Buena Fiesta Georg!!!

Buena Fiesta Georg!!!
Pour notre bassiste préféré...parce que sans lui notre monde tel que l'on conaît ne pourrait exister!!! Parce que parfois quand on se sent mal, on pense à lui, en tant que fan il nous donne espoir et joie...pour notre homme qui comptre sur nous jour après jour...

La lumière peut peut-êclairer
Mais son âme si pure dépasse tout ça
Parce que le soleil est une étoile
Je la lui dédie aujourd'hui
Parce que l'on rêve tous d'avoir un ami comme lui
Parce que nos nuits
sans l'être que l'on chérit
nous paraîtraient si sombres et si fades...

Je te souhaite aujourd'hui de faire la fête et de te lâcher parce qu'avoir 21 ans ne dure jamais longtemps...celà ne dure que 24 heures et qu'il faut en faire bon usage!!!

Bonne fête Georg!!! Et surtout JOYEUSE ANNIVERSAIRE!!!!
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# Posté le lundi 31 mars 2008 21:52

Chapitre 16

Chapitre 16
Moi : Bon...euh vous savez ce que mon père a fait...m'a fait subir...je voulais...je tenais...seigneur, je ne sais pas si je vais être capable... dis-je plus pour moi que pour les autres.
Simone : Lauren, prends ton temps, on est là pour t'écouter et non pour te juger. Allez continues!
Moi : Bien, je tenais à vous dire que j'ai l'intention d'intenter une poursuite judiciaire contre mon père...simplement pour que vous le sachiez...et euh, j'aimerais...enfin je me demandais...si vous pouviez...si vous vouliez être témoins devant la cour par après pour défendre ma cause??? Je comprendrais que vous refusiez, mais voilà, j'avais besoin de savoir.
Simone : Écoute, pour la poursuite, je comprends que tu veuilles qu'il soit emprisonné, mais pour la deuxième partie...j'ai besoin de réflexion, mais je te promets de te donner une réponse bientôt.
Moi : Merci beaucoup de votre soutien.
Gordon : C'est normal. Il ne faut pas t'en faire, on est une famille et c'est à ça que sert une famille.

Après cette brève discussion, je descends en bas pour me préparer à aller me coucher. Je commence donc tout d'abord par prendre une bonne douche et ensuite à me brosser les dents.
Quand tout cela est finis, je retourne dans ma chambre, me pose sur mon lit, prend une pile de feuilles et un crayon et commence à rédiger une lettre pour chacun de mes frères. Je plie les deux lettres, les mets dans des enveloppes différentes et les caches dans ma commode en attendant le moment propice.

Vers 9 heures et quart, je vais annoncer une bonne nuit à tout le monde et retourne me coucher. Bien sûr, je ne ferme pas les yeux ou très peu pour ne pas passer à côté de mon heure.

Dong...dong...Dong...dong...Dong...dong...Dong...dong...Dong...dong...Dong...dong...

Pendant que les coups résonnent, moi je les compte.


Moi : 1...2...3...4...5...6...7...8...9...10...11...12, dis-je dans un souffle presque inaudible.

Il est 12 heures du soir et je n'entends plus rien dans la maison...plus aucun bruit ne vient déranger ce silence pesant qui se fait sentir de plus en plus à chacune de mes respirations. J'écoute encore quelques instants avant de me lever et de m'habiller le plus chaudement possible. Je prends les deux lettres que je pose sur mon lit sans oublier l'autre lettre qui raconte ma vie. J'enfile une veste, monte en haut et dépose la dites lettre sur la table de la cuisine et sors le plus silencieusement possible de la maison.

Dehors, le temps est quelque peu frisquet. Je ne sais pas encore où j'irai, mais je sais tout de même que mon père est, pour l'instant, encore en prison jusqu'à son procès, le temps que l'on trouve des indices, c'est pourquoi je décide de retourner à mon ancienne maison, histoire de dépoussiérer les vieux films sadiques qu'il a tant pris de plaisir à enregistrer pendant les sévices qu'il nous faisait subir, moi... et les autres victimes. Il doit payer, personne ne le fera à sa place, mais il avait prévu le coup en les cachant. Je crois qu'il ne s'était jamais aperçu que j'avais remarqué l'endroit où elles gisaient encore et je crois que c'est tant mieux comme ça parce que peut-être que cette fois-là je ne m'en serais pas aussi bien sortie que les fois précédentes.
Je marche donc dans les rues de la ville en me rassurant du bienfait de mes actions, je crois que je suis insécure par rapport à la suite. Que va-t-il advenir de moi? Serait-je obliger de vivre comme ces pauvres mendiants qui jonchent les rues de la villes ? Je ne sais pas et je crois que pour l'instant je ne veux pas le savoir, si je veux mener ma mission à terme, le mieux est que je n'y pense tout simplement pas. Je continue d'avancer dans la nuit, les mains dans mes poches avant, le dos recourbé, effrayé par les voitures et les personnes se promenant toujours à une heure aussi tardive. Quelques mèches de mes cheveux virevoltent dans le vent tandis que mon visage exprime une profonde frayeur à ce monde que je ne connais pas. Et si je venais à me faire agresser? C'est vrai que ce ne serait pas la première fois, alors...et en plus mon agresseur ne peut pas être pire que mon père, donc tout compte fait, je n'ai plus si peur...seulement un peu d'anxiété à ce qui pourrait se passer. Je tourne le coin de la rue et me retrouve devant un dépanneur. Je rentre à l'intérieur tout en prenant soin de me dissimuler le plus possible, inutile d'attirer l'attention sur moi maintenant que tout le monde me connait, surtout quand je suis entrain de fuguer. Quelles sortes d'ennuies je pourrais attirer à Simone et à Gordon si jamais on découvrait ma disparition? Surement des gros, et je crois sincèrement qu'ils vont déjà être atterrés de constater mon absence sans en plus leur attirer plus de soucis. Une chance pour moi que je n'ai pas oublié d'amener le peu d'argent que Bill et Tom m'avait donné pour que je puisse m'acheter quelque chose à manger en tout temps...je crois que c'est cette fois que j'en ferai bon usage. Je marche le long des couloirs, regarde ce qu'il m'est proposé et leur prix de vente pour finalement m'arrêter sur mon choix qui se constitue d'une boîte de biscuits en plus d'un paquet de 10 petits jus. Je me présente au comptoir, penche la tête, paie sans lever le regard et sors le plus vite possible tout en aillant l'air naturel. Me revoilà dehors, avec tous les dangers de la rue à ma poursuite...ou du moins c'en est l'impression que j'ai. Je continue de déambuler, toujours et toujours jusqu'à ce que je me rende compte de l'endroit où je me trouve présentement. Me voici dans la Springfield Avenue, endroit que je ne pensais pas revoir et , plus particulièrement, revenir et dont je rêvais sans cesse dans mes pires cauchemars. C'est également par cette rue que je suis sortie lors de mon escapade au début de l'été, escapade que j'aurais voulu réussir. Je m'avance lentement, d'un pas hésitant et terrifiée vers mon ancienne maison. Rendue devant celle-ci, je vois qu'elle est entourée de ruban jaune interdisant l'accès à la propriété. Je m'avance toujours...je suis rendue devant l'imposante bâtisse. Je la contemple...ou plutôt je la dégoute de l'extérieur avant de prendre une profonde respiration qui se veut rassurante, mais qui dénote malgré moi d'un appel au secours d'une jeune âme en peine, d'une adolescente qui a oublié de grandir...ou plutôt d'une adolescente à qui on aurait volé ce court passage l'amenant à l'âge adulte. Je regarde encore la maison quelques minutes, je sens sur mes joues des larmes qui se fraient un chemin, pour ensuite s'écraser de manière brutale sur le gravier du stationnement. Pleins de questions m'assaillent en ce moment, mais je ne prends pas la peine d'essayer de leur répondre que déjà je passe au-dessous de la bande jaune et avance toujours aussi lentement, comme un prisonnier marchant vers son échafaud, en direction de la porte. Je me convaincs que la porte doit être condamnée ou tout du moins barrée pour interdire l'accès à des jeunes voyous ou tout simplement à des curieux, mais quand je pose ma main sur la poignée et que je donne un léger coup par en arrière, la voici qui s'ouvre et voilà que maintenant je ne peux pas dire qu'il faut que je m'en retourne...je n'ai plus d'excuses. J'entre dans la pièce tout en refermant derrière moi la porte de l'entrée principale. Je ne peux courir le risque d'ouvrir les lumières car j'ai peur qu'un des voisins ne le remarque et ne fasse appel à la police pour infraction dans un domicile, surtout que c'est quand même chez moi!
Je me dirige d'un pas précipité engendré par le stress, par l'envie de partir le plus vite possible et surtout, mais surtout par le dégout. Je traverse le salon et voilà que ça me frappe en plein visage comme une balle dans le c½ur. Le tapis à terre est taché de sang...oui, malgré le fait que je ne suis restée dans cette pièce que très peu longtemps avant d'être inconsciente, je me rappelle vaguement de ce qui c'est passé et je peux vous jurer que vu la grosseur de la tâche, j'ignorais complètement à quel point il y avait du sang dans un corps humain. Cette vision ne me fait que de me donner la sensation de vouloir vomir ce que je me force à réprimer tout de suite. Je fais le tour en essayant de ne pas trop rentrer au centre du salon et monte à l'étage dans la chambre de mon géniteur...parce que oui, si j'ai compris une chose pendant le temps que j'ai côtoyé ma nouvelle famille, c'est qu'un père n'aurait jamais fait ça à sa fille, alors je me suis mis à penser qu'il n'était plus mon père, mais tout simplement mon géniteur. Bon maintenant rendue, j'ouvre le garde-robe, tasse le nombre imposant de vêtements que peut contenir celui-ci, referme les portes et c'est seulement là que je me permets d'ouvrir une lumière. Maintenant éclairée, je peux commencer ma recherche. Je compte le nombre de briques en longitude et latitude pour me repérer sur un endroit fixe. Je cogne sur le mur dans l'espoir d'entendre un son creux me faisant part d'un trou quelconque dans la paroi...et heureusement pour moi, je ne m'étais pas trop perdue car ce n'est seulement qu'après 2 minutes environ je crois que je finis par entendre ce bruit caractérisant ce manque, mais le problème c'est que depuis le temps, l'ouverture s'est solidifiée et que je ne peux espérer de retirer les pièces à conviction aussi facilement que je l'aurai voulu. Je joue avec les fentes dans le mur afin de créer une nouvelle fissure qui m'aidera à aller chercher mon butin.

Dong...dong...dong...

Il est 3 heures du matin et je ne fais que commencer à voir la lumière au bout de ce tunnel après autant d'acharnement. Je tire, je tire, je tire, mais ce n'est pas de tout repos et je commence à sentir mes mains s'engourdirent sous la même pression que je fais depuis des minutes durant. Mes membres commencent à s'endolorir à force d'être restées dans la même position, mais je ne suis pas fille à abandonner aussi facilement et c'est pourquoi malgré la douleur incessante que je ressens, je continue.

Après encore plusieurs minutes à m'acharner sur cette ouverture qui m'a pris autant de temps à créer, je finis par obtenir ce à quoi j'étais venu chercher. Fatiguée, mais pas pour autant fière, je sors de ce petit caniveau, cette boîte où plein de DVD's de torture on été cachés. Je la prends dans mes bras, je ferme les lumières et sors de la pièce. Je redescends à l'étage d'en dessous, prends un feuille et un crayon qui traînent dans les affaires de mon géniteur et j'écris sur celle-ci un mot en l'intention des policiers qui viendront sûrement encore patrouiller demain.


Voici quelques informations enregistrés sur ces DVD's qui vous aideront sûrement dans votre enquête.

