famille est là. Je me rends compte que mes joues sont mouillées, j'ai pleuré. Ma nouvelle mère me demande :
Mère:Vas-tu mieux? Ça fait cinq minutes que tu gigotes. On s'inquiétait, on n'était pas capable de te réveiller. Tu n'arrêtais pas, il nous était impossible de t'approcher.
Moi:Je...euhh...je suis désolée.
Gustav:(Oh, je l'avais pas vu, celui-là) Ton père n'est-ce pas?
Moi:Oui, c'était lui. J'ai rêvé à la nuit...ma première nuit où il m'a...je suis tombée enceinte par après et j'ai perdu mon bébé. Il n'a pas survécu aux chocs que je recevais sans cesse. Il a tué mon enfant!!!, dis-je en pleurant.
Tom: Si j'ai bien compris, en plus d'avoir tué ton enfant il a également tué le sien. Il t'a fait de l'inceste. Ton fils était également ton frère et ton père était également celui de l'enfant.
Moi: Oui, c'est bien ça, dis-je en continuant de pleurer.
Bill:Mais il est dégueulasse!
Moi: Je sais, dis-je tout bas. Je sais, dis-je en me berçant. Je relève la tête, les regarde et leur dit : Je suis désolée de vous avoir réveillé, ça va mieux maintenant.
Georg:Une dernière question avant. Pourquoi dors-tu à terre?
Moi:Parce que je ne suis pas habituée dans un lit, j'ai l'impression que je me fais avaler tout rond.
Tous:Ah ok.
Tout le monde me donne un bec sur la joue et me souhaite une bonne fin de nuit.
Il est cinq heures du matin, l'heure à laquelle je me lève tout le temps. Je décide de faire comme chez nous! Avant que les autres ne se réveillent, je vais faire le ménage et à déjeuner. Même si père ne se levait pas avant huit heures. J'ignore de combien de temps je dispose maintenant. Je n'ai pas de vêtements à moi, donc je réemprunte ceux de Bill. Ici ça l'air à être des gens propre alors je vais faire de même. Je décide alors d'intégrer dans mon train-train quotidien le brossage de dents, le nettoyage du visage et le démêlage de cheveux. Maintenant que j'ai fini, je vais faire mon lit et je vais passer le balaie dans ma chambre en premier. Cinq heures trente, je monte en haut et je commence à faire le ménage de toutes les pièces. Je fais le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les autres. Je ramasse la vaisselle qui traîne un peu partout et les bouteilles de bière. Je remets toutes les choses à leur place avant de laver la vaisselle. Quand j'ai fini cela, je passe le balai dans tout l'étage. Six heures et quart, je prépare le déjeuner. Aujourd'hui au menue, crêpe aux fruits. Je fais la pâte, je tranche des morceaux de fruits et je sors le yogourt. Je commence le montage des crêpes quand Tom descend pour prendre son petit-déjeuner. Je lui tends l'assiette que je viens de finir. Il n'a pas l'air habitué à se faire servir!!! Bill nous rejoint quelques instants plus tard. À lui aussi je lui donne une assiette. Ils ont tout les deux l'air d'être fatigués raide, j'espère que ce n'est pas de ma faute!!! J'ai oublié le sirop! Je vais le chercher et le mets sur la table, ils pourront se servir. Après, je retourne dans la cuisine refaire la vaisselle que j'ai utilisée pour tout préparer.
Bill: Mmmmmhhh!!! C'est super bon Lauren!
Tom: Mmmmmhhhh!!!!Oh oui, c'est vrai!
Moi: merci.
De la cuisine je peux entendre
Bill: Ah salut maman.
Mère: C'est vous qui avez faite ça tout seul?
Tom: Non, c'est Lauren.
Mère: Il me semblait aussi!
Tom: Salut Gordon!
Gordon:Salut les gars. Qu'est-ce que vous mangez?
