L'aventure continue...





Tome
deux




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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 14:07

Modifié le lundi 21 septembre 2009 15:32

Chapitre 1

Lundi le 27 de Novembre
7 :50 heures du matin
Chez nous


Lauren: Bill??? Où as-tu mis ma veste?
Bill: Elle est dans ma chambre avec tes pantalons, me répond-t-il.

C'est bien ma veine. Il fallait à tout prix que durant ces trois mois j'ai assez grossi pour que Bill et moi fassions la même taille de vêtements!!! Il faut que j'arrête de chialer, moi. Lui, il me prête bien ses vêtements parfois! Je me détends à ce moment. Ce n'est pas le temps de faire sa capricieuse, on doit partir pour l'école dans moins de deux minutes, je n'ai pas le temps de chercher cette fameuse veste en haut, alors j'en enfile un autre.

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Pendant ces trois mois, il s'en est passées des choses. Seulement des belles par exemple. Je me suis beaucoup plus rapprochée de mes frères en particulier, mais aussi de mes amis que je n'oublie pas !

D'ailleurs, Andreas m'a appris à faire du skate, son «sport» préféré. Au début, bien qu'ayant de la volonté, j'avais super peur de me casser la gueule, disons-le comme ça, mais à force je me suis habituée. Andreas m'a beaucoup appris sur le maniement, il excelle là-dedans. Il aime bien faire des démonstrations dans la rue, les fins de semaines, quand j'ai le temps, je vais le voir à chaque fois. Hélia, pour sa part, me parle de l'agent masculine et me donne ses «trucs» pour bien aborder un garçon, je peux vous dire que je ne me suis pas pratiquée de ce côté-là. Pour l'instant, je ne pense pas vraiment à regarder les garçons, ils ne m'intéressent pas. Les seuls parmi eux auxquels je prête attention, sont mes frères, Gustav, Georg, Andreas et Pierre. À part ça, elle vient très souvent chez moi ou c'est moi qui vais chez elle, mais à chaque vendredi soir, nous faisons quelque chose ensemble. Elle m'a même fait un compte MSN pour que l'on puisse se parler même quand nous ne sommes pas ensemble. Elle a pris soin d'ajouter les adresses de mes amis et de mes frères parce que moi et l'ordinateur, ça fait deux encore pour l'instant. À part de ça, Georg aime bien me traîner dans les fêtes foraines quand il y en a une. La dernière était celle pour le temps de l'Halloween. Je me rappelle que cette journée, il ne m'avait pas lâchée une seule seconde et me demandait à chaque quart de tour si je voulais faire la grande roue, le bateau, les montagnes russes et ou autres manèges. Avec lui, je ne peux absolument pas dire que je m'ennuie. Il est tellement plein de vie, il ne peut se tenir plus de deux secondes sans rien faire...un peu à la manière de mes frères quoi ! Gustav, lui, c'est le garçon calme, sûr de lui, qui aime aider les autres. Un jour, peu de temps après que j'aie recommencé l'école, il m'a invitée chez lui où j'ai fait la connaissance de sa fille comme il aime dire...mais en fait, c'est sa petite s½ur de deux ans. Depuis, je vais chez lui quand il a besoin que quelqu'un la garde. Parfois il reste avec moi et on la garde tous les deux. À long terme, quand ses parents partent en voyage, je vais dormir chez lui pendant quelques jours, ce qui lui permet en même temps de faire complètement ces nuits, ce qui pour moi, ne me pose absolument aucun problème, puisque contrairement à la plupart des personnes, je n'ai besoin que d'environ cinq heures de sommeil ! Ann-Laurence, c'est la fille avec qui je magasine le plus je crois, bien sûr Bill nous accompagne aussi très souvent, mais ça n'enlève aucunement le charme de «shopping» entre filles parce que j'ai appris que Bill avait un côté très sensible assez développé. Pierre, c'est le garçon avec qui je fais tout mes projets d'école. Le fait que nous soyons tous les deux très intellects nous aide un peu dans notre relation, mais je l'aime surtout pour son côté humoristique. Je vous jure, il est très drôle et il n'est pas capable de s'arrêter ! Avec lui, tu passes une bonne journée, c'est obligé ! Quand je ne vais pas bien, la seule chose qu'il a à faire c'est de me raconter une de ses fameuses blagues pour que tout de suite j'aille beaucoup mieux. Il est venu chez nous pour la première fois quand notre groupe a commencé à réviser pour le concours d'histoire. Cette fois-là, j'avais invité tout le monde à rester à souper chez nous, ce qu'ils n'ont point refusé évidemment. Il a été le dernier à partir de chez nous. Au début, mes frères se méfiaient de lui, mais finalement ils l'ont accepté. Je ne dis pas qu'on l'invite à chaque fois que je sors avec le groupe, mais quand il est là, il est quand même le bienvenu. Pour ce qui est de Nikita, que dire sur cette beauté japonaise ? Son c½ur est égal à elle-même, c'est beaucoup dire sur la nature de cette jeune femme. Nous nous voyons rarement maintenant puisque que le concours est terminé, mais à chaque fois, c'est toujours avec plaisir que je vais prendre un café avec elle ou que je sors dans un restaurant. Je l'appelle aussi très souvent pour prendre de ses nouvelles avant son départ. Je lui aie d'ailleurs promis d'aller la visiter au Japon, donc elle m'a donnée son adresse là-bas et j'attends impatiemment que la session finisse pour aller passer quelques jours avec elle. Avec Bill, tout va pour le mieux comme avec Tom aussi. Chacun si différent et si pareille à la fois, ils sont des anges sacrés pour moi. Nous vivons ensemble, pour l'un et l'autre. Parfois, nous pouvons passer une fin de semaine seulement que nous trois, coupés du reste du monde et c'est d'ailleurs ces moments qui sont mes préférés. Non que je sois égoïste, mais j'ai l'impression qu'il n'y a qu'eux qui me comprennent vraiment. Tom, c'est mon confident. Si je ne dis pas quelque chose à Tom qui est important pour moi, je vais mal me sentir pendant un bout de temps et mon frère le remarque tout de suite. C'est aussi lui qui insiste parfois pour que je crache le morceau. Ensemble, nous passons beaucoup de notre temps à jouer de la guitare. Ayant considérablement avancée dans mon cours de musique, les partitions se faisant à chaque fois plus difficiles, il est là pour m'aider. Musicienne de nature, je n'ai aucun problème avec la partition et la théorie, mais quand il est temps de le faire en pratique, c'est moins facile et j'ai souvent besoin de ses conseils, ayant lui-même déjà joué les mêmes partitions. Bill, c'est le garçon avec qui j'écoute le plus souvent des films humoristiques, des films d'amours, comme Tom le dit, «des films pour filles», mais Bill, lui, il s'en fiche carrément. À chaque fin de semaine, le dimanche soir, il tient énormément à ce que l'on fasse ce qu'il appelle notre rituel, ce qui consiste à me faire une manucure. Il aime bien mes mains qu'il dit, facilement maniable selon lui ! Ensemble, il nous arrive souvent de sortir sur un coup de tête. C'est même lui qui m'a convaincue d'aller dans une discothèque pour jeunes au centre-ville. Mes deux frères, ayant toujours autant horreur d'ignorer où je suis et avec qui, m'ont obligée à m'acheter un téléphone cellulaire. Je suis rendue que je les appelle à chaque fois que je change de place. «Là, je suis sortie de l'école et je m'en vais chez Hélia écouter un film.» Plus tard : «Rebonjour, c'est seulement pour dire que je suis arrivée chez Hélia.» Quatre heures plus tard : «Re! Alors je viens de partir, je devrais arriver d'ici dix minutes. Salut !» Eh oui, mes frères peuvent parfois être très exigeants, mais si c'est pour les rassurer, j'accepte sans discuter leur requête...eh oui, c'est comme ça que j'appelle chaque chose qu'ils me demandent de faire, mais c'est toujours avec plaisir que je les exécute.

Comme je l'avais prédis, Simone s'est vite remise de son «burn out». Elle sait maintenant où sont ses limites et fait tout pour ne pas les franchir une nouvelle fois, se rendant compte qu'elle avait beaucoup préoccupé ses fils et...sa fille. Elle a recommencé à travailler, mais de façon beaucoup plus modéré. Quand elle se sent fatiguée, au lieu d'aller travailler, elle appelle pour dire qu'elle prendra une journée de congé, ce qui, parfois, ne lui fait pas de tord parce que c'est le genre de personnes qui n'arrête pas de travailler. Elle dit souvent qu'elle a eu sa part de «burn out» et maintenant, elle aime mieux prévenir que guérir, ayant fait l'expérience de cette maladie.

Pour le concours, j'ai rencontré les filles jeudi soir. Nous croyons que nous avons des grandes chances de gagner au moins un des trois prix. En ce moment, nous parlons également du prochain concert qui se tiendra dans la dernière semaine avant les grandes fêtes de Noël. Nous avons discuté de la possibilité de jouer deux chansons, une de Tokio Hotel, «Rette mich». Les filles veulent que je la chante, parce qu'elles pensent qu'elle me représente bien, ou du moins, ce que j'ai été auparavant. L'autre chanson, c'est une de leur composition. Vu qu'habituellement, c'est seulement Gabrielle et Marie-Aimée qui la chantaient, on a dû faire quelques changements pour que je puisse faire les vocalises. Eh oui, ni plus, ni moins ! J'ai refusé de chanter leur composition justement parce que c'était la leur. J'ai argumenté et finalement nous sommes tombées d'accords. J'ai accepté de chanter, mais seulement les vocalises s'il y en avait et en n'ayant pas, elles se sont arrangées pour qu'il y en ait !

Pour ce qui est du domaine scolaire, mes frères, franchement tannés du comportement de la secrétaire à mon égard, sont allés se plaindre au directeur qui m'a convoquée plus tard pour savoir le fin de mot de cette histoire. Je n'ai pas osé lui mentir, allant ainsi contre mes principes et du coup, la secrétaire a dû faire ses valises. Depuis, une autre femme a prit son poste, celle-ci d'ailleurs m'aime bien pour une raison ou pour une autre.

À travers ma vie d'adolescente, je mène aussi une vie de femme d'affaires. En effet, il y a deux mois exactement, jour pour jour, le maire de la ville et venu me voir, embarrassé par ce qu'il voulait me demander. Les fonds budgétaires étant à secs à cause des nombreux incendies et de l'obligation qu'il avait d'ordonner la reconstruction des foyers, nombreux sans-abris n'avaient pas pu avoir le logement dont ils réclamaient. C'est ainsi que je lui ai accordé trois millions de ma liquidité pour construire cette édifice. À chaque matin, je passe devant le chantier de construction et je vois que les hommes prennent à c½ur ce projet parce qu'à chaque fois, je suis étonnée de voir à quel point ils ont avancé depuis la dernière fois que je suis passée. À part de ça, je me tiens au courant des nouvelles recherches dans le domaine médicale que l'on fait en matière de nouvelles maladies découvertes et des vaccins qui ont besoins d'être développés, du coup, je donne souvent un peu de mon argent pour faire avancer la science. En parlant de santé, il y a deux semaines environ, j'ai accordé un prêt à la ville pour faire construire l'hôpital qui va remplacer l'ancienne, brûlé par les flammes de l'incendie du 19 octobre dernier.

À côté de cette vie, j'ai ma vie médiatique qui va bon train ces temps-ci, à cause du procès qui n'est pas encore fini. Tous les journalistes du pays s'arrachent les dernières nouvelles et surtout la «Battante» comme ils m'ont surnommée dans la presse. Chaque passage de ma vie les intéresse et maintenant presque que tous mes faits et gestes sont étalés sur la place publique. Autant quand je dis à quel point je menais une vie fabuleuse dans les premières années de ma vie, autant que lorsque je leur révèle des extraits de ma vie tourmentée dans ce château. L'évènement a tellement prit de l'ampleur qu'elle est sortie du pays pour s'afficher dans les pays voisins, sortir du continent et traverser l'Atlantique pour se rendre chez nos voisins les américains.

D'ailleurs, à mon dernier passage à mon appartement à New York, beaucoup de supposés anciens amis de ma mère m'attendaient devant l'immeuble. Certains que j'avais rencontrés dans la rue au début de l'année pendant mon long voyage de dix jours, me reconnaissaient enfin, reconnaissaient la fille qu'ils ont vue faire la charité aux sans-abris. C'est dans ce même laps de temps que j'ai revue mon ancienne gardienne, à peine âgée de vingt-deux ans. Elle a même d'ailleurs débarqué un jour en Allemagne tenant à me voir pour affaires financières. Elle était enceinte...plus tôt dans l'année, comme elle me racontait, elle s'était faite agressée et suite à cela, elle s'était rendue compte qu'elle était enceinte. Quand elle s'en est aperçue, il était malheureusement trop tard pour elle d'avorter. Elle a dû garder l'enfant qu'elle va avoir d'ici peu. Le problème, comme elle le disait, c'est qu'avant cette nouvelle, elle avait déjà de la misère à joindre les deux bouts, alors avec un enfant en plus, elle était complètement désespérée la pauvre. J'ai accepté de l'aider, mais à une condition, qu'elle reprenne les cours, qu'elle les fasse par correspondance ou non, ça je m'en fichais bien, mais je voulais que plus tard, elle puisse dire à sa fille que sa mère s'était battue jusqu'au bout pour mener une meilleure vie. Je voulais qu'elle soit fière d'elle, qu'elle s'instruise pour finalement trouver un travail qui avait de l'allure. Je voulais qu'elle ait la possibilité d'avoir une vie stable. Par contre, je lui aie formellement interdit de trouver un travail tout de suite. Je voulais qu'elle se concentre sur deux choses principalement : sa fille et ses études. Je ne demandais rien de plus, rien de moins. Elle a accepté tout de suite toutes mes conditions sachant pertinemment que je ne lui accorderais aucun cent si elle ne se donnait pas la peine de s'aider. Depuis, elle m'envoie fièrement une lettre, détaillant chaque dépense qu'elle fait et en m'expliquant pourquoi une telle dépense avait été nécessaire. Je lui accorde environ 1000 dollars tous les mois selon si le dollar s'apprécie ou se déprécie. La moitié va pour son loyer, sur les 500 qui reste, 300 vont pour la nourriture et autres dépenses, le 200, elle le garde jalousement à la cent près au cas où elle aurait une dépense imprévue. Je vais parfois lui rendre visite une fin de semaine par mois pour voir concrètement ce qu'elle devient. Jusqu'à date, elle va très bien et je suis contente de voir qu'à chaque fois, elle rayonne davantage.