Anonyme


Après avoir fait ceci, je me pose quelques instants sur une chaise dans la cuisine et grignote des biscuits que j'accompagne sans grande conviction avec du jus de pomme. Je me dépêche parce que cette atmosphère me répugne et que depuis quelque temps le noir est devenu mon pire ennemie. J'en ai des frissons dans le dos et j'ai encore l'impression de sentir la présence de mon père dans mon dos... Je monte encore à l'étage supérieur et cette fois je rentre dans une pièce, en fait c'est ma chambre d'enfance. Là je farfouille un peu dans ma bibliothèque et en sors des albums photos. J'en regarde quelques-unes avant d'en choisir une cinquante que je mets dans une enveloppe. Parmi celles-ci, il y a des photos de moi avec ma mère, de mes anciens meilleurs amis avec lesquels je jouaient souvent jadis avant cette catastrophe. Mon dieu que j'étais bien dans ce temps-là, tellement innocente et plein de vie, tellement rayonnante et plein d'entrain...tout le contraire de maintenant en fait! Mais bon, je peux au moins garder ces bons souvenirs en mémoire en l'honneur du bon vieux temps.

Environ 30 minutes après, vers 3 :45 je ressors de la maison et je décide de me promener un peu. Ce n'est pas l'envie qui me prend, mais seulement la sensation d'un terrible malaise que je veux fuir à tout prix! Je déambule dans les rues en direction de je ne sais trop où! Je ne connais pas cette ville et encore moins ces gens bizarres qui n'arrêtent pas de me regarder comme une bête de foire ou comme un bon morceau de nourriture, tout ceci me dégoûte et le comble là-dedans c'est que je me dégoûte aussi! J'essaie le plus possible de faire abstraction de tous ces regards curieux qui n'arrêtent pas de se poser sur moi, mais c'est difficile quand tu ne fais plus aussi facilement confiance aux gens. Dans ma tête, les seules choses qui me viennent sont que peut-être parmi eux, il y a peut-être un ami de mon père prêt à me dénoncer ou tout simplement à me violer pour son propre plaisir. Les hommes sont comme ça, ou tout du moins, j'en suis venue en à penser cela. Les hommes se font une joie d'user des pires vices pour récolter une quelconque sensation de supériorité, les hommes ne font pas attention aux femmes et aux enfants, ou simplement n'est-ce que l'effet d'un nettoyage de cerveau? Les hommes me répugnent au plus profond de moi...les hommes, je les hais et je les fuis comme la peste, car tous les hommes sont corrompus par au moins quelque chose et que leur vrai visage refera surface un jour ou l'autre!!! Les hommes sont des animaux bien plus que ce qu'on essaie de bien me faire croire. Les hommes sont la pire abomination que l'on ait pu mettre sur terre, mais pourtant il y a 4 hommes dans ce monde pour qui je donnerai ma vie, parce que les 4 m'ont démontrée une grande sagesse et de la gentillesse, de la bonté et du soutien, ces hommes sont Bill, Tom, Gordon et Andréas. Pourquoi faut-il choisir? Pourquoi tout n'est pas noir ou blanc? Pourquoi certains sont des vrais pourritures alors que d'autres se comportent comme des alliés? Pourquoi ce monde me parait si étrange, vide et remplie à la fois, consumé par dedans, mais en vie de l'extérieur. Pourquoi est-ce que tout le monde s'efforce de faire paraître la vie comme un fabuleux voyage alors que l'on sait très bien qu'il y a partout des gens qui souffrent plus que certains ne souffriront jamais. Pourquoi certains refusent-ils d'ouvrir les yeux au lieu de continuer de vivre leur vie dans le luxe, la décadence et la démesure? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi je ne me sens pas voulu? Pourquoi moi? Pourquoi pas eux? Quel est ce dieu que tout le monde aime tant, mais qui a pris un malin plaisir à détruire ma vie, à faire de moi un pantin? Pourquoi? Pourquoi?

Je marche depuis bientôt une bonne heure et je ne sais plus aller. J'aurai tellement besoin de sommeil, de réconfort, d'amour et de chaleur. Je voudrais tellement être eux!


Mais tout le monde sait que Lauren Kaulitz et depuis longtemps condamnée à une vie de misère et de bonne à rien! Tout le monde le sait et personne ne l'aide, ou plutôt ils n'ont pas su comment l'aider, parce que Lauren Kaulitz n'est pas ce genre de fille à qui on peut faire croire à une éventuelle amitié sans rien demander en retour. Pour Lauren Kaulitz, tout se doit et ce sera toujours ainsi parce que Lauren Kaulitz a perdu toute notion d'une vraie famille et d'une vie paisible que l'on voit souvent dans les films américains, Et s'il y a une chose que Lauren Kaulitz sait, c'est qu'elle s'en retourne dans ce gouffre pour ne plus jamais revenir...

# Posté le mardi 01 avril 2008 09:51

Modifié le mardi 09 juin 2009 12:49

Chapitre 17

Chapitre 17
Je continue toujours à avancer lentement dans la ville sans vraiment savoir où je vais. Le mieux c'est de ne pas y penser! Je commence à avoir vraiment froid et je ne sais pas où me poser pour me reposer. Il y avait certes le parc où on avait été cette après-midi, mais le problème est que je ne connais pas assez la ville pour me souvenir d'où il se situait. La fatigue commence sérieusement à me gagner et pour couronner le tout, j'entends des pas qui n'arrêtent pas de me suivre depuis tout à l'heure. Je commence à paniquer, je commence à avoir sérieusement peur en ce moment, là, toute seule, maintenant. J'avance plus rapidement, mais le bruit des pas qui me parvient semble aussi avoir augmenté la cadence. La personne qui n'arrête pas de me suivre semble décidée à ne pas vouloir me laisser. Elle semble même prendre un malin plaisir à me voir dans cet état. Je commence à pleurer et à regretter mon lit. Bientôt, je me prends à courir dans les rues de la ville, je cours, je cours, je cours, je tourne dans des rues qui me semblent inconnues. Je me précipite chez des personnes et vais frapper à leur porte, mais ceux-ci ne répondent pas et prise de panique, je refais demi-tour et recommence ma course effrénée parmi ces beaux quartiers de riches. Mon c½ur me fait mal...des souvenirs remontent à la surface...des images, des sons...mon c½ur frappe contre ma poitrine, elle tambourine tel une baguette sur une batterie...ma poitrine semble vouloir explosée, elle semble vouloir se libérer, mais sans en être capable et cela me fait de plus en plus mal. À bout de souffle et de force, je m'effondre au milieu de l'allée conduisant au parc que je cherchais plus tôt. Je me relève en m'appuyant sur mes genoux et sur mes mains tout en reprenant le mieux possible ma respiration. Je regarde derrière moi, mais tout est tout tranquille, même trop. Je ne sens pas cette atmosphère, comme le calme avant la tempête. Un silence trop parfait tellement il en vient bruyant. Je réussi même à attendre le déplacement des nuages dans le ciel, le son du vent, j'entends même le ruisseau qu'il y a à 200 mètres de moi. C'en est effrayant et quand je lève les yeux vers le ciel, je vois que celui-ci commence à se couvrir. Ça ne prend pas beaucoup de temps avant que je sente les premières goutes me toucher le visage et bientôt je suis complètement mouillée et c'est le déluge. Que puis-je maintenant faire? Sur l'horloge de la ville, je peux entendre 4 :30 heures sonner. Je me relève, met le capuchon de ma veste sur ma tête, et enfonce mes mains dans mes poches de devant tout en me calant la tête entre les épaules histoire de me réchauffer le plus possible. Un pas après l'autre, j'avance en direction du parc et me choisi un banc sur lequel je me couche. La pluie tombe toujours et moi je pleure des larmes de détresse, en cet instant je me sens seule au monde. Le tonnerre s'y met et de là où je suis, je peux voir quelques éclairs parsemer le ciel qui pleure aussi. J'essaie de me caler le plus loin sur le banc déjà mouillé. Je me roule en boule et j'implore le pardon à ceux qui veulent bien m'entendre. J'ai le c½ur lourd, une boule dans la forge, je cris ma délivrance en sachant bien que ça ne sert à rien, je me replis sur moi, ferme mon esprit et mes yeux, j'essaie de ne plus entendre, je voudrais être ailleurs tout simplement!

Ellipse Temporel :

Le soleil me caresse le visage et m'enlace de sa chaleur. J'ouvre les yeux et souris à la perspective d'une belle journée qui s'annonce à moi. Je m'assoie sur le banc et m'étire le plus possible, encore trempée mais moins malheureuse, je me prends quelques biscuits et un jus en guise de déjeuner pour après me lever pour de bon et prendre la route. De loin j'entends le dong de l'église qui annonce la messe de 7 heures. Je ne sais pas trop quoi faire, alors je me dirige vers la centre de la ville voir ce qu'il peut s'y passer si tôt le matin. Malgré l'heure matinal, je suis surprise de voir déjà pleins de gens s'activer déjà pour leur journée de travail. Certains vont manger dans un café, d'autres cours pour se réveiller tandis que les derniers prennent les moyens en transport en commun. Je me cache dans la foule et me fais un plaisir à regarder le comportement d'un et les agissements de l'autre. Une petite fille s'approche de moi sans toutefois me parler. Elle fait vite demi-tour quand elle entend sa mère l'appeler au loin. Elle jette un dernier coup d'½il dans ma direction avant de partir pour de bon dans les bras réconfortant de celle qu'elle aime. À ce moment, j'ai une envie irrépressible de leur crier ma détresse, mais comme toujours je la refoule au plus profond de mon être et garde ça pour moi. Tout ici me fait mal parce que tout ici me ramène à ma solitude, me fait prendre conscience de ma peine c'est pourquoi je reprends vite le chemin. En marchant, je vois un bout de tissus par terre que je ramasse et que je mets sur mon nez de manière à ce que l'on ne puisse voir que mes yeux. Il est 8 heures tapante et je décide de voir comment mes frères se sentent ce matin, alors je me dirige vers la cours d'école où je pourrai trouver un arbre pour me dissimuler.

10 minutes plus tard, je suis à mon poste et attends sagement l'arrivée de Bill et Tom qui ne saurait tarder. Et voilà que le corps courbé, la tête penché, l'air penaud avec un mutisme assourdissant ils passent tous les deux devant moi. Ils me voient, mais heureusement, ils ne semblent pas me reconnaître ni même m'avoir remarquée, mais tout d'un coup, je remarque que Bill se retourne et se dirige vers moi, je reste figée, il m'a reconnu peut-être? Sur le coup je ne sais pas trop quoi faire, mais quand il n'est plus qu'à quelques pas de moi, je me retourne et me sauve, paniquée.