Je me précipite de la cuisine avec deux assiettes et :
Moi: Crêpe aux fruits, monsieur.
Je vais chercher deux tasses que je remplis de café que j'ai préparé tout à l'heure. Je les amène à Gordon et à maman.
Mère: Oh que c'est gentil. D'habitude c'est moi qui fait à déjeuner. Et d'habitude Bill et Tom n'en redemande pas encore!!!!dit-elle en voyant les gars se précipiter dans la cuisine pour en avoir d'autres.
Je peux entendre Tom et Bill dirent
Les deux: Il en reste plus!!!!
Moi: Si, il est dans le réfrigérateur en haut.
Et comme d'habitude je les entends se chicaner pour savoir qui aura la crêpe, mais je peux constater qu'ils se sont améliorés depuis tantôt quand je rentre dans la cuisine. Je vois Bill partager la crêpe en deux. Tom a de grands yeux ronds et se liche déjà les lèvres. Bill a de la misère par contre à couper la crêpe tellement il est pressé.
Moi: Attends, je vais t'aider, Je vais chercher un couteau coupant. Tu vas voir, ça va aller mieux.
Je coupe la crêpe tant désirée en deux et pose une moitié dans chaque assiette. Ils se précipitent à la table pour la manger.
Mère: Voyons les gars, mangez pas trop vite.
Les deux : Mais c'est trop bon!
J'entends maman rire et Gordon aussi
Mère: Je crois qu'il y en a deux qui aiment ta cuisine, Lauren.
Moi:Merci.
Je remarque que maman et Gordon ont fini de manger. Je les dessers pendant qu'ils boivent leur café.
Mère: Ah, Lauren tu n'es pas obligée.
Moi: Si, si. Je n'ai rien d'autre à faire de toute façon.
Mère: D'accord, les garçons vont t'aider.
Moi: Ah non, non! C'est correct. De toute manière ce ne sera pas long.
Je ramasse la vaisselle des garçons qui avaient fini de manger entre temps.
Bill: Bon, je vais aller m'habiller.
Tom: Oui, moi aussi!
Un instant plus tard
Bill: Wow. Le salon est propre! C'est toi maman?
Mère: Non. Gordon?
Gordon: Non, plus.
Bill: En tout cas ça ne peut pas être Tom! (rires)
Tom: Quoi!?! Qu'est-ce que t'as dis?
Bill: Ben non, voyons. C'était une blague. Ah, c'est Lauren. Merci Lauren!
Moi:De rien.
Je cois qu'au moins ici on apprécie ce que je fais. Ça me fait plaisir. De la cuisine j'entends maman m'appeler.
Mère: Lauren, Pourrais-tu venir, s'il vous plaît.
Moi: Oui, une seconde j'arrive.
Je me dirige vers la cuisine.
Mère: Avant tout, je voulais te remercier. Ce la ne fait même pas une journée que tu es avec nous et je sens déjà que les garçons t'apprécient déjà énormément.
Moi:Merci, mais ce n'est pas pour être impolie, mais c'est devenue une habitude chez moi. Je fais tout ça par instinct comme si mon père était toujours là et que je ne voulais pas qu'il me dispute. Ça ne signifie pas pour autant que je ne vous aime. Je crois que vous êtes la plus belle chose qui me soit arrivée et je le pense sincèrement. Seulement tout ceci n'était pas vraiment consciemment.
Mère: Ton père, nous le savons ne pourra jamais plus t'approcher. Je te le promets. Bon pour aujourd'hui, j'ai appelé l'école hier et il on accepté de te prendre. Tu auras également le même horaire que les garçons. Je vais aller voir tes professeurs pour leur demander si tu peux reprendre la matière que tu n'as pas vue. Ensuite, cette après-midi, j'irai t'acheter tes fournitures scolaires après quoi j'irai te chercher pour notre rendez-vous avec l'avocat. D'accord?
Moi: Oui, d'accord.
