Lundi le 27 de Novembre
7 :50 heures du matin
Chez nous
Lauren: Bill??? Où as-tu mis ma veste?
Bill: Elle est dans ma chambre avec tes pantalons, me répond-t-il.
C'est bien ma veine. Il fallait à tout prix que durant ces trois mois j'ai assez grossi pour que Bill et moi fassions la même taille de vêtements!!! Il faut que j'arrête de chialer, moi. Lui, il me prête bien ses vêtements parfois! Je me détends à ce moment. Ce n'est pas le temps de faire sa capricieuse, on doit partir pour l'école dans moins de deux minutes, je n'ai pas le temps de chercher cette fameuse veste en haut, alors j'en enfile un autre.
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Pendant ces trois mois, il s'en est passées des choses. Seulement des belles par exemple. Je me suis beaucoup plus rapprochée de mes frères en particulier, mais aussi de mes amis que je n'oublie pas !
D'ailleurs, Andreas m'a appris à faire du skate, son «sport» préféré. Au début, bien qu'ayant de la volonté, j'avais super peur de me casser la gueule, disons-le comme ça, mais à force je me suis habituée. Andreas m'a beaucoup appris sur le maniement, il excelle là-dedans. Il aime bien faire des démonstrations dans la rue, les fins de semaines, quand j'ai le temps, je vais le voir à chaque fois. Hélia, pour sa part, me parle de l'agent masculine et me donne ses «trucs» pour bien aborder un garçon, je peux vous dire que je ne me suis pas pratiquée de ce côté-là. Pour l'instant, je ne pense pas vraiment à regarder les garçons, ils ne m'intéressent pas. Les seuls parmi eux auxquels je prête attention, sont mes frères, Gustav, Georg, Andreas et Pierre. À part ça, elle vient très souvent chez moi ou c'est moi qui vais chez elle, mais à chaque vendredi soir, nous faisons quelque chose ensemble. Elle m'a même fait un compte MSN pour que l'on puisse se parler même quand nous ne sommes pas ensemble. Elle a pris soin d'ajouter les adresses de mes amis et de mes frères parce que moi et l'ordinateur, ça fait deux encore pour l'instant. À part de ça, Georg aime bien me traîner dans les fêtes foraines quand il y en a une. La dernière était celle pour le temps de l'Halloween. Je me rappelle que cette journée, il ne m'avait pas lâchée une seule seconde et me demandait à chaque quart de tour si je voulais faire la grande roue, le bateau, les montagnes russes et ou autres manèges. Avec lui, je ne peux absolument pas dire que je m'ennuie. Il est tellement plein de vie, il ne peut se tenir plus de deux secondes sans rien faire...un peu à la manière de mes frères quoi ! Gustav, lui, c'est le garçon calme, sûr de lui, qui aime aider les autres. Un jour, peu de temps après que j'aie recommencé l'école, il m'a invitée chez lui où j'ai fait la connaissance de sa fille comme il aime dire...mais en fait, c'est sa petite s½ur de deux ans. Depuis, je vais chez lui quand il a besoin que quelqu'un la garde. Parfois il reste avec moi et on la garde tous les deux. À long terme, quand ses parents partent en voyage, je vais dormir chez lui pendant quelques jours, ce qui lui permet en même temps de faire complètement ces nuits, ce qui pour moi, ne me pose absolument aucun problème, puisque contrairement à la plupart des personnes, je n'ai besoin que d'environ cinq heures de sommeil ! Ann-Laurence, c'est la fille avec qui je magasine le plus je crois, bien sûr Bill nous accompagne aussi très souvent, mais ça n'enlève aucunement le charme de «shopping» entre filles parce que j'ai appris que Bill avait un côté très sensible assez développé. Pierre, c'est le garçon avec qui je fais tout mes projets d'école. Le fait que nous soyons tous les deux très intellects nous aide un peu dans notre relation, mais je l'aime surtout pour son côté humoristique. Je vous jure, il est très