Chapitre 35

Chapitre 35
Le manoir de Lauren
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Pendant le trajet, Tom joue avec son cellulaire et regarde par la fenêtre le paysage défiler alors que Bill essaie d'en savoir un peu plus sur la personne que je vais voir.

Bill : Elle s'appelle comment?
Lauren : C'est Victoria Shailey. C'était la meilleure amie de ma mère. Elles ont fait leurs études ensemble à Oxford et depuis ce temps là, elles n'ont jamais cessé de se voir. C'est d'ailleurs elle ma marraine. Ça fait longtemps que je ne l'avais pas vue et je ne sais pas si elle va me reconnaître, j'espère que oui. Elle parle un peu l'allemand, alors ça va être plus facile de lui parler.
Bill : Ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'elle ne t'a pas oubliée. Mais pourquoi ce n'est pas avec elle que tu es partie vivre, ce n'est pas que je ne suis pas content que tu sois ma s½ur, mais...
Lauren : En faite, elle est marraine en pratique, mais pas en théorie, du coup elle n'était pas reconnue par la loi comme étant celle qui allait s'occuper de moi s'il y arriverait quelque chose avec mes parents, c'est pour ça que je suis avec vous.
Bill : Elle sera contente de te voir, je pense. Après toutes ces années...
Lauren : Je l'espère vraiment, mais je ne sais pas comment elle va réagir quand je vais lui dire que ma mère est morte et que mon père est devenu un tueur en série. Je ne sais même pas si elle sait que je suis encore en vie.

Bill essaie d'apaiser mes craintes. Il me parle d'une douce voix pendant tout le long du trajet. Au bout d'un moment, Tom qui n'est plus intéressé par le paysage, commence aussi à se mêler à la conversation et tente également de me rassurer.

Quelques instants plus tard, nous arrivons à la destination finale. Je paie le chauffeur, nous descendons du taxi et nous avançons vers la maison de Victoria.

D'un pas mal assuré, j'avance dans l'allée en pierre et presse finalement la sonnette. J'angoisse un peu en attendant qu'elle vienne ouvrir. À travers les petites vitres de la porte, nous voyons une madame d'à peu près trente-cinq ans qui s'avance vers nous. Elle nous ouvre enfin la porte et nous regarde chacun notre tour jusqu'à temps qu'elle pose les yeux sur moi. Elle semble se souvenir de quelque chose, mais n'a pas l'air de savoir quoi exactement. Elle nous demande d'une douce voix ce que nous voulons.


Lauren : Marraine? C'est moi Lauren.
Victoria : Lauren??? Lauren Lloyd?!!!
Lauren : Oui, c'est moi. Est-ce que nous pouvons entrer?
Victoria : Ah oui, oui, bien sûr, dit-elle en se tassant sur le côté pour nous laisser la voix libre.

Nous nous installons dans son salon pendant qu'elle part faire du thé. Bill et Tom sont de chaque côté de moi, ce qui a pour effet de me détendre, déjà que je l'étais un peu quand Victoria m'a reconnue, alors maintenant, je me sens tout à fait à l'aise.

Victoria revient quelques instants plus tard avec un plateau où il y a 4 petites tasses de porcelaine, 4 soucoupes et une bouilloire aussi. Elle dépose le tout sur la petite table du salon.


Victoria : Un peu de thé Lauren?
Lauren : Oui, merci beaucoup.

Elle prend la bouilloire à l'aide d'une mitaine de cuisine et verse le liquide anglais dans une des petites tasses qu'elle pose sur une petite soucoupe. Elle me les tend et je les prends, les déposes sur mes genoux.

Victoria : Et vous, les garçons?

Ils ne savent pas trop quoi répondre. C'est vrai que nous en Allemagne, le thé n'est pas trop notre fort, c'est plus le café. Mes frères me regardent d'un air interrogatif et moi je leur jette un regard qui leur prie de dire oui. Ce qu'ils font tout de suite.

Bill et Tom : Oui. Merci beaucoup.

Quand les garçons reçoivent leur tasse, ils ne semblent pas trop savoir quoi faire avec. Je les plainds, j'aurai dû leur parler des coutumes anglaises avant que l'on arrive, je me sens un peu coupable de la manière dont la situation tourne. Pendant que Victoria a le dos tourné pour aller s'installer dans un des divans en face de nous, je leur chuchote de dépose leur tasse sur leurs jambes et d'en boire au moins la moitié. Les garçons n'ont l'air pas de vouloir le faire, mais je les dissuade en un regard.

Victoria nous regarde un instant avant de prendre la parole.


Victoria : Alors Lauren, qui sont ces jeunes gens?
Lauren : C'est une très longue histoire, mais pour faire court, ce sont mes frères. Je te présente Bill à ma droite et Tom à ma gauche.

Victoria les salut de son fauteuil et leur dit qu'elle est enchantée de les rencontrer.

Victoria : Mais là, je suis sûre que tu n'es pas venue jusqu'ici pour me présenter tes deux frères.
Lauren : Non, en effet. Je suis venue parce que j'ai quelques problèmes personnels et j'aimerais que tu m'aides à éclairer quelques points noirs.
Victoria : Mais oui, bien sûr. Demande ce que tu veux, je vais essayer d'y répondre.
Lauren : Voilà, avant tout, il faut que je te dise que depuis la dernière fois que nous nous sommes vues, il y a plusieurs années, beaucoup de choses ont changés. Si tu n'es pas au courant, je regrette sincèrement de t'annoncer une triste nouvelle.
Victoria : Que peut-elle bien être?
Lauren : Maman, enfin, Layla, est...morte!

