Je suis partie hier de chez nous et j'ai même eu l'occasion de dire un dernier au revoir à Bill. Je pense que ca lui a fait plaisir même si j'ai vu de la tristesse dans son regard. Je sais qu'il n'a pas confiance en moi. Malheureusement pour moi, je le sais et je pense que dans ces conditions, à sa place, j'aurai réagi comme lui. Il n'est pas facile de laisser partir quelqu'un quand tu sais tout ce qu'elle a traversé les deux dernières fois que tu l'as laissé partir. Je sais tout ça et c'est compréhensible. J'aurai tellement voulu trouver les mots qui le réconforterait et qui lui prouverait que j'ai bel et bien l'intention de revenir.
Une chance que le voyage ne durera pas bien bien longtemps. J'ai comme projet de faire 2 semaines tout au plus. Je vais commencer par l'Angleterre, après j'irai aux États-Unis et je finirai par le Canada et je reviendrai.
Toutefois, avant, il fallait que je sache toutes les adresses où les personnes habitaient en supposant qu'ils n'aient pas déménagé entre-temps. C'est pourquoi je me trouve à mon ancienne résidence, proche de celle de mes frères. Ce matin, je suis entrée dans le jardin et j'ai essayé de me remémorer l'endroit où on cachait la clé de secours. Alors que je cherchais, j'ai vu Tom et Bill marcher côte à côte et se diriger vers l'école. À leur vue, je me suis sentie tout d'un coup plus courageuse et plus persévérante. C'est pourquoi j'ai recommencé à chercher la clef quelques minutes plus tard. C'est comme ça que je suis rentrée.
Maintenant, je suis dans le bureau au rez de chaussé et je fouille, mais je m'aperçois vite qu'il n'y a rien ici, alors je monte dans la chambre de mes «parents» et je regarde dans la garde-robe où je descends de l'étage une grosse boîte en carton. Je la dépose sur le lit poussiéreux et l'ouvre avec difficulté. Ça pu le moisi et la poussière, il y a bien longtemps qu'on n'a pas fait le ménage ou qu'on a mis le pied dans la maison. J'enlève peu à peu ce que la boîte en carton contient...vêtements, souliers, albums de photos. Il ne reste plus que des lettres dans le fin fond et nos passeports. Je les prends avec soin et m'assis sur le lit pour les regarder de plus près. Je regarde les adresses et les pays d'où elles ont été envoyées. Je les tris en ordre par pays et par province et refais une pile avec. Je les laisse sur le lit le temps que j'aille dans ma chambre récupérer un de mes anciens sacs d'école. Je reviens sur mes pas, me prends quelques anciens pantalons à ma mère, quelques chemises et sous-vêtements que je fourre dans le sac. Je mets les lettres dans la poche avant complète de mon sac Lavoie et mets aussi mon passeport. Après je pose le sac dans le couloir avant de rejoindre l'arrière salle d'exposition qu'il y a dans la maison.
Je marche vers le fond où il y a des briques. Je regarde les chandeliers en essayant de me souvenir duquel il s'agissait. Mais ne réussissant point, je décide de tous les essayer un par un. Je fais le tour jusqu'à temps que je le trouve enfin à l'opposé du mur du fond où l'entrée du coffre fort apparaît derrière la bibliothèque. Je refais le chemin inverse et pitonne mon code, que je me rappelle vaguement, mais qui fonctionne pareille. Je monte le loquet et ouvre la porte. J'entre dans la chambre forte où il y a doit bien avoir pour 10 millions d'Euros. Véritable bunker, ma mère a voulu me léguer une bonne partie de l'argent qui se trouve ici, mais je n'ai jamais été intéressée par ces petits bouts de papiers. Si j'ai accepté, c'est seulement parce que c'est le bien de notre famille qui se transmet de génération en génération et je ne pouvais pas accepter que tous nos souvenirs s'envolent comme de la fumée. Je regarde encore les étagères bondées de ses petites coupures avant de me décider d'en prendre un paquet qui doit bien contenir cent milles Euros. Je sors enfin du l'immense coffre fort. Mon père ne sait pas qu'il existe, ma mère avait tenu à ce qu'il lui reste de l'argent parce que mon père dépense beaucoup beaucoup et sans compter. En 12 ans de mariage, il a dépensé pour une bonne cinquantaine de millions qui ne lui appartenait même pas, c'est pourquoi elle avait voulu se faire une petite réserve que seul moi sais. Je referme le loquet, fais faire quelques tour au cadenas, me dirige vers le chandelier que je remets à sa place, la pièce du fond est remplacée bientôt par la bibliothèque qui glisse de côté pour reprendre sa place habituelle.