Dernièrement, une université du Québec m'a demandée de donner une conférence de presse dans le cadre d'un des cours de politique pour les droits humains. Elle est prévue pour après Noël, vers la mi-février. Je ne sais pas exactement quelle date, celle-ci n'étant pas encore fixée, mais l'école tient énormément à me renseigner de chaque avancée qu'ils font.

On peut dire que oui, ma vie a drôlement changée depuis trois mois, mais je sais que je reste qui je suis. Je tiens énormément à vie ma privée, même si j'entretiens une bonne relation avec ma vie publique. Je donne quelques fois des ateliers dans le comté sur la confiance en soie, ce que les jeunes et les moins jeunes aiment tous autant. À la fin, j'ai su rester moi-même et j'ai finalement retrouvé la petite fille de douze ans enfouie au fond de moi, refoulée depuis longtemps. On peut effectivement dire que je suis maintenant en paix avec mon âme et d'ailleurs pour entretenir cette paix avec moi-même, j'ai décidé de me faire suivre par une psychologue, reconnaissant en fin de compte que oui, j'avais un problème, ce qui a été, je crois le plus grands des pas avants que j'ai fait jusqu'à date ; d'accepter que je n'étais pas infaillible et qu'on ne me demandait pas de l'être. Et voilà où je suis rendue aujourd'hui, j'ai beaucoup avancée, mais j'ai peu changé je crois. Je reste toujours cette petite fille pétillante et pleine de vie d'autrefois et maintenant, je me sens très bien dans ma peau. J'ai su accepter avec le temps que mon corps ne pourra jamais revenir comme avant et qu'il y aura toujours des balafres ici et là, mais je me suis quand même fait faire une opération pour qu'elles paraissent moins, ce qui, à mon grand contentement c'est avérée efficace. J'ai récemment fait enlever mon plâtre et je peux vous dire qu'au début je n'étais pas très à l'aise avec la liberté de mon bras, m'étant habituée à être confinée à l'intérieur de ce drôle de tube dur. J'ai aussi subi une opération parce ma rate s'est déchirée à force d'avoir reçue des coups à cet endroit. On n'avait pas remarqué au début parce que c'était minime, mais à force, la blessure s'est agrandie et elle a finit par vraiment me faire mal. Je suis restée en convalescence pendant une semaine. Une semaine où tous les jours mes professeurs venaient me faire le cours dans ma chambre d'hôpital. Parfois celui-ci était interrompu par les allées et venues des infirmiers et des infirmières qui voulaient s'assurer que j'allais bien. Je vous rassure, cette fois-là, je ne me suis pas sauvée, je suis restée bien sagement dans mon lit à ne bouger que le petit doigt de temps à temps pour prendre des notes de mes cours ou pour faire mes devoirs, mais sinon, je n'ai rien fait.


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Jeudi, le 30 Décembre
20 :37 heures
À l'auditorium de l'école


Gabrielle : Mon dieu, mon dieu ! Qu'est-ce qu'on fait ici ? Je vais mourir à force d'être stressée. Pourtant ce n'est pas la première fois que je monte sur scène ! Pourquoi il faut que ça m'arrive dans un moment aussi crucial que celui-ci ?
Marie-Aimée : Gabrielle, ferme-la ! Tu me stresses à paniquer. Arrête un peu s'il vous plaît !
Gabrielle : La ferme toi-même! Ce concours représente tellement pour nous. C'est une chance en or de se faire connaître. Des concours de cette envergure, ça ne t'arrive pas deux fois dans la même vie.
Marie-Aimée : Justement ! Raison de plus pour que tu ne gâches pas tout en te mettant dans cet état.
Zuzi : Les filles, on se calme. Ce n'est pas en perdant le contrôle que ça va fonctionner. Gardez la tête froide et pensez seulement que c'est un show comme n'importe quelle autre.
Lauren : Zuzi a raison. Si on commence à paniquer tout de suite, autant mieux se retirer immédiatement de la compétition. Il ne faut pas se laisser faire et puis, personnellement, je ne suis jamais montée sur les planches, mais ce domaine vous le connaissez bien. Je suis sûre que tout va bien se passer un coup qu'on va commencer à jouer. Il ne faut pas s'en faire...laissons vivre la magie !
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21 :43 heures
En back stage


Je peux entendre l'animateur qui nous vante en ce moment au public qui est venue ce soir pour supporter les musiciens de leur ville ou de leur région. Il parle vite en faisant de grands gestes...en bon québécois, on peut dire qu'il est entrain de «crinquer» les spectateurs. De derrière je peux l'entendre demander aux personnes dans la salle de nous applaudir.

Le public tape dans leurs mains, pendant ce temps, je prends le micro que l'on me tend et vais me placer dans la cage de verre que l'on a fait construire exprès pour le spectacle. Puisque nous sommes le dernier numéro, les filles tenaient à ce qu'il soit inoubliable me répétant que l'on souvenait la plupart du temps toujours de la dernière chanson. Pour l'occasion, j'ai mis des souliers ballerines noirs avec des pierres noires dessus, des collants noirs, une jupe en laine rouge et un veston noir. J'ai mis une sorte de couronne inversée sur mon front elle aussi avec des pierres. Gabrielle referme la porte, me fait signe qu'elle s'est enfin totalement relaxée et qu'elle ne veut à présent que vivre l'instant présent. Je la vois se placer de l'autre côté de la scène tandis que les autres prennent également leur place respective. Les rideaux rouges s'ouvrent lentement quand commencent les premiers accords diffusés par une bande sonore sur laquelle je joue le piano et le violon. Les lumières commencent à éclairer les filles, me laissant toujours dans l'ombre. Marie-Aimée commence les premiers accords de guitare suivie de Gabrielle. Nous avons décidé de mettre en projection derrière la scène, des photos de mon ancienne famille quand j'étais enfant, certaines d'entre elles sont prises quand j'ai commencé à connaître les jumeaux, elles sont mélangées avec des photos de la maison quand les policiers l'ont retrouvée sans dessus-dessous, des photos récentes de ma misère...et de mon père. Quand vient le temps, j'approche le micro de ma bouche et entame les premières paroles de notre chanson.



After all you put me through
You'd think I'd despise you
But in the end I want to thank you
Because you made me that much stronger



Les lumières qui m'illuminaient à peine commencent à m'éclairer complètement. Au commencement du couplet, je me retourne et fait face au public. La ventilation qu'il y avait en dessous de la cage se met en marche et fait virevolter la cape que j'ai mise par dessus mon costume. Je m'accote contre la vitre de devant et me prends la tête dans ma main en la bougeant de droite à gauche comme quelqu'un qui veut nier quelque chose ou tout simplement ne pas y croire.

When I, thought I knew you
Thinking, that you were true
I guess I, I couldn't trust
Called your bluff, time is up
'Cause I've had enough

You were, there by my side
Always, down for the ride
But your, joy ride just came down in flames
cause your greed sold me out of shame, mmhmm


After all of the stealing and cheating
You probably think that I hold resentment for you
But, uh uh, oh no,
you're wrong
'Cause if it wasn't for all that you tried to do
I wanna know just how capable I am to pull through
So I wanna say thank you


Je brise une des vitres. À la deuxième phrase, je brise les deux qui sot de chaque côté de moi, sortant ainsi de ma cage de verre. Je descends la marche qui sépare la scène et le palier de la cage. Pendant que je continue de chanter, je me tiens toujours après un des barreaux. J'enlève ma cape révélant ainsi ma jupe courte en laine rouge, mes collants noirs et mon veston noir. Petit à petit, je m'avance entre les deux guitaristes.

'Cause it makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
It makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster

Je passe une main sur le bas de mon ventre et remonte jusqu'au sommet de ma tête.

Made my skin a little bit thicker
Makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter

Pendant que je chante, je m'approche du public pour qu'il puisse plus facilement me voir. Je mets toute l'émotion que mon corps peut faire ressortir. Je gesticule beaucoup pour montrer aux gens à quel point j'ai pu souffrir et que maintenant, je suis bien contente d'en être sortie.

Ohh, ohh, ohh, ohhhh, ohh-yeah ah uhhhuh

Je frappe le sol de mes pieds quand je veux mettre l'accent sur certaines paroles tout en me démenant.

Never, saw it coming
All of, your backstabbing
Just so, you could cash in
On a good thing before I
realized your game
I heard, you're going around
Playing the victim now
But don't,
even begin
Feeling I'm the one to blame
cause you dug your own grave

After all of the fights and the lies

Je fais un signe avec mon doigt comme quand tu dis à un enfant que ce qu'il a fait est grave et que tu bouges ton doigt de droite à gauche.

Yes you wanted to harm me but that won't work anymore
Uh, no more, oh no,
its over
'Cause if it wasn't for all of your torture
I wouldn't know how to be this way now, and never back down
So I wanna say thank you

cause it makes
me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
It makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter

Je m'assieds par terre et prends un air tourmenté jusqu'au refrain où je reviens dans mon personnage de fille combattante.

How could this man I thought I knew
Turn out to be unjust so cruel
Could only see the good in you
Pretended not to see the truth
You tried to hide your lies, disguise yourself
Through living in denial

Je me relève.

But in the end you'll see

Je fouette l'air de coup de poing et de coup de pied à chaque nouvelle parole que je chante.

You-wont-stop-me

I am a fighter and I
I am a fighter
I ain't goin' stop
I ain't goin' stop
There is no turning back
I've had enough

Makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Oh, oh yeah, oh yeah
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Fighter, ouhhh, oh yeah, oh yeah
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
It makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter

Fighter
No, I won't forget 'cause I, I remember
Ohhh
'Cause I remember
Ohhh
I remember
No, I won't forget,
Ohhh
I remember
Ohhh
'Cause I remember
I remember

Makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
Makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter

Les dernières notes résonnent encore quand j'arrête de chanter. C'est un moment magique. Je me suis donnée entièrement et j'y aie mis mon âme dans l'interprétation de la chanson. Ce soir, je crois que nous avons fait un triomphe. Je vois plusieurs personnes dans la salle qui pleurent et plus particulièrement mes amis qui se sont installés dans les premières rangées. Même Bill et Tom qui ont joué leur chanson un peu plus tôt sont là devant moi. Les deux pleurent beaucoup. Je suis touchée, ça me fait du bien de savoir que si les personnes sont si chamboulées, ça veut dire que j'ai bien chanté ce soir. C'était la première fois que je faisais ça et je suis bien contente que ça ce soit bien passé. J'y tenais beaucoup à cette chanson, parce que j'y livre mon âme et mon c½ur. Je m'ouvre complètement telle une fleur après la pluie. Le public se lève, applaudit tandis que nous quatre, Gabrielle, Marie-Aimée, Zuzi et moi, faisons la révérence devant, sur la scène. Ce soir, j'ai complètement oubliée que c'était un concours, qu'il y avait des prix à gagner, tout ce qui comptait c'était le moment, rien d'autre. Le présentateur demande au public de se calmer, après nous avoir lui aussi, félicitées.

Animateur : Cher public, on peut dire que ce soir, nous avons été particulièrement choyés en ce qui concerne le talent que recèle cette région de l'Allemagne. Je demanderais aux candidats et candidates de venir derrière la scène en attendant que les juges délibèrent. Pendant ce temps, nous ferons une petite pause de cinq à dix minutes, ensuite viendra le moment tant attendu : la remise de prix.

Mes frères remontent sur la scène et viennent me prendre dans leurs bras. Ensemble, nous nous dirigeons vers les loges derrière la scène. Ils me félicitent sans arrêt. Je les félicite également pour leur belle prestation et leur magnifique chanson. Je les charrie un peu en leur disant que je ne savais pas qu'ils pouvaient être aussi talentueux. Ça pour effet de détendre l'atmosphère et mes frères arrêtent peu à peu de pleurer pour finalement rire d'un rire franc. Nous parlons beaucoup, la discussion est animée, entrecoupée parfois par d'autres concurrents qui viennent nous voir et nous dire qu'ils ont aimé notre interprétation. Finalement, peu de temps après, l'animateur vient nous chercher. Nous sortons tranquillement, certains craignant la décision du jury, alors que moi, je suis sereine. J'ai fait ce que j'avais à faire, ensuite, adviendra que pourra! J'ai fait de mon mieux, mon meilleure, je l'ai atteint, je ne peux pas faire plus ! Nous nous mettons tous en ligne et l'animateur est devant nous. Les juges sont à notre extrême gauche. Il y en a un qui tient trois enveloppes dans ses mains. Ils attendent patiemment que l'animateur commence à parler pour pouvoir donner les prix. Je ne connais pas ces personnes, mais je sais qu'ils sont tout de même tous très fières de nous.