Point de vue de Tom :

Ce matin je me lève et je suis surpris de voir la maison toute belle, toute bien rangée. Bien que je sache que Lauren fasse le ménage tout les jours, aujourd'hui tout semble parfais et trop calme. Justement, je n'entends rien qui provient de la cuisine et cela me paraît étrange. J'enfile rapidement des vêtements avant d'aller réveiller Bill. Quelques instants plus tard, je me retrouve devant sa porte et lui dis qu'il est l'heure de se lever. Je descends en bas, et n'entends toujours rien à part maman pleurer, je ne comprends pas, mais je ne crois pas qu'elle ait besoin que je lui pose des questions. Inquiet que Lauren ne soit toujours pas là, je me dirige vers le sous-sol où je découvre sa chambre parfaitement rangée, mais Lauren n'est pas là. Je fais le tour de l'étage en croyant naïvement qu'elle est dans la salle de bain, mais quand j'ouvre la porte de celle-ci, rien et sa trousse pour panser ses blessures est toujours sur le comptoir du lavabo. Je commence à paniquer. Je retourne dans sa chambre et ce n'est seulement que là que je découvre deux lettres avec écrit dessus nos noms, je prends celle m'étant destiné et tends l'autre à mon frère qui vient de me rejoindre. On s'assoie sur le lit et comme des automates nous poussons un soupir en même temps. J'ouvre ma lettre pour lire :

Bonjour Tom,
Je sais que quand tu liras ceci, tu m'en voudras et tu auras toutes les raisons du monde de me haïr après ça. Je me sépare de vous pour mener à terme une mission que je me suis donnée et surtout parce que je trouvais injuste, minable et même dégoutant de continuer de vous mentir ou tout du moins, à vous dissimuler des choses dont je ne suis pas fière. Tu découvriras au fil du temps à ne pas faire confiance à tout le monde. À moi-même, tu n'aurais pas dû t'ouvrir autant et j'en suis désolée. J'ai cru bien faire en m'en allant. Tu sais, c'est une prérogative à laquelle j'ai pris beaucoup de temps à réfléchir. N'oublis pas nos bons souvenirs passés ensemble, même si tu me déteste sûrement à l'heure qu'il est. J'ai aimé passer du temps avec vous, tu m'as appris qu'il y a des gens bien sur terre et c'est une des raisons pour laquelle je ne suis plus là avec vous. J'ai été indigne de vous, de votre hospitalité et je m'en veux profondément, ne doutes pas de ça au moins. Ma décision se basait principalement sur un raisonnement peut-être insensé, mais je crois qu'il ne faut pas mélanger les oiseaux du paradis avec les vautours dans mon genre. On n'était tout simplement pas fait pour être ensemble. Je me suis promis de débarrasser le monde de la présence de mon père, mais moi aussi je ne peux et je ne veux vous approcher, du tord je vous en ai assez fait et profiter de votre gentillesse serait immorale, surtout quand j'essaie plus que tout de me repentir de mes erreurs. Je suis partie pour le bien de tout le monde, saches seulement qu'il y a une place dans mon c½ur qui t'es destinée et je peux te jurer que rare sont ceux à qui j'ai donné ce privilège depuis longtemps déjà. Peut-être est-ce que tu t'en fous, mais je tenais quand même à te le dire. Pour votre promesse, je sais que vous étiez sincère dans vos propos, mais je comprends que vous ne vouliez plus de moi, par contre j'ai gardé avec moi les cadeaux que vous m'avez fait, car ils signifient beaucoup pour moi, cela me rappelle que j'ai déjà eu une vraie famille. Encore désolée pour tout ceci, mais je te promets de ne pas te voir si tu ne le veux pas. Ne changes surtout pas pour une fille qui n'a pas eu le courage d'affronter ses peurs et qui a préféré prendre la poudre d'escampette. Je veux que tu reste fort comme tu l'as toujours été pour moi. Je veux que tu reste le Tom que j'ai vu le premier jour à l'hôpital, rayonnant et plein de joie de vivre. Sous tes airs de dragueur invétéré, j'ai découvert un homme doué de sensibilité et qui est là pour son prochain, ne bannie pas cette personnalité de ton c½ur seulement parce qu'une fille n'a pas su regarder devant elle parce qu'elle n'arrêtait pas de regarder derrière, dans le passé. Tu m'as redonné espoir et je ne t'en remercierai jamais assez. Si tu m'as appris une chose, c'est que n'importe où que je sois, je ne serai jamais seule, peut-être ne seras-tu plus là, mais au moins laisses-moi en douter, ne me brise pas cette chimère qui me reste. Ces derniers temps, j'ai vécu sur un nuage, cela furent les plus beaux jours de ma vie, j'ai eu l'impression d'être dans la peau de quelqu'un d'autre, mais il est temps pour moi de retourner de là d'où je viens. Merci encore pour tout.

Salut.
Ta petite s½ur,
Lauren. –xxx-


Quelques larmes s'échappent de mes yeux. Non, au contraire de ce qu'elle peut penser, je ne lui en veux pas le moins du monde. Je m'en veux à moi plutôt, je m'en veux de ne pas avoir su la comprendre et la consoler. Elle doit se sentir seule en ce moment et je ne suis pas là, avec elle. Elle a besoin de moi, de nous, mais nous n'avons pas su entendre ses cris de détresses et ce qu'elle a vécu, la fait divaguer. Elle croit qu'elle ne nous mérite pas parce qu'elle ne nous a pas tout dit, mais je pense que c'est parce qu'elle n'était pas prête à tout nous dévoiler. La Lauren que j'ai vue, que j'ai connue et j'ai côtoyée avec qui j'ai ris, que j'ai consolée, celle-là était vraie et je le sais. N'importe quelle Lauren qu'elle ait pu être auparavant, je m'en fous surtout en voyant dans quelle circonstance elle était. Je ne lui en veux nullement et encore moins depuis qu'elle est partie pour notre salut. Elle a toujours été honnête, j'en suis sur. Pourquoi elle? Pourquoi pas nous? Pourquoi faut-il qu'il existe des choses comme ça, des pères comme le sien? Pourquoi? Pourquoi ne peut-elle pas être tranquille comme nous? Pourquoi ses anciens cauchemars reviennent la hanter sans cesse? Pourquoi? J'ai cru que l'on pourrait l'aider, mais elle est dans un trou sans que nous puissions en savoir la profondeur. J'ignore bien des choses. Elle avait bien raison ma petite Lauren, on connaît très peu de choses du monde parce que nous autres on a toujours été bercé par le doux chant des oiseaux, tandis que de son côté, elle n'entendait que des bombes et des mitraillettes, pendant que nous on riait de bon c½ur, elle, elle criait de douleur. Pourquoi elle et pourquoi pas nous? Pas nous? Pas nous???

Point de vue de Bill :

J'entends quelqu'un frapper contre ma porte et me prier de me lever...c'est Tom!!! Au fond de moi, j'ai un drôle de pressentiment. Je m'habille le plus vite possible, bien quoi c'est le matin et je ne suis toujours pas réveillé!!! Bref, je m'habille et descend en bas, mais quand j'arrive dans la salle à manger, maman pleure! Je lui demande où est Tom et elle me fait signe qu'il est en bas. Je descends donc et cherche Tom en espérant que celui-ci serait plus apte à m'expliquer la situation. Je rentre dans la chambre de Lauren après avoir fait toutes les pièces pour trouver Tom, mais quand je rentre dans celle-ci, elle est vide d'elle, tout est parfaitement rangé, c'est même trop parfait à un tel point que je me doute qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond...ou plutôt qui ne tourne plus rond. Cette chambre, en trois jours a été témoin de tant de douleur, de cris de détresse, de moments partagés, de bonheur, d'espoir et maintenant elle est simplement redevenue comme avant, comme si il n'y avait jamais eu quelqu'un qui avait habité ici. Je regarde Tom...mon jumeau...lui et moi on se comprend tellement, mais pourtant en cet instant je le sens renfermé, je n'arrive pas trop à discerner ses sentiments, la seule chose que je sens vraiment, c'est une grande douleur, peut-être aussi de l'inquiétude et de l'incompréhension et tout ceci a le don de me rendre encore plus sur les nerfs. Et je me repose toujours cette question, celle qui n'arrête pas de cogner dans ma tête depuis quelques minutes. Qu'est-ce qui se passe? Une tension, la maison en est remplie, je regarde un peu la chambre et le soleil entre par la fenêtre, ce sera assurément une belle journée de fin d'été, mais je sens que je n'en profiterai pas? Je ne sais pas et ça m'inquiète. J'entends toujours les sanglots de maman parvenir du haut, je regarde Tom, il a la tête baissé et tiens dans ses mains, deux lettres chacune avec nos noms. Je reconnais l'écriture, c'est celle de Lauren...se pourrait-il que j'ai compris? Non, je ne le veux pas! Pourtant Tom me tend la mienne et de manière peu sûre, je commence à l'ouvrir...

Cher Bill, grand frère de mon c½ur,
Je suis désolée de vous faire ça, mais maintenant que je suis entrée dans vos vies, j'ai le sentiment et la conviction que le mieux pour nous est que j'en sorte tout de suite et définitivement. Vous m'avez tellement appris sur une relation de famille en trois jours, je vous en serai éternellement reconnaissante, mais si j'ai appris quelque chose, c'est que dans une famille, on y trouve sa place et justement le voilà le problème! Vous avez été tellement gentils qu'aujourd'hui j'en ai honte...vous m'avez apportée tant que je ne saurai que faire de toute cette amour, je me convaincs que peut-être au fond de moi, je le mérite, mais je sais pourtant que tout ce que je fais ou tout ce que je dis vont dans un seul sens et sont pour un seul même but : celui de me voiler la face. Même si vous m'avez accueillie à bras ouvert, que vous avez essayé de me mettre en confiance et de faire de ma vie quelque chose de plus heureux, je sais que pour l'instant ça ne se peut pas tant et aussi longtemps que mon passé s'amusera à me tourmenter et à me courir après. Dans cette famille, je ne trouve pas ma place...ou plutôt, oui je l'ai trouvée et c'est peut-être ça qui me fait peur...si tu savais tout ce que je vous ai cachés, si tu savais...tu ne voudrais plus de moi! Je me suis sentie dès le premier jour en confiance, en harmonie, mon monde à moi avait recommencé à tourner...il avait recommencé, tu comprends? Peut-être que ce que je fais est quelque chose d'irréfléchie pourtant je t'assure que des secondes, des minutes et parfois des heures j'y ai réfléchie...oui j'y ai réfléchie avec le peu de rationalité qu'il me reste...mais j'y ai pensé maintes et maintes fois...ne crois pas que j'ai voulu me sauver de mes obligations...c'est justement le contraire! Je veux réparer mes erreurs, mais vous n'êtes pas obligés d'être là pour assister à ça. Je ne veux pas que vous me voyez porter un lourd fardeau...de la pitié j'en ai assez eu comme ça, je recherche quelque chose de plus concret, de l'aide et ça, Dieu sait combien vous m'en avez donnée...pourtant venant de vous, je ne pouvais pas le supporter, qu'auriez-vous fait d'une fille comme moi qui est tout droit sortie d'un film d'horreur? Qu'auriez-vous fait? Sincèrement Bill je n'en sais rien et au point où je suis rendue, je n'ai plus rien à perdre à part vous...c'est pour cette raison que je suis partie...j'ai voulu partir avant que vous ne me regardiez avec dégoût, je voulais garder de vous simplement l'image d'une famille heureuse...je voulais garder un bon souvenir et non celui d'une famille qui se sent dépassée par les évènements. Tu me connais Bill, ou du moins, tu sais des choses sur moi. Tu sais que j'ai toujours été modeste...je n'ai jamais cherché à attirer l'attention, c'est venue naturellement, on me regarde de travers dans la rue, on vous regarde aussi de cette manière quand je suis là avec vous...j'ai vu tout ça. Je vous ai vu avec vos amis, vous riiez, vous aviez tellement l'air d'être heureux, je ne peux pas entrer dans vos vies et la changer comme ça. Je ne vous mérite pas et vous, vous ne méritez pas de m'avoir...je suis une pourriture ambulante Bill. Comprends-le...ne te fais pas de fausses idées sur moi, détruis tes illusions pour ton bien, pourquoi se torturer à comprendre et à découvrir quelque chose que jamais tu ne comprendras et que tu ne découvriras...tu te fais plus mal que de bien à essayer de m'aider. Je vous sens si proches, mais en même temps si loin. Comment est-ce possible? Je sais les efforts que vous avez fait pour moi, mais maintenant c'est terminé, je vous retire ce fardeau...il est à moi et seulement à moi, je n'aurais jamais dû vous en donner une part!!! Personne d'autre ne peut vraiment ressentir ce que je ressens, voir les choses comme je les vois...goûter un moment de plaisir comme je le fais...ou percevoir une situation comme moi je l'interpréterai. Trop de choses nous différencient et quand tu ouvriras les yeux, tu sauras à ce moment que j'ai raison, en tout cas c'est ce que je souhaite croire. Bill, je vous ai menti...ou plutôt, je vous ai caché des choses de ma vie, de moi...je croyais pouvoir recommencer une nouvelle vie, mais comment espérer une telle chose quand tu sais que tu ne fais que courir de peur que ton passé de te rattrape et ne t'engloutisse! Oui j'ai peur Bill, j'ai peur...je suis même effrayée, terrifiée, je suis sidérée comme un enfant qui a peur et qui n'a personne...cette enfant c'est moi plus jeune...je me retrouve enfin, tu vois...cette enfant c'est moi quand tout s'est arrêté, quand elle est partie et que j'ai senti l'étau se refermer sur moi...que j'ai senti le malheur m'envahir d'un coup...que la douleur et la douceur pour moi était devenue pareille...Bill j'ai peur, mais tu vois, j'ai au moins le mérite de me dire que j'irai jusqu'au bout en espérant en ressortir vivante et sinon, je prierai jusqu'au dernier instant et je me dirai que j'ai au moins essayé! Bill, promets que tu m'oublieras, promets-le moi! Rien de tout ceci n'a changé ta vie, tu ne m'as jamais connu, Lauren Kaulitz est un cauchemar auquel tu ne veux pas penser. Elle n'a jamais existé, c'est seulement le fruit de ton imagination. Je ne veux pas que tu ais de la peine, c'est pourquoi m'oublier est la seule solution, mais n'oublies pas ceci...quelque soit mon nom, mon âge, l'endroit où j'habite, je suis une quelconque adolescente qui t'aime...moi je ne vous oublierai pas...je ne t'oublierai pas. Tu comptes beaucoup pour moi et c'est en pensant à vous que j'accomplirai ma destinée...vous me donnerai force et courage. Je veux une vie meilleure pour toi...tu n'as pas à côtoyer ce côté sombre...tu es un fil de lumière et je ne veux pas que tu t'éteindes ou que tu te perds dans mon monde, dans ma réalité. Reste celui que tu as toujours été, pour moi. Reste celui que j'ai découvert...un adolescent, un grand frère remplie d'amour, débordant de joie et de vie, qui a sû aider quelque peu une âme en peine. Reste quelqu'un de bien, ne changes surtout pas...si tu ne le fais pas pour moi, fais le pour ceux que tu aimes. J'ai vu une pure lumière émaner de toi, espérons que je n'ai pas eu le temps de t'atteindre, espérons-le. Si ça pu te faire prendre conscience de quelque chose, c'est sûrement que des jeunes comme moi, il en existe, ouvre un peu les yeux, il y en a partout. Tu n'es pas obligé de les aider comme tu la fais pour moi, simplement de réaliser qu'il y en a et tu viens de leur donner un peu d'espoir, celui d'un monde meilleur. Ne les renie pas, ils ont besoin de soutien et que tu les comprennes, ils n'ont pas besoin de pitié, mais bien de quelque chose de concret. Si jamais je reviens...j'espère cette fois vous mériter plus qu'aujourd'hui...j'espère que j'aurai changé...j'espère et comme on le dit, l'espoir fait vivre...fait vivre...