Je sors de l'arrière salle et remonte les escaliers pour mettre mon magot dans mon sac. Je retourne dans la chambre de papa et de maman et remets tout ce que j'ai déplacé à leur place. Fini, je referme la porte de la garde-robe et celle de la chambre. Je prends le sac et le pose sur mes épaules. Je redescends les marches d'un pas pressé, retourne vers l'arrière de l'immense demeure et sors de la maison. Les clefs en mains, je rembarre la porte et fourre les clés dans mes poches.
Ellipse Temporelle :
Je regarde sur la grande horloge du hall de l'aéroport. Il est presque midi. Ce matin, alors que je payais le taxi, j'ai vu que j'avais un excédent de 200 Euros dans mes poches...j'ai tout de suite pensé à Bill, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, mais j'ai la certitude que c'est lui. J'ai souri à la vue de cette petite attention, mais j'ai quand même décidé de les lui redonné dès que je serai rentrée.
Pour l'instant, je suis posée sur un banc. J'ai été m'acheter un billet pour London et depuis j'attends son heure de départ.
Après presqu'une demi-heure je patiente toujours et la faim commence à me tenailler. Des yeux, j'essaye de repérer un petit restaurant où je pourrais acheter quelque chose puisque je ne peux pas transporter de la nourriture dans l'avion. Je finis par trouver un casse-croute. Je prends mes affaires et me dirige vers celui-ci. Accueillie et installée, je commande une salade César. Quelques instants plus tard, je la mange avec appétit. Tout en buvant mon verre d'eau, je regarde les passant de la station quand j'entends que le décollage de mon avion est prévu pour dans moins de dix minutes. N'ayant pas perdu mes habitudes, j'appelle le serveur pour qu'il vienne me donner ma facture. Deux minutes plus tard, je le paie et lui donne un pourboire de 200 %, donc de 20 dollars. Il a l'air d'être tout content. C'est sûr qu'ayant pris les habitudes de maman, je ne lèse pas sur l'argent, même si je sais me contrôler et me contenter de peu.
J'empoigne mes bagages et je vais faire la file pour mon avion. Je sors mon billet et mon passeport avant de rentrer dans cet engin volant qui m'amènera à mon premier arrêt. Je marche à travers un tunnel blanc, éclairé de partout par d'innombrables lumières blanches. Je monte des marches, rentre dans l'avion et vais rejoindre ma place en première classe, au deuxième étage. Je mets mon sac dans le compartiment au dessus de ma tête et m'installe dans la ligne du milieu, le premier siège du milieu. Il est proche de 13 heures et l'avion décolle. Nous allons faire une escapade en France pour prendre d'autres passagers. Je tente de m'endormir en sachant que cela n'arrivera que dans une heure et demie.
Je n'arrive pas et cela fait bientôt quarante-cinq minutes que je suis là. Je sais que mes frères sont supposés revenir vers 14 heures chez nous. Je patiente donc en attendant de les appeler.
14 heures sonnent sur l'horloge grand-père de l'avion. Je prends une grande respiration et compose enfin le numéro de chez nous. Un coup, deux coups, trois coups, quatre coups... Je crois qu'ils ne sont pas encore arrivés, jusqu'à temps que j'entends :
... : Oui, bonjour.
Lauren : Salut Tom. C'est Lauren.
Tom : Eh les gars, c'est Lauren. Me reparlant : Tu es où là?
Lauren : Dans l'avion destination London, mais on va faire une escale à Paris.
Tom : Tu...tu...tu quittes le pays?
Lauren : Oui, mais je tenais quand même à vous parler.
Tom : Ça ne va pas trop te coûter cher?
Lauren : Peut-être, mais je suis passée à la maison proche de chez vous et j'ai été me chercher de l'argent. Je prévois habiter quelques jours à notre résidence à Fulham le temps que je vais être là.