drôle et il n'est pas capable de s'arrêter ! Avec lui, tu passes une bonne journée, c'est obligé ! Quand je ne vais pas bien, la seule chose qu'il a à faire c'est de me raconter une de ses fameuses blagues pour que tout de suite j'aille beaucoup mieux. Il est venu chez nous pour la première fois quand notre groupe a commencé à réviser pour le concours d'histoire. Cette fois-là, j'avais invité tout le monde à rester à souper chez nous, ce qu'ils n'ont point refusé évidemment. Il a été le dernier à partir de chez nous. Au début, mes frères se méfiaient de lui, mais finalement ils l'ont accepté. Je ne dis pas qu'on l'invite à chaque fois que je sors avec le groupe, mais quand il est là, il est quand même le bienvenu. Pour ce qui est de Nikita, que dire sur cette beauté japonaise ? Son c½ur est égal à elle-même, c'est beaucoup dire sur la nature de cette jeune femme. Nous nous voyons rarement maintenant puisque que le concours est terminé, mais à chaque fois, c'est toujours avec plaisir que je vais prendre un café avec elle ou que je sors dans un restaurant. Je l'appelle aussi très souvent pour prendre de ses nouvelles avant son départ. Je lui aie d'ailleurs promis d'aller la visiter au Japon, donc elle m'a donnée son adresse là-bas et j'attends impatiemment que la session finisse pour aller passer quelques jours avec elle. Avec Bill, tout va pour le mieux comme avec Tom aussi. Chacun si différent et si pareille à la fois, ils sont des anges sacrés pour moi. Nous vivons ensemble, pour l'un et l'autre. Parfois, nous pouvons passer une fin de semaine seulement que nous trois, coupés du reste du monde et c'est d'ailleurs ces moments qui sont mes préférés. Non que je sois égoïste, mais j'ai l'impression qu'il n'y a qu'eux qui me comprennent vraiment. Tom, c'est mon confident. Si je ne dis pas quelque chose à Tom qui est important pour moi, je vais mal me sentir pendant un bout de temps et mon frère le remarque tout de suite. C'est aussi lui qui insiste parfois pour que je crache le morceau. Ensemble, nous passons beaucoup de notre temps à jouer de la guitare. Ayant considérablement avancée dans mon cours de musique, les partitions se faisant à chaque fois plus difficiles, il est là pour m'aider. Musicienne de nature, je n'ai aucun problème avec la partition et la théorie, mais quand il est temps de le faire en pratique, c'est moins facile et j'ai souvent besoin de ses conseils, ayant lui-même déjà joué les mêmes partitions. Bill, c'est le garçon avec qui j'écoute le plus souvent des films humoristiques, des films d'amours, comme Tom le dit, «des films pour filles», mais Bill, lui, il s'en fiche carrément. À chaque fin de semaine, le dimanche soir, il tient énormément à ce que l'on fasse ce qu'il appelle notre rituel, ce qui consiste à me faire une manucure. Il aime bien mes mains qu'il dit, facilement maniable selon lui ! Ensemble, il nous arrive souvent de sortir sur un coup de tête. C'est même lui qui m'a convaincue d'aller dans une discothèque pour jeunes au centre-ville. Mes deux frères, ayant toujours autant horreur d'ignorer où je suis et avec qui, m'ont obligée à m'acheter un téléphone cellulaire. Je suis rendue que je les appelle à chaque fois que je change de place. «Là, je suis sortie de l'école et je m'en vais chez Hélia écouter un film.» Plus tard : «Rebonjour, c'est seulement pour dire que je suis arrivée chez Hélia.» Quatre heures plus tard : «Re! Alors je viens de partir, je devrais arriver d'ici dix minutes. Salut !» Eh oui, mes frères peuvent parfois être très exigeants, mais si c'est pour les rassurer, j'accepte sans discuter leur requête...eh oui, c'est comme ça que j'appelle chaque chose qu'ils me demandent de faire, mais c'est toujours avec plaisir que je les exécute.