Ta petite s½ur
Je t'aime
Lauren -xxx-


Elle est vraiment partie! Comment peut-elle croire en ces choses qu'elle m'a dites? Elle a peur et je le sais, ça se sent. Je n'ai peut-être pas été un bon grand-frère? J'aurai dû le voir plus tôt qu'elle avait besoin d'aide...j'aurai dû percevoir ces signes de détresses. Je veux la retirer de ce monde sans pitié et sans aucune chance de surcie.
Tom et moi avons finis de lire nos lettres, nous sommes tous les deux dans nos pensées et on peut nous entendre pleurer en silence. Lauren est où en ce moment? Est-elle toujours en ville ou elle est partie pour de bon? Cette présence, sa présence me manque déjà. Oui, je l'aime et quoi qu'elle ait pu faire, je suis certain que ce sentiment ne changera jamais. Elle n'a personne, elle est seule dans l'abîme. A-t-elle seulement mangé ce matin? Où a-t-elle bien pu dormir cette nuit? Comment ça se fait que je ne l'ai pas entendu partir. J'aurai voulu être là pour elle, l'empêcher de partir et de faire une bêtise, mais je n'ai pas su me montrer à la hauteur de la situation.
Après quelques minutes, Tom et moi nous nous levons et sortons de la chambre. Je referme la porte, je ne veux pas quelque chose vienne déranger cette atmosphère, je veux que sa chambre reste comme elle est pour quand elle reviendra, car oui, j'ai espoir et c'est tout ce qui m'importe. Nous montons en haut et maman est toujours avec Gordon. Ils ont arrêté de pleurer, mais ils se sont enfermés dans leur bulle, ils sont repliés. Une lettre, simplement une lettre. Quand quelque chose de si puissant, quand une si grande douleur, une incompréhension du monde, du tord, de la peur, de la tristesse et de la volonté sont déversés dans une simple lettre, celle-ci a une force qui peut détruire tout et même les plus personnes les plus insensibles sont touchées. Je perçois maintenant Lauren comme une enfant égarée et non plus comme une adolescente, c'est à croire que l'on a sous-estimé sa douleur. J'ai peur pour elle, elle ne connaît pas ce monde. Que va-t-elle faire seule dehors, perdue, oppressée par un monde comme le nôtre. Où peut-elle bien être? Je tends la main vers la lettre qui gît toujours sur la table et quand je la prends, je peux voir que ma mère a relevé la tête vers moi et quand dans ses yeux, il y a de la peur et de l'inquiétude. Lauren est sa fille après tout, perdre un enfant est quelque chose de douloureux, mais perdre une adolescente totalement effacée du monde, une enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui crois que l'on ne l'aimera plus et qui croit que tout est de sa faute est d'autant plus pire. Lauren est une enfant!!! Je lis la lettre en silence avec mon frère à mes côtés...

En ce matin si apaisant, je vous dévoile mes plus sombres secrets, mon histoire de A à Z. Je ne sais pas si vous êtes prêts à tout savoir, mais je vous le doit et je me sentirai coupable de partir sans explication. Je me sens indigne de partager le même air, le même espace et encore plus de recevoir votre amour qui pour moi, n'a pas lieu d'être! Pour que vous compreniez mieux, je commence avec ceci. Je m'appelle Lauren et j'ai 17 ans. Sans le vouloir je suis devenue meurtrière, triste destin que j'ai du suivre non sans résister. Je suis née à Toronto au Canada et j'ai grandit à Montréal jusqu'à l'âge de 5 ans. J'ai déménagé après au États-Unis pour ensuite me retrouver en Angleterre et finalement aboutir en Allemagne. J'ai connu deux garçons très gentils, nous étions d'ailleurs inséparables et dans ce temps-là je n'aurai jamais cru devoir me battre pour ma survie. Mais suite au décès de ma mère, j'ai déménagé avec mon père au l'autre bout de la ville, lieu de souffrance. Cet endroit morbide où j'ai passé toute mon adolescence. Là-bas, j'ai appris les pires vices que je n'aurais pu imaginer. Je vous fais part de ma reconnaissance en vers vous, mais vous, vous ne devez pas m'en donnez, c'est contre nature, c'est contre ce que je souhaite, contre ce que Dieu veut probablement. Le démon s'est emparé de mon âme il y a déjà quelques années, j'ai essayé de tout effacer, mais pour moi, le voyage que j'ai entrepris à ce moment était un voyage sans possibilité de retour en arrière. J'ai commis les pires choses au monde, pires que ce que vous pouvez penser, même votre imagination ne peut imaginer de telles choses! J'ai tué, oui j'ai tué. Tout commence lorsqu'un jour mon père décide que ma mère est de trop dans notre vie. Il l'empoisonne à l'arsenic avec une dose mortelle. Elle est partie peu de temps après et sur son lit de mort, je lui avais promis de rester forte, ce que je fais toutes ces années. Mon père a commencé à se saouler de plus en plus et à fréquenter des personnes faisant partis d'un gang. Il a sombré et il m'a emporté dans sa chute. Il a commencé à me frapper, rien de bien grave, quelques claque, quelques volés, mais un jour il a failli, il m'a enlevé ce que tout enfant possède, mon innocence. Le viol est devenu pour moi, chose courante dans cette maison et avec lui. Ses amis ont commencé également, mais non sans qu'il ne demande quelque chose en retour, je suis devenu ainsi prostitué malgré moi. Ils payaient pour me faire subir les pires sévices toujours plus fous les uns que les autres. Mais mon père n'était pas homme à se contenter de ce qu'il a. Il est revenu un soir d'hiver taché de sang. Il en était couvert de partout, il avait tué son ami Pablo pour une vulgaire histoire de pute qu'il s'était vanté d'avoir sauté. Dès lors, il ramenait souvent des jeunes, adolescents ou adolescentes, peu lui importait, seule l'ivresse du moment comptait seulement pour lui. Il a commencé à les torturés dans la pièce qui m'était habituellement réservé, je ne savais alors pas quoi il faisait, mais je pouvais les entendre crier, le supplier mais rien n'y faisait. C'était moi qui généralement nettoyait la pièce après son passage, et du sang il en avait et leurs membres...dispersés ici et là. C'est d'ailleurs moi qui faisais bruler leur corps. Un jour, mon père a pensé que peut-être je voudrais assister à une des séances. Et pour cela, il m'attachait à une chaise et me mettait devant eux. Je les voyais ce faire torturer devant sans que je puisse y faire quelque chose. Tout séance commençait par le réchauffement, mais pas juste de lui, mais de l'autre aussi, pour ce faire il leur arrachait les ongles à froid. J'étais là, je voyais leur yeux s'exorbiter devant l'instrument tandis que moi j'essayais de me défaire de mes liens, mais sans grand succès. J'ai toujours dit que je n'aimais pas mon père, mais à partir de ce moment-là j'ai commencé à avoir des envies de meurtre. Par la suite, il continuait, il les scalpait, leur arrachait les yeux et les restes à froid. Je n'ai pas le c½ur à vous faire partager ces moments douloureux, je ne vous en dirais donc pas plus sur ça. Petit à petit, son lavage de cerveau commençait à faire son effet et moi-même j'ai commencé à torturer des personnes. Je les entendais crier et pourtant je continuais. J'ai tué une jeune fille de mon âge. C'était l'an passé et quand je l'ai fait, je me suis rendue compte de ce que je devenais et de ce que mon père m'obligeait à faire. J'ai donc commencé à me rebeller, mais mon père ne l'entendait pas de cette manière. Il a commencé à me battre fort, très fort. Cela passait du fouette, au couteau, au viol jusqu'au film pornographique qui m'obligeait de faire sous peine de mourir. Je n'avais pas le choix, je tenais à la vie et j'avais fait une promesse à ma mère, celle de ne jamais lâché prise. Aujourd'hui je me rends compte que peut-être je ne devrais pas être de ce monde. Je ne le mérite pas, j'en viens même à en souhaiter de brûler en enfer pour l'éternité. Il ne m'a jamais aimé, il ne nous a jamais aimé, il était avec ma mère parce que celle-ci lui procurait ce dont il avait toujours voulu : l'argent et le pouvoir. En effet ma mère faisait partie de ceux pour qui la vie avait toujours souris. Mes grands-parents étaient eux-mêmes héritiers d'énormes sommes d'argent et à leur mort, c'est ma mère qui a tout reçu. L'avidité a fini par faire perdre toute raison à mon père. Je suis en quelque sorte morte à cause de lui. Mes raisons de vivre encore un peu, l'emprisonner. Si personne ne me rends justice et à tous ceux qui ont disparus à cause de lui, c'est moi-même qui la rendrait. Je n'ai pas peur de mourir, je me fou carrément de ma vie, elle m'importe peu dans mes heures si sombres loin de cette lumière que j'ai connu jadis. Trop longtemps j'ai souffert et trop longtemps il me hantera si je ne me résigne pas à faire ce qu'il y a de mieux pour tout le monde! Je suis désolé, mais je me dois de partir loin de vous, tout ceci à assez duré, trop de mensonges en si peu de temps. Trop d'amour pour une vipère comme moi! Pourquoi? Pourquoi vous efforcez-vous a essayer de me rendre normale? Je ne sais pas, mais je vous en remercie de tout mon c½ur. Vous m'avez redonnez espoir en le genre humain et c'est grâce à vous que je me tiens encore debout. Merci pour tout.