Mère: Ok, j'ai remarqué tu avais les même vêtements qu'hier.
Moi: Oui, euhh c'est parce que je n'ai pas d'autres vêtements. Si vous voulez, on pourra retourner chez nous pour aller en chercher qui appartenaient à ma mère?
Mère: Oui, ça serait une bonne idée, mais si tu veux, on ira t'en acheter aussi des nouveaux. Pour aujourd'hui je vais redemander à Bill de te rapprêter d'autre linge.
Moi: Ok. Merci.
2 minutes plus tard
Mère: Voilà, ceux que tu portes présentement, tu peux les mettre dans le panier de linge sale qu'il y a derrière ta porte de chambre.
Moi: Ok merci.
Gordon: Bon je vais y aller. Salut et bonne journée.
Mère et moi: Oui bonne journée à toi aussi.
Après avoir dit salut à Gordon, je file me changer. C'est à peine croyable les vêtements de Bill sont trop grands pour moi, c'est pourquoi je remets la ceinture d'hier sinon je vais perdre les pantalons. Je remonte en haut et j'attends les garçons.
Moi: Ah, les voilà.
Tom: Tiens Lauren, je t'ai amené un chandail, tu auras peut-être froid aujourd'hui.
Bill: En tout cas, tu es jolie dans mes vêtements.
Moi: Je... euhh... merci beaucoup. (Je rougies)
Je mets le chandail à Tom et je suis les garçons jusqu'à l'école. Arrivée là-bas, Bill et Tom vont rejoindre deux filles qui sont apparemment leur petite-amie. Quand je monte les marches de l'escalier principal, la fille avec Tom me dit :
Fille 1: On dirait une poule déplumée, la vache!!!
Fille 2: Ah tu trouves, moi je trouve qu'elle ressemble trait pour trait à un épouvantail.
Fille 1: Peut importe, elle est laide à mourir!!!
Fille 2: Ouin les gars, vous avez bien choisi l'épouvantail, elle fait peur et en plus... (Elle me regarde, elle a vu que je portais les vêtements de mes frère, mais elle a l'air de l'ignorer.) Elle pense nous voler Bill et Tom en s'habillant comme eux!!! La garce!!!!
Fille 1: Salope!!! Me dit-elle en me giflant.
La gifle m'a fait tournée la tête, mais j'ai vu pire. Je refais face à la fille qui a l'air surprise que je ne dise rien ou que je n'essaye pas de la buter!!! Une larme coule sur ma joue, je me retourne et rentre dans l'école. Je vais me poser sur un banc non loin de l'entrée. Je me recroqueville et commence à pleurer abondamment. J'entends mes frères se chicaner avec les filles et leur dire qu'entre eux tout est fini. Peu de temps, ils sont à mes côtés.
Bill: On est désolé. On ne croyait pas que...
Moi: Suis-je si laide que ça?
Tom: Nooonnn!!! Pourquoi dis-tu ça?
Moi: Parce que à part vous personne ne m'a affirmé le contraire.
Bill: Ces filles ne te connaissent pas!
Moi:Et mon père...
Bill: Est un salop!!! Nous, on ne te laissera pas tomber. Viens, on va aller en cours. On demandera au professeur si tu peux t'asseoir à notre table.
Moi: D'accord, c'est gentil.
Bill:Ça fait plaisir. Bon on y va?
Je suis les garçons au troisième étage et on va en classe. On rencontre alors le professeur.
Professeur: Déjà! De votre part, ça me surprend! Ah, qui est cette jeune fille? Une nouvelle conquête Tom?
Tom: Non, c'est notre nouvelle s½ur.
Professeur: Ne dis dont pas des niaiseries! Je la reconnais, elle est passée à la télévision et son père...