Comme je l'avais prédis, Simone s'est vite remise de son «burn out». Elle sait maintenant où sont ses limites et fait tout pour ne pas les franchir une nouvelle fois, se rendant compte qu'elle avait beaucoup préoccupé ses fils et...sa fille. Elle a recommencé à travailler, mais de façon beaucoup plus modéré. Quand elle se sent fatiguée, au lieu d'aller travailler, elle appelle pour dire qu'elle prendra une journée de congé, ce qui, parfois, ne lui fait pas de tord parce que c'est le genre de personnes qui n'arrête pas de travailler. Elle dit souvent qu'elle a eu sa part de «burn out» et maintenant, elle aime mieux prévenir que guérir, ayant fait l'expérience de cette maladie.
Pour le concours, j'ai rencontré les filles jeudi soir. Nous croyons que nous avons des grandes chances de gagner au moins un des trois prix. En ce moment, nous parlons également du prochain concert qui se tiendra dans la dernière semaine avant les grandes fêtes de Noël. Nous avons discuté de la possibilité de jouer deux chansons, une de Tokio Hotel, «Rette mich». Les filles veulent que je la chante, parce qu'elles pensent qu'elle me représente bien, ou du moins, ce que j'ai été auparavant. L'autre chanson, c'est une de leur composition. Vu qu'habituellement, c'est seulement Gabrielle et Marie-Aimée qui la chantaient, on a dû faire quelques changements pour que je puisse faire les vocalises. Eh oui, ni plus, ni moins ! J'ai refusé de chanter leur composition justement parce que c'était la leur. J'ai argumenté et finalement nous sommes tombées d'accords. J'ai accepté de chanter, mais seulement les vocalises s'il y en avait et en n'ayant pas, elles se sont arrangées pour qu'il y en ait !
Pour ce qui est du domaine scolaire, mes frères, franchement tannés du comportement de la secrétaire à mon égard, sont allés se plaindre au directeur qui m'a convoquée plus tard pour savoir le fin de mot de cette histoire. Je n'ai pas osé lui mentir, allant ainsi contre mes principes et du coup, la secrétaire a dû faire ses valises. Depuis, une autre femme a prit son poste, celle-ci d'ailleurs m'aime bien pour une raison ou pour une autre.
À travers ma vie d'adolescente, je mène aussi une vie de femme d'affaires. En effet, il y a deux mois exactement, jour pour jour, le maire de la ville et venu me voir, embarrassé par ce qu'il voulait me demander. Les fonds budgétaires étant à secs à cause des nombreux incendies et de l'obligation qu'il avait d'ordonner la reconstruction des foyers, nombreux sans-abris n'avaient pas pu avoir le logement dont ils réclamaient. C'est ainsi que je lui ai accordé trois millions de ma liquidité pour construire cette édifice. À chaque matin, je passe devant le chantier de construction et je vois que les hommes prennent à c½ur ce projet parce qu'à chaque fois, je suis étonnée de voir à quel point ils ont avancé depuis la dernière fois que je suis passée. À part de ça, je me tiens au courant des nouvelles recherches dans le domaine médicale que l'on fait en matière de nouvelles maladies découvertes et des vaccins qui ont besoins d'être développés, du coup, je donne souvent un peu de mon argent pour faire avancer la science. En parlant de santé, il y a deux semaines environ, j'ai accordé un prêt à la ville pour faire construire l'hôpital qui va remplacer l'ancienne, brûlé par les flammes de l'incendie du 19 octobre dernier.
À côté de cette vie, j'ai ma vie médiatique qui va bon train ces temps-ci, à cause du procès qui n'est pas encore fini. Tous les journalistes du pays s'arrachent les dernières nouvelles et surtout la «Battante» comme ils m'ont surnommée dans la presse. Chaque passage de ma vie les intéresse et maintenant presque que tous mes faits et gestes sont étalés sur la place publique. Autant quand je dis à quel point je menais une vie fabuleuse dans les premières années de ma vie, autant que lorsque je leur révèle des extraits de ma vie tourmentée dans ce château. L'évènement a tellement prit de l'ampleur qu'elle est sortie du pays pour s'afficher dans les pays voisins, sortir du continent et traverser l'Atlantique pour se rendre chez nos voisins les américains.