Animateur : Voilà Le moment le plus important dans la vie de ces jeunes qui vient à son terme. Voyons qui se méritera un des trois prix. Je vais commencer par le premier prix qui est d'enregistrer un album. Ils seront aidés par ces trois monsieurs que vous voyez à leur gauche. Le premier est remis à ... Magalie, Christina et Joey ! Applaudissez-les bien fort.

Je tourne la tête vers les trois gagnants et vois sur leur visage un sourire rayonnant et leurs yeux qui pétillent de milles feux. Ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils l'ont vraiment eu. Le premier prix tant convoité. Ils s'avancent vers les trois monsieurs, ceux-ci leur serrent la main d'une poignée franche en les félicitant chaleureusement.

Animateur : Maintenant, le deuxième, tout aussi gigantesque que le premier à mon avis. Qui sera les heureux ou heureuses chanceux ou chanceuses qui partiront en tournée pendant deux mois dès janvier prochain avec le groupe de leur choix chez Universal ? ...

La tension remonte. Les groupes de musique se resserrent. Les musiciens se prennent la main en baissant la tête, subissant cette interminable attente. Certains n'arrêtent pas de gigoter tellement ils sont stressés. L'animateur reporte le micro devant sa bouche et déclare finalement les gagnants du deuxième prix. [/c
]

Animateur : Sasha, Elena, Mathieu et Emmanuel sont les heureux chanceux. Applaudissez-les bien fort !

À leur tour, ils s'avancent toujours vers les trois monsieurs, ceux-ci serrent la main de chacun des gagnants en leur souriant aimablement et chaleureusement. Ils reprennent à leur tour leur place dans le rang en pleurant, émus par ce geste de gratitude. Tant d'efforts, tant d'heures acharnées, tant de sommeil sacrifié, tant de temps passé à se préparer, tout ça aura finalement valu la reconnaissance d'un prix, non loin de là, minime.

Animateur : Finalement, nous allons conclure cette soirée, avec le troisième prix. Qui ? Qui parmi tous ces talentueux artistes en herbes ont réussis à toucher le c½ur du jury? Qui se méritera une place d'honneur dans l'histoire de ce concours ? Qui sera nos nouvelles stars et qui auront la chance d'enregistrer un vidéo clip qui passera sur toutes les chaînes allemandes et au-delà des frontières pour s'étendre sur les télévisions de nos voisins européens ? Qui seront les derniers vainqueurs. Mesdames et messieurs, voici le temps de clore cette soirée. Dans cette enveloppe se trouvent les noms de ceux qui repartiront d'ici, la vie chamboulée par le destin, gratifiés après tant d'heures sacrifiées. J'ouvre la lettre...voilà, c'est fait. Je déplie la feuille... Nos heureux gagnants sont... oh! Ce sont d'heureuses gagnantes! Faites un triomphe pour Lauren, Gabrielle, Marie-Aimée et Zuzi !

Je n'arrive pas à croire que nous ayons gagnés. Les filles à côté de moi sont si excitées qu'elles sont proches de l'évanouissement. Nous avons gagné...nous! Nous nous avançons encore sous le choc. C'est nous ! Nous qui serrons maintenant la main des juges. C'est nous ! La salle au complet se lève, frappe dans leur main bruyamment, cri, nous félicite. Mes frères s'approchent de moi et me serrent fort dans leurs bras. Mes amis montent même sur la scène, tout le monde est là et je passe de bras en bras. C'est moi qui tiens fermement, presque jalousement l'enveloppe dans mes mains. Je ne peux plus m'empêcher de pleurer...de pleurer de joie...et de soulagement.

Les gagnants sont appelés à rester sur la scène pour prendre une photo qui paraîtra dans tous les journaux et qui sera diffusée partout à la télévision. Nous nous plaçons en trois groupes distincts. Chaque groupe gagnant reste avec les siens sans jamais se mêler aux autres. Au travers de nous, se tiennent les trois juges. D'ailleurs, celui qui est en ce moment à côté de moi, ça serait un certain David Jost à ce que j'ai entendu dire. Son nom me dit quelque chose, mais j'ignore où j'ai bien pu l'entendre. Finalement, le photographe nous prend en photo plusieurs fois. Après nous nous dispersons et allons à la rencontre de nos proches.
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La semaine d'après
Dimanche, le 10 Décembre 2006
Sur toute les chaînes télévisées de l'Allemagne


...

La vidéo paraît

# Posté le vendredi 03 octobre 2008 11:35

Modifié le lundi 21 septembre 2009 15:58

Chapitre 2

Chapitre 2
Flash Back
Point de vue de Bill
2 Décembre 2006
21 :43 heures
Dans l'auditorium

Je vois les lumières s'éteindre lentement. Seulement quelques-unes sont encore ouvertes, mais elles sont tamisées nous empêchant de voir clairement la scène. À côté de moi, se trouve Tom et derrière moi, David, notre manager, est installé avec les autres juges. J'entends les premières notes de la chanson qui résonnent dans la salle. Tranquillement, les rideaux rouges se lèvent. Je peux distinguer trois paires de pieds sur le stage, mais je suis immédiatement attiré par la cage qui vient d'apparaître dans mon champ de vision. Je distingue à peine une forme dans celle-ci. La personne est dos à nous et elle porte une cape noire cachant son corps. Quelques secondes plus tard, les deux guitaristes commencent à jouer de leur instrument, bientôt accompagnées de leur cons½ur à la batterie. Une voix s'élève de la cage. Il ne m'aura fallu à peine que de quelques instants pour que je reconnaisse enfin Lauren dan la cage.

Bill : Mon dieu Tom.
Tom : Quoi? C'est quoi qu'il y a?
Bill : Tom, mais bon sang! C'est Lauren qui chante.
Gustav : Lauren? Je ne savais pas qu'elle participait au concours.
Bill : Je ne le savais pas non plus, mais j'en suis sûr, c'est bien elle.

J'entends derrières moi, David qui s'approche de moi. Il se penche vers mon oreille droite et me murmure :

David : C'est elle ta s½ur?
Bill : Eh oui.
David : Eh bien. Juste à entendre la musique ça promets! Elle a l'air d'avoir du caractère sur scène.
Bill : Sûrement parce qu'après ce qu'elle a vécu, ce n'est pas une scène qui va la gêner.
David : C'est la première fois qu'elle fait ça?
Bill : À ma connaissance, oui.
David : En tout cas, elle est à-l'aise. On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie. C'est impressionnant!

David reprend sa place et je prête à nouveau attention à Lauren. Parfois, alors que Lauren chante, les trois autres filles l'accompagnent. Je reconnais tout de suite Zuzi, Marie-Aimée et Gabrielle. Ce sont probablement le groupe le plus connu après nous dans le bahut. Je ne sais pas si Lauren le sait, mais elle est très bien accompagnée niveau musicale, quoique je peux en dire autant pour les trois filles. Lauren et le groupe semble faire symbiose, comme si elles se connaissaient depuis longtemps. Je vois ma petite s½ur qui prend ses aises sur la scène, elle parcoure toute la largeur et bouge si aisément que c'en est incroyable. Dommage que maman ait du partir travailler, je suis sûr qu'elle aurait aimé voir sa fille faire une prestation. Bientôt, je finis par boire presque chaque parole, chaque note qui se jouent et j'en ai bientôt des frissons qui me parcourent tout le corps, de haut jusqu'en bas. Derrière elle, je vois des photos qui défilent et à chaque refrain, seul une personne apparaît sur l'écran géant : Gislain. Sa chanson est tellement magnifique que je finis par en pleurer. Je n'avais pas encore remarqué, mais maintenant si, je me vois apparaître quelque fois sur l'écran. D'anciennes photos avec nous trois ensemble, ensuite avec Layla et d'autres fois avec le Gislain que l'on avait tous cru connaître...même ma mère s'était faite berner et elle en porte encore les traces aujourd'hui. Si on avait su ce qu'il allait se passer, jamais on aurait approché cet homme. Quand elle dit :

You-won't-stop-me

J'ai l'impression de voir ma s½ur comme elle l'avait toujours été. Quelqu'un qui ne laisse pas en imposer. Cette fille à la tête forte, je la retrouve et c'est tellement émouvant de la voir dire tout ça à la personne qui lui aura fait le plus de tord. Sa voix rauque parfois, rajoute de la magie et comme le mentionne le titre de sa chanson, oui, c'est une vraie combattante, peut-être pas au sens littéraire du terme, mais c'en est une. J'en connais des personnes qui auraient fait des dépressions, qui se seraient suicider ou qui seraient devenues fous, moi le premier, mais pas elle, parce que c'est une combattante. Elles ont dû travailler d'arrachepied-pied pour monter une chanson qui se rapproche tellement de la réalité. Après ces quelques paroles, elle ressemble d'un train qui ne pourra pas s'arrêter puisqu'elle est partie de la gare. Elle met tellement d'émotions que je me surprends à constater qu'il n'y a plus que moi qui pleure, tout le monde le fait même mon manager. Tout le monde connaît son histoire, et même les plus récalcitrants savent maintenant que Lauren n'a rien à voir dans ces histoires de meurtres, qu'elle n'est pas complice, tout le monde vit en ce moment sa souffrance avec elle, nous aussi nous souffrons parce que le peuple allemand considère bel et bien Lauren comme leur s½ur, leur fille, leur amie, leur emblème. On pleure à s'en déchirer le c½ur et Lauren continue sur sa lancée accompagnée de ses musiciennes. Bien que la chanson parle surtout de l'expérience de ma s½ur, celle-ci réussit tout de même à mettre en valeur ses cons½urs, ce qui d'ailleurs n'est pas toujours facile pour les chanteurs, regardez-moi, dans notre groupe, il y en a que pour Tom et moi et on oublie presque instantanément Georg et Gustav. Sa jupe en laine rouge courte avec des franches et son veston noir et rouge...tout semble représenter son âme, de la fois où elle briser les vitres de la cage, ce qui semblait signifier sa liberté et qui voulait sans aucun doute dire qu'elle n'était désormais plus une prisonnière. Tout dans ces autres quelques minutes était parfait. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu une chanson qui avait du sens, une chanson où il y avait autant d'émotions et celle-ci touchait tout le monde, même les personnes qui ne se sentaient pas concernées se sentent maintenant comme s'ils avaient fait parti de l'histoire. Je crois aussi que ceux qui lui ont tourné le dos se souviendront pour la fin de leur vie de cette soirée, soirée où elle a déclaré «ouvertement» la guerre à son père, soirée où ils se sont rendus compte qu'ils avaient eu tord de dire des médisances sur elle. Ils se rendent enfin compte de tout ce qu'elle a traversé et de tout ce qu'elle fait pour se tenir encore debout après s'être fait à plusieurs reprises rejetés. Les dernières notes restent en suspend. La soirée est bien finie et il ne reste plus qu'à déclarer les prix et les gagnants.

David : En tout cas, ta s½ur a le don de me chambouler une soirée. Sa chanson était magnifique, elle m'a donné des frissons. D'après moi, elle est sûre de gagner un des trois prix, mais je ne sais pas encore lequel. Il faut dire qu'il y avait beaucoup de bons groupes ce soir...incluant vous bien évidemment.
Bill : Merci beaucoup.

L'animateur demande aux participants de retourner derrière en attendant que David, Peter et Dave vont délibérer. Je ne m'inquiète pas pour ma s½ur, elle aura son prix, j'en suis sûr. De toute manière avec une prestation comme la sienne, ça mérite bien un prix. Tom et moi allons la rejoindre sur scène. C'est incontrôlable chez moi, je pleure toujours tout comme mon frère.

Nous revenons sur la scène après que l'animateur soit revenu nous chercher derrière. Je me place à côté de Lauren qui garde toujours son calme alors que ses compagnes sont au bord de la crise de nerfs. Moi, je n'ai pas de raison de paniquer, puisque je sais déjà que nous ne gagnerons pas, non que nous ayons été «poches», mais nous n'avons plus besoin de ces concours pour nous faire connaître comme autrefois, puisque nous le sommes déjà depuis un petit bout de temps. Mes producteurs et paroliers se placent à notre extrémité gauche. Après beaucoup de tension, le temps du dernier vient. Je ne suis point étonné que Lauren et les filles l'aient gagné, mais je ne peux pas m'empêcher de sauter de joie avec Tom. Je deviens presque hystérique et je pleure...encore! Quand ma s½ur revient, je la prends fort dans mes bras, alors que nos amis nous rejoignent sur la scène.

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11 Novembre 2006
18 :30 heures
Dans mon salon

Je suis entrain de pitonner sur la télécommande pour trouver une chaîne télévisée intéressante, mais finalement, on dirait bien qu'à cette heure il n'y a rien, alors je la remets à la chaîne musicale. Je me lève exaspéré et vais dans la cuisine, me chercher quelque chose à manger. À peine ai-je ouvert la porte du réfrigérateur que j'entends les premières notes d'une chanson qui me dit de quoi parvenir de la télévision. Je la referme plus vite que je ne l'ai ouverte et retourne dans le salon. À l'écran, je vois le visage de ma s½ur qui apparaît...

Bill : TOM? LAUREN? VENEZ VITE!!!

Mon frère et ma s½ur arrivent en trombe alors que je suis toujours «scotché» à la télévision. Tom fait une drôle de tête en voyant notre s½ur, alors que Lauren sourit comme si elle avait finalement réussi à accomplir quelque chose d'important.