Bill: Oui, on sait tout ça! Mais c'est vrai, c'est bien notre nouvelle s½ur. Maman lui a proposée de faire partie de la famille il y a deux jours et elle a accepté. Elles ont signées les formulaires d'adoption hier. Écoute, on aimerait savoir si elle pouvait se mettre avec nous?
Professeur: Oui bien sur, mais dites-moi son nom afin que je puisse le mettre sur le plan de classe.
Tom: Ce n'est pas encore fixée. Elles vont le signer ce soir, mais pour l'instant, mettez Lauren Kaulitz.
Professeur: D'accord. Bon, moi je m'appelle Sébastien et je suis le professeur de Mathématiques.
Moi: Enchantée monsieur. Contente de vous connaître.
Sébastien: Bill et Tom se feront, j'en suis sûr, un plaisir de vous faire un condensé de ce que l'on a appris depuis le début de l'année. N'est-ce pas les garçons?
Bill: Oui bien sûr.
Professeur: Bon, moi je vais me chercher un café au Tim Horton, je suis de retour d'en environ 20 minutes. Salut les jeunes.
Nous tous: Salut monsieur.
On se dirige vers la table du fond et je m'asseye sur la chaise du milieu. Mes deux frères se placent de chaque côté de moi. Pendant quinze minutes ils m'expliquent la matière vue en classe.
Moi: Il n'y a que ça?
Bill: C'est parce que l'on a jusqu'à date eu trois cours.
Moi: Ah d'accord. Vous savez ce que l'on va apprendre aujourd'hui?
Tom: Oui, aujourd'hui ce sont les divisées.
Moi: Ok...
Je sens un silence gênant s'installer donc :
Moi: Je voulais vous dire que je suis désolée pour vous.
Bill: À propos?
Moi:N'essayez pas, je vous ai entendus tout à l'heure vous disputer avec les filles. Je suis triste pour vous, vous deviez les aimer!
Bill:Oui, moi c'était une relation qui a duré deux mois au moins.
Tom: Mais quand on a entendu la manière dont elles t'ont parlée, on ne l'a pas pris. Elles sont connes au fond. Elles ne nous avaient jamais montré cet aspect d'elles. Elles t'ont jugée avant de te connaître.
Bill: Moi ce qu'il me fait le plus de peine ce ne sont pas elles ou le fait que l'on ne soit plus avec elles, parce que si elles se permettent de parler de cette façon à ma s½ur c'est qu'elle ne mérite pas mon attention et je ne serai pas triste pour quelqu'un comme ça. Moi ce qu'il me fait le plus de peine, c'est de te voir dans cette état.
Moi: Quel état?
Tom: Arrêtes Lauren. On ne peut peut-être pas tout comprendre ce qu'il t'es arrivé, mais Bill et moi, on trouve que tu es une fille formidable parce que tu pourrais haïr toutes les personnes et tu aurais toute les raisons du monde et pourtant tu acceptes que l'on s'approche de toi quand même et on trouve ça géniale. Bien que l'on ne te connaisse que depuis peu de temps, on sait parfaitement que tu ne méritais pas ça. Ce n'est pas de ta faute si tu es comme ça.
Moi:Laide? Dis-je en pleurant.
Bill: Ne dis pas ça, tu n'es pas laide. Ce sont seulement les plaies des coups que tu as reçus. Tu vas redevenir belle, on le sait ça et c'est ça le plus important.
Moi:Je ne sais pas comment je suis, cela fait trois ans que je ne me suis pas vue. Et si j'étais défigurée pour le restant de mes jours à cause des coups?
Tom: On s'en fout ça. Tu es notre petite-s½ur et on t'aimera même si tu n'es pas belle, ce qui me surprendrait en passant. Si les autres n'acceptent pas le fait que l'on soit avec toi, qu'ils s'en aillent, on n'a pas besoin d'eux, me dit-il en me berçant.
Moi: Merci, dis-je en souriant.
Bill: Pour quoi?
Moi: Personne ne m'avait jamais dit ça à part ma mère bien sûr.