D'ailleurs, à mon dernier passage à mon appartement à New York, beaucoup de supposés anciens amis de ma mère m'attendaient devant l'immeuble. Certains que j'avais rencontrés dans la rue au début de l'année pendant mon long voyage de dix jours, me reconnaissaient enfin, reconnaissaient la fille qu'ils ont vue faire la charité aux sans-abris. C'est dans ce même laps de temps que j'ai revue mon ancienne gardienne, à peine âgée de vingt-deux ans. Elle a même d'ailleurs débarqué un jour en Allemagne tenant à me voir pour affaires financières. Elle était enceinte...plus tôt dans l'année, comme elle me racontait, elle s'était faite agressée et suite à cela, elle s'était rendue compte qu'elle était enceinte. Quand elle s'en est aperçue, il était malheureusement trop tard pour elle d'avorter. Elle a dû garder l'enfant qu'elle va avoir d'ici peu. Le problème, comme elle le disait, c'est qu'avant cette nouvelle, elle avait déjà de la misère à joindre les deux bouts, alors avec un enfant en plus, elle était complètement désespérée la pauvre. J'ai accepté de l'aider, mais à une condition, qu'elle reprenne les cours, qu'elle les fasse par correspondance ou non, ça je m'en fichais bien, mais je voulais que plus tard, elle puisse dire à sa fille que sa mère s'était battue jusqu'au bout pour mener une meilleure vie. Je voulais qu'elle soit fière d'elle, qu'elle s'instruise pour finalement trouver un travail qui avait de l'allure. Je voulais qu'elle ait la possibilité d'avoir une vie stable. Par contre, je lui aie formellement interdit de trouver un travail tout de suite. Je voulais qu'elle se concentre sur deux choses principalement : sa fille et ses études. Je ne demandais rien de plus, rien de moins. Elle a accepté tout de suite toutes mes conditions sachant pertinemment que je ne lui accorderais aucun cent si elle ne se donnait pas la peine de s'aider. Depuis, elle m'envoie fièrement une lettre, détaillant chaque dépense qu'elle fait et en m'expliquant pourquoi une telle dépense avait été nécessaire. Je lui accorde environ 1000 dollars tous les mois selon si le dollar s'apprécie ou se déprécie. La moitié va pour son loyer, sur les 500 qui reste, 300 vont pour la nourriture et autres dépenses, le 200, elle le garde jalousement à la cent près au cas où elle aurait une dépense imprévue. Je vais parfois lui rendre visite une fin de semaine par mois pour voir concrètement ce qu'elle devient. Jusqu'à date, elle va très bien et je suis contente de voir qu'à chaque fois, elle rayonne davantage.
Dernièrement, une université du Québec m'a demandée de donner une conférence de presse dans le cadre d'un des cours de politique pour les droits humains. Elle est prévue pour après Noël, vers la mi-février. Je ne sais pas exactement quelle date, celle-ci n'étant pas encore fixée, mais l'école tient énormément à me renseigner de chaque avancée qu'ils font.