Lauren


Elle a tué !!! Je n'y crois pas...en temps normale elle m'aurait dégoûtée, mais quand on la connaît et qu'on sait tout ce qu'elle a enduré, il ne faut pas se surprendre qu'elle ait pu commettre un acte comme celui-ci. Peut-être suis-je devenu quelqu'un d'autre, mais je sens que cette Lauren là était tout autre que celle que je connais. Elle s'est laissée emporter et pourtant elle s'est ressaisie. Pourquoi? Elle aurait pu continuer et s'épargner des séances de torture, pourtant elle est revenue sur le droit chemin. Si ça ce n'est pas de la volonté, moi je n'en ai pas du tout alors. J'en viens à me dire qu'avoir été dans une situation comme celle-là, j'aurais probablement fait de même !

Ellipse temporelle :
Point de vue externe :


Ils sortent de la maison. Ce matin aucun d'eux n'avaient eu le c½ur de manger. Lauren, elle ne l'avait sûrement pas fait et c'est par respect pour elle qu'ils avaient jeûnés. Les parents souhaitent une bonne journée à leur fils, même s'ils savent qu'ils n'en auront pas une. C'est un moyen de se voiler la face, de se convaincre que tout s'arrangerait même si dans les lettres, Lauren avait été claire : elle ne reviendra pas. Les jumeaux marchent en direction de l'école et comme à chaque fois qu'il y a quelque chose qui va mal, ils se tiennent la main pour se rassurer. Lentement, ils atteignent la bâtisse en silence, mais Bill perçoit quelque chose derrière un arbre : une silhouette familière qui lui dit quelque chose sans pour autant savoir qui sait. Il lâche la main de Tom et va à sa rencontre. Tom de son côté regarde son petit frère agir. Bill s'approche toujours d'elle et tout à coup, plus rien. Elle a prit peur et elle est partie, mais il y a quelque chose qui tombe de la veste de la jeune fille : une photo avec deux garçons, des jumeaux plus précisément et une jeune fille. Bill reconnaîtrait cette photo parmi des milliers, c'est la dernière photo d'eux et d'elle, leur amie d'enfance. Il relève la tête ver son frère et pose un regard interrogateur sur lui. Il s'approche de Tom et lui montre la photo. En même temps, ils comprennent la situation, ils savent qui elle est.
Lauren leur avait dit qu'elle était amie avec deux garçons, mais qu'elle avait dû déménager exactement en même temps qu'eux avaient perdu leur amie. Ils firent le rapprochement. Lauren Kaulitz, c'était elle sur la photo! Lauren était à deux pas d'eux...

# Posté le jeudi 10 avril 2008 10:22

Modifié le mardi 09 juin 2009 13:21

Chapitre 18

Chapitre 18
Point de vue externe :

Bill et Tom rentrent dans l'établissement, perplexes. Peut-être n'était-ce que l'ombre d'une personne chère? Et s'ils se trompaient? Et si ce n'était que le fruit de leur imagination? Pourtant la présence de la photo encore dans les mains de Bill ne trompe pas! Alors dans ce cas, pourquoi Lauren était-elle là? Pourquoi avait-elle voulu les voir pour ensuite se sauver comme une criminelle. Ce n'était qu'une adolescente normale quelconque...mais justement, Lauren n'était pas normale. Elle semblait, sur son corps encore frêle et parsemé de blessures, porter le poids du monde sur ses épaules osseuses ajoutant aussi la douleur des autres en plus de la sienne. Lauren ne sera jamais quelconque, elle était leur s½ur et avant tout, une amie, un souvenir cher qu'ils ont eu le privilège de côtoyer, mais sans s'en rendre compte. La vie pour cette famille, à ce moment, était injuste. De quel droit le sort pouvait-il se permettre de s'abattre sur une fille qui est déjà contre le sol depuis belle lurette!?Sur une adolescente que la divine providence a oubliée par mégarde ou a tout simplement tournée le dos par cruauté? Pour les Kaulitz, aucune importance, le résultat était le même, les faits et toujours les faits, ce n'était que cela qui importait vraiment pour eux. L'acharnement du destin sur Lauren avait l'air de ne préoccuper quiconque à part sa famille, Hélia et Andreas qui ont eu le privilège ou la malchance de voir en cette fille autre chose qu'un objet de sévices quelconque. Eux, ils l'ont réellement connue. Eux, ils la veulent encore, entière et vivante. Eux, feraient tout et n'importe quoi pour elle, ils seraient prêts à affronter tout, absolument tout, car eux sont les personnes que Lauren a réussi à toucher malgré elle. L'aperçu du désespoir d'autrui amène parfois les gens à ressentir plus qu'une réelle compassion, parfois, ça va au-delà, certains souffrent en silence avec la personne qui leur est chère. L'amour est un sentiment si puissant que même une âme égarée peut être retrouvée! Alors que Lauren fuit ces personnes, fuit ceux qu'elle considère comme siennes, alors qu'une abîme béante reprend le dessus sur son état, d'autres pensent à elle et n'ont pour seule espoir que de la retrouver un jour. La promesse d'un jour nouveau peut parfois paraître illusoire, mais pour eux, c'est déjà ça!

Point de vue de Bill :

On entre dans l'école et tout me semble à la fois nouveau et vieux. Ma perception a beaucoup changé depuis que je connais Lauren, et encore plus depuis qu'elle n'est plus là. Tout ici me semble remplie et vide d'elle à la fois. Une oppression nouvelle se fait sentir depuis le fond du couloir où il y a nos casiers. Andreas nous attend, accoté sur le mur, abhorrant un air désinvolte, tout lui, mais je sais que malgré qu'il connaisse Lauren que depuis peu de temps, je sais que ça lui fera un choc! Tom et moi nous nous dirigeons vers le moment fatal et plus nous avançons et plus sur le visage de notre ami se peint un air de surprise.

Andreas : Où est Lauren?

Que répondre à cette question si simple, mais pourtant si difficile à répondre. Que répondre quand la réponse se fait attendre? Où est Lauren? Voilà la question que l'on n'arrête pas de se poser depuis quelques heures qui m'ont paru une éternité. Cette adolescente était devenue une partie de moi et jamais auparavant je n'aurai cru que l'absence me ferait aussi mal que de perdre Tom. Peut-être simplement parce qu'on l'avait déjà perdue une fois et que de la reperdre encore est d'autant plus difficile? Alors que répondre...

Tom : Écoute Andreas, nous n'en savons rien.
Andreas : Comment ça vous n'en savez rien, nous demande-t-il d'un ton interrogateur.
Bill : Elle est partie ce matin, peut-être même cette nuit, dis-je en laissant couler quelques larmes.
Andreas : Comment ça elle est partie?
Tom : On ne sait pas, mais on s'inquiète beaucoup pour elle. Disons qu'elle est instable émotionnellement et avec tout ce qu'elle a vécu, ça n'arrange pas les choses! Le pire là-dedans, c'est qu'on ignore même si elle est encore en ville, elle peut être n'importe où!
Andreas : Il ne s'est rien passé qui aurait pu vous dire qu'elle avait l'intention de partir?
Bill : Non, rien. Je ne sais pas ce qu'elle fait en ce moment. Tom et moi, on croit l'avoir vu ce matin en avant de l'école, mais on n'en est pas certain. Il y a une photo qui est tombée de sa poche et le plus étrange c'est que l'on a le double chez nous. Tiens regarde, dis-je en la sortant de la poche de mes pantalons et en la tendant à mon ami.

Andreas a l'air surpris de voir l'image. Il l'a en effet déjà vu dans un de nos albums à Tom et à moi. D'ailleurs, depuis qu'elle est partie, il y a de ça presque 4 ans, je l'avais ressortie et l'avais mise dans un cadre que j'ai posée sur ma table de nuit. Depuis tellement longtemps j'ai rêvé de la revoir et dans mon c½ur d'enfant, je n'avais pas compris la raison de son départ. Maman avait tout fait, tout essayé pour nous expliquer, pour nous consoler, Tom et moi, mais peine perdue. À la fin, on a finit par s'y habituer, mais l'absence de mon amie me pesait toujours autant et maintenant qu'elle était revenue, je n'ai pas su la retenir, je n'ai même pas su la reconnaître, c'est peut-être ça qui m'enrage le plus dans le fait qu'elle ne soit plus là!!! Depuis le temps que j'ai espéré la retrouver, il fallait que quelque chose comme ça se produise pour que je me rende compte à quel point elle est importante pour moi. Andreas détaille toujours la photo et semble devenir un peu morose.

Andreas : Écoutez les gars, je ne connais pas Lauren depuis beaucoup de temps, mais je vous aiderai à la retrouver. Après tout, c'est aussi mon amie et je veux vous apporter mon soutien. Je ne sais pas à quel point ça doit être dur pour vous, il ne faut pas se le cacher, mais je crois pouvoir m'imaginer au moins le dixième de ce que vous pouvez ressentir...enfin, je crois!!!
Tom : Merci Andreas, ça me touche beaucoup et je suis sur que Bill aussi!!!
Bill : Oui, merci mec!!! J'espère juste qu'elle reviendra bientôt.
Andreas : Je suis sur que oui, ne vous inquiétez pas trop. De ce que j'ai vu de Lauren, elle est forte, c'est une battante!!! Elle va s'en sortir et elle sait qu'elle peut compter sur vous en cas de besoin.
Tom et Bill : Merci, vieux!!!
Andreas : Est-ce que vous voulez venir en cours...je peux dire au professeur que vous ne vous sentez pas bien.
Bill : Non, moi je viens. J'essaierai de me concentrer et puis si ça ne va vraiment pas bien, je partirai, voilà tout!
Tom : Je vais faire la même chose. Lauren n'aurait sûrement pas voulu qu'on rate un cours pour elle!!!
Andreas : Bien. Alors il faudrait y aller, il reste 5 minutes avant le cours.

Tom et moi traînons les pieds jusqu'au cours, aujourd'hui ce n'est pas cours de français que l'on a, mais cours d'anglais, ça ne m'enchante pas plus. Je n'ai jamais aimé les langues, déjà qu'apprendre l'allemand m'a pris du temps parce que c'est une langue difficile, il faut en plus que je me tape le français et l'anglais! Une chance que c'est moins difficile au moins. J'entre dans la classe et m'assoie dans le fond entre Tom et Andreas. Hélia, l'amie de Lauren vient nous voir :

Hélia : Ah...elle est malade Lauren?
Tom : Non, elle a fugué!
Hélia : Quoi!!! Mais pourquoi?
Bill : Dans ses lettres, elle disait se sentir indigne de nous, elle est partie on ne sait pas trop quand!
Hélia: Et vous savez si elle va revenir?
Bill: Non, malheureusement.
Hélia: Dire que ça été ma seule véritable amie et qu'elle n'est plus là!
Bill: On est désolé pour toi.
Hélia: C'est plus pour vous que je serais désolée, c'est quand même votre soeur!
Bill: Mais c'est ton amie?
Hélia: Oui, mais vous la connaissez plus que moi! De toute manière, nous avons tous les quatre de bonnes raisons de la regretter! J'espère juste qu'elle va bien et qu'elle prend soin d'elle. Si ça va bien, je serai moins inquiète.
Andreas: Oui nous aussi.