Tom : Ok. Attends, Bill veut te parler et les autres aussi. Je vais te mettre sur le haut-parleur.
Lauren: Ok.
Bill: Salut Lauren. Ça va bien?
Lauren: Oui et toi depuis hier?
Bill:Ça peut aller, mais tu me manques.
Lauren : Toi aussi ... et vous aussi la gang.
Andréas: Tu prévoies aller où?
Lauren:Eh bien là, pour l'instant je vais à London, et je vais rester dans la maison familiale de Fulham, le temps que je vais être ici, après je vais aller à New York, et je vais habiter dans l'appartement de ma mère et pour finir, je vais à Montréal et je vais sûrement aller l'hôtel, parce que je ne me rappelle pas qu'on ait un appartement là-bas.
Bill: Ah!!! Je croyais que tu resterais au pays.
Lauren: Je sais, je suis désolée, mais j'ai quelques personnes à voir. Si tout va bien, je devrais être de retour dans une semaine et demi minimum et deux semaines maximum. J'essaierai de vous appeler à tous les jours et je vous enverrai des lettres aussi, ne vous inquiétez pas et puis avec mon garde du corps, ça va aller.
Tom: Ton...garde du corps?
Lauren en riant : Arrêtez de faire semblant, je sais que vous me faîtes suivre. Vous oubliez je suis la fille de qui? Mais bon, je ne vous en veux pas et puis si ça peut vous rassurer, je l'accepte.
Bill: Ah...tu le savais?
Lauren: Eh oui. Sinon, à part ça, il y a du nouveau?
Tom: En musique, comme projet d'étape, on doit composer une chanson, en français, c'est franchement chiant, je n'ai pas compris grand-chose et en anglais, ça allait mieux, mais c'est parce que ça fait un bon bout de temps qu'on a ce cours aussi.
Lauren: En gros, vous avez hâte que je revienne pour vous aider?
Bill et Tom: Euhh?
Lauren: Ok, j'ai compris, dis-je en riant. Et puis, sinon, comment va Hélia? Elle n'est pas trop fâchée contre moi que je l'abandonne encore une fois?
Andréas: Non, je crois qu'elle se fait plus de souci pour toi que d'autre chose et puis, on sait qu'elle a hâte de te revoir.
Lauren: Et pour l'hôpital, comment vous avez fait?
Gustav: C'est David qui a arrangé ça. Il a prétexté que comme tu faisais partie de la famille des membres du groupe, que tu méritais plus qu'une chambre d'hôpital. Il a dit au docteur que tu étais chez vous avec les meilleurs médecins qu'il a pu dénicher.
Lauren:Il doit m'en vouloir, alors. Question juste comme ça? Je ne me rappelle pas avoir déjà entendu parler de David. C'est qui au juste?
Georg: Une connaissance que nous quatre connaissons.
Lauren: Ah d'accord. Eh bien vous le remercierez de ma part. J'image pas tout le mal qu'il a du se donner à cause de moi.
Gustav: Oui, bien sûr, nous lui ferons le message.
Andréas: Sinon, comment tu vas faire pour l'école?
Lauren: Je vais la réintégrer dès que je reviendrai et pour les cours manqués, je n'aurai qu'à faire les exercices dans le livre.
Bill: Tu sais que les explications ne sont pas fameuses dans le livre?
Lauren: Ah pour de vrai?!? Ah ok. Bien si je ne comprends pas, j'irai voir les professeurs. Bill...ou Tom, est-ce que vous pourriez dire à la professeure d'histoire que j'accepte de participer au concours.
Bill: ok.
Lauren : Bon, je dois y aller, l'avion va bientôt atterrir, mais si vous voulez, je vous rappelle dans une demi-heure, le temps que les passagers de Paris embarquent?
Tom:Oui, oui bien sûr. Appelle-nous.
Lauren:Alors salut et à tout à l'heure!
Tous: Salut Lauren.
Je raccroche le téléphone à sa place, rattache ma ceinture de sécurité et attends que l'avion se pose.
Voix : Madame et messieurs, veuillez prier de vous attacher. L'avion se posera bientôt. Nous vous prions de rester calmes. Merci d'avoir fait affaire avec notre compagnie. Je répète. Veuillez prier de vous attacher. L'avion se posera bientôt. Nous vous prions de rester calme. Merci d'avoir fait affaire avec notre compagnie.