Le visage souriant de Victoria se crispe tout d'un coup et je vois ses yeux s'assombrir. Elle commence à trembler, mais essaye quand même de se contrôler. Elle reprend une grande respiration pour se calmer et me demande :

Victoria : Est-ce que ça fait longtemps qu'elle... n'est plus là?
Lauren : J'en ai bien peur, lui répondis-je d'une petite voix.
Victoire : Combien de temps au juste? Semble-t-elle inquiète.
Lauren : Depuis plus de quatre ans. Elle est morte dans notre résidence en Allemagne.
Victoire : Pourquoi elle ne m'a pas dit qu'elle avait une maladie? Je croyais qu'on était de très bonnes amies.
Lauren : Tout simplement parce qu'elle en avait pas une. C'est dur à dire la manière dont elle morte, dis-je dans un souffle.

Victoria redresse son visage vers moi où perlent, sur ses joues, des larmes. Dans son regard bleu comme l'océan, je vois déverser les chutes du Niagara. Cela m'incite à pleurer à mon tour encore plus. Un silence se fait dans la pièce et on ne peut entendre que les sanglots déchirants de deux personnes qui brisent l'ambiance. Victoria, reprend peu à peu ses esprits et finit par me demander comment elle est morte.

Lauren : Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée!
Victoria : Ce n'est pas grave, je tiens quand même à le savoir. S'il te plaît...
Lauren : C'est Gislain, il...il l'a...empoisonnée à l'arsenic.
Victoria : Le salaup!!!

Elle est tellement énervée qu'elle en laisse tomber sa tasse par terre. Le thé est bientôt imbibé par le tapis du style de Louis XIV. Elle se passe la main dans les cheveux en se crampant tellement la douleur de la nouvelle s'est faite violente. Peu à peu, elle se met à genoux et commence à se balancer d'en avant à en arrière. Parfois, elle pose une main sur sa bouche pour étouffer un cri. Son autre main est contre son ventre et bientôt elle a des spasmes. Pleurant aussi depuis un certain temps, je dépose ma tasse sur la table et vais la rejoindre. Je me mets à sa hauteur devant elle, lui effleure ses cheveux châtains bouclés avant de la prendre dans mes bras. Ensemble nous pleurons son départ, nous la pleurons: elle.

Ellipse temporelle

On a arrêté de pleurer il y a quelques minutes, secourues par mes frères qui nous ont reportés jusqu'au divan, les larmes aux yeux eux aussi. Nos yeux sont sèches et sans vie à cette instant. Victoria m'a posée plein de questions auxquelles j'y ai répondues le plus franchement possible. Étant la meilleure amie de ma défunte mère, je ne lui cache aucun détaille. Elle veut aussi savoir ce que mon père m'a fait subir. Je lui raconte alors la longue tragédie qu'il m'est arrivée, je lui dévoile toutes les sévices qu'il m'a faits et même encore plus. Je suis consciente que la moitié des choses que j'accepte de dire à Victoria n'était pas connues de mes frères, qui parfois prennent un air choqué. Je déverse en même temps que mon récit, toute ma haine contre mon géniteur qui ne m'a jamais voulu que du mal.

Je finis, après une longue discussion émouvante, par lui révéler la raison de ma visite.


Lauren : Victoria? Tu es toujours avocate?
Victoria : Oui!
Lauren : Je me demandais si tu voulais me défendre contre mon père. Je souhaiterais le poursuivre en justice et reprendre tous les biens qu'il nous a volés à Layla et à moi.
Victoria : Ça sera un immense honneur de représenter ma meilleure amie et ma filleule dans une cours de justice.
Lauren: Merci beaucoup d'avoir accepté.
Victoria : C'est avec joie que je ferais ça pour vous, ma très chère.

Quelques minutes plus tard, tout était conclu. Elle m'avait mise dans sa liste de clients à défendre et ne me demanda même pas de la payer pour le service qu'elle me rend. Elle répond qu'en quelque sorte, c'est moi qui lui rends ce service, puisque ça lui permettra de venger son amie. C'est sur un contrat signé à l'amiable que nous nous quittons le c½ur gros, mais fières de ce que nous accomplirons ensemble.

Nous reprenons le taxi et retournons chez moi.

À peine descendue de l'automobile, j'ai l'impression de me réveiller. Ça y est, je l'ai enfin fait. De me dire cela, me soulage grandement et c'est avec un teint blafard, mais abhorrant un sourire aux lèvres que je rentre, suivis de mes frères. Je monte en haut et décide d'aller prendre une bonne douche chaude pour chasser mes idées noires, pour me détendre et pour réaliser l'ampleur de ce projet : attaquer le plus grand tueur en série d'une grande partie de l'Europe.

Quand je finis, je sors de la salle de bain, m'habille rapidement avec les premiers morceaux qui me tombent sous la main et enfile une paire de basket.

Je redescends en bas où j'entends des murmures et des personnes s'exclamer de surprise et de dégoût.

Quand je rentre dans la pièce, tout d'un coup, tous les regards se posent sur moi et tout le monde a arrêté de parler. Je me sens mal-à-l'aise. Je ne sais pas quoi dire et apparemment comprise par tous mes amies, ceux-ci se lèvent, viennent m'entourer et me sers contre eux en me disant qu'ils seront toujours là. Je recommence à pleureur, mais cette fois-ci de reconnaissance. Je les embrasse un par un en leur disant à quel point je suis contente de les avoir près de moi, dans ma vie, à quel point je suis chanceuse qu'ils me supportent toujours et encore après toutes les horribles révélations qui se font à chaque jour. Andréas, quand je lui dis ça, me sert encore plus fort contre lui tout en me caressant les cheveux et en murmurant des «Chuuuutttt!!!» et des «Ça va aller!!!». Attendris par ça, le reste du groupe revient et nous refaisons un autre câlin à sept.