Lauren : Dites-donc, je passe bien à la télévision.
Tom : Ha, ça c'est sûr, mais ça fait quand même bizarre de te voir là.
Bill : Ouais, c'est sûr! En tout cas, le vidéo clip est super bon, pas comme les autres qui passent d'habitude à cette chaîne.
Lauren : Ah bien, merci, mais c'est plus Peter, David et Dave qu'il faut remercier, c'est grâce à eux que ça pu être aussi bon. Je suis très fière du résultat, mais c'est quand même drôle. Pourtant, je l'ai déjà vu quand on l'avait fini, mais de le voir passer à la télévision, c'est comme pas croyable! Je me demande si les filles l'ont vu? Sûrement pas puisque c'était la première fois.

Lauren a à peine fini de parler que le téléphone sonne. Elle se dirige vers le combiné rapidement, haïssant le son de notre appareil. Elle décroche à la deuxième sonnerie et la première chose que l'on peut entendre c'est :

... : AHHHHHHHHH!!!
Lauren : Je crois finalement qu'elles l'ont vu! Nous dit-elle après avoir sursauté à l'entente du cri. Qu'est-ce qu'il y a Zuzi ?
Zuzi: AHHHHHHH!!!
Lauren: Ça y est! Elle est devenue hystérique!
Zuzi : AHHHHHHH! Mais tu n'as pas vu notre vidéo clip passer à la télévision?
Lauren : Ah! Ça?
Zuzi : Oui ça! Entend-t-on sortir du combiné. Oui ça! dit-elle surexcitée.
Lauren : Ah oui, j'en ai vu un bout, mais j'ai changé de poste, dit-elle nonchalamment alors que je sens qu'au fond, elle ne peut s'empêcher de rire.
Zuzi : Quoi? Tu as changé de poste? Mais pourquoi? Tu es folle?
... : Quoi? Elle a changé de poste? Mais pourquoi?
Zuzi : Gabrielle, c'est ce que je lui demande, entend-t-on provenir du téléphone.
Lauren : Je constate que tu n'es pas seule.
Zuzi : Non je ne suis pas seule. Les filles sont venues chez moi pour regarder tous les trois la première fois que le vidéo clip allait passer à la télévision. C'est important pour NOUS...mais pas pour toi, on dirait, rajoute-t-elle d'un air désolé.
Lauren : Ok, ok, lui-dit-elle en riant. Je vais te dire la vérité. J'ai bien regardé la vidéo. D'ailleurs, c'est Bill qui m'a appeleé quand il la vu passer à la chaîne. On la tous regardé.
Zuzi : Ouf! Ok! Sinon, je t'aurais trouvée folle...surtout que c'est ton travail que tout le monde voit là.
Lauren : Ouais. Sinon, tu m'as dit que vous aviez visionné tous ensemble. Est-ce que ta mère l'a vue?
Zuzi : Oui et je peux dire qu'elle a trouvé qu'on a fait du bon travail. Elle a beaucoup aimé la chanson. Puisqu'elle n'était pas là au concours, c'était la première fois qu'elle l'entendait et je peux te jurer que venant de ma mère, c'est un vrai compliment à ne pas prendre à la légère.
Lauren : Ta mère n'était pas au concours? Ah ouin! C'était qui la dame qui était là d'abord?
Zuzi : C'est ma tante, Flora. Elle était venue expressément de Lyon pour venir nous voir.
Lauren : Ta mère était où alors?
Zuzi : Elle était en voyage avec le groupe qu'elle produit. Elle était, si je me rappelle bien au Canada, quelque chose comme l'Ontario, je crois que c'était Ottawa ou Toronto, je ne sais plus trop.
Lauren : Ah ok. Tu lui diras merci de ma part pour le compliment.
Zuzi : Oui, oui. Ne t'inquiètes pas, je lui dirai.
Lauren : Merci. Bon moi je vais y aller. Salut.
Zuzi : Attends, attends!
Lauren : Oui, quoi?
Zuzi : Je sais que c'est vite, mais ma mère voudrait te voir si possible en fin de semaine.
Lauren : Hein? Pourquoi?
Zuzi : Pour...te produire. Je te l'ai dit, elle a aimé la chanson...enfin surtout la chanteuse. Elle aimerait te proposer un contrat.
Lauren : Et, elle vous la proposé à vous aussi?
Zuzi : Non...pas vraiment!
Lauren : Alors, c'est tout décidé. C'est non.
Zuzi : Hein? Pourquoi?
Lauren : Depuis le temps que je vous le répète. Sans vous, ça n'aurait pas pu se réaliser. Je me dis que ce n'est qu'avec vous que ça vaut vraiment la peine de continuer. Je ne crois pas qu'avec d'autres personnes je sois capable de faire ce que j'ai fait avec vous. En plus, vous avez autant travaillé que moi sur le projet.
Zuzi : Mais, te rends-tu compte de ce que tu dis? C'est la chance d'une vie et toi tu serais prête à la sacrifier pour nous?
Lauren : Ouais, c'est vite dit : la chance d'une vie. On s'entend pour dire qu'avec l'argent que j'ai, je pourrais dès demain sortir un CD et continuer comme ça toute ma vie même si ça ne fonctionne pas, alors la chance d'une vie, c'est un peu poussé. Non. J'ai pris ma décision, c'est avec vous, sinon, c'est rien. Si elle me veut vraiment, tu lui diras de revoir ses conditions, ok? Sur ce, je te souhaite une bonne soirée en espérant qu'elle accepte de vous proposer un contrat, juste et équitable...pareille comme celui qu'elle voulait me faire signer.
Zuzi : Ouin, ça ce n'est pas dit qu'elle accepte. Elle est tellement orgueilleuse d'abord.
Lauren : Et bien, il faudra pour une fois qu'elle pile dessus. Qu'est-ce que tu veux que je te dise?
Zuzi : Non, c'est correct. Je vais lui en parler, promis. Salut.
Lauren : Salut.

Lauren raccroche peu de temps après. On a entendu une partie de la conversation et je devine à peu près le reste connaissant Zuzi depuis la pré-maternelle. Ma s½ur a l'air sereine malgré ce qu'il vient de se passer. Alors comme ça, elle est prête à mettre sa carrière de côté pour ses amies? Elle n'est pas tout à fait comme moi, ça je le savais déjà, mais de là à geler une opportunité aussi flagrante, c'est presque de l'inconscience.

Bill : Pourquoi as-tu dit non?
Lauren : Tu le sais très bien. Je sais que tu l'as entendu. Et puis, ce sont mes affaires, ça!
Bill : Mais tu n'as pas le droit de faire ça?
Lauren : Ah non! Eh bien, je l'ai fait pareille. Je ne me gêne pas. Je veux bien être la personne réfléchie, jolie à regarder et admirer, il y a des limites à ne pas franchir. Supposons qu'un jour on te propose la même offre et que tu sais que tu ne serais pas arrivé jusque là sans tes amis, aimerais-tu mieux vivre l'expérience sans eux, alors que tu sais que sans eux, tu n'es rien?
Bill : Ben...!
Lauren : Justement! C'est pour ça que j'ai refusé. Tu me comprends maintenant? Enfin, il ne me reste plus qu'à voir ce que sa mère va décider. De toute manière, elle sait que dans un certain sens, elle n'a pas le choix. En plus, j'ai le sentiment qu'elle refuse de voir le talent de sa fille. Même si j'ai écrit les partitions, c'est sa fille qui joue de la guitare. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas inventé la partition que l'on est moins bonne. Dirais-tu que je suis moins bonne musicienne parce que j'ai de la misère à jouer les notes à la guitare?
Bill : Non, mais ce n'est pas la même chose.
Lauren : Oh que si. On m'aurait donnée la même feuille, je doute que j'aurai été capable de la jouer...et de l'interpréter, alors que Zuzi, elle, elle a réussit, et ça, ça compte beaucoup pour moi. Maintenant, assez discuté. Ma décision est prise et je saurai vivre avec.
Bill : Je suppose que je ne serais pas capable de te faire changer d'idée?
Lauren : Tu suppose bien. Bon, si on allait manger dans un restaurant pour fêter mon vidéo clip?
Tom : Mmm, j'sus parda! dit-il en se levant rapidement du sofa du salon.
Lauren : Je n'ai rien compris Tom. Vide ta bouche avant de parler. En plus, vas-tu encore avoir vraiment faim? Tu viens de souper!

Je vois Tom qui avale difficilement la bouchée qu'il avait dans la bouche avant de répéter ce que l'on n'avait pas entendu.

Tom : J'ai dit que j'étais partant pour le restaurant...et ne t'inquiètes pas, j'ai toujours de la place pour manger au restaurant.
Lauren : Mouais, on va bien voir rendu là-bas. Bon, on invite tout le monde?
Bill : Qu'en dis-tu Tom?, lui demandais-je en me retournant vers lui.
Tom : Oui, c'est une bonne idée. Allez, hop, on se bouge. On a des personnes à inviter. Plus vite que ça, rajoute-t-il en voyant que nous n'avions pas bougé.

Il saute du divan et prend le premier téléphone qu'il trouve sur son passage et commencer à inviter les personnes habituelles : Gustav, Georg, Andreas, Hélia sans oublier bien évidemment, Zuzi, Gabrielle et Marie-Aimée. Pour ma part, j'appelle David, Peter et Dave alors que Lauren est au combiné avec Ann-Laurence. Elle prévoit aussi inviter Pierre et Nikita. Nous leur donnons tous rendez-vous au restaurant UP dans quinze minutes. Ce soir, nous serons seize pour fêter le triomphe des quatre filles.
Après tous ces appels, nous partons chacun de notre côté pour se préparer. Évidemment, Lauren vient nous rejoindre à peine cinq minutes plus tard vis-à-vis nos chambres. Pendant que nous nous changeons, elle nous parle et parfois entre deux phrases, elle nous presse en disant qu'on va encore faire attendre notre monde. Tom riposte à peine quelques secondes plus tard en prétendant qu'elle doit se faire désirer et que de toute manière, la table est déjà réservée, ils n'auront qu'à s'asseoir, que ce n'était pas comme s'ils allaient attendre au milieu de la place comme des carpes, ce qui a pour effet d'exaspérer Lauren avant de la faire sourire.

Lauren : C'est seulement que c'est un manque de respect de les faire attendre...et puis, tu me connais assez pour savoir que je hais ça quand je sais que je suis en retard.
Tom : Oh, mais ce ne sera pas la première fois, de toute manière, dit-il en agitant sa main.
Lauren : Et la faute à qui d'après toi?
Tom: De Bill.
Bill: Hey! Pourquoi c'est tout le temps de ma faute dans cette maison? J'en ai marre.
Lauren: Ce n'est pas à moi que tu dois dire ça. Ce n'est pas moi qui t'ai accusé de quoi que ce soit il me semble.
Bill : Ouais, je sais, c'est à mon IDIOT de frère que je dois m'en prendre.
Tom : Évidemment, c'est tout le temps à moi que tu en veux.
Bill : C'est parce que ce n'est jamais Lauren qui me fait chier.
Tom : Haha! Je sais. Et moi, j'aime bien agacer mon petit frère.
Bill : TOM! Je suis à peine né de dix minutes après toi!
Tom : C'est dommage pour toi! Mais que veux-tu que je te dise? Il aurait fallu que tu sorte en premier du ventre de maman, mais de toute manière, on sait tous que j'ai toujours été le premier entre nous deux.
Bill : Grrr!
Tom : Ne le prends pas comme ça, rajoute-t-il en riant un peu. Ça peu arriver des fois d'être tout le temps en retard, peut-être retiendras-tu la leçon pour ta prochaine vie.
Bill : Ouais, mais dans ma prochaine vie, je vais être en solo.
Tom : Ne dis pas de niaiseries, Bill. Tu fais du mal à mon égo.
Bill : Veux-tu que je te montre ce que j'en fais de ton égo...GRAND frère!
Lauren : Bon, ça suffit maintenant! Êtes-vous prêts au moins?
Tom : Non.
Lauren : Quoi?! Mais ça fait deux minutes que tu causes et tu n'as toujours pas avancé? Il fallait vraiment que je t'ai comme frère, dit-elle en se frappant le front de sa paume en soupirant.
Tom : Coup dont! À soir, il n'y a personne qui m'aime ou quoi?
Lauren : Ah non, non. Moi je t'aime, ne t'inquiètes pas, mais je t'aime plus quand tu es plus rapide.
Tom : Dans quel sens, lui demande-t-il en accompagnant ses paroles avec son petit sourire en coin.
Bill : Qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un frère aussi vicieux?
Lauren : Pas grand-chose, je dirais. Mais que veux-tu, parfois la vie est injuste!
Tom : Hey! dit-il sur un ton indigné.
Lauren : Ben non, petit Tom. Ce n'est pas vrai. Bon, maintenant, est-ce que vous êtes prêts. On va être en retard dans deux minutes.
Tom : Oui, oui, j'arrive, mais je n'arrive pas à fermer la fermeture éclair de mon pantalon...Il est coincé avec mon sous-vêtements, merde!
Bill : C'est ce qu'il arrive quand on ne porte pas des caleçons serrés!!!
Tom : LAUREN! Viens m'aider, s'il vous plaît.
Lauren : Ouais, ouais, j'arrive. J'espère que tu ne demandais pas ça à Simone quand je n'étais pas là?
Tom : Ben, si! Sinon, c'était à Bill.
Lauren : Mon dieu!
Tom : Ben là, est-ce que tu arrives...je crois que je me suis pris autre chose.
Bill : Comme quoi?
Tom : Tu sais quoi!
Bill : C'est impossible. Tu aurais crié.
Tom: Tu crois? Je ne sens rien à ce bout là. C'est dur par chez nous, dit-il avec un air aguicheur.
Lauren : Ah seigneur. Pourquoi je suis dans cette famille? Tu n'as donc pas pitié de moi?
Bill et Tom : C'est gentil pour nous ça?
Lauren : Héhé!
Tom : Bon, maintenant que tu t'es plains au seigneur, tu pourrais venir?
Lauren : En plus, il ne m'a pas oubliée, dit-elle tout bas avant de rajouter, Oui, j'arrive.