J'entends un petit déclic, alors je sais qu'elle a raccroché. Quelques hôtesses de l'air font le tour pour s'assurer que tout le monde est prêt avant de retourner sur leur siège et de s'attacher par la suite.
On atterrit quelques instants plus tard et quelques nouveaux passagers font place dans l'engin.
Heureusement pour moi, on dirait que les sièges de devant ne sont pas très aimés par les voyageurs. Après proche d'une bonne vingtaine de minutes à attendre, 15 heures sonnent sur l'horloge grand-père et nous redécollons. Dès que nous sommes complètement dans les airs, je n'attends pas plus et je réappelle à la maison. Après même pas une sonnerie, j'entends déjà :
...: Allô! Lauren?
Lauren: Bonjour Andréas.
Andréas: Les gars, c'est Lauren.
J'entends des pas précipités descendre sûrement des escaliers et ensuite des chaises trainer contre le sol. Tout le monde s'installe et puis tout redevient silence.
Andréas: Je t'ai mis sur le haut-parleur.
Lauren: Ok. Alors depuis tout à l'heure quoi de neuf?
Hélia: Je suis là Lauren.
Bill: Ouais, quand tu as appelé tantôt et que tu as dit que tu rappellerais, on a prévenu Hélia pour qu'elle puisse te parler.
Lauren: Ah, c'est vraiment gentil. Bon là, nous, nous sommes repartis il y a à peut prêt dix minutes et nous nous dirigeons vers London. Je devrais arriver vers 18 heures je crois, si on ne fait pas d'autre escale surprise.
Bill: Et puis, tu as mangé ce midi?
Lauren: Bien oui, je ne vais quand même pas me laisser mourir.
Bill:Ben, je ne voulais pas dire ça.
Lauren en riant: Non, ce n'est pas grave.
Tom:Sinon, qu'est-ce que tu as mangé?
Lauren: Une salade César et un verre d'eau. Dans l'avion, j'ai pris une pomme. Voilà. Sinon, ça va mieux Hélia?
Hélia: Depuis que je sais où tu es, je ne sais plus. Je ne sais pas si je dois être rassurée de te savoir loin de nous, mais sinon, ça va, ça va?
Lauren: Ah d'accord. Je suis quand même désolée d'être partie comme ça, mais je n'aime pas les aux revoir. J'ai une bonne nouvelle pour vous. Vous allez pouvoir me voir de où je serai.
Andréas: Hein! Comment ça?
Lauren: Je me suis rappelée que maman avait un programme sur son ordinateur pour transmettre l'image, un peu comme une caméra, mais moi je ne pourrais pas vous voir par exemple et je crois qu'il y a ça aussi à New York. Par contre, quand je serai à Montréal, on ne pourra plus le voir, de toute manière j'y resterai seulement une journée, je dormirai à l'hôtel et je devrai revenir au courant de la journée du vendredi.
Hélia: Hein, c'est donc bien cool. J'ai hâte de te voir.
Gustav: Et puis ton bras, il va comment?
Lauren: Bien je dois dire qu'il tire un peu, il m'a fait moin mal que ce matin, je crois que c'est parce que les muscles n'étaient pas réchauffés, mais sinon, il va bien et puis j'ai déjà supporté pire, alors.
Bill: As-tu rencontré quelqu'un dans l'avion?
Lauren: Non, en faite, au début du voyage, je me suis mise en avant complètement et puis je crois que le devant n'est pas très apprécié dans les avions. Ils ont l'air d'avoir peur.
Andréas: Comment ça, tu as choisi ta place, elles ne sont pas assignées d'habitude?
Lauren: Dans la classe économique, oui...
Tom: Tu es en première classe ?
Lauren: Euh oui, pourquoi?
Tom: Pour...rien. C'est seulement surprenant.
Lauren: Ah d'accord. Euh, je voulais vous demander...comment vous alliez apprendre la nouvelle à maman?
Bill et Tom: On n'en sait rien, mais on va voir en temps voulu.
Lauren: Toujours aussi synchro à ce que je vois.
Bill et Tom: Toujours!
Lauren en riant:Ouais, c'est ce que je vois. Bon sinon, je peux très bien lui apprendre la nouvelle. Je n'aurais qu'à rappeler ce soir du manoir. Je crois qu'elle ne sera pas contente que je sois partie.