L'heure du souper approche à grands pas. On sent tous la succulente odeur qui provient de la cuisine.

J'affirme avec délice que ce soir nous mangerons des brochettes. Je sors de la pièce, laisse les garçons et Hélia derrière, mais avant de disparaître dans un angle mort, je me retourne et leur fait un sourire sincèrement remplie d'amour, le plus beau que j'ai fait, je leur dédie pour leur présence.

Je marche dans les couloirs pour enfin arriver dans la cuisine. Je m'approche du lavabo, lave mes mains et les essuies après. Je remonte mes manches et vais me chercher un tablier dans un des tiroirs à coté du réfrigérateur. Je reviens sur mes pas et commence à aider Lucinda à finir le souper. Je fais cuire le riz et prépare la sauce, pendant qu'elle fait les brochettes. Quand les brochettes sont au four, nous commençons à préparer le dessert qui sera un gâteau des anges. Nous mélangeons les ingrédients ensemble et le mettons dans un contenant. La réaction chimique commence à faire son effet et le gâteau commence à prendre de l'ampleur et à se gonfler.

Le four crie. Les brochettes sont prêtes et le riz est lui aussi à point. Je vais chercher mes amis et leur dis que le souper est servi. Ils se lèvent tous commandés par la faim. Ils me suivent et nous allons nous asseoir dans la salle à manger. Nous nous asseyons comme nous l'étions hier et commençons à avaler chacune des délicieuse bouchés. Lucinda a servis deux brochettes à chaque personne, mais comme moi je n'ai pas l'habitude de manger beaucoup et que Bill a toujours faim, je lui donne une des miennes.

Nous finissons le repas dans la gaieté. Je vais chercher le dessert sur la table de la cuisine et je regarde si le gâteau a fini de gonfler et je constate que oui, alors je prends le plateau et l'apporte dans la salle à manger où Lucinda à sorti de la vaisselle de d'autres placards. Je dépose le dessert au centre de la table et retourne dans la cuisine chercher un couteau, des ustensiles, le coulis de fraises et de la crème glacé à la menthe. Le tout rassemblé, je me redirige vers la salle à manger et dépose ce que je transportais sur la table. Je distribue les ustensiles et donne le couteau à Lucinda qui nous coupe des pointes assez généreuses, tellement qu'à la fin, il n'en reste plus. Tout le monde nous félicite pour ce délicieux souper et cette fois-ci, tout le monde aide à desservir la table et à faire la vaisselle.


Ellipse temporelle

Je me suis couchée de bonne heure, fatiguée par tant d'émotions. Je réfléchie à ce qu'il m'est arrivée aujourd'hui. D'abord, mes amis qui viennent me voir, le super temps qu'on a passé à magasiner et enfin la rencontre avec Victoria qui défendra mes intérêts. Je suis si contente d'avoir fait autant de choses et aussi du fait que Lucinda semble plus joyeuse, moins coincée et moins peureuse grâce à ce que j'ai fait pour elle. La voir comme ça, m'incite à penser que j'ai fait ce qu'il fallait pour elle.

Alors que j'entends des personnes parler et rire dans les chambres d'à côté, c'est avec le doux chant de leur voix que je finis par m'endormir moins de quelques minutes avant 23 heures.

J'ai l'impression de voir quelqu'un dans ma chambre, une ombre qui se terre quelque part dans le noir et qui ne veut pas se montrer. Pourtant, à la lueur de la lune, je vois un reflet, c'est alors que je me rends compte que l'ombre est à côté de moi. Il s'approche de mon visage, mais pourtant je suis toujours incapable de distinguer son visage. Par contre cette voix, je la reconnaîtrais parmi des milliers. L'homme se penche toujours un peu plus en mettant son arme sur ma gorge. Il avance davantage son visage vers le mien et me susurre :


... : Traitresse!!! Traitresse!!! Tu vas payer tes péchés!!! Regarde ton bourreau qui vient!!! Me dit-il en glissant la lame contre ma gorge et l'enfonçant toujours plus loin.

Il se redresse et je peux enfin voir l'étrange inconnu qui vient de signer mon arrêt de mort. C'est Lui!!! Comme est-ce possible??? Je porte ma main sur mon cou et sens le liquide chaud couler le long de mon corps. Je m'assis sur mon lit, me lève et marche vers la porte de ma chambre en titubant. Je regarde une dernière fois derrière moi, inquiète de ce que je pourrais voir, mais non, il est déjà parti tel un souffle dans le vent. J'ai de la misère à respirer et à chaque pas que je le fait, du sang gicle de ma blessure. Ne sachant pas quoi faire, je vais frapper à la chambre de Tom qui est la plus proche de la mienne, malheureusement il n'est pas là. Ne perdant toutefois pas espoir, je continue d'avancer à me tenant contre le mur, c'est ainsi que je fais toute l'étage, mais aucun signe de vie. Je me sens devenir faible, je refais demi-tour et vois la traînée de sang que j'ai fait de ma chambre jusqu'au bout du couloir. J'avance en sens inverse et arrivée dans le haut des marches, j'entreprends de les descendre, mais les quelques gestes que je fais me font davantage cracher ce liquide, qui, pendant 17 ans, a nourri mon corps. Je continue pourtant de descendre...et c'est la descente fatale. Je perds pied et déboule toutes les marches une par une. Sous les chocs, je sens mes os se briser et arriver à terre... c'est mon cou qui casse...