De ma chambre, je la vois entrer dans celle de mon frère. J'entends la fermeture éclair qui se fait forcer et Lauren qui grogne parce qu'elle n'est pas capable de la déprendre. Finalement, j'entends un «Yes».

Bill : Bon, maintenant que Lauren a réussit. On peu y aller, je crois.
Lauren : Moi aussi, je le pense. On est déjà en retard là.
Tom : Mais je n'ai pas choisi ma casquette.
Lauren : Tiens, met celle-là. Elle va bien à la fois avec tes pantalons et ton chandail.
Tom : Wow, tu as le sens du goût, toi.
Lauren : Non, c'est juste l'intuition féminine.
Tom : Pourquoi moi j'en n'ai pas?
Lauren : Parce que tu es un garçon.
Tom: Pourquoi je ne suis pas une fille?
Lauren: Désespérant, souffle-t-elle. Bon, là, on se dépêche! Vite! Vite! Vite! Dit-elle en attrapant sa sacoche en passant devant avant de descendre à la va vite les marches.

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19 :30 heures
Au restaurant

On arrive essoufflé à la table. Lauren est un peu décoiffée parce qu'on a dû courir pour ne pas trop arriver en retard. Les autres nous regardent amusés, sachant de toute manière que nous ne serions pas à temps comme d'habitude.

David : Je plains Lauren de vous avoir attendus. Elle est trop gentille, moi je serais parti avant, dit-il, ce qui fait bien rire nos amis.
Tom : Hum, hum!
Gabrielle : Je crois que Tom couvre une grippe. C'est vrai qu'à ce temps de l'année, ce n'est pas trop surprenant.
Tom : Ha! Ha! Très drôle.
Lauren : Sinon, vous avez déjà commandé?
Peter : Non. Les autres ont insisté pour qu'on vous attende.
Lauren : Désolée.
David : Ah mais on savait déjà d'avance que ça n'allait pas être de ta faute.
Bill : On a compris, je crois. On fera attention la prochaine fois.
Lauren : Ou au lieu de vous donner rendez-vous dans quinze minutes, on va vous le donner trente minutes plus tard.
Tom : Parce qu'en plus tu retournes le couteau dans la plaie? Tu n'es pas cool frangine!
Lauren : Oui, je sais. Ça m'arrive aussi des fois.
Zuzi : En tout cas. Lauren, je voulais te dire que j'en ai parlé avec ma mère...de ce que tu m'as dit tantôt...elle a finalement accepté...mais pas de gaieté de c½ur.
Lauren : Je m'en fous. C'est elle la pire. Nous, on va s'amuser, c'est tout ce qui compte.
Andreas : La voix de la sagesse à parler. Mais, au juste, de quoi vous parlez?
Bill : La mère de Zuzi a proposé à Lauren de la produire, mais Lauren ne voulait pas si les filles n'étaient pas avec elle.
Andreas : Oh! Mais tu as pris un énorme risque, dis-donc.
Lauren : Il n'était pas si gros que ça. Ça m'a prit à peine deux secondes à refuser, dit-elle d'un ton anodin.
Georg : Mais quand même. C'est quoi que tu aurais fait si elle n'avait pas dit oui.
Lauren : J'aurai continué d'aller à l'école.
Georg : Tu ne le penses pas vraiment, n'est-ce pas?
Lauren : Évidemment! J'aurai peut-être essayé de percer, sinon, j'aurai quand même eu le mérite d'avoir essayé.
Zuzi : Ou sinon, elle aurait financé la création de son propre CD.
Lauren : Ne dis pas ça comme ça. J'ai l'impression d'être devenue arrogante d'un coup.
Peter : En tout cas, je constate que tu veux vraiment. C'est tout ce qui compte dans ce métier : la volonté.

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# Posté le mercredi 08 octobre 2008 14:03

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 22:49

Chapitre 3

Lauren : Merci beaucoup de dire ça, j'espère juste être à la hauteur des attentes. On dit souvent que dans ce métier c'est sans pitié et j'ai peur de ne pas être prête. C'est peut-être bête moi qui veut exploiter mon art.
David : Non, ce n'est pas bête. C'est tout-à-fait compréhensible après tout ce que tu as vécu ces derniers mois. Je crois qu'il fallait d'abord que tu trouves un certain équilibre avant d'aller de l'avant. Maintenant, tu es rendue à la marche supérieure. Même ceux qui mènent une belle vie sont remplis de doutes au début. Seront-ils capables de le faire? Est-ce que leur projet fonctionnera? Pourront-ils encaisser les critiques? C'est toutes des questions qu'ils se posent et qu'il est normal de se poser. Par contre, je suis désolé, mais je trouve que la mère de Zuzi en tant que manager, elle devient hystérique pour un rien et ses exigences sont ridicules, mais après tout, ce n'est que mon opinion.
Zuzi : Étrangement, je le partage. Ça bien beau être ma mère, c'est une vipère pareille.
Gabrielle : Mon dieu. Tu y vas fort quand même Zuzi! Dit-elle presque choquée, évidemment ce n'est qu'une blague.
Zuzi : Ah bien, je suis désolée d'avoir brisé tes rêves. Mais bon, je voulais te dire Lauren, j'en ai parlé avec les filles et en faite, je pourrais travailler avec n'importe qui, mais s'il vous plait, ne m'oblige pas à bosser avec cette pimbêche.
Lauren : Ok, mais...as-tu au moins le nom de quelqu'un d'autre en tête?
Zuzi : Non, pas vraiment.
Lauren : Bon, d'accord. Je vais voir ce que je peux faire. Je vais essayer de contacter P.Diddy, mais on dit qu'il est très exigent quand même.
Zuzi : Ouais, on dit ça...
Lauren : Bon, maintenant si on parlait plutôt de ce clip?
Andreas : Ah ouais. Alors tout d'abord, c'est fou comme tu passes bien à la télévision quand même.
Lauren : J'ai l'impression de l'avoir déjà entendu ça? Dis-je en riant.
Andreas : Ah oui? Par qui?
Lauren : Par moi-même.
Tom : Ouais, un moment d'égocentricité, disons, lance-t-il à la blague.
Lauren : Hum, hum.
Tom : C'est à ton tour de couver une grippe? Dit-donc, le virus se propage vite! Dit-il ironiquement.
Lauren : C'est ça, rajoute-t-elle sur un air faussement exaspéré.
Andreas : Sinon, le clip en général est très bon. Et puis même si on ne vous voit pas beaucoup les filles, je vous ai quand même remarquées. En tout cas, je peux dire que c'est du bon travail. Si un jour, vous lancez un CD, faites-moi signe, je vais être content de l'acheter...
Tom : Au moins ton argent va être bien placé!
Andreas : Qu'est-ce que tu racontes, il est tout le temps bien placé!
Tom : Même dans les bonbons?
Andréas : C'est là tout le fondement de mes placements, dit-il presque fière.
Bill : Men! Mon ami est un cas désespéré.
Andreas : Et fière de l'être!
Lauren : Il est plus barjot que je ne le croyais, merde, rajoute-t-elle en riant. C'est bien comme ça que je t'aime. Merci beaucoup pour notre vidéo, il faut dire qu'il n'y a pas que nous qu'il faut féliciter, c'est grâce à vous, dit-elle en s'adressant aux producteurs.
David : Quand même, tu as beaucoup participé à la conception.
Lauren : Pourquoi j'ai l'impression qu'il n'y a personne qui peut prendre entièrement un compliment sans qu'il ne vienne me le pendre au bout du nez?
Pierre : Ce n'est pas de notre faute si tu es aussi douée et que tu participe activement à tout ce que tu fais!
Lauren : Ouais, ouais, des excuses, des excuses! Dit-elle en balayant l'air.

C'est dans la bonne humeur que notre souper continu. Nous parlons surtout du vidéo clip, mais aussi des projets futurs des filles. Alors que les autres parlent activement autour de la table, David me fait signe qu'il serait intéressé de produire ma s½ur, mais qu'avant il faut qu'il en parle aux autres producteurs et aussi, c'est seulement dans le cas où elles ne trouvent personnes pour. Je lui fais savoir que je suis du même avis que lui, alors je lance en blague :

Bill : Lauren va se faire un plaisir de vous jouer quelques morceaux tantôt à la maison, n'est-ce pas Lauren?
Lauren : Mais, ce n'était pas...commence-t-elle consternée, mais vite coupée par Pierre.
Pierre : Super! Un concert privé de Lauren. Wohou!
Lauren : Alors là toi, tu vas me le payer très chère, me souffle-t-elle.
Bill : Ouais ouais, on va voir. Pour l'instant, contente-toi de bouffer.
Lauren : Avec joie! Dit-elle en piquant un morceau de viande avec sa fourchette et en le mettant dans la bouche en me lançant des éclairs par le regard.
Bill : Inutile de me faire ce regard, moi aussi je t'aime, mais arrête un peu avec tes regards doux là, on est en public franchement.

Personne n'avait réellement compris la nature de cette réplique, mais elle a quand bien fait rire les invités et ça a eu pour effet que Lauren me tire la langue. Je l'aime ma petite s½ur. On peut dire qu'en trois mois, on se fait autant chier que lorsque nous étions jeunes.

Trente minutes encore passent avant que nous décidions de partir à la maison. Gustav, Georg, David, Peter et Dave prennent leur auto pour venir chez nous, ne pouvant tout de même pas les laisser au restaurant. Il n'y alors que Tom, Lauren, Hélia, Pierre, Zuzi, Gabrielle, Marie-Aimée, Ann-Laurence, Andreas, Nikita et moi. On fait une belle gang à s'énerver en dessous de la neige qui tombe du ciel. Nous sommes tous là, langue pendue à essayer d'attraper des flocons dans notre bouche...de vrais gamins, mais c'est bien de profiter de notre jeunesse. Nous rigolons en tournant sur nous-mêmes tout en avançant vers la maison. Nous tournons tellement que Nikita finit par tomber parce qu'elle était trop étourdie. C'est dans la neige qu'elle se met à rire, on ne peut s'empêcher de la suivre dans sa folie, il faut dire que nous non plus on n'est pas très intacte. Ma tête tourne, tourne et continue de tourner jusqu'à temps que je commence à avoir mal au c½ur. Ça m'apprendra à faire ce genre de niaiseries tout de suite après le repas. Nous réussissons finalement à arriver sur le porche de la maison encore entrain de rire comme des débiles. Le reste de la gang nous attend et quand ils nous voient, ils se demandent sérieusement qu'elle mouche nous a piqués, mais peu importe, nous sommes tout simplement dans l'euphorie de moment.

Nous entrons après que Lauren est déverrouillée la porte. Elle enlève en premier ses souliers et va chercher des cintres pour nos invités. Elle accroche tous les manteaux et après nous allons tous au sous-sol où il y a le piano.

Lauren : Bon, contrairement à ce Bill semblait dire tantôt, ceci n'était pas du tout prévu, alors je suis désolée si ça ne sonne pas comme d'habitude. Bon, Bill, comme tu es si intelligent, suggère-moi une chanson.
Bill : Euh, ben. Pourquoi pas celle que tu nous avais jouée au manoir à Fulham.
Lauren : Très bien. Mais avant, je vais aller chercher les paroles. Il y en a que ça fait longtemps que je n'ai pas joué.


Ma s½ur revient avec sa pile de feuille.

Lauren : Tenez. Prenez ces feuilles, les paroles sont plus compréhensibles en plus il y a la traduction en allemand, je vais prendre les brouillons, moi.
Nikita : Ok.
Lauren : La première est celle qui commence par « I'm so tired of being here/Suppressed by all my childish fears».

Lauren prends place sur le siège devant le piano et entame les premières notes. Elle enchaîne ensuite avec les paroles. Bien qu'elle nous ait bien dit qu'elle ne s'était pas préparer à ça, la chanson est quand même bien jouée.

I'm so tired of being here/Suppressed by all my childish fears/And if you have to leave/I wish that you would just leave/'Cause your presence still lingers here/And it won't leave me alone

These wounds won't seem to heal/This pain is just too real/There's just too much that time cannot erase

When you cried I'd wipe away all of your tears/When you'd scream I'd fight away all of your fears/I held your hand through all of these years/But you still have/All of me

You used to captivate me/By your resonating light/Now I'm bound by the life you left behind/Your face it haunts/My once pleasant dreams/Your voice it chased away/All the sanity in me

These wounds won't seem to heal/This pain is just too real/There's just too much that time cannot erase

When you cried I'd wipe away all of your tears/When you'd scream I'd fight away all of your fears/I held your hand through all of these years/But your still have/All of me

I've tried so hard to tell myself that you're gone/But though you're still with me/I've been alone all along

When you cried I'd wipe away all your tears/When you'd scream I'd fight away all of your fears/I held your hand through all of these years/But your still have/All of me

Lauren: Bon ne riez pas, mais mes chansons, à part «Fighter» n'ont pas de titre. Je ne sais pas trop comment je pourrais l'appeler celle-là de toute manière. Bon, maintenant, une deuxième, mais elle est en français.
Pierre : Peu importe, joue-la pareille.
Lauren : D'accord! Alors voilà ce que ça donnes. Maintenant, c'est elle qui commence par « Mill pensées pour milles jours en ton absence».