Bill:Je crois plus que ce sera plus le fait que tu ne lui en aies pas parlé, mais je pense qu'elle te comprendra.
Lauren: Espérons.
Hélia: Et puis, est-ce que tu tiens le coup jusqu'ici?
Lauren: C'est difficile d'être encore loin de vous, vous savez. J'aurai aimé rester, mais à la seule pensée de rester hantée encore longtemps par ces souvenirs m'a convaincue de régler le problème le plus tôt possible. J'aime mieux refaire face et revenir plus sereine et puis je me dis, deux semaines dans une vie pour régler le pire des problèmes, je me suis dit que ça en valait la peine. Alors, je suis partie, mais j'ai hâte de rentrer à la maison pour vous revoir enfin. Vous me manquez déjà énormément. Vous êtes les meilleurs frères et les meilleurs amis que j'ai pu avoir. En faite, vous êtes les seuls que je n'ai jamais eues, les autres me regardaient tout le temps croche parce que j'étais une petite de 12 ans avec des grands de 15 ans. On ne m'aimait pas vraiment ou on me croyait folle ou étrange. À part Bill et Tom quand j'étais petite, je n'avais pas d'amis et puis j'étais contente d'être avec eux, au moins, eux ils ne me jugeaient pas alors je me sentais un peu moins à part.
Georg: Entre vous trois, c'était une grande histoire d'amour comme ça.
Tom:On peut le dire, oui. On a toujours été solidaire envers chacun de nous. Pour Bill et moi, c'étais naturel puisqu'on était frères, mais avec Lauren, c'est autres choses parce qu'elle n'était pas de la famille. Par contre, on passait tellement de temps ensemble qu'on a finit par la considérer comme telle. Quand elle venait chez nous et qu'on avait des devoirs, elle nous aidait volontiers même si elle savait que l'on ne pouvait pas en faire autant. Je crois que c'est la seule chose que Bill et moi on n'aimait pas. Mais sinon, on passait des journées, des soirées, des fins de semaines ensembles. Tu te rappelles Lauren quand on allait dehors, au milieu de l'hiver. On allait glisser avec nos luges....
Lauren: on construisait des châteaux-forts...
Bill: et on s'amusait à faire des anges....
Lauren: jusque tard dans l'après-midi.
Bill: Quand on était chez vous, ta mère, nous faisait des crêpes et un gros chocolat chaud pour nous réchauffer.
Tom: Après, on s'installait dans le salon de Lauren, dans la pièce adjacente à sa chambre et on regardait pleins de films après le souper.
Bill: Ce que j'aimais le plus, c'est quand on mettait nos maillots de bain et qu'on s'amusait dans l'énorme piscine au sous-sol.
Lauren: Des fois, on mettait de la mousse et on pouvait passer des heures ... après c'était comme si on avait pris notre bain, parce que l'eau était parfumée.
Tom: Après quand on sortait, sa mère venait nous envelopper dans de grandes serviettes et elle nous frictionnait parce qu'on avait froid. Elle nous faisait sécher et ...
Bill: ensuite, on allait mettre notre pyjama et avant de se coucher, on remangeait une crêpe avec des fruits, du yogourt et du sirop d'érable.
Lauren: Finalement, on remontait dans ma chambre, on se brossait les dents et parfois on se taquinait encore...c'était dangereux avec les brosses à dents dans la bouche, mais nous on s'en foutait complètement. On s'amusait vraiment beaucoup.
Bill: Tu te rappelles la fois où on a inondé la salle de bain?
Lauren: Oui, c'était vraiment drôle, on était en pyjama et on était tout trempé de partout. Le miroir, les murs, le plafond...tout y était passé.
Tom: Moi ce qui m'avait surpris, c'est que ta mère nous avait même pas chicanés, elle riait même de l'état dans laquelle on s'était mis en si peu de temps. Bien sûr on a tout nettoyé, mais elle nous avait quand même aidés. Je la trouvais vraiment cool ta mère!
Lauren: Ouais, je sais, dis-je en riant. Ah oui, puis après, on retournait dans ma chambre et on se couchait dans mon grand lit et on continuait à parler et des fois on riait tellement fort, que maman montait les escaliers et venait nous supplier de dormir, sinon, de parler moins fort.