On peut dire que oui, ma vie a drôlement changée depuis trois mois, mais je sais que je reste qui je suis. Je tiens énormément à vie ma privée, même si j'entretiens une bonne relation avec ma vie publique. Je donne quelques fois des ateliers dans le comté sur la confiance en soie, ce que les jeunes et les moins jeunes aiment tous autant. À la fin, j'ai su rester moi-même et j'ai finalement retrouvé la petite fille de douze ans enfouie au fond de moi, refoulée depuis longtemps. On peut effectivement dire que je suis maintenant en paix avec mon âme et d'ailleurs pour entretenir cette paix avec moi-même, j'ai décidé de me faire suivre par une psychologue, reconnaissant en fin de compte que oui, j'avais un problème, ce qui a été, je crois le plus grands des pas avants que j'ai fait jusqu'à date ; d'accepter que je n'étais pas infaillible et qu'on ne me demandait pas de l'être. Et voilà où je suis rendue aujourd'hui, j'ai beaucoup avancée, mais j'ai peu changé je crois. Je reste toujours cette petite fille pétillante et pleine de vie d'autrefois et maintenant, je me sens très bien dans ma peau. J'ai su accepter avec le temps que mon corps ne pourra jamais revenir comme avant et qu'il y aura toujours des balafres ici et là, mais je me suis quand même fait faire une opération pour qu'elles paraissent moins, ce qui, à mon grand contentement c'est avérée efficace. J'ai récemment fait enlever mon plâtre et je peux vous dire qu'au début je n'étais pas très à l'aise avec la liberté de mon bras, m'étant habituée à être confinée à l'intérieur de ce drôle de tube dur. J'ai aussi subi une opération parce ma rate s'est déchirée à force d'avoir reçue des coups à cet endroit. On n'avait pas remarqué au début parce que c'était minime, mais à force, la blessure s'est agrandie et elle a finit par vraiment me faire mal. Je suis restée en convalescence pendant une semaine. Une semaine où tous les jours mes professeurs venaient me faire le cours dans ma chambre d'hôpital. Parfois celui-ci était interrompu par les allées et venues des infirmiers et des infirmières qui voulaient s'assurer que j'allais bien. Je vous rassure, cette fois-là, je ne me suis pas sauvée, je suis restée bien sagement dans mon lit à ne bouger que le petit doigt de temps à temps pour prendre des notes de mes cours ou pour faire mes devoirs, mais sinon, je n'ai rien fait.
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Jeudi, le 30 Décembre
20 :37 heures
À l'auditorium de l'école
Gabrielle : Mon dieu, mon dieu ! Qu'est-ce qu'on fait ici ? Je vais mourir à force d'être stressée. Pourtant ce n'est pas la première fois que je monte sur scène ! Pourquoi il faut que ça m'arrive dans un moment aussi crucial que celui-ci ?
Marie-Aimée : Gabrielle, ferme-la ! Tu me stresses à paniquer. Arrête un peu s'il vous plaît !
Gabrielle : La ferme toi-même! Ce concours représente tellement pour nous. C'est une chance en or de se faire connaître. Des concours de cette envergure, ça ne t'arrive pas deux fois dans la même vie.
Marie-Aimée : Justement ! Raison de plus pour que tu ne gâches pas tout en te mettant dans cet état.
Zuzi : Les filles, on se calme. Ce n'est pas en perdant le contrôle que ça va fonctionner. Gardez la tête froide et pensez seulement que c'est un show comme n'importe quelle autre.
Lauren : Zuzi a raison. Si on commence à paniquer tout de suite, autant mieux se retirer immédiatement de la compétition. Il ne faut pas se laisser faire et puis, personnellement, je ne suis jamais montée sur les planches, mais ce domaine vous le connaissez bien. Je suis sûre que tout va bien se passer un coup qu'on va commencer à jouer. Il ne faut pas s'en faire...laissons vivre la magie !
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21 :43 heures
En back stage
Je peux entendre l'animateur qui nous vante en ce moment au public qui est venue ce soir pour supporter les musiciens de leur ville ou de leur région. Il parle vite en faisant de grands gestes...en bon québécois, on peut dire qu'il est entrain de «crinquer» les spectateurs. De derrière je peux l'entendre demander aux personnes dans la salle de nous applaudir.