Point de vue de Lauren:

J'ai vu les garçons ce matin et j'ai eu peur qu'ils ne me reconnaissent. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si ça avait été le cas. Pour l'instant, je déambule dans les rues et je regarde les passants marcher. Le soleil est de retour et cette journée promet d'être chaude. Je ne sais pas quoi faire! C'est vrai, à cette heure-ci je devrais être sur un banc d'école à apprendre plein de trucs pour la plupart inutiles et pour d'autres futiles! Des fois j'aimerais être à la place de ces jeunes pour qui la vie leur a souri. J'aimerais être comme eux, tout simplement normale et de ne jamais avoir connu la souffrance. Je pourrais faire ce que je voudrais de ma vie sans me soucier de ce que sera demain, sans me préoccuper de savoir si j'aurai un endroit où dormir ce soir ou si je vais manger quelque chose de nourrissant. En ce moment, ce qui me préoccupe n'est plus moi, mais bien eux: mes anges, ma famille et mes deux amis. Je me demande comment ils se sentent. Je ne sais pas encore si mes frères ont dit à Hélia et à Andreas que je suis partie. D'un côté, cela me ferait vraiment plaisir cette attention, parce que je me sentirais comme importante au moins pour quelques personnes, mais d'un autre côté, j'ai de la peine. Je ne sais pas s'ils comprendront la raison pour laquelle je les ai quittés sans prévenir. Non, il ne faut pas que je pense à ça, sinon je voudrais retourner habiter avec eux, il ne faut pas, pour leur bien. Loin des yeux, loin du coeur dit un dicton français, peut-être est-ce que ça va fonctionner aussi pour moi, en tout cas je l'espère! Je n'ai plus qu'à attendre que les jours passent et défilent et s'écoulent...ils finiront bien un jour par m'oublier. Je m'assois sur un banc et replie mes jambes sur moi-même et me calant bien sur le banc. Je réajuste le bandeau sur mon nez et rabaisse un peu plus le capuchon sur ma tête. Je perçois des mouvements et des bruits provenant d'un peu partout. Je suis retournée sur mon banc dans le parc, de là je regarde ces petits bouts de choux, si innocents, si gentils et si beaux. J'aimerai encore avoir 5 ans, me coller contre maman, attendre qu'elle vienne me border la nuit ou que l'on fasse des gâteaux ensemble que je finirais par détruire par la suite. Ça me manque les fois où elle me chantait Frères Jacques et Sur le pont d'Avignon, j'aimerai encore entendre sa voix, sentir son parfum, ressentir sa présence tout près de moi. J'aimerai tellement qu'elle me prenne dans ses bras et qu'elle me console en me sussurant à l'oreille des mots doux et qu'elle m'assure que tout ceci va finir par passer, elle me manque beaucoup maman et plus les jours passent et plus je meurs petit à petit!!! Avec seule cette pensée d'un jour meilleur, je pleure en affichant un sourire que personne n'a vu, naturellement, personne ne me vois et personne ne me m'entends, seuls ceux qui me sont chères ont le droit de m'approcher parce que je crains encore ce contact avec les autres. Je chantonne un peu pour me réconforter, j'ai besoin de ça pour m'aider, c'est devenu un peu comme ma source de lumière, elle me permets de m'évader, de me parler, de me convaincre de ne pas renoncer ce à quoi j'aspire. J'ai découvert ce moyen il y a 2 ans quand mon père m'avait battu tellement fort que depuis je n'ai même jamais ressenti cela!!!

Fatiguée de la position dans laquelle je suis depuis au moins 2 heures, je me lève et je décide d'aller me promener histoire de me dégourdir, ça me fera du bien. Je m'étire, regarde un peu au loin avant de tourner le dos au paysage qui s'offrait à moi. Je m'éloigne de la mer, la seule en Allemangne, car je n'ai jamais aimé cette étendue et ma peur de me noyer s'est concrétisée quand mon père à essayer de me noyer il y a 3 ans après m'avoir laver à l'eau bouillante et frotter à l'eau de javel. Il avait cru que j'étais morte quand il a vu que je ne bougeais plus, mais quand il est sorti de la pièce, j'ai fait couler l'eau dans la baignoire avant de sortir de la salle de bain et de m'enfermer dans ma chambre. Je me rappelle, j'étais devenu rouge et je saignais abondamment à cause de l'irritation, il avait frotté tellement fort qu'à certaines places, il me manquait de grosses plaques de peau, à ce moment-là je m'étais vraiment dégoutée car je pouvais voir ma chair et cela m'avait terrifiée. Je m'étais demandée pourquoi je n'essayais toujours pas de me sauver alors que je savais que j'allais mourir un jour si je restais. Il fallait que je sorte et peu importe si je rattais mon coup, le pire qui pouvait arriver c'était qu'il me tue, la même chose que si je restais...pourtant je n'ai jamais eu le cran de le faire de peur que je n'ai pas le temps de me sauver assez loin, jusqu'à ce fameux jour, au début de l'été...et malheureusement, moi qui croyait que j'allais y parvenir, je me suis fait rattrapée par lui. Maintenant que j'y pense vraiment, il a toujours voulu que mon malheur, il ne m'a jamais aimée même quand j'étais jeune, seulement à ce moment-là, il ne me touchait pas, ne me faisait pas de mal et dans mon coeur d'enfant, je croyais qu'il m'aimait quand il m'achetait ma poupée favorite du moment, mais ce n'était seulement pour ne pas éveiller les soupçons parce que sinon, maman l'aurait viré de la maison et lui tout ce qui lui importait était l'argent, il ne pouvait donc pas se permettre de faire cela! Il n'a jamais été que vil et hypocrite et aujourd'hui je suis bien contente de ne plus l'avoir dans ma vie. Je m'avance lentement vers un grand édifice et en passant devant la fenêtre d'un magasin de télévision je vois une photo de moi accompagnée d'un titre: La rescapée, une survivante qui a eu chaud!!! Tout ce bruit médiatique m'énerve, non pas parce que je n'aime pas les personnes qui y contribuent, mais parce qu'ils parlent de choses donc ils ne connaissent que la partie visible de l'iceberg, ce qu'ils disent est si futiles à côté de mon mal de vivre et cela, ils ne semblent pas le remarquer, j'ai pitié d'eux... Personne ne me connait vraiment et je doute que moi-même je me connaisse!! Je continue de marcher à un rythme de ce que l'on pourrait qualifier de relaxe. Au loin je vois sortir des élèves d'un collège quelconque, je crois que c'est celui des arts. Plus tard, j'aimerai bien continuer dans mes études et peut-être que je réussirai à faire quelque chose de ma vie...il faut l'éspérer. Je suis perdue dans mes pensées quand quelqu'un s'avance vers moi...totalement incontrôlable, mon seul réflexe est la fuite. Je cours à travers les petites ruelles derrières le batîment, mais le jeune étudiant continue de me suivre. J'avance à grandes enjambées, mais comme je ne connais pas le coin je me retrouve vite dans un cul-de-sac et voilà que je sens une bouffée de panique monter en moi. Qu'est-ce que j'ai fait pour que tout d'un coup tout le monde veuille savoir qui je suis??? N'ont-ils pas une vie? Le garçon dépose son sac sur une des bennes à ordures qu'il y avait dans le coin et s'assoit ensuite sur une caisse en bois.


Inconnu: Désolée si je te fais peur, mais tu m'intrigues. Tantôt lorsque je te parlais, j'ai vu dans tes yeux une tel douleur, je voulais t'aider. Je n'ai pas l'intention de te faire du mal et encore moins te faire peur. Alors, voilà, je ne sais pas trop quoi dire...sinon que je m'appelle Johan, que j'ai 19 ans, que j'étudie en arts visuels, que j'habite pas très loin d'ici, mais je ne crois pas vraiment que ça va t'aider à me faire confiance. Dis, pourquoi t'es-tu enfouie?

Je ne réponds toujours pas, pourtant j'ai entendu sa question. Je n'arrête pas de le toiser bien que la ruelle soit sombre. Il a l'air sincère dans ses propos, mais combien l'ont vraiment été envers moi? Pour une fois, je veux bien donner une partie de ma confiance à un inconnu, simplement parce que lui a su percevoir ce que tant d'autre autour de moi n'ont pas su remarquer. Depuis ma fugue, c'est le seul qui a l'air de vraiment vouloir m'aider, mais pourquoi? Pourquoi veut-il m'aider? Je ne le connais pas et vice versa, chose surprenante, il n'a pas encore essayé de me tuer! Un sentiment en moi monte et je n'aime pas du tout ce goût, celui d'être complètement à nue devant lui. Je me colle contre la paroi en brique et continue de le fixer. Il n'a pas l'air d'être pressé, il est tout simplement là, les mains dans ses poches, légèrement penché vers l'arrière et il me regarde d'un air bienveillant, un sourire se dessine sur ses lèvres pulpeuses.

Johan: Ce n'est pas bien grave si tu ne parles pas. Simplement, des fois ça fait du bien de se confier à quelqu'un, on a alors l'impression qu'un poids, qu'importe la grandeur de ton problème, vient d'être enlevé. Je ne dis pas ça pour t'obliger à converser avec moi, je dis ça pour t'aider. Je sais que tu es effrayée et que tu as de la peine. Peut-être as-tu pedu un être cher ou il y a des problèmes dans ta famille, ça peut être aussi bien être à l'école ou peut-être as-tu des problèmes de consommations de drogues? Je ne suis pas là pour te juger! Tu sais, je prendrai tout mon temps avec toi et j'attendrai si il le faut. J'ai toute ma soirée et entre nous, c'est beaucoup plus agréable de parler de ses problèmes avec quelqu'un en qui tu as confiance!!!

Point de vue de Tom:

Ce cours d'anglais est vraiment chiant et dire que l'on s'est forcé pour une fois à venir, il fallait vraiment, pour fêter notre présence, qu'il fasse pire que d'habitude. Je me demande parfois où il a été chercher son diplôme en ensignement, sur la planète des idiots? Je n'ai pas envie d'être là, je n'ai pas la tête à ça. Une seule pensée occupe mon esprit depuis ce matin: mais où est-elle? Pour Lauren, ça doit toujours être la même rengaine. Elle doit se méfier des gens de peur qu'elle ne souffre encore plus. Depuis le début du cours, je me demande ou elle est. A-t-elle dis quelque chose qui pourrait nous aider à la retrouver? Je ne sais pas, je ne sais plus, je n'arrive pas à réfléchir correctement et cela m'énerve d'autant plus. Qu'a-t-elle fait bon Dieu de bordel, pour ça n'arrive qu'à elle...!!!! Au moins, je peux compter sur la présence de mon frère, d'Andreas et d'Hélia. Depuis que je la connais elle me parrait bien gentille, ce qui est drôle ce qu'avant l'arrivée de Lauren, je ne l'aurais sûrement jamais approché. Dison simplement qu'avec le look de la parfaite étudiante, elle ne m'intéressais pas! J'ai bien changé je crois depuis que Lauren est entrée dans ma vie. Tout a changé sans pour autant que ce soit radicale. Elle m'a ouvert les yeux. J'aimais bien quand elle m'expliquait son point de vue. D'un côté, elle ressemble à Gustav, posée et réfléchie. Et c'est peut-être pour ça que de ne pas comprendre la raison de son départ m'effraie. Que peut-il y avoir pour qu'elle est décidée de quitter le premier endroit depuis fort longtemps où elle ne se sentait pas oppressée? J'aimerais saisir la portée de son jugement car j'aurai su de toute manière, si elle ne m'avait pas dit que'elle y avait longuement réfléchie, que ce n'était certainement pas sur un coup de tête qu'elle nous avait quitté. Étrange sentiment qui nait en moi depuis ce matin. Je ne suis pas homme à m'attacher à une personne de la gente féminin, pourtant elle, elle a réussit à me retourner tout à l'envers. Avant, j'aurai dit qu'il était impossible que je m'attache de cette manière à une fille, mais maintenant j'en doute fortement. Il est vrai aussi que cette Lauren là, est notre Lauren d'enfance. Elle m'avait manquée et à Bill aussi. Je sais que mon frère se sent mal de ne pas l'avoir reconnue et moi donc? Comment on a fait pour passer par dessus. Notre Lauren était si exceptionnelle que l'on aurait dû le savoir dès le premier regard.Je culpabilise et ce n'est pas le moindre que l'on puisse dire.