Bill: D'ailleurs, elle le faisait tout le temps avec le sourire. En parlant de ça, je ne l'ai jamais vu se fâcher.
Lauren: Et elle ne l'a jamais été. Les seules fois où elle l'était c'était contre papa, mais sinon elle ne m'a jamais chicanée. Quand elle voulait me faire comprendre quelque chose, on allait au restaurant et elle me parlait en tête en tête et me disait à quel point je la décevais et qu'elle ne voulait pas que je recommence. Elle n'a jamais monté le ton, elle était vraiment gentille.
Hélia, Andréas, Gustav et Georg: Wow!!!!
Andréas: Eh bien, vous vous amusiez beaucoup on dirait.
Bill:Ça, tu peux le dire. Ce que j'ai tout de suite aimé de Lauren, c'est qu'elle se foutait que l'on ne soit pas riche comme elle. Elle nous acceptait tel que l'on était et même des fois, elle insistait pour que l'on fasse des voyages avec elle, parce qu'elle disait qu'elle savait qu'on n'avait pas la chance de voyager beaucoup, du coup, à chaque voyage qu'elle faisait, on y allait avec elle.
Tom: Et quand ça tombait les jours d'école, sa mère s'arrangeait pour qu'on ait un professeur pour qu'on ne prenne pas de retard.
Bill: La première fois qu'on est parti, maman est venue avec nous parce qu'elle ne connaissait pas beaucoup la mère de Lauren, mais après elle lui a fait confiance.
Hélia: Vous êtes allés où.
Lauren: Comme nos fêtes étaient presque le même jour, on faisait un énorme voyage pendant l'été. Pour nos 11 ans, on est allé à Hawaï et pour nos 12 ans, on est allé à Doubaï.
Tom: Après, pour les vacances de Noël, comme nous on fêtait avec nos familles, le voyage était plus court, il durait 5 jours entre Noël et le jour de l'an.
Bill: La première fois, on est allé en Égypte...
Lauren: et la deuxième fois, on est partis pour l'Italie.
Bill: Et finalement, pour la semaine de relâche, on allait à leur appartement à New York.
Tom: La mère de Lauren nous considérait comme ses enfants aussi comme Sylvie le faisait pour Lauren. Parfois maman se sentait mal à l'aise parce qu'elle ne pouvait pas offrir à Lauren autant de choses que sa mère lui donnait, mais Lauren s'en foutait et s'amusait autant.
Bill:Elle est même déjà été parlé avec maman pour lui dire de ne pas s'en faire, que de toute manière, pour elle, l'important n'était pas de voyager, d'habiter dans une grosse maison et d'être plein aux as, mais que pour elle, l'important c'était d'être avec nous, c'était ça qui comptait pour elle et rien d'autre. Du coup, maman s'est sentie beaucoup mieux quand elle a vu que Lauren était sincère.
Tom:Je me rappelle aussi quand maman partait pour sa fête avec la mère de Lauren. Une fois elles sont allés à Prague et la fois d'après, comme maman n'avait jamais vu Paris, elles y sont allés. Au bout du compte, elles se sont rapprochées et sont devenues aussi de très bonnes amies. Maman disait que ce qu'elle aimait chez elle, c'était que même si elle avait beaucoup d'argent, elle le partageait avec elle. Elle l'a trouvait vraiment généreuse.
Lauren: À travers tout ça, des fois maman louait une salle de cinéma pour un après-midi au complet et on écoutait le film en boucle, ça rendait le gars impatient et une fois maman a dit au gars qu'elle lui avait payé le double de ce qu'il demandait pour qu'il fasse ce qu'on voulait. Après ça, le gars n'a jamais recommencé, dis-je en riant. Je me sentais tellement mal pour lui, le pauvre...
Tom: Moi je riais plutôt de la face qu'il a faite et de la manière qu'il essayait de se rattraper.
Bill: Tu aimais déjà bien rire des personnes, toi.
Tom: Tu peux bien parler, Lauren et toi vous alliez presque pisser dans vos culottes tellement vous vous reteniez de ne pas rire.
Lauren: Eh, oh Tom, je suis toujours à l'autre bout du fil.
Gustav: Vous avez fait tous ça?