Mille pensées pour mille jours en ton absence/Mille larmes pour mille années à t'attendre/Seule dans un monde immense, l'amour perd tout son sens/Et plus j'y pense plus tes souvenirs me hantent/Te souviens-tu de moi, peux-tu encore entendre ma voix/J'ai eu peur de trop t'aimer j'ai eu peur de devoir tout brûler

J'y pense encore le soir/Je saigne, je n'ai pu panser les blessures causées par l'usure/J'y pense encore le soir/J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin

J'ai tout effacé, les mémoires, les jours, les années/On m'a souvent dit que par amour on finit par oublier/Je n'ai jamais compris pourquoi chaque nuit/J'espère encore me souvenir de ton corps et de nos soupirs/Penses-tu encore à moi à toutes ces nuits passées dans tes bras/Tout ce vent de douce caresses l'océan de toutes nos promesses

J'y pense encore le soir/Je saigne, je n'ai pu panser les blessures causées par l'usure/J'y pense encore le soir/J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin sans moi, sans moi

J'y pense encore le soir/Je saigne, je n'ai pu penser les blessures causées par l'usure/J'y pense encore le soir/J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin

Mille pensées pour mille jours en ton absence/Mille larmes pour mille années à t'attendre

Lauren : Je ne sais pas si vous avez aimé en français ?
Pierre : On ne comprend rien, c'est sûr, mais comme c'est traduit sur la feuille, ça nous aide beaucoup. En tout cas, d'après ce que j'ai lu, c'est très profond jusqu'à date. En as-tu une autre en français.
Lauren : Euh oui. Attend. Déjà celle-là c'est une chanson en hommage à ma mère, Layla. Elle, c'est elle qui débute par « S'il fallait qu'un jour ». vient-elle nous aider à la trouver. Voilà. Humm, oui voilà c'est la bonne, nous dit-elle avant de reprendre sa place.

S'il fallait qu'un jour/La vie t'arrache à moi/Qui consolerait mes peines/Où trouverais-je la joie/S'il fallait qu'un jour/Tu t'en ailles loin de moi/Qui guiderait mes pas?/Moi qui n'aime que toi

S'il fallait qu'un jour/D'autres mains te câlinent/Je courberais l'échine/J'en mourrais je le jure/S'il fallait qu'un jour/Dans un grand tourbillon/Tu effaces mon nom/J'en crèverais je le jure/Je le jure

S'il fallait qu'un jour/La vie t'arrache à moi/Qui guiderait mes pas?/Moi qui n'aime que toi/Que toi/Qui guiderait mes pas?/Moi qui n'aime que toi

Nikita : Et la dernière, c'est quoi. Elle parle de choses tristes, c'est quoi au juste.
Lauren : Peut-être la chanson la plus personnelle que je n'ai jamais écrite.
Andreas : Est-ce que tu crois que tu pourrais nous la jouer ?
Lauren : Je... oui, bien sûr, mais elle n'est pas au piano. Attendez, la musique est sur mon ordinateur portable. Je vais le chercher.


Pendant que ma s½ur retourne dans sa chambre, nous on s'assit en nous passant la feuille pour lire la traduction de la dernière chanson. Elle est magnifique, mais quand je regarde les paroles en français, elle me dit vaguement quelque chose. Enfin, pour en être sûr, il faudra que j'attende de voir ce que ça va donner avec la musique.

Lauren revient rapidement et s'affaire à installer son système pour que la musique puisse jouer. Quand ceci est fait, elle règle le volume du son pour qu'il soit assez fort, mais pas trop pour ne pas l'enterrer. Quand tout est prêt, elle va se chercher une chaise et s'installe dessus bien confortablement.

Lauren : Bon, celle-là, c'est la plus vieille chanson que j'ai écrite. Je crois qu'elle a bientôt...quoi...presque quatre ans. Bien sûr, la première ébauche ne ressemblait en rien celle-là, je l'ai arrangée et j'ai changée un peu le ton. C'est aussi une chanson qui étrangement est faite pour s'adresser à moi, comme un auto-message si on veut. Je crois que connaissant ma vie, mon histoire, vous avez sans doute su dans quelle circonstance je l'ai écrite. Je vous préviens, elle va me faire bizarre de la chanter comme ça, celle-ci. Vous allez voir pourquoi, nous dit-elle en cliquant sur le bouton pour faire jouer la musique.

Endors-toi petite j'te jure/Demain tout ira mieux bien sûr/Oublis ces paroles/Oublis ces gestes qui t'ont... Tant fait souffrir/Endors-toi ma belle je sais/Le provoquer, c'est pas c'que tu voulais/Je sais tu l'aimes, tu n'a pas fais exprès

Encore une nuit /Où tu es seule, accroupie dans ton lit/Où tu as mal, et tu n'as rien compris/Ne t'en fais pas, je sais qu'il t'aime aussi

Pourquoi c'est toi/Qui finis toujours dans ses bras/À supplier de pardonner/Des gestes que t'as jamais posés/Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour/D'avoir cru que c'était d'l'amour/D'avoir volé l'enfance que t'a toujours désirée

Assis tout seul dans le salon/Ton père marmonne ses illusions/Il se fait croire qu'il a raison/Qu'il n'a pas vu les bleus sur ton front/Pourtant il a si mal/Pourquoi est-ce si normal/De tant vouloir t'aimer/Sans cesser de t'faire pleurer

Pourquoi c'est toi/Qui finis toujours dans ses bras/À supplier de pardonner/ Des gestes que t'as jamais posés/Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour/D'avoir cru que c'était d'l'amour/D'avoir volé l'enfance que t'as toujours désirée

Encore une nuit /Où tu est seule, accroupie dans ton lit/Où tu as mal, et tu n'as rien compris/Ne t'en fais pas, je sais qu'il t'aime aussi

Pourquoi c'est toi/Qui finis toujours dans ses bras/À supplier de pardonner/Des gestes que t'a jamais posés/Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour/D'avoir cru que c'était d'l'amour/D'avoir volé l'enfance que t'as toujours désirée

Lauren : L'autre chanson que j'ai écrite, vous la connaissez déjà et c'est «Fighter».

Pendant qu'elle est entrain de parler et de raconter le contexte derrière la chanson, moi je suis encore sous le choc. Je croyais que cette chanson était dans un de mes rêves, mais elle est bien réelle. Je n'arrive pas encore à assimiler tout ça. Dire que la première fois, je ne la comprenais pas, je trouvais seulement que l'air était beau, mais si j'avais su de quoi elle parlait...je ne sais pas comment j'aurai réagi, surtout que lorsqu'elle la chantée, elle n'était pas encore stable psychologiquement, mais maintenant, elle l'est plus. Étrangement, ce n'est pas en me disant ça que ça change quoi que ce soit, je suis toujours aussi choqué. Dire que même après tous ces mois, je suis toujours aussi touché, aussi sensible à chaque fois que j'en apprends d'avantage sur Lauren et son passé. Mais il me semble que depuis le temps, plus rien ne devrait me surprendre, mais il en est tout autrement. Je ne peux pas m'enlever des images que mon esprit à créer pour s'imaginer ce qu'elle avait bien pu ressentir. C'est choquant de se dire que même le pire de ce que tu avais imaginé représente à peine le quart de ce qu'elle a vécu. Je ne m'habituerai donc jamais, alors ? D'un côté, c'est bien de ne pas s'habituer à ça, ça veut dire qu'il y a toujours une partie humaine en moi, mais d'un autre côté, c'est comme si je n'étais pas capable de surmonter cette épreuve alors que Lauren a réussi alors qu'elle l'a vu, vécu. En ce moment, je me sens si stupide. C'est moi qui me plains ? C'est bien moi ? Je ne veux même pas songer à comment se sent Lauren alors parce que ça doit être catastrophique ! Dire qu'elle, elle sera à jamais hantée par des images odieuses. Ça ne la quittera jamais. Elle est comme prisonnière de ses pensées, quoiqu'elle fasse, elle se souviendra de tout ce qu'elle a vu parce que tout ça sera caché à quelque part dans sa tête. C'est comme de l'encre indélébile, impossible d'effacer quoique ce soit.

Sans m'en rendre compte, Peter pose une main sur mon épaule. Au début je sursaute, perdu dans mes pensées pour finalement me concentrer sur mon producteur. Il me fait signe qu'il veut me parler, alors je le suis.

Peter : Tu sais, ta s½ur a beaucoup de talent. J'ai bien aimé toutes ses chansons. J'y pense depuis tantôt et je regrette presque ma décision.
Bill : Hein ? Laquelle ?
Peter : Bien, pour le concours. Je crois sincèrement qu'en fait elle aurait dû se mériter le premier prix, mais enfin, c'est dur de juger les artistes avec seulement une chanson.
Bill : Oui, c'est sûr. Mais ne t'inquiète pas, Lauren est déjà beaucoup comblée et reconnaissante d'avoir gagné au moins un des trois prix. Ça signifie beaucoup pour elle.
Peter : C'est bien pour ça que je regrette.
Bill : Oui, mais ne t'en fais pas. Lauren m'a confié après le concours qu'elle était fière des autres gagnants, elle m'a même dit qu'ils l'avaient tous mérité. Elle les admirait et je peux te jurer qu'elle disait ça sincèrement. Je te jure que ce prix suffisait déjà amplement à ma s½ur. Déjà de se produire, c'était grandiose, elle n'espérait pas avoir de prix, crois-moi, je connais ma s½ur. Si elle a fait le concours, ce n'est certainement pas pour avoir la gloire, la renommée ou être connue, parce qu'elle a déjà tout ça. Elle n'a qu'à aller vivre en Amérique et elle va être adulée. Je te jure sur ma tête que tout ce que ma s½ur me dit, je le crois et je lui fais confiance à propos de ce qu'elle m'a dit ce soir.
Peter : En tout cas, pendant que les autres parlaient, David, Dave et moi on a parlé. Je crois que David t'avait confié plus tôt dans la soirée qu'il aimerait bien produire ta s½ur ?
Bill : Oui, en effet.
Peter : Eh bien, Dave et moi sommes du même avis. Je te le dis tout de suite, mais dans quelques minutes, nous allons proposer à ta s½ur, Marie-Aimée, Zuzi et Gabrielle de les produire.
Bill : Hihihi, c'est trop géniale, lui dis-je en tapant dans mes mains et en sautant de joie.
Peter : Par contre, si elles le veulent, il se peut qu'on vous emmène à jouer ensemble. Tokio Hotel a beaucoup à apprendre sur l'attitude de Lauren et Lauren a également beaucoup à apprendre sur le monde de la célébrité. Nous aimerions que vous vous entraidiez, mais il faudrait que vous lui annonciez que vous-mêmes vous êtes connus.
Bill : Oh ! dis-je surpris.
Peter : Mais quand même, ce qui m'étonne ce qu'elle ne l'ait pas su depuis quatre mois. Il me semble que vous être à peu près partout, je me demande comment elle a fait pour ne pas encore avoir entendu parler de vous ?
Bill : Tu sais, Lauren n'est pas le genre à se promener sur le net, à écouter de la musique ou à la lire des magazines, pour l'instant, elle est pas mal dans le procès et dans la révision de ses examens. Sinon, au début elle était pas mal renfermée. Je crois qu'en gros, elle est trop prise pour s'en rendre compte.
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# Posté le mardi 14 octobre 2008 16:50

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 23:15

Chapitre 4

Chapitre 4
Peter : Ouin, bien essaies quand même de le lui faire savoir avant qu'elle ne le découvre par elle-même.
Bill : Oui. En fait, Tom et moi on voulait le lui dire au début de l'année, mais on n'a jamais su comment s'y prendre. En faite, on redoute un peu sa réaction.
Peter : Peut-être que si vous en parliez à Gustav et à Georg, eux sauront peut-être vous aider. En plus, ils sont de très bons amis de ta s½ur à ce que j'ai entendu dire. Si vous lui annoncez tous ensemble, elle sera peut-être plus encline à vous entendre et à l'accepter.
Bill : Oui, peut-être, mais ça n'enlève pas le fait que j'ai peur qu'elle nous rejette.
Peter : Pourquoi ferait-elle quelque chose comme ça? Je croyais qu'elle était très compréhensible?
Bill : Ah ça oui, mais il faut tout le temps qu'elle imagine qu'en restant avec elle, nous serons en danger.
Peter : Elle n'a peut-être pas tord, tu sais? Après tout, la pression qu'exerçait son père sur elle a très bien pu ne pas l'aider et comme son réseau criminel n'a pas encore été démantelé, il est possible qu'elle ait raison, mais il faut qu'elle sache que vous, vous êtes protégés vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La personne à qui elle doit faire attention, c'est elle et tu dois le lui faire comprendre, ok?
Bill : Oui, je vais faire mon possible. Je vais d'abord prévenir Georg et Gustav, et on va lui dire au plus tard, demain.
Peter : Très bien. Bon, dit-il en se frottant les mains, je crois qu'il est temps de lui annoncer la nouvelle.
Bill : Tu es sûr qu'elle va accepter de se faire produire par le même manager que celui de ses deux frères et de ses deux amis? Ce n'est pas que je ne veuille pas, mais elle a quand même sa fierté aussi.
Peter : Ouais, tu as peut-être raison, mais on a quand même décidé d'essayer. Ta s½ur a beaucoup de talent, il serait dommage de le gaspiller dans des bouquins scolaires.
Bill : Un conseil, ne lui dit pas ça. L'école est quelque chose de très important pour elle et elle prend ses études très au sérieux.
Peter : Eh bien, on voit qu'elle est capable de prendre ses responsabilités et de faire la part des choses. Mais elle croyait ça parce qu'elle n'avait rien d'autre, peut-être qu'elle sera plus enthousiaste à se produire et de vivre de sa musique.
Bill : Honnêtement, s'il y a bien quelqu'un qui peut profiter de la vie sans travailler une seule seconde et acheter sans compter, c'est bien elle. Ce qui d'ailleurs a le don de me frustrer parfois.
Peter : Pourquoi? Parce qu'elle est plus riche que toi?
Bill : Ridicule! Sur ce point, je suis d'accord avec mon frère, c'est bien d'en avoir, mais ce n'est pas tout dans la vie. Non, je pensais plutôt au fait qu'au lieu d'en profiter un peu, elle aime mieux le donner pour des causes caritatives, pour la construction d'immeubles pour les sans-abris ou pour l'hôpital...ou encore pour aider son ancienne gardienne à tenir les deux bouts, alors que elle, elle ne pige pas dans son compte pour des raisons personnelles.
Peter : Ah mais ça, tu sais, tu ne peux pas l'obliger à dépenser pour elle-même. Après tout, c'est la femme la plus puissante au monde et la deuxième plus riche après Bill Gates. On ne peut pas vraiment lui dire quoi faire avec son argent, c'est son choix. En plus, j'ai remarqué qu'elle avait des convictions très fixes, très précises. Si elle est heureuse comme ça, quoi demander de mieux pour elle?
Bill : Je sais bien, mais quand même. J'ai l'impression quand même que je ne vis pas dans le même monde qu'elle.
Peter : Mais pour l'instant, elle non plus, ne vit pas dans ton monde.
Bill : Je sais, mais en faite ce que je veux dire, c'est que j'ai l'impression d'être à l'écart. Par exemple, quand elle a des rencontres avec ses conseillers financiers ou qu'elle part dans un autre pays sans nous. Je sais qu'elle est proche de nous, mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle s'éloigne de nous...de moi.
Peter : J'aime mieux ne pas me mêler de vos problèmes, j'en ai déjà assez des miens, mais je te conseille d'avoir une discussion avec elle.
Bill : Merci, lui dis-je reconnaissant.