Le public tape dans leurs mains, pendant ce temps, je prends le micro que l'on me tend et vais me placer dans la cage de verre que l'on a fait construire exprès pour le spectacle. Puisque nous sommes le dernier numéro, les filles tenaient à ce qu'il soit inoubliable me répétant que l'on souvenait la plupart du temps toujours de la dernière chanson. Pour l'occasion, j'ai mis des souliers ballerines noirs avec des pierres noires dessus, des collants noirs, une jupe en laine rouge et un veston noir. J'ai mis une sorte de couronne inversée sur mon front elle aussi avec des pierres. Gabrielle referme la porte, me fait signe qu'elle s'est enfin totalement relaxée et qu'elle ne veut à présent que vivre l'instant présent. Je la vois se placer de l'autre côté de la scène tandis que les autres prennent également leur place respective. Les rideaux rouges s'ouvrent lentement quand commencent les premiers accords diffusés par une bande sonore sur laquelle je joue le piano et le violon. Les lumières commencent à éclairer les filles, me laissant toujours dans l'ombre. Marie-Aimée commence les premiers accords de guitare suivie de Gabrielle. Nous avons décidé de mettre en projection derrière la scène, des photos de mon ancienne famille quand j'étais enfant, certaines d'entre elles sont prises quand j'ai commencé à connaître les jumeaux, elles sont mélangées avec des photos de la maison quand les policiers l'ont retrouvée sans dessus-dessous, des photos récentes de ma misère...et de mon père. Quand vient le temps, j'approche le micro de ma bouche et entame les premières paroles de notre chanson.
After all you put me through
You'd think I'd despise you
But in the end I want to thank you
Because you made me that much stronger
Les lumières qui m'illuminaient à peine commencent à m'éclairer complètement. Au commencement du couplet, je me retourne et fait face au public. La ventilation qu'il y avait en dessous de la cage se met en marche et fait virevolter la cape que j'ai mise par dessus mon costume. Je m'accote contre la vitre de devant et me prends la tête dans ma main en la bougeant de droite à gauche comme quelqu'un qui veut nier quelque chose ou tout simplement ne pas y croire.
When I, thought I knew you
Thinking, that you were true
I guess I, I couldn't trust
Called your bluff, time is up
'Cause I've had enough
You were, there by my side
Always, down for the ride
But your, joy ride just came down in flames
cause your greed sold me out of shame, mmhmm
After all of the stealing and cheating
You probably think that I hold resentment for you
But, uh uh, oh no, you're wrong
'Cause if it wasn't for all that you tried to do
I wanna know just how capable I am to pull through
So I wanna say thank you
Je brise une des vitres. À la deuxième phrase, je brise les deux qui sot de chaque côté de moi, sortant ainsi de ma cage de verre. Je descends la marche qui sépare la scène et le palier de la cage. Pendant que je continue de chanter, je me tiens toujours après un des barreaux. J'enlève ma cape révélant ainsi ma jupe courte en laine rouge, mes collants noirs et mon veston noir. Petit à petit, je m'avance entre les deux guitaristes.
'Cause it makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
It makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Je passe une main sur le bas de mon ventre et remonte jusqu'au sommet de ma tête.
Made my skin a little bit thicker
Makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter
Pendant que je chante, je m'approche du public pour qu'il puisse plus facilement me voir. Je mets toute l'émotion que mon corps peut faire ressortir. Je gesticule beaucoup pour montrer aux gens à quel point j'ai pu souffrir et que maintenant, je suis bien contente d'en être sortie.
Ohh, ohh, ohh, ohhhh, ohh-yeah ah uhhhuh
Je frappe le sol de mes pieds quand je veux mettre l'accent sur certaines paroles tout en me démenant.
Never, saw it coming
All of, your backstabbing
Just so, you could cash in
On a good thing before I realized your game
I heard, you're going around
Playing the victim now
But don't, even begin
Feeling I'm the one to blame
cause you dug your own grave
After all of the fights and the lies
Je fais un signe avec mon doigt comme quand tu dis à un enfant que ce qu'il a fait est grave et que tu bouges ton doigt de droite à gauche.
Yes you wanted to harm me but that won't work anymore
Uh, no more, oh no, its over
'Cause if it wasn't for all of your torture
I wouldn't know how to be this way now, and never back down
So I wanna say thank you
cause it makes
me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
It makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter
Je m'assieds par terre et prends un air tourmenté jusqu'au refrain où je reviens dans mon personnage de fille combattante.
How could this man I thought I knew
Turn out to be unjust so cruel
Could only see the good in you
Pretended not to see the truth
You tried to hide your lies, disguise yourself
Through living in denial
Je me relève.