Tom et Bill:Et encore plus!!!
Georg:On dirait que vous vous amusiez bien quand vous étiez jeunes ?!!!
Tom et Bill: Avec Lauren, toujours.
Lauren:Il faut dire qu'on avait le don de faire ce qu'on voulait. À la fin, c'était tout le temps drôle et puis à chaque fois que j'étais avec eux, je pouvais enfin me comporter comme une fille de mon âge au lieu de me comporter comme les grands.
Bill: Des fois, sa mère nous emmenait à des grandes soirées, on était tous habillés avec des vêtements de marque qu'on avait été acheté avec elle l'après-midi et qu'elle nous avait payé.
Hélia:Wow, eh bien on peut dire que vous meniez la grande vie.
Tom:Ouais, je sais. Des souvenirs comme ceux-là je m'en souviendrai toujours.
Lauren:Les gars, Hélia, je suis désolée, mais c'est déjà l'heure pour moi de vous quitter. L'avion va bientôt se poser. Je vous rappelle ce soir dès que j'arrive chez nous. Okay?
Tous: Oui.
Bill:Fait attention à toi, petite s½ur!
Tom:Et ne parle pas aux étrangers surtout, hein!!!
Lauren:Oui, oui, je vous le promets. Ce soir je vais vous appeler de l'ordinateur, comme ça vous me verrez! Bon, je vous embrasse tous très fort et ne désespérez pas, je n'ai pas l'intention de déserter comme la dernière fois, hein et puis avec mon garde du corps qui parle seulement en anglais, je ne pourrai pas faire beaucoup d'escapade, hein!!!!
Tom: Hahaha, très dôle!
Lauren: Bien oui je le sais. Bon, maintenant, c'est vrai, je vous quitte.
Hélia:Tu rappelles dans combien de temps, à peu près?
Lauren:Dans un peu moins d'une heure, je crois. Il va être 18 heures ici, donc vers 19 heures chez nous. Bon, salut et bon souper aussi.
Tous: Oui, merci toi aussi!
Et voilà je raccroche le combiné. Je n'arrive pas à croire le temps que j'ai passé avec eux à parler. L'hôtesse de l'air répète le même refrain qu'il y a 2 heures et demie. L'avion finit par se poser et moi je me détache. Je me lève, je prends mon sac dans le compartiment du haut et me dirige vers la sortie.
Le soleil est magnifique dehors. Au début, cela me fait bizarre d'entendre tout le monde parler en anglais, mais je m'y habitue vite. Je sors de l'aéroport et me cherche un taxi.
Je suis au bord du trottoir, je brandi la main bien haut et :
Lauren : Taxi!
Un taxi s'arrête devant moi et j'embarque.
Chauffeur: Where do you like to go? (Où aimeriez-vous aller?)
Lauren: 157 Road Hold Avenue to Fulham, please. (147 avenue Road Hold à Fulham.)
Nous roullons maintenant depuis vingt bonnes minutes avant d'arriver devant un manoir à l'extérieur de la ville. La voiture s'arrête et :
Chauffeur: It will be 80 Euros. (Ça sera 80 Euros.)
Lauren: Ok. Je prends un billet de 100 parmi la pile et le tends au chauffeur. Take! You can keep the rest. (Prenez! Vous pouvez garder le reste.)
Chauffeur : Oh, Thank you so much. (Oh, merci beaucoup)
Lauren: Welcome. (De rien/Bienvenue)
Je sors de l'auto, le taxi s'en va pendant que moi je regarde mon ancien chez moi. Je commence à marcher et sonne. Les bonnes doivent être encore là depuis le temps puisqu'on ne les a jamais virées.
J'entends des pas qui viennent vers la porte et à travers la fenêtre à l'aspect givrés, j'aperçois une forme qui vient. La porte s'ouvre enfin et Lucinda, la bonne en reste coie. Elle ne s'attendait sûrement pas à me voir, donc elle m'a reconnue après toutes ces années. Elle reprend vite ses esprits et me prend mon sac qu'elle emmène dans ma chambre au mur de bois de chêne.
Lucinda : Bienvenue chez vous madame.
Elle fait sa révérence et quitte la chambre. Je défais mes bagages et vais dans la chambre de maman où il y a son bureau. Je me connecte et ...