Nous retournons vers les autres. Lauren est entrain de parler de notre enfance à David et Dave. Ceux-ci rigolent quand ils en apprennent une bonne...comme la fois où Tom avait eu tellement envie quand nous étions partis faire une marche dans la forêt et qu'il n'avait pas d'autre choix que d'aller faire sa commission derrière les buissons. Le problème, c'est que cette fois-là, il y avait eu des vieilles dames qui marchaient dans le coin et qui lui ont vu ses fesses. Je me rappelle de cette fois-là, elles étaient littéralement scandalisées.

Je vois mon frère qui essai de se faufiler lentement, subtilement jusqu'à temps que Lauren lui demande où il va. Raté! Il me voit et me supplie du regard, alors je m'avance et tente de l'en sortir de cette situation plus que gênante, alors que les autres rient abondamment de lui.

Je suis proche du groupe et j'appelle Gabrielle et Zuzi qui regardent nos anciens albums de photos. Elles referment le cahier et finissent par avancer vers nous. Je me racle la gorge et regarde mes producteurs et paroliers et leur fait signe de la tête que c'est le moment venu.

Bill : Bon, je crois que les filles que David, Peter et Dave ont quelque chose d'important à vous dire. Alors je leur laisse la parole.
Dave : On a beaucoup parlé ensemble après ta prestation de tantôt. Nous trouvons sincèrement que tu as beaucoup de talent et ça serait dommage de rien en faire. Nous nous sommes mis d'accord et nous te proposons de te produire. Nous avons également songé à mettre Zuzi, Gabrielle et Marie-Aimée dans le projet, mais nous voulons surtout te mettre à l'avant. Les filles pourront faire quelques chansons avec toi. Enfin voilà. On te laisse réfléchir à notre proposition. Je sais que ça va peut-être un peu vite quand même, mais on tenait à ce que ce soit nous qui te produisions.
Lauren : Euh! D'accord, je vais y réfléchir. Je vais d'abord en parler avec les filles. Comme je l'ai dit tantôt, les filles le méritent autant que moi et enfin...je vais y penser.
Zuzi : Et les autres?
David : Quels autres?
Zuzi : Bien, ceux qui ont gagné le premier prix du concours. Ils vont peut-être trouver ça injuste, non?
Dave : Peut-être, mais là nous ne sommes plus dans le cadre du concours et s'ils ne sont pas capables de l'accepter, alors je ne crois pas qu'ils devraient faire ce métier. Ça fait parti du showbiz.Voilà, alors je crois que tout est dit.
Lauren : Oui, mais...enfin...nous n'avons pas fini nos cours.
Zuzi : Parle seulement pour nous! Toi, il te reste seulement deux semaines, à peine. Nous, il nous reste encore une session.
Dave : Vous pourrez toujours suivre des cours par correspondance.
Zuzi : Eh bien voilà, c'est arrangé!
Lauren : Et vos parents, les filles. Vous croyez qu'ils voudront? Et toi Zuzi, ta mère va-t-elle te laisser dans les mains d'un autre producteur?
Zuzi : Bien ça, c'est moins sûr.
Lauren : Alors, je crois qu'avant de penser prendre une décision, il faut que ta mère soit d'accord, sinon, même en disant que ça nous tente et que ta mère dit non, ça n'aura servit à rien.
Zuzi : Arff! Tu as le don de péter ma bulle.
Lauren : Désolée, mais il faut rester réaliste.
Peter : Bon, eh bien, on va vous laisser discuter. Vous n'aurez qu'à nous appeler pour nous faire savoir votre réponse.
Lauren : Oui, bien sûr. Pas de problème, messieurs.
David : Très bien. Alors on vous souhaite une bonne fin de soirée.


Peter, Dave et David quittent la maison peu de temps après. Nous laissant seuls au sous-sol. La tension commence à se faire sentir. Pour la détendre, Lauren propose que l'on écoute un film tous ensemble. Ce qui évidemment, personne ne refuse. C'est moi et Pierre qui sommes chargés de trouver un bon film sur COGECO, alors que ma s½ur prépare les chips, le pop-corn et la boisson avec Nikita et Gustav et que Georg, Andreas, Gabrielle, Tom, Ann-Laurence arrange le salon, disposent les divans et les coussins par terre et que Zuzi, Hélia et Marie-Aimée sont parties à l'épicerie chercher encore plus de choses à bouffer avec l'argent que Lauren leur a donné.


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Quinze minutes plus tard

Alors que tout est finit, les trois filles reviennent avec cinq grands sacs. Eh bien dis donc, ce soir, on ne va pas mourir de faim. Elles déballent le tous, mettent des chips dans des bols, petits chocolats dans un autre bol plus petit, paquets de M&M dans l'avant dernier contenant et finalement versent presque tout des quatre paquets de Skittles dans le dernier bol. Elles déposent le tout sur la grande table qu'il y a au milieu du salon.

Quand tout le monde est prêt et confortable, Pierre part le premier film que nous avons sélectionné, étant donné qu'on n'avait pas su choisir entre les deux films. Nous voyons les premières images du «Samouraï» défiler.

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1 heure et demie plus tard

La plupart sont toujours réveillé, même s'il y a Zuzi et Hélia qui dorment par terre, sur les coussins. Hélia, elle dort à côté d'Andreas, alors que Zuzi a plutôt trouvé refuge pour sa tête sur la cuisse de Lauren. Il n'est que vingt-deux heures et on est samedi soir, alors, d'un commun accord, nous commençons le deuxième film qui s'intitule « Mr. Et Mrs Smith ». Je crois que Tom va être content, il y a Angelina Joli qui joue dedans. En tout cas, à la fin de ce deuxième film, presque tout le monde dort, tellement que c'est Lauren qui vient nous réveiller. En effet, quand j'ouvre les yeux, je vois le générique défiler sous mes yeux. Eh bien, je ne pensais pas que j'allais dormir, moi qui d'habitude, j'écoute les films de bout à bout, c'est assez rare que je tombe de sommeil. Il faut dire qu'aujourd'hui a été une grosse journée. Ce n'est pas reposant de fêter quand même. En plus, il se peut que Lauren deviennent célèbre...mais quand même, je ne sais pas si elle deviendra aussi célèbre que nous, on verra par la suite. De toute manière, nous on n'y peut rien, c'est au public de décider de ce genre de choses.

Bon, là, je dois aller me coucher, parce que demain, c'est une journée importante pour Lauren. Elle va enfin apprendre qui nous sommes vraiment. Enfin, je ne suis pas sûr que je sois rassuré malgré ce que Peter m'a dit. Je fais confiance en Lauren, mais j'ai quand même un peu peur, je crois que c'est normal. Il ne faudra pas que j'oublie d'en parler aux autres par exemple parce que ça, c'est tout moi. Bon, maintenant, dodo parce que je suis plus que crevé. Je monte dans ma chambre pendant que Tom se réveille et que Lauren fait de même, laissant les autres dormir dans le salon. Je franchis les dernières marches, pas encore tout à fait réveillé, ne prends même pas la peine d'ouvrir les lumières de ma chambre, je m'affale tout simplement sur mon lit en ramenant les couvertures sur mon corps et me voilà reparti dans le pays des songes.

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Quelques heures plus tard
Vers 9 heures du matin

Je me réveille tranquillement. Je m'étire et malheureusement, il fallait que ça m'arrive à matin, j'ai une crampe dans le mollet, c'est malin. C'est atroce comme douleur. C'est bien la première fois que cela m'arrive, mais Tom m'avait dit que ça faisait un mal de chien. Je ne sais pas quoi faire et plus j'attends, plus ça fait mal. Je ne peux pas imaginer mettre le pied à terre, je ne sais pas trop ce que ça va faire. Heureusement pour moi, Lauren était à l'étage. Elle devait réveiller Tom parce qu'il le lui avait demandée hier alors qu'il allait se coucher. Quand elle me voit faire une grimace de douleur, elle entre dans ma chambre et voit que ma jambe est tendue à son maximum. Je ne sais pas si elle a déjà eu ça, mais en tout cas, elle semble savoir quoi faire parce qu'elle me fait mettre sur mes deux pieds. La douleur, après avoir monté à son summum commence étrangement à s'en aller. Alors que je croyais que c'était passé, je commence à marcher et je ne peux m'empêcher de laisser échapper un juron lorsque je me rends compte que j'ai toujours mal au mollet. Lauren me lance un regard compatissant et m'aide à marcher jusque dans la salle de bain. Là, elle me fait asseoir sur la cuvette des toilettes. Je la regarde faire. Elle sort de l'armoire une débarbouillette avec de l'huile de massage. Elle commence par faire tremper la débarbouillette dans l'eau presque bouillante et met la compresse directement sur mon mollet. Je peux vous dire que c'est chaud. Ensuite, elle se met de l'huile dans les mains et me fait un massage. Moi qui d'habitude les aime, je n'apprécie pourtant pas celui-là, peut-être parce que mon muscle n'arrête pas de m'élancer. Elle retrempe la serviette et essuie l'huile qui reste sur ma jambe. Dès que je recommence à marcher, je sens tout de suite une différence. Oui, maintenant, je n'ai plus cette envie irrépressible de crier. Elle m'aide quand même à descendre l'escalier et à aller jusque dans la cuisine où Tom est déjà attablé avec les autres invités. Ils sont tous là à manger le délicieux déjeuner que Lauren a pris l'habitude de nous concocter à tous les matins depuis que nous sommes revenus du Canada, il y a de ça un peu plus de trois mois. Je m'assois entre mon frère et ma s½ur et commence à manger. Au moins, on ne m'enlève pas ce plaisir dès le matin, ce n'est pas comme cette crampe que j'aurai pu très bien me passer. Tom n'arrête pas de me demander ce que j'ai eu pour que Lauren soit presque obligée de me porter. Quand il finit par le savoir, il compatit avec moi, en ayant souvent eut ces deux dernières années, il sait ce que ça fait. Après ce petit contretemps, nous allons nous habiller alors que les filles se préparent pour leur interview à l'hôtel pour parler de leur vidéo clip qui est sorti hier soir et du concours aussi. Lauren est prête en trois temps, deux mouvements. Eh oui, pourquoi ça ne me surprend-t-il plus que ça soit la seule fille que je connaisse et qui passe moins de temps que Tom dans une salle de bain ? Oh, seulement peut-être parce que Lauren n'est pas comme les autres filles! Elle ne regarde pas trop comment elle s'habille, parce qu'elle s'habille comme elle le veut...elle a ce petit quelque chose qui fait que personne ne se soucie vraiment de comment elle peut paraître. Elle a su se faire respecter de la plupart des personnes et maintenant elle fait pratiquement ce qu'elle veut. Et surtout, j'ai appris qu'il ne faut pas lui dire comment elle doit agir ou ce qu'elle doit faire parce que j'en ai fait l'expérience et ça m'est retombé sur le nez...même chose pour chaque personne qui ont osé, mais bon, à part ça, à part qu'elle a une tête de Kaulitz, (tête de cochon) elle est bien correcte. C'est pourquoi elle ressort de sa chambre, simplement habillée d'une paire de pantalons foncés sérées et d'une chemise en satin mauve pale à manches bouffantes courtes dont le devant est un peu décolletée. Elle ne s'habille jamais de façon extravagante, mais elle est toujours chic. Elle met vite ses boucles d'oreilles et s'apprête à partir et comme d'habitude, je l'arrête en milieu du chemin pour la ramener derrière et la maquiller un peu. Comme souvent, elle lâche un grognement avant de se laisser faire. Je lui mets rapidement du fond de teint, lui maquille les yeux, pas trop comme elle aime et sort un de mes brillants à lèvre et lui en mets un peu avant de la laisser partir. Elle dévale rapidement les marches, part précipitamment, ouvre la porte et je peux entendre un claquement. Voilà, elle est partie pour une autre entrevue. Par la fenêtre de ma chambre, je peux voir son chauffeur lui ouvrir la porte et elle, s'installer. Ça n'aura prit que quelque secondes pour qu'elle parte vers Berlin.