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Alors que pensez-vous de ce chapitre???
Lauren est-elle réellement morte???
Où sont passés les autres???
Comment l'ombre a fait pour entrer dans la maison???

Vous saurez tout ça dans le prochain chapitre que je vais essayer de mettre aujourd'hui avant 22 heures!!!
Bonne lecture!!!

# Posté le vendredi 20 juin 2008 14:37

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 21:19

Chapitre 36

Chapitre 36
Je me sens sombrer, couler...et mourir. Je suis toujours consciente, mais je sais qu'il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre et puis mon corps est tellement brisé que je n'arriverai même pas à bouger. Le liquide chaud coule le long de mon cou et dégoute sur le sol, sous moi. J'ai les yeux ouverts, la bouche ouverte, mes jambes et mes bras sont tordus dans des angles inhumains. Mon cou me fait affreusement mal et de ma bouche, s'écoule un filet de bave...prouvant que j'étais encore en vie après la chute! Mes rêves, mes espoirs, tout, tout s'envole en fumée. Qu'est-ce que j'ai fait, mon dieu? Peut-être est-ce parce que j'ai voulu nous faire justice en projetant de poursuivre Gislain. Je ne sais pas.

C'est affreux ce qu'il m'arrive, je n'entends plus. Les doux chants des oiseaux et le gong de l'horloge grand-père me semblent des bruits que j'ai entendus il y a tellement longtemps déjà, tellement longtemps...

Mon corps est secoué par des nerfs qui ne se sont pas encore tendus et qui espèrent toujours la vie.

Mes yeux s'embrouillent et ma vision se trouble de plus en plus. Mes paupières s'abaissent aussi lentement qu'un paresseux qui monte un arbre. Ils sont maintenant fermés à jamais....

Je n'ai plus la sensation du toucher, ni de l'ouïe et ni de la vue et je commence à ne plus sentir cette bonne odeur que les fleurs dégagent tout autour de moi.

Je ne goûte plus rien, ou du moins c'est ce que j'ai l'impression...

Je sombre dans un trou, la lumière n'a pas sa place on dirait, mais alors que tout espoir était vain, je vois au lieu une lumière. Elle est tellement belle, d'un beau mauve et elle s'intensifie, palie pour finir par devenir blanche.

Je finis par recommencer à sentir mes membres, mes yeux s'ouvrent lentement, trop lentement à mon goût, j'entends de nouveaux des bribes au loin...Une nouvelle vie commence pour moi??? Me suis-je réincarnée?

Non, je ne fais simplement que me réveiller!


Un cauchemar, ce n'était qu'un horrible rêve. Je tourne la tête et vois des pairs de yeux inquiets qui me fixent sans cesse. Je finis par être consciente de plus en plus et je décide de me redresser. Je me prends la tête dans mes mains et essaie de faire arrêter le tourbillon. Quand je me sens mieux, je me redresse complètement et enlève mes mains de devant mes yeux et m'habitue peu à peu à la lumière.

Lauren : Qu'est-ce qui s'est passé? Demandais-je dans un souffle et sur un ton inquiet et suppliant.
Tom : Mon dieu! dit-il en se laissant tomber sur le lit et se prenant la tête.
Bill : Seigneur, tu nous as fait peur, lâche-t-il en me fixant avec des yeux apeurés.
Gustav : Est-ce que ça va mieux? Me demande-t-il en me tendant un verre d'eau que je bois d'une traite.
Lauren : Je crois, oui.
Hélia : Lauren, me dit-elle en venant me serrer dans ses bras.

Hélia est inquiète pour moi, je le sens, je le sais. Je ne sais toujours pas ce qu'il m'est arrivée et je m'inquiète pour ma santé mentale. Deviendrais-je folle? Hélia commence à pleurer sur mon épaule en me disant que je semblais être morte, que j'avais les yeux ouverts, la bouche, que j'étais à terre les membres dans un drôle d'angles. Elle a vraiment cru me perdre quand mon corps a été pris de convulsions. Quand elle me raconte ça, j'en ai des frissons. Alors, je n'ai pas tout rêvé! Je serre mon étreinte autour des épaules d'Hélia et celle-ci finit par se calmer peu à peu.

Je l'entraîne peu à peu sur mon lit où Tom est toujours assis et n'a pas bougé de sa position. Hélia lève son regard vers moi quand je m'éloigne d'elle, dans ses yeux, il y a le vide et des fines larmes tombent encore alors qu'elle se pince les lèvres somme pour s'empêcher de gémir. Pas encore tout à fait sur pied, je vais me chercher un fauteuil que je tire jusqu'au lit. Bill vient me rejoindre et s'assis à côté de moi sur l'immense fauteuil. Je regarde Georg et Andréas qui n'ont toujours pas soufflé mot et bougé. Ils semblent troublés par ce qu'il vient de se passer. Ils sont perdus au loin, on dirait, et fixent tous les deux un point au dessus de la tête de Tom. Lucinda n'est pas là et je la cherche du regard, mais ne la trouve nulle part.


Bill : Elle est allée appeler un médecin. Elle doit sûrement l'attendre.

Aurait-il lu dans mes pensées ou est-ce si évident? Je fixe Bill, son regard apeuré s'est transformé en un regard bienveillant. Il me prend la main et me la caresse à l'aide de son pouce et avec son autre main, il joue avec mes cheveux. Je le regarde faire sans pourvoir réagir. Je suis toujours quelque part entrain de penser à ce qu'il vient d'arriver. Je n'arrive toujours pas oublier ce cauchemar. Il m'a semblé si vrai, je pouvais sentir chaque sensation, et chaque parcelle de mon corps souffrait atrocement. Un rêve peut-il être aussi réaliste à ce point?