But in the end you'll see
Je fouette l'air de coup de poing et de coup de pied à chaque nouvelle parole que je chante.
You-wont-stop-me
I am a fighter and I
I am a fighter
I ain't goin' stop
I ain't goin' stop
There is no turning back
I've had enough
Makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Oh, oh yeah, oh yeah
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Fighter, ouhhh, oh yeah, oh yeah
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
It makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter
Fighter
No, I won't forget 'cause I, I remember
Ohhh
'Cause I remember
Ohhh
I remember
No, I won't forget,
Ohhh
I remember
Ohhh
'Cause I remember
I remember
Makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
Makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
Makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter
Les dernières notes résonnent encore quand j'arrête de chanter. C'est un moment magique. Je me suis donnée entièrement et j'y aie mis mon âme dans l'interprétation de la chanson. Ce soir, je crois que nous avons fait un triomphe. Je vois plusieurs personnes dans la salle qui pleurent et plus particulièrement mes amis qui se sont installés dans les premières rangées. Même Bill et Tom qui ont joué leur chanson un peu plus tôt sont là devant moi. Les deux pleurent beaucoup. Je suis touchée, ça me fait du bien de savoir que si les personnes sont si chamboulées, ça veut dire que j'ai bien chanté ce soir. C'était la première fois que je faisais ça et je suis bien contente que ça ce soit bien passé. J'y tenais beaucoup à cette chanson, parce que j'y livre mon âme et mon c½ur. Je m'ouvre complètement telle une fleur après la pluie. Le public se lève, applaudit tandis que nous quatre, Gabrielle, Marie-Aimée, Zuzi et moi, faisons la révérence devant, sur la scène. Ce soir, j'ai complètement oubliée que c'était un concours, qu'il y avait des prix à gagner, tout ce qui comptait c'était le moment, rien d'autre. Le présentateur demande au public de se calmer, après nous avoir lui aussi, félicitées.
Animateur : Cher public, on peut dire que ce soir, nous avons été particulièrement choyés en ce qui concerne le talent que recèle cette région de l'Allemagne. Je demanderais aux candidats et candidates de venir derrière la scène en attendant que les juges délibèrent. Pendant ce temps, nous ferons une petite pause de cinq à dix minutes, ensuite viendra le moment tant attendu : la remise de prix.
Mes frères remontent sur la scène et viennent me prendre dans leurs bras. Ensemble, nous nous dirigeons vers les loges derrière la scène. Ils me félicitent sans arrêt. Je les félicite également pour leur belle prestation et leur magnifique chanson. Je les charrie un peu en leur disant que je ne savais pas qu'ils pouvaient être aussi talentueux. Ça pour effet de détendre l'atmosphère et mes frères arrêtent peu à peu de pleurer pour finalement rire d'un rire franc. Nous parlons beaucoup, la discussion est animée, entrecoupée parfois par d'autres concurrents qui viennent nous voir et nous dire qu'ils ont aimé notre interprétation. Finalement, peu de temps après, l'animateur vient nous chercher. Nous sortons tranquillement, certains craignant la décision du jury, alors que moi, je suis sereine. J'ai fait ce que j'avais à faire, ensuite, adviendra que pourra! J'ai fait de mon mieux, mon meilleure, je l'ai atteint, je ne peux pas faire plus ! Nous nous mettons tous en ligne et l'animateur est devant nous. Les juges sont à notre extrême gauche. Il y en a un qui tient trois enveloppes dans ses mains. Ils attendent patiemment que l'animateur commence à parler pour pouvoir donner les prix. Je ne connais pas ces personnes, mais je sais qu'ils sont tout de même tous très fières de nous.
Animateur : Voilà Le moment le plus important dans la vie de ces jeunes qui vient à son terme. Voyons qui se méritera un des trois prix. Je vais commencer par le premier prix qui est d'enregistrer un album. Ils seront aidés par ces trois monsieurs que vous voyez à leur gauche. Le premier est remis à ... Magalie, Christina et Joey ! Applaudissez-les bien fort.