Je regarde Bill. Pauvre lui! Apparemment, le prof ne fait pas juste me faire chier, il a atteint Bill aussi. Il a la tête posé sur le bureau et a les yeux fermés. Il semble somnoler, ce que je ne tarderais pas à faire si le cours continue comme ça!!! Le professeur ne peut pas abréger pour une fois??? J'attends...j'attends...je me fais chier...et j'attends toujours...

Ah...merci!!!! Le cours est terminée! Non, mais c'est quoi l'idée de nous faire venir, de nous faire lever le matin pour un cours de grammaire...si j'en avais voulu des cours comme ceux-là, j'aurai pris l'option langue!!! Enfin, maintenant je peux partir tranquillement. Je sors de la classe en suivant Bill et suivit de près par Andreas. Hélia ramasse ses affaires et quittent elle aussi la classe. Elle passe devant nous, l'air penaud.


Bill: Attends Hélia?

Celle-ci relève la tête et le regarde d'un air interrogateur.

Bill: Veux-tu venir avec nous?
Hélia: Écoute Bill, ce n'est pas que je ne t'aime pas, mais ce n'est pas parce que je suis l'amie de Lauren que tu dois te sentir obligé de m'accepter. Avant, tu ne m'adressait pratiquement pas la parole et quand tu devais le faire, je te sentais hésitant à venir vers moi. Je suis sûre que vous êtes des gars super géniaux, je n'en doute pas une seule seconde, Lauren me parlait beaucoup de vous et me disait à quel point elle était heureuse d'avoir des grands frères aussi gentils et compréhensifs que vous, elle est même allée jusqu'à me dire qu'elle sentait qu'elle vous ne méritait pas. Elle vous aimait beaucoup et en si peu de temps, elle vous adorait et je crois que parfois ça allait jusqu'à la vénération. Elle ne comprenait pas pourquoi vous vouliez d'elle, pourquoi vous étiez comme ça et une part d'elle se sentait coupable d'avoir l'impression de vous monopoliser, elle voulait que vous viviez le fin de l'adolescence comme tous les autres, mais au lieu de ça, vous acceptiez volontier de tout laisser tomber pour elle...elle m'a racontée son mal de vivre...elle voulait voir quelque chose qu'elle n'avait pas vu depuis tellement longtemps: les étoiles. Elle m'a confiée qu'étant jeune, elle les regardait inlassablement dans les bras de sa mère. Bill, Lauren allait moins bien qu'elle ne voulait le faire croire. Et je crois que n'importe où qu'elle soit, elle ne va toujours pas bien, imagine-toi à quel point elle souffrait quand elle était entourée de gens et d'amour, alors pense un peu à comment maintenant elle se sent toute seule. Bill, je ne sais pas pour toi, mais moi je n'attendrais pas que les policiers soient prévenus pour commencer à la rechercher. Je te l'ai dit, elle a toujours été que ma seule vraie amie et maintenant qu'elle est partie, je ferais tout pour la retrouver! Maintenant, excuse-moi, mais je dois y aller, je vais profiter du beau temps et des 3 heures qui me sont allouées pour commencer ma démarche. Salut et bonne fin de journée si on ne se revoit pas...et saches aussi que je suis de tout coeur avec vous. Vous pouvez compter sur moi!

Bill était bouche-bée devant ce qu'Hélia venait de dire. Il était vrai qu'avant, il ne lui adressait la parole pour ainsi dire quasiment jamais. Était-ce simplement parce que c'était l'amie de Lauren qui lui parlait ou parce qu'il avait su voir en elle quelque chose qui lui plaisait? Elle était la seule autre personne à part eux et Andreas a vraiment se préoccuper de l'état de santé et psychologique de sa soeur. Peut-être en fin de compte, n'était-ce que le sentiment de se sentir uni dans un moment pareille. Bill avait compris l'état critique dans lequel Lauren s'était embarquée et après ce qu'Hélia venait de lui avouer, lui aussi ressentait le besoin de participer à la recherche de Lauren, il voulait la ramener à la maison saine et sauve. Il voulait encore la voir, il avait peur pour elle, tout ce qui lui importait pour l'instant c'était qu'elle sache que son amour pour elle était indéniable, incommensurable et intouchable. Jamais, au grand jamais il ne voulait la reperdre une seconde fois. À lui maintenant de faire en sorte que le même épisode ne se reproduise pas.


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Alors, je veux vous expliquer pour il me tarde d'aller lire vos suite. Alors, depuis 2 semaines je suis comme dans le rush de la fin de session et puis là, je suis tellement dedans que si je ne me dégrouille pas, je me mets dans la marde!!! Ne vous inquiétez, dès que ce sera fini, donc dans 1 semaine, je viendrais tous vous lire. En attendant, postez vos commentaires, je ferais comme d'habitude, je mettrais un commentaire à chaque article.

Alors voici ma suite que j'ai fais par intermittence. Je n'avais pas beaucoup de temps ou seulement quelques minutes ici par là, alors j'écrivais la suite peu à peu, c'est d'ailleurs pour cela que ça m'a pris beaucoup de temps. Désoler encore...mais je jure que bientôt, ce sera finis!!!

Je tiens quand même à vous souhaitez bonne chance dans vos suites de fictions...j'ai vraiment hâte de vous lire...à la prochaine!!!

See you soon!!!!

P.S.: Pour les couleurs, je les mettrais plus tard quand j'aurai le temps...


# Posté le lundi 21 avril 2008 14:42

Modifié le mardi 09 juin 2009 14:30

Chapitre 19

Chapitre 19
Point de vue de Lauren :

Alors ce jeune s'appelle Johan. Je ne sais toujours pas si je peux me permettre de lui parler, tout ce que je sais c'est que depuis tantôt il me parle en espérant que je lui réponde quelque chose. Mais quoi? Je ne peux tout de même pas lui dire que je suis LA fille dont tout le monde parle et dont les journalistes s'amusent à raconter sa vie de long en large! Je décide tout de même de m'avancer un peu de sorte qu'il sache que je n'ai pas peur de lui, mais je m'assure quand même de garder mes distances, on ne sait jamais! Je crois que même en disant mon prénom il ne me reconnaîtrait pas. Il doit croire que je suis toujours avec ma famille adoptive et en plus je suis camouflée, il ne peut pas me reconnaître, c'est juste impossible!.

Lauren : Bonjour Johan. Hum je m'appelle Lauren.
Johan : Bonjour Lauren. Enchanté de faire ta connaissance, enfin! Dit-il en riant d'un rire angélique.
Lauren : Oui, moi aussi. Écoutez, je ne suis pas très à l'aise avec les gens et particulièrement en ce moment, alors je suis désolée d'avoir pris la fuite tantôt. Cela vous a sûrement paru bizarre ou déplacé, alors je tiens à m'excuser.
Johan : Oh non, ce n'est rien. Vous savez, dans cette ville, il n'y a plus rien qui me semble bizarre. Depuis que je suis arrivé au début de l'été, je me suis habitué. Bien sûr, cette ville aura toujours sa part de bizarreries et je crois que c'est ce qui fait son charme.
Lauren : Oui, sans doute.
Johan : Alors dites-moi, pourquoi vous avoir sauvée?
Lauren : Disons simplement que les gens ces temps-ci me font peur. La seule idée de me retrouver avec un inconnu me terrifie. Vous m'avez prise par surpriseet j'ai eu l'impression que le souffle me manquait, comme si j'étais oppressée, j'étouffais comme un claustrophobe. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'était pas contre vous, je vous assure.
Johan : Je peux comprendre tout à fait. Je suis venu ici parce que je ne m'entendais pour ainsi dire absolument pas avec ma mère. Elle voulait que j'intègre un FAC de droit, mais moi ce qui me passionne ce sont les arts. Alors quand je lui ai avoué mes attentes, elle m'a lancé un ultimatum, soit de devenir médecin ou avocat, soit de partir de la maison. Pour moi, même si je devais la quitter et me trouver sans un toit, je m'en fichais pas mal, parce que comme ça, je pouvais au moins faire ce dont j'en avais envie. Et puis aujourd'hui, maintenant que je me débrouille plutôt pas mal, elle veut se faire pardonner. Mais d'après moi c'est probablrmrny plus une question d'argent que d'amour envers son fils, parce qu'elle vient de faire une faillite personnelle! Enfin, on verra. Je crois que je peux ressentir un peu ce que tu dois ressentir, mais ne t'inquiète pas, je suis sûr que tout finira par s'arranger et que tu vas t'en sortir.
Lauren : Merci. Mais maintenant je dois y aller.
Johan : Bien sûr, je comprends. Tenez, voici mon adresse et mon numéro de téléphone, si vous voulez me parlez en tout temps.
Lauren : Merci beaucoup. Je tenais à vous dire que ça été bien agréable de vous parlez et maintenant que je vous fais un peu plus confiance, je suis prête à vous avouer quelque chose. Je suis LA fille du moment, sur ce je dois quitter, désolée et merci encore.

Je marche dans les rues et peu après, je finis par me poser à terre dans un parc. Je regarde le bout de papier que m'a donné Johan, je le regarde avec curiosité. Le premier vrai étranger qui a su me comprendre, le premier qui n'a pas voulu de mon corps et me faire souffrir. Le premier qui m'a véritablement écoutée. Je l'appellerai sans doute jamais, mais de savoir qu'il y a à quelque part dans le monde quelqu'un qui a su être là pour toi et qui le sera encore fait chaud au c½ur. Je le sentiment de revivre un peu. Je crois que de l'avoir rencontré m'a permis de réaliser que je peux réussir malgré la difficulté du chemin à parcourir et ça m'a permis aussi de voir que dans cette ville, il reste encore un peu de bien.

Je ne sais pas qu'elle heure il peut être, sans doute l'heure du dîner ce qui expliquerai pourquoi j'ai faim. Je sors donc trois biscuits de mon sac et un jus aux fruits. Il faut que je fasse attention, il ne me reste plus beaucoup de nourriture et de l'argent non plus. Le soleil est au zénith et pour une fois je me sens calme au milieu d'un endroit public. La température est étrangement chaude pour la fin d'un été, je dirais peut-être au alentour de 30 ° C. Après le repas, je m'allonge sur ce sol mou et je ferme les yeux en souriant. Je descends le bandeau de sur mon nez, mais fait quand même attention aux regards des gens. Je suis bien là, je savoure cette journée comme jamais je ne l'aurais savourée auparavant. Je me sens libre, mais forte je crois. Johan m'a redonné courage, il m'a fait comprendre à quel point pour réaliser ses rêves, il faut parfois laisser tomber le confort d'un chez-soi. C'est ce que j'ai fait et aujourd'hui, en cette heure, je sens que j'ai fait le bon choix. Pendant que le sommeil me menace de m'emporter dans le monde des songes, j'entends des voix au loin qui me parviennent. J'entends des noms, des timbres de voix étrangement familiers.