Au loin, derrière la porte, j'entends des pas précipités. Deux personnes montent et Lucinda, suivie du médecin, rentre en trombe et semblent soulagés quand il voit que je suis réveillée et que je vais bien.

Le médecin, la mi trentaine, les cheveux blonds aux yeux bruns, de taille moyenne et de corpulence moyenne aussi, s'avance vers moi. Il dépose son sac sur le lit et prie tout le monde n'étant pas de ma famille à sortir.

Seul Bill et Tom reste tandis que le médecin observe mes yeux à l'aide d'une petite lumière qu'il me dit de suivre.

Il m'ausculte également et vérifie mes réflexes pour finir. Il affirme qu'à part que je sois encore en état de choc, tout est correcte et que je redeviendrai normale d'ici quelques minutes. Le médecin reprend sa trousse et repart. Quand celui-ci franchit la porte et qu'il l'eût refermée, mes nerfs commencent à se relâcher et je pleure à en plus finir. Bill et Tom me prennent dans leurs bras et tout de suite, je me sens mieux. Une chaleur m'envahie et j'arrête de trembler comme une feuille. Tom n'arrête pas de me déposer des baisers dans mes cheveux alors que Bill ressers son étreinte.

Nous sommes trois dans ma chambre et parmi ces trois personnes, il n'y en a aucun qui ne pleure pas.

Après quelques minutes, nous décidons de nous recoucher, mais eux, ils ne veulent pas me laisser seule, donc ils viennent dormir avec moi après que Tom ait prévenu tout le monde que nous, on allait continuer notre nuit. Comme à notre habitude quand nous dormons ensemble, je suis au milieu entre mes deux frères.

Chacun passe un bras autour de moi et viennent se coller contre moi. Je sens leur chaleur...c'est tout ce que j'avais besoin pour repartir dans le sommeil.


Ellipse Temporelle
Le lendemain matin


Je me réveille encore sous l'étreinte de mes deux frères. Je les regarde un à un et détaille leurs traits. Comme ils sont beaux, ils en feront des jalouses plus tard dans leur choix de petites-amies. C'est alors que je me rappelle de Katie et d'Ann-Laurence, leur ancienne conquête. Je me demande qu'est-ce qu'il s'est passé depuis ce temps où ils les ont plaquées.

Comme toujours quand je pense, je reste immobile et fixe le plafond d'un air pensif pendant de longues minutes. Je ne sais pas exactement depuis combien de temps je fais ça, mais je finis par sentir une petite secousse sur mon côté droit. C'est Tom qui se réveille. Il me regarde de ses yeux noisettes qui ont certainement dû en faire craquer plus d'une. Il se recolle contre moi et joue avec mes cheveux. Je finis par tourner la tête vers lui et lui faire un sourire. Je murmure :


Lauren : Je t'aime grand frère. Merci d'avoir été là hier.
Tom : De rien ma belle. Tu sais, on s'est tous beaucoup inquiétés pour toi cette nuit.
Lauren : Comment vous avez fait pour savoir qu'il y a avait quelque choses qui clochait.
Tom : On a entendu un grand BOUM provenir de ta chambre. On s'est tous levé en sursaut et on s'est précipité vers ici. Quand j'ai allumé la lumière, tu étais étalée à terre, les yeux ouverts et la bouche aussi. On aurait dit que tu rallais et que tu crachais quelque chose, un peu comme si t'étouffais ou que tu manquais d'air.
Lauren : C'est exactement ça qu'il m'arrivait.
Tom : Hein??? Comment ça? Explique s'il vous plaît.

Je passe les dix minutes suivantes à lui raconter en moindre détaille, les moindres sensations, la peur, l'inquiétude, tout ce que j'avais ressenti et vécu pendant ce laps de temps. Il est stupéfait et ne comprends pas non plus pourquoi est-ce que j'ai réagi comme ça.

Bill se réveille à son tour peu après, nous discutons tous les trois et nous rions, tellement que nous finissons par attirer les autres qui étaient encore dans leur chambre. Bientôt, nous somme 7 sous les couvertures de cet immense lit. Nous restons couchés pendant de longues heures à discuter, à se taquiner et à se chatouiller.

Lucinda n'est pas venue nous voir de l'avant-midi, peut-être avait-elle des tâches ménagères à effectuer? Je ne le sais pas.

Nous nous sommes levés, il devait être proche de cinq heures du soir. Je me sentis coupable d'avoir pris une journée pour rire alors que ce n'est pas ça que je devais faire, mais Bill m'a convaincue de ne pas m'en faire parce que selon, après ce qu'il s'était passé dans la nuit, je n'aurais pas été capable de faire grand-chose et que j'avais bien fait de me reposer. Je le cru et instantanément, je me sentie mieux.

Pendant que la joyeuse troupe quittait ma chambre, moi je rassemblais déjà mes affaires pour aller prendre ma douche. Après ceci de fait, je les rejoinds dans le petit studio de ma maman. Je pousse la porte et me dirige vers eux. Je m'installe sur un des divans et à côté de Gustav et m'immisce enfin dans la discussion.