Je tourne la tête vers les trois gagnants et vois sur leur visage un sourire rayonnant et leurs yeux qui pétillent de milles feux. Ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils l'ont vraiment eu. Le premier prix tant convoité. Ils s'avancent vers les trois monsieurs, ceux-ci leur serrent la main d'une poignée franche en les félicitant chaleureusement.
Animateur : Maintenant, le deuxième, tout aussi gigantesque que le premier à mon avis. Qui sera les heureux ou heureuses chanceux ou chanceuses qui partiront en tournée pendant deux mois dès janvier prochain avec le groupe de leur choix chez Universal ? ...
La tension remonte. Les groupes de musique se resserrent. Les musiciens se prennent la main en baissant la tête, subissant cette interminable attente. Certains n'arrêtent pas de gigoter tellement ils sont stressés. L'animateur reporte le micro devant sa bouche et déclare finalement les gagnants du deuxième prix. [/c
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Animateur : Sasha, Elena, Mathieu et Emmanuel sont les heureux chanceux. Applaudissez-les bien fort !
À leur tour, ils s'avancent toujours vers les trois monsieurs, ceux-ci serrent la main de chacun des gagnants en leur souriant aimablement et chaleureusement. Ils reprennent à leur tour leur place dans le rang en pleurant, émus par ce geste de gratitude. Tant d'efforts, tant d'heures acharnées, tant de sommeil sacrifié, tant de temps passé à se préparer, tout ça aura finalement valu la reconnaissance d'un prix, non loin de là, minime.
Animateur : Finalement, nous allons conclure cette soirée, avec le troisième prix. Qui ? Qui parmi tous ces talentueux artistes en herbes ont réussis à toucher le c½ur du jury? Qui se méritera une place d'honneur dans l'histoire de ce concours ? Qui sera nos nouvelles stars et qui auront la chance d'enregistrer un vidéo clip qui passera sur toutes les chaînes allemandes et au-delà des frontières pour s'étendre sur les télévisions de nos voisins européens ? Qui seront les derniers vainqueurs. Mesdames et messieurs, voici le temps de clore cette soirée. Dans cette enveloppe se trouvent les noms de ceux qui repartiront d'ici, la vie chamboulée par le destin, gratifiés après tant d'heures sacrifiées. J'ouvre la lettre...voilà, c'est fait. Je déplie la feuille... Nos heureux gagnants sont... oh! Ce sont d'heureuses gagnantes! Faites un triomphe pour Lauren, Gabrielle, Marie-Aimée et Zuzi !
Je n'arrive pas à croire que nous ayons gagnés. Les filles à côté de moi sont si excitées qu'elles sont proches de l'évanouissement. Nous avons gagné...nous! Nous nous avançons encore sous le choc. C'est nous ! Nous qui serrons maintenant la main des juges. C'est nous ! La salle au complet se lève, frappe dans leur main bruyamment, cri, nous félicite. Mes frères s'approchent de moi et me serrent fort dans leurs bras. Mes amis montent même sur la scène, tout le monde est là et je passe de bras en bras. C'est moi qui tiens fermement, presque jalousement l'enveloppe dans mes mains. Je ne peux plus m'empêcher de pleurer...de pleurer de joie...et de soulagement.
Les gagnants sont appelés à rester sur la scène pour prendre une photo qui paraîtra dans tous les journaux et qui sera diffusée partout à la télévision. Nous nous plaçons en trois groupes distincts. Chaque groupe gagnant reste avec les siens sans jamais se mêler aux autres. Au travers de nous, se tiennent les trois juges. D'ailleurs, celui qui est en ce moment à côté de moi, ça serait un certain David Jost à ce que j'ai entendu dire. Son nom me dit quelque chose, mais j'ignore où j'ai bien pu l'entendre. Finalement, le photographe nous prend en photo plusieurs fois. Après nous nous dispersons et allons à la rencontre de nos proches.
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La semaine d'après
Dimanche, le 10 Décembre 2006
Sur toute les chaînes télévisées de l'Allemagne
...
La vidéo paraît