Inconnu : Eh attends-nous.
Inconnu 2 : Bien oui. Mais si tu marchais plus vite aussi!
Inconnu : Eh, ça parait que ce n'est pas toi qui porte des baggys.
Inconnu 2 : Comme si c'était de ma faute en plus!
Inconnue 3 : Les garçons, arrêtez de vous chamaillez. On est venu ici pour une raison précise, pas pour débattre sur les goûts vestimentaires de chacun.
Inconnu 4 : Exactement. Elle a raison. Bon par où on commence. Il y a un parc aussi là-bas, il ne faut pas l'oublier non plus.
Inconnu : Bien on pourrait faire un tour au parc, ce n'est pas ça qui sera le plus long et puis après, on fera le reste. On pourra aussi revenir ce soir après les cours, qu'en dites-vous?
Inconnue 3 : Que si on veut la retrouver le plus vite possible, c'est tout à fait une bonne idée. Je suis partante.
Inconnu 2 : Hélia, la petite sage du groupe!!!
Hélia (Inconnue 3) : Tu peux parler Bill.
Bill (Inconnu 2) : Ben quoi, qu'est-ce que j'ai dit?
Inconnu : Ce gars-là ce n'est pas mon frère!
Bill : Tom, ta gueule!!!
Inconnu 4 : Et voilà que ça recommence.
Hélia : Bon, on arrête. Andreas et moi sommes vraiment exaspérés de votre comportement. Si vous continuez comme ça, vaut mieux retourner à l'école!
Inconnu : Et tu laisserais tomber les recherches pour retrouver ma s½ur!!!
Hélia : Tom, on ne demande qu'un peu de sérieux. Lauren compte beaucoup pour moi, mais dans ces conditions, on n'avancera pas vraiment.
Tom (Inconnu) : C'est bon on arrête!
Inconnu 4 : Alors, là je vous reconnais les jumeaux!!!
Tom et Bill : TA GUEULE ANDREAS!!!
Andreas (Inconnu 4) : Ah l'amour fraternel!!!
Hélia : Bon, un peu de sérieux. Retour sur terre messieurs!!! Bon, le bon point c'est qu'il y a une fille allongée par terre, peut-être est-ce qu'elle pourra nous dire si elle l'a vue.

J'entends les pas du groupe marteler le sol fragile et s'avancer vers moi. Avant de me relever, je replace le bandeau sur mon nez et me lève à toute vitesse. Je ramasse mes affaires et m'apprête à me sauver quand quelqu'un m'interpelle au loin avant de me prendre le bras par surprise alors que je lui tournais le dos. Je me vire et le vois, lui. Mon frère, Bill. Je sens qu'il me toise et qu'il essaie de lire dans mes yeux. Je me sens mal-à-l'aise.

Bill : Toi!
Lauren : Laisse-moi tranquille, dis-je en me dégageant le bras de sa main. Vous n'auriez pas dû, vous n'auriez pas dû, dis-je en laissant couler quelques larmes sur mes joues alors que j'avais de la misère à contrôler mes sanglots.
Bill : Lauren, écoute-nous, au moins.
Lauren : Non, je ne peux pas. Vous me supplierai de revenir, mais je ne veux pas, c'est pour votre bien si je fais tout ça, pour votre bien. Vous ne méritez pas de vivre ces moments durs. Ce fardeau m'a été imposé, il est à moi et à moi seule. Je ne souhaite pas vous revoir et arrêtez d'essayer de me retrouver.
TTom (qui était arrivé entre temps) : Lauren??? Qu'est-ce que tu fais là?
Lauren : Ça se voit, je prends un bain de soleil!!! Écoutez-moi bien, tous les quatre. Il y a dans ce monde, des douleurs que l'on n'est pas obligé de connaître. Je veux seulement vous épargnez celles-ci. C'est votre bien que je souhaite.
Hélia : Mais Lauren, on veut t'aider. On est tes amis.
Lauren : Et si je ne souhaite pas être aidée par vous? Vous ne comprenez donc pas, il n'est pas seul. SI vous m'approchez de trop près, les autres vous auront. Vous êtes sur leur chemin et moi tout ce que j'essaie de faire, c'est de vous en écartez. Ne vous rendez-vous pas compte que j'essaie de vous aider? En même temps, je vous ai menti depuis le début. Qu'est-ce que vous espériez? Que tout serait si simple? Vous ne le connaissez pas? Vous ne savez pas ce qu'il peut faire. Alors, laissez-moi tranquille, j'y arriverais toute seule. Je vous enverrai peut-être de mes nouvelles, mais pas très souvent. Désolée, maintenant, je dois y aller.

Je fais quelques pas, mais...

Bill : Oh que non. Tu ne vas pas partir comme ça!!! Tu vas tout nous expliquer dans les moindres détails. Nous en avons le droit, tu nous le doit!
Lauren : Bill, ne m'oblige pas à faire ça et je croyais tout vous avoir dit dans mes lettres?
Bill : Peut-être, mais nous voulons l'entendre de ta bouche.
Lauren : Non, s'il vous plaît, ne m'oblige pas...
Hélia : Lauren, dit-elle d'une voix douce et peu assuré. Lauren, on veut savoir pourquoi tu t'entêtes à vouloir rester dans ton coin. Pourquoi tu ne veux pas que l'on t'aide? Tu es mon amie, je ne demande que ça, comprendre, t'aider, te donner un peu ce que tu n'as pas reçu. S'il vous plaît. Laisse-nous faire quelque chose pour toi.
Lauren : Malheureusement, si la vie pouvait être aussi facile, si elle le pouvait...
Andreas : On ne te demande que ça. En échange on te laissera tranquille.
Lauren : Je ne sais pas...
Tom : Bien, moi je sais. Tu t'assois, tu nous explique, on sait, on te laisse partir et tu seras heureuse, mais n'oublie pas que nous, on ne le sera pas. Tu nous fais mal.
Lauren : D'accord. Alors, je ne sais pas quoi vous dire.
Bill : Moi je sais. Il sort la photo de sa poche. Où l'as-tu eue?
Lauren : Dans un de mes albums à la maison. J'y suis retournée cette nuit et je suis allée la chercher.
Tom : Elle représente qui pour toi?
Lauren : C'était une photo datant d'il y a à peu près 5 ans, je crois. C'était mes amis d'enfances. C'était lors d'une fin de semaine d'hiver...en décembre je crois, peu de temps avant Noël. On venait de passer une après-midi à s'amuser dans la neige et un peu avant souper, leur mère avait prise cette photo. En gros, elle a été prise peu avant mon déménagement.
Tom : Te rappelles-tu des noms des garçons?
Lauren : Non, je ne crois pas. Pourquoi?
Bill : Si on te disait qu'eux et nous avons un principal point en commun. Qu'est-ce que tu dirais?
Lauren : Que je ne vois pas de quoi tu parles?
Bill : Lauren. Ces gamins, ce sont nous. J'ai la même photo posée sur ma table de nuit. Ne t'en rappelles-tu pas, maintenant?
Lauren : Je...je ... je, non. Je suis désolée. J'aurai cru que je ne les reverrais jamais. Je ne savais pas et puis vous aviez tellement grandi dans ma tête, je ne pouvais pas vous reconnaître, c'était impossible. Comment ça aurait pu en être autrement?
Hélia : Continues. Qu'est-ce qui c'est passé après le déménagement?
Lauren : Je suis partie habiter à l'autre bout de la ville. Tout allait bien, c'est du moins ce que l'on croyait au début. Ma mère ne s'apercevait pas des magouilles de mon père et moi non plus d'ailleurs. Un jour, il a tellement mis de l'arsenic dans la nourriture de maman qu'elle a été malade pendant des heures avant de mourir dans son lit. À partir de ce moment-la, tout a changé de façon radicale. Peu de temps après, il a décapité maman et la toute mise en pièce. Il m'avait attachée à une chaise dans la salle de bain alors que lui finissait l'opération dans le bain. Il y a avait tellement de sang. Mon père a toutes mis les pièces dans un sac et est parti pendant quelques minutes. Quand il est revenu, il m'a dit en riant : « T'as toujours ta maman jusque dans le sang maintenant???» Il m'a détaché et m'a trempée dans le bain, la tête de maman reposait à côté de moi sur le rebord et lui il me frottait avec son liquide rouge et il riait. Je ne le reconnaissais plus, il n'était plus lui-même je croyais, mais avec le recul, je crois que c'était plutôt le contraire. Il était enfin celui dont il avait toujours été. Le lendemain, en me réveillant. Il y avait une nouvelle poupée posée sur mon lit, j'avais d'abord cru que ce que je venais de vivre n'était qu'un mauvais rêve, mais quand je pris la poupée dans mes mains et que je l'ai retournée, la poupée avait ses yeux. Je l'ai lâchéeet je l'ai laissé tomber sur le sol, celle-ci disait : «Dis, tu m'aimes toujours?» avant qu'un rire diabolique de s'échappe du jouet. Quand j'ai retiré les draps, je me suis apperçue que durant toute la nuit, j'avais dormi avec la tête de ma mère. Papa quand il est entré dans ma chambre, il riait de moi. Il riait parce que j'avais eu peur et que j'étais effrayée. Il était devenu fou. Plus rien chez lui n'était humain, plus rien et ça se voyait de jour en jour. Après, il a commencé à voir des hommes de quartiers malfamés. Et c'est véritablement là que tout a vraiment commencé. Il tuait pour le simple plaisir et m'obligeait à regarder en m'attachant avec des menottes sur une chaise très peu confortable et comme celle-ci était incrustée de clous et de couteaux, je ne pouvais pas vraiment bouger. Il regardait parfois des films d'horreurs et quand il trouvait quelque chose d'intéressant, il essayait de les reproduire. Ses préférés étaient les Décadence et les Auberges. Il s'inspirait beaucoup de ces ouvrages pour se procurer plus de plaisir lorsqu'il tuait. À la fin, j'étais tellement conditionnée que je pouvais regarder le massacre sans être attachée. Et un jour, il m'a montrée un film d'horreur avant que je ne m'aperçoive que c'était la réalité...et la personne qui tuait, c'était moi. Je ne l'ai jamais remis en question, mais j'avais décidé que même si ce n'était pas vrai, je ne tuerai plus. Il a alors commencé à me battre, à me violer plus souvent, à faire des films pornos qu'il mettait ensuite sur le net, à poser nue après qu'il m'ait torturée, à faire pleins de choses comme ça. Aujourd'hui, je ne me souviens pas avoir déjà tué, mais sans aucun indice prouvant le contraire, je n'ai pas le moyen de démentir ses dires. Voilà, le reste vous le savez en gros. Maintenant que tout est dit, je vous souhaite une bonne fin de journée. Je dois y aller.
Bill : Attends. Tu vas où?
Lauren : Hélas, qui le sait, même moi je ne sais pas. Je serai là où le vent me portera, nul par ailleurs.
Tom : Tiens, prends ça.

Il me tend une grosse poutine, sûrement qu'il s'était pris pour lui, mais qu'il me donne pareille.

Lauren : Merci Tom, dis-je avant de l'enlacer.
Tom : SI tu as des problèmes, tu sais où nous trouver.
Lauren : Oui, merci.

J'enlace le reste du groupe avant de dire :

Lauren : L'espoir vit en nous aussi longtemps qu'on lui laisse une place dans notre être. Parfois il ne suffit pas juste de regarder par en avant, il faut aussi accepter et vivre avec notre passé pour évoluer. Retenez ça.
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# Posté le lundi 28 avril 2008 11:43

Modifié le lundi 15 juin 2009 23:37