Nous parlons, parlons comme ça pendant presque une demi-heure, après ils insistent pour que je rejoue la pièce d'hier. Je me lève donc, me dirige vers le piano, m'installe et commence à jouer, malheureusement, les notes ne coulent pas aussi bien que quand je l'avais composée étant donné que là, j'ai un bras dans la plâtre et il est vraiment difficile de jouer avec ça, mais je m'essaie quand même. Cette fois, je ne rate pas leur c½ur et je sens que je commence à les émouvoir, malheureusement, la chanson ne dure pas assez longtemps pour qu'ils pleurent. Quand je finis da la jouer, je me sens étrangement bien. Autant hier, je pleurais, autant aujourd'hui, elle me donne la pêche.

Nous commençons sérieusement à avoir faim, alors nous montons et nous allons directement dans la cuisine, regarder ce qu'il y a à manger, mais comme tout ce qu'on à besoin n'est pas là et que nous pouvons attendre jusque là, je leur propose d'aller manger au restaurant, ce que personne refuse. J'écris un mot à Lucinda pour lui dire où nous sommes et après nous nous préparons et partons.

Nous prenons deux taxis et nous nous dirigeons vers le middle town. Nous débarquons dans une rue remplie de restaurants plus beaux les uns que les autres. Nous trouvons même un restaurant allemand où nous allons, bien évidemment. Nous commandons pleins de bonnes choses comme de la sauerkraut, de la rotkraut et des Schnitzel. Nous prenons aussi avec ça du poisson pour certain et pour d'autres des pâtes.

Nous patientons un peu que les soupers arrivent, mais chacun de nous avons envie de manger à cet instant. L'attente paraît se faire lente et désirée, mais ne reculant devant rien, nous continuons de patienter en parlant pour ne plus penser à notre ventre qui hurle la faim. Quand les plats arrivent, nous arrêtons automatiquement de parler pour manger, manger et manger. Ce n'est qu'arriver vers la fin du trois quart de notre plat que nous recommençons à jaser.

La soirée est agréable, nous restons au restaurant jusqu'à tard dans la soirée et ce n'est seulement qu'à vingt-trois heures que nous daignons partir rejoindre le manoir.

Nous reprenons deux taxis qui nous ramènent. Nous sortons des automobiles, contents de cette soirée. Nous nous dirigeons vers l'entrée et nous franchissons le seuil. Encore joyeuse, je leur propose que l'on aille se baigner dans la grande piscine dehors. Au début, ils n'ont pas l'air de vouloir venir parce qu'ils croient sûrement que l'eau est froide à cette heure-ci.


Lauren : Vous savez, la piscine est chauffée! Alors?
Bill : Moi je suis partant.
Tom : Ok, moi aussi.
Georg : Super, une piscine, dit-il sur un ton tout excité! Ouais...
Gustav : je veux venir dans ce cas.
Hélia et Andréas : Bien, nous aussi!!!
Lauren : D'accord. On se rejoint à la piscine? C'est juste derrière la maison.
Tous : Ok!

Nous montons tous dans nos chambres et nous enfilons ce qui va nous servir de maillot. Pour ma part, je me prends une paire de bobette noir avec un t-shirt de la même couleur, j'enfile le tout, m'attache les cheveux et sors dehors.

Bill et Tom sont déjà là, le reste de la gang arrive pas longtemps après. Je les regarde, aucun ne bouge. Je me demande ce qu'il se passe, je prends donc les devant et va sauter dans la piscine. Dès que je suis dedans, on dirait qu'ils viennent de se réveiller.

Je me retourne quand tous les six sautent dans l'eau en même temps. Une énorme vague vient m'emporter et je me retrouve à l'autre extrémité complètement. Je nage vers mes amis qui n'arrêtent pas de rire.

Nous rions énormément de nos bêtises et parfois les garçons s'amusent aussi à lancer des défis, des courses à la nage. Évidemment, je suis prise pour en faire une et comme de fait, je perds contre Georg. Il faut dire qu'il est bien meilleur nageur que moi, c'est ainsi que s'installe une sorte de tournoi. Chaque personnes doit faire dix courses et c'est celui qui en gagnera le plus, inutile de vous dire que moi, je me fais avoir en beauté! Par contre Andréas est ex aequo avec mes jumeaux...je ne sais pas pourquoi cela ne me surprend guère!

C'est aux petites heures du matin que nous décidons de rentrer nous reposer. Au loin, on voit même le soleil qui s'apprête à se lever quand nous, nous allons nous coucher. Nous prenons les serviettes que nous avons déposées sur les chaises longues et on s'essuie avant de rentrer. Je leur souhaite un bon sommeil à chacun et part me coucher dans ma chambre.

Je monte en haut, enlève immédiatement mes vêtements mouillés que je dépose sur des perchoirs dans la salle de bain, enfile une nuisette, me sèche les cheveux et vais dormir.


Ellipse temporelle

Je me réveille quelques heures plus tard, fraîche et disposée à attaquer une nouvelle journée. Je m'étire longuement quand j'entends des gémissements. Je regarde autour de moi et vois deux formes de chaque côté. Je soulève la couverture et vois Bill et Tom qui se sont cachés pour ne pas avoir le soleil dans la face. Ils sont vraiment étranges parfois, mais je les aime pareille. Je les regarde encore un peux et peu voir qu'ils dorment à poings fermés, sur le visage un sourire se dessine. Je les vois qui frissonnent un peu alors je repose la couverture. Pour ne pas les réveiller, je me lève doucement et descend par le pied du lit.