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Point de vue de Lauren
Une demi-heure plus tard
À l'entrée d'un hôtel de Berlin

Je m'avance rapidement vers les fauteuils. Mes souliers à talons hauts claquent sur le sol ciré de ce luxueux hôtel cinq étoiles. Je rejoins Gabrielle, Zuzi et Marie-Aimée que j'ai vues il y a peine une heure et demie. Je m'assoies sur le bord du fauteuil.

Lauren : Est-ce que je suis en retard ?
Zuzi : Non, il reste encore dix minutes, mais c'est au cas où le journaliste arriverait avant.
Lauren : D'accord.


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Dix minutes plus tard

L'entrevue commence et je place rapidement quelques mèches de mes cheveux pendant que le journaliste sort ses petits cartons avec probablement ses questions dessus. Je commence déjà à avoir mal aux yeux à cause de l'éclairage qui me rentre directement dans les yeux, je n'ai pas d'autres choix que de froncer un peu des sourcils et de me tasser un peu sur le côté pour éviter le plus possible les lumières.

Journaliste : Bonjour, je suis présentement avec quelques gagnantes du concours d'Universal. Alors, présentement je suis avec Lauren, Zuzi, Gabrielle et Marie-Aimée. Bonjour les filles, dit-il en s'adressant finalement à nous.
Nous : Bonjour Jean.
Jean : Alors, les filles. Dites-nous comment on se sent lorsqu'en deux secondes on est connu partout en Europe ?
Zuzi : En fait, je ne l'avais pas vu comme ça. Il est vrai que c'est encore récent. Notre vidéo clip n'est sorti qu'hier et nous avons passé la soirée à fêter l'évènement, ce qui fait qu'on n'était pas proche de la frénésie. Peut-être qu'aujourd'hui nous le sentirons un peu mieux, mais comme on se tenait à l'extérieur de tout ça, c'est difficile de le dire.
Marie-Aimée : Je crois que ne l'ayant pas encore réalisé, c'est comme si ça nous passait six pieds par-dessus la tête, on ne veut tout simplement pas croire que oui, c'est bien réelle et que c'est nous qui passons dans le vidéo clip et qu'il est joué sur plusieurs chaines.
Lauren : Je crois aussi que le fait que nous sortons de l'ombre aussi rapidement, c'est franchir une étape importante en seulement quelques jours. C'est incroyable, on a peine à imaginer l'ampleur que cela va prendre. Pour nous, c'est aussi gros que si nous avions sorti un album, pourtant ce n'est qu'une vidéo. Le fait que nous soyons bien encadrées va nous aider aussi, va nous préparer à la réaction des gens parce que nous venons tous d'un endroit pas très connu et nous ignorons tous de cette vie.
Gabrielle : J'espère juste que ça ne se finira pas avec un vidéo clip.
Jean : Alors, vous souhaitez continuer sur cette voie ? Vous voulez vraiment devenir des stars ?
Lauren : Des stars ? Ça n'a jamais été notre mot d'ordre, sinon on aurait participé au concours pour les mauvaises raisons. Non, en fait, on ne recherche aucunement la célébrité...
Gabrielle : Mais si ça nous arrive, c'est tant mieux !
Lauren : Oui, évidemment, mais on veut surtout partager avec les autres nos sentiments. Les chansons que j'écris parlent de choses vécues, ainsi, sans que les autres aient été avec moi, ils peuvent faire une introspection de nos journées. Si un moment fort, marquant m'arrive et que vous en faite partie, ne vous surprenez pas que quelques jours plus tard, vous vous reconnaissiez dans une de nos chansons.
Marie-Aimée : Notre but, le plus concrètement possible, c'est de se rapprocher du public, de partager tout ce que nous avons avec les autres. C'est se dire en même temps, je vis dans un autre monde, mais je vis aussi avec tous ces gens. C'est faire un amalgame de tout ce que l'on aime pour en faire un tout, pour que ça nous corresponde traits pour traits.
Zuzi : On veut en faire notre métier, on veut vivre de notre art, de nos pensées, de nos sentiments, on veut pouvoir être en quelque sorte nos propres porte-parole et ceux des autres. Comme la dit tantôt Lauren, s'il y a quelque chose qui nous marque, on peut très bien partir une chanson la dessus, ainsi, il se peut que nous écrivions sur le suicide, sur la traîtrise humaine, sur la famine, les guerres, les enfants battus ou encore sur la pauvreté, c'est en ce sens que nous pouvons être les porte-paroles de notre société. On veut essayer de comprendre ce que les jeunes de notre génération se sentent et inversement, on veut qu'ils puissent nous accompagner à travers nos chansons, on veut qu'ils aient l'impression qu'ils sont avec nous vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Jean : Eh bien, c'est un geste noble. Parlons maintenant du déroulement du tournage. Comment c'était honnêtement ?
Zuzi : Nouveau !!! Génial !!! Fantastique !!! Merveilleux !!!! Je ne sais pas quoi dire de plus sérieusement !
Gabrielle : En fait, on est venue nous chercher chez nous vers cinq heures et quart du matin, ce qui je dois dire est probablement la partie la plus plate de la journée, mais quand c'est ton premier vidéo clip que la veille tu es tellement excitée que de toute manière, tu n'as pas dormi de la nuit. Après, on est arrivée sur le plateau de tournage vers les sept heures environ, je crois, dit-elle en me regardant.
Lauren : Oui, en fait, il devait être sept heures et quart, dans ce bout là.
Gabrielle : Voilà. On est débarquée de la limousine et la première chose qu'on nous a demandé de faire, c'est d'aller se faire maquiller.
Journaliste : J'ai entendu dire Lauren que pour vous, ça a été dur.
Lauren : Oui, en fait, ce n'est pas pour jouer les rabat-joies, mais depuis que mon père a commencé à me battre, je crains un peu le contact humain aussi proche. Il n'y a que peu de personnes qui peuvent être aussi proche, sinon, je me referme. C'est un peu comme une psychose, une plaie qui ne s'est pas encore refermée, alors, il a fallu que je reprenne sur moi. Je ne voulais pas gâcher la journée des autres. Ça a prit plusieurs essaies avant qu'ils puissent faire quelque chose de moi, mais c'est pour ça que j'ai aimé d'avantage l'équipe. Ils ont tous été formidables et compréhensibles avec moi.
Jean : [/g Ah non, non, vous n'êtes pas rabat-joie. Tout le monde connaît votre histoire presque autant que vous-même. On vous comprend et moi le premier! Sinon, après le maquillage, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Marie-Aimée : C'est là qu'on a véritablement allé sur le plateau. Au début, c'était impressionnant. Il y a un fond noir derrière. Je croyais que j'allais me perdre dans mes mouvements, étant donné que je n'avais pas de repères spacieux, alors j'appréhendais déjà un peu le tournage.
Zuzi : D'ailleurs, tu commençais à m'énerver à me demander à chaque fois si ce que tu faisais était correct pendant les répétitions, dit-elle en riant.
Marie-Aimée : Bien oui. Moi, ce qui m'a surprise, c'est que Gabrielle est restée zen.
Jean : Pourquoi ? Elle panique facilement d'habitude ?
Marie-Aimée : Parfois elle a le don de me rendre folle. D'ailleurs, je vais vous dire, avant le concours, à à peine quelques secondes de notre tour, on a failli tout laisser tomber. Gabrielle était sur le bord de la catastrophe, moi je me laissais emporter. Zuzi commençait à s'énerver contre nous parce qu'elle trouvait qu'on exagérait et Lauren nous a dit que si c'était pour agir comme ça, fallait y mettre fin tout de suite et aller annuler notre inscription. Heureusement, on n'a pas eu le temps de se rendre qu'on nous appelait déjà pour notre prestation. À ce moment, la tension a complètement tombée. Tout pour vous dire que ça a passé proche qu'aujourd'hui nous ne soyons pas là.
Jean : Eh bien, ça aurait été dommage quand même de gâcher une telle chance pour une dose trop grande de stress et puis, je suis certain que vous ne le regrettez pas aujourd'hui.
Lauren : Absolument pas.
Gabrielle : Pas une seule seconde.
Marie-Aimée : Ça en valait la peine.
Zuzi : Tout à fait.
Jean : Avant de partir, j'aimerais vous poser une dernière question ? Comment vous êtes-vous connues et comment avez-vous fait pour choisir la chanson ?
Lauren : Ça fait trois questions ça, dis-je en riant.
Gabrielle : En fait, Lauren était nouvelle à l'école. La première fois qu'elle est arrivée, tout le monde se demandait qui ça pouvait bien être, en plus elle se tenait avec Bill et Tom Kaulitz. La plupart des filles l'enviaient alors que d'autres, lui disaient plutôt des méchancetés. Mais un jour, on n'a pas vu Lauren à l'école. Ça a duré presque trois semaines, la dernière semaine, Bill, Tom, Hélia et Andreas n'étaient pas à l'école. On se demandait ce qu'il se passait et ça a commencé à alimenter les ragots évidement.
Zuzi : Tout d'un coup, j'arrive à l'école un Lundi matin et là, je vois la fameuse Lauren Kaulitz dont tout le monde parlait dans le bahut, monter les marches de l'entrée principale. Comme beaucoup ne l'avait pas vu les dernières semaines, ça n'a fait qu'amplifier les rumeurs à son sujet. Tout le monde connaissait quasiment sa vie en entier et l'histoire du procès. Malheureusement, malgré le fait que Lauren soit de retour, il semblait qu'il y avait personne qui l'avait dans un de ses cours, ce qui était vraiment étrange.
Lauren : À mon premier cours de guitare, le professeur m'a parlée du concours. Je ne voulais pas vraiment gagner un prix, ce n'était pas ce que je cherchais. Je voulais surtout pouvoir libérer de mes chaînes et prouver à tout le monde que je n'étais pas la petite fille fragile comme tout le monde le racontait. Je voulais qu'il sache que malgré tout, j'étais encore capable de me tenir debout. Alors, j'ai passé une annonce dans le journal de l'école. Les filles y ont répondu et c'est comme ça que l'on s'est connue.
Marie-Aimée : Pour la chanson...en fait on n'avait pas vraiment d'idée et notre affaire n'avançait pas. Lauren nous a alors révélé qu'elle écrivait des chansons, mais qu'elle ne savait pas trop à quoi ça donnait. On s'est dit, pourquoi pas, tant qu'à rester planter à ne rien faire, vaut mieux tenter quelque chose. Lauren est repartie chez elle et le lendemain matin, à l'école, elle nous a donné une copie de sa chanson finie. Gabrielle, Zuzi et moi, on s'est rencontrée et on a tout de suite accrochée. On a recontacté Lauren et on lui a dit que sa chanson était magnifique. Moins de quelques heures plus tard on était réunis et on commençait déjà à travailler sur la chanson. Ça a prit plusieurs tentatives avant que nous soyons complètement satisfaites du ton que nous donnions à la chanson, après on s'acharnait pour finir la musique. Mais il semblait qu'il manquait quelque chose, la chanson commençait trop sec à notre goût, c'est là que Lauren a eu l'idée de peut-être incorporer le piano et le violon. Je ne sais pas ce qu'elle a fait, mais la journée d'après, elle est arrivée avec les partitions des deux instruments. La chanson prenait, tranquillement pas vite, forme. On voyait enfin le tunnel des dizaines d'heures de travail. Pourtant, encore là encore, Gabrielle n'était pas satisfaite. Elle se plaignait que même avec tout ce qu'on avait fait, la chanson semblait encore vide de sens. Il fallait quelque chose en fond sonore, on ne savait pas trop, jusqu'à temps que pendant que Lauren chantait, je décide de chanter des vocales pour rire, on n'avançait pas, on était fatiguée et je peux dire que ça ne me tentait plus de continuer pour l'instant, c'est là que Gabrielle s'est exclamée que c'est exactement ce qu'il manquait.
Gabrielle : Exactement. Après l'arrangement musical, on s'est penchée sur la partition, on a rien modifié, on a seulement ajouté un refrain et les secondes voix. On a décidé après plusieurs fois que ça serait une sorte de choral formée de Marie-Aimée, Zuzi et moi. Voilà comment la chanson s'est formée.
Zuzi : On avait décidé de jouer celle-là au lieu de tout laisser tomber parce que l'on savait ce que cette chanson, ces paroles pouvaient signifier pour Lauren et avec la chanson, elle est venue également nous chercher. Moi, personnellement, je trouve qu'on a bien travaillé. Je crois que jamais nous n'avions fait une chanson aussi poussée émotionnellement et musicalement.
Jean : Eh bien, merci les filles pour cette entrevue.
Nous : De rien.
Jean : Si un jour, vous sortez un album, faites-moi signe, je vais être le premier à l'acheter.
Nous : D'accord, nous lui dire-t-il avec un grand sourire.
Jean : Alors voici déjà venu le temps de dire le mot de la fin. Vous pouvez vous procurez le vidéo clip sur DVD via le site web d'Universal, sinon, il sera mis en vente dans moins de trois jours. Mais si vous ne voulez pas attendre, allez sur Universal, ils en ont déjà quelques-uns à vendre. Sur ce, en direct de l'hôtel Berlin, avec trois des gagnantes du concours, je vous dis à la prochaine. Ici, Jean Mark, pour «Célébrités, célébrités» !
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# Posté le mercredi 15 octobre 2008 10:46

Modifié le samedi 26 septembre 2009 23:09