Je me retourne une fois que mon pied ait touché à terre et regarde ses bosses en dessous de mes couvertures. Contre toute attente, je les vois bouger pour finir par se rapprocher et se coller. Je souris en voyant cela, on dirait deux enfants inséparables à l'image des oiseaux. Comme j'ai peur qu'ils étouffent en dessous des couvertures, je vais fermer les fenêtres et les rideaux. La pièce est alors plongée dans le noir. Je me dirige vers ma commode et sors des vêtements propres, après j'entre dans la salle de bain et vais chercher mes affaires car je ne me doucherai pas ici pour ne pas les déranger. Je sors avec le tout en dessous de mes bras, referme doucement la porte et pars dans le sous-sol.

Je prends ma douche dans une des nombreuses chambres qu'il y a. Moins de quelques minutes plus tard, je suis propre et je sens le parfum de la lavande et non plus le chlore. Je dépose mes affaires là en attendant que les garçons se réveillent. Enfin prête, je monte dans la cuisine où je trouve déjà Gustav.


Lauren : Tiens! Déjà levé à ce que je vois.
Gustav : Oui, me dit-il en souriant. C'est assez rare que je dépasse les neuf heures d'habitude, alors ce matin c'est déjà un exploit que je me lève à neuf heures et demi.
Lauren : Ah, je voix. Tu n'es pas un grand dormeur comme nous tous. Tu veux du café? Lui proposais-je quand je passe à côté de lui.
Gustav : Oui, merci beaucoup.

C'est comme ça que je commence à préparer le déjeuner, attirant en même temps tous les dormeurs...

# Posté le vendredi 20 juin 2008 20:48

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 21:48

Chapitre 37

Chapitre 37
Je mets la table, alors que Gustav mets les fruits dans les crêpes que j'ai préparées pour le petit-déjeuner. Ensuite, je le vois, comme convenu, qu'il ajoute un peu de sucre...un peu de fantaisie parfois ne peux pas faire de mal! Je retourne l'aider et finalement nous posons le tout sur la table à la place de chacun.

Alors que nous faisons notre dernier aller-retour, nous remarquons que tout le monde a déjà pris place ainsi que Lucinda qui semble reprendre de jolies couleurs de jours en jours. Je lui garantie que c'est à cause des bienfaits du sommeil. Quand elle m'entend lui dire ça, elle me sourie et ses yeux scintillent. Gustav et moi, finissons, nous aussi par aller manger en leur compagnie.

Chez nous ,les déjeuners durent toujours longtemps, c'est pourquoi on ne fait que sortir de table un heure après, vers onze heures. Encore une fois, on n'est que trois à faire la vaisselle puisque Gustav s'est gentillement proposé pour venir à notre aide. Les autres, je ne sais pas où ils sont et ce qu'ils font, mais je suis sûre qu'ils ne peuvent pas être allés bien loin. La maison est tellement grande que même le temps que j'aille les rejoindre, eux autres ont déjà le temps de se bouger et de changer de place...une chance que Layla, ma mère, avait eut l'idée de faire poser des interphones un peu partout! Après avoir fini la vaisselle, lavé comptoir et table, je monte dans ma chambre pour regarder sur le petit bout de papier, que je m'étais fait, afin de savoir qui je dois aller voir aujourd'hui. Une fois fait, je descend dans les étages inférieurs où je vois mes amis installés sur les divans dans le studio.

Je franchis la porte, m'assoies et les écoutes parler sans toutefois participer à la conversation. Je ne sais pas quoi dire, c'est pourquoi je me lève et vais dans la pièce adjacente où il y a le piano et les micros. Pendant que les autres continuent leur conversation, moi je piannote un peu sur les touches. Je finis pas placer quelques notes, réarranger leur ordres pour finalement me souvenir de la toute première chanson que j'avais écrite il y a presque quatre ans. Comme toutes les chansons écrites par un jeune, elle n'est pas excellente et a besoin d'être retravaillée, c'est pourquoi je décide de la modifier un peu pour qu'elle me représente mieux. Je la pratique un peu, parfois je change des modifications parce que j'en ai trouvé des meilleures en cours de route, et continue de la jouer. Je passe une heure entière sur cet instrument, à chanter, à jouer et à me remémorer tous ces sentiments, et comme à chaque fois que je joue de la musique, celle-ci me parle de choses vraies, de choses vécues, qu'on a partagé ensemble et que l'on continuera sans doute encore longtemps. Le piano et le violon sont devenus au fil du temps comme des confidents. Ils m'aident à mettre en musique ce que je pense tout bas en utilisant des mots, des tournures de phrases, des effets amplificateurs, enfin, tout ce qui fait le charme de cette puissance des sons.

Les garçons entrent dans la pièce et tout d'un coup, j'arrête de jouer, comme si ce que je partageais avec le silence l'instant d'avant devait rester un secret, devait rester entre nous. Je sens le malaise se faire, la tension monter dans la pièce et les regards interrogateurs se poser sur mon dos. Je me retourne et me lève de mon tabouret pour aller les rejoindre. Je ne veux pas être hypocrite, ce n'était là, pas du tout mon intention, mais il y a des choses que je veux garder secrètes, du moins pour l'instant. Je leur sourie, mais seul Gustav ne semble pas se poser des questions, ou si ils s'en posent, cela ne parraît guère sur son visage. Tous les autres me lancent un regard interrogateur, je les regarde à mon tour en me demandant ce qu'ils me veulent. Est-ce seulement en lien avec cette histoire de cachoteries que je viens de leur faire? Peut-être! et comme je ne veux pas qu'un malentendu éclate, je me décide à leur en parler, mais seulement le strict minimum.


Lauren: Écoutez, je ne sais pas c'est quoi que vous avez là, mais si ça un rapport avec ce qu'il vient de se passer, je veux dire, le fait que j'ai arrêté de jouer quand vous êtes entrés, je peux tout vous expliquer.
Bill: Dis-nous...
Lauren: En faite, ce que je jouais est une pièce que j'ai composée il y a presque quatre ans et j'étais entrain de la modifier quand vous être entrés. Le problème, c'est que, dans cette chanson je parle de choses intimes, c'est un peu comme un journal personnel en moins long et chanté. Je ne dis pas que je ne vous la chanterai pas un jour, mais pour l'instant elle n'est pas encore au point et je ne me sens pas prête à vous faire partager un petit bout de mon jardin secret.
Hélia : Ah que c'est romantique!!! mais ne te presse par pour nous, tu sais de toute manière que s'il y a quelque chose qui ne va pas bien, que tu peux venir nous en parler, on sera toujours là. Depuis quelques jours, on est devenu super proches nous sept, peut-être pas aussi liés qu'une famille, mais c'est tout comme.
Lauren en lui souriant: Vous savez, être à votre place, je deviendrai agacée qu'on me donne toujours la même explication et je vous en remercie beaucoup de me soutenir comme ça. Vous être vraiment géniaux, dis-je en les enlaçant de mes frêles bras.

Malgré le fait que je leur en ai parlé, la tension reste toujours palpable. Je n'aime pas cette atmosphère, elle me met mal-à-l'aise vis-à-vis tout le monde, c'est pourquoi je leur propose que l'on se prépare et qu'on aille voir un film, avec Lucinda, si ils veulent bien qu'elle vienne avec nous.

Lucinda est un peu comme moi, c'est pourquoi j'ai l'impression que je dois m'occuper d'elle. J'ai l'impression qu'elle me comprend un peu, même si on a pas le même chemin de vie, tout comme moi, elle est restée enfermée dans cette maison depuis bien longtemps, et tout comme moi à mes débuts et encore parfois, elle a de la misère à interrargir avec les personnes et je me dis que si je l'aide, à quelque part, cela m'aidera aussi...enfin je l'espère.

Tout le monde accepte avec joie et je sens comme un soulagement provenir d'au fond de moi. Pour ce qu'ils font sans cesse pour nous, je ne peux que les aimer beaucoup et je les admirer mes amis. J'espère un jour devenir quelqu'un d'aussi bien que chacun d'eux. Ils m'ont acceptée telle que j'étais alors qu'ils auraient pu faire totalement le contraire, me lapider, me torturer, me faire chanter, me menacer, enfin tout autre chose pour être ce que je suis, mais non, ils ont décidé de me prendre telle quelle, avec mes qualités et mes défauts et c'est ce que je ressens aussi à l'égard de Lucinda. Elle me fait pitié, oui, je l'avoue. Comment ne pas avoir pitié de personnes comme nous quand tu as un coeur??? Par contre, moi, au lieu de seulement m'appitoyer sur son sort et de la contempler dans sa tristesse, je veux l'aider et je suis heureuse que mes amis soient là pour m'aider en faire autant.

Quand je vais annoncer à Lucinda la nouvelle, je vois à la fois qu'elle est heureuse et inquiète et comme à chaque fois, je sais pourquoi, mais je tente tout de même de la rassurer pour une quatrième fois. Je m'approche d'elle car elle semble à la fois excitée et nerveuse de sortir pour la troisième fois en si peu de temps, alors je lui dis qu'elle n'est pas toute seule à vivre ici et que je crois qu'il est normal qu'on l'aide dans les tâches ménagères. Je rajoute également qu'elle ne doit pas se sentir coupable à chaque fois que je lui propose de sortir ou de faire quelque chose et puis de toute manière, puisque c'est moi qui l'invite... Elle retrouve rapidement le sourire et les garçons qui étaient derrière moi avec Hélia, approuvent tout à fait ce que je dis. On voit alors un beau sourire et son visage s'éclaire d'extase, elle sembe ravie et tellement ...contente de ce que je viens de lui dire. Cela me fait du bien au coeur, j'ai l'impression d'avoir accompli quelque chose d'extraordinaire.

Nous nous dépêchons d'aller nous préparer en vitesse pour arriver avant le début du film qui est dans moins d'une demi-heure.

Je redescend en bas à toute vitesse suivie de Tom et de Lucinda, alors que Georg, Gustav, Andréas et Hélia était déjà dehors entrain de nous attendre dans le stationnement à côté de la voiture. Nous montons dans l'auto après que je me sois assurée que j'ai assez d'argent sur moi pour payer le cinéma et les gatteries pour tout le monde. En tout, j'appporte environ pour soixante-quinze euros et après nous voilà sur la route.

Nous arrivons dix minutes plus tard dans le stationnement de l'immense bâtiment. Lucinda se cherche une place pour se garer, ce qui est relativement difficile puisque l'immeuble contient aussi des bureaux de travail, donc les employés prennent la plupart des places, mais nous finissons tout de même par en trouver un non loin de l'entrée, ce qui doit sûrement être un exploit, mais pas tant que ça sur semaine. Nous nous détachons et nous débarquons de la mini van. Je me bats toujours avec mon élastique pour attacher mes cheveux, il faut dire que je suis pas mal limitée dans mes mouvements et d'ailleurs cela fait bien rire tout le monde, même si Bill ayant pitié un peu de moi, vient me les attacher. Alors que les autres continuent d'avancer en riant, Bill et moi sommes obligés, de courir pour ma part et pour la sienne, de marcher vite, pour rejoindre les autres à l'entrée.

Nous franchissons la porte, et les autres qui regardaient l'affiche des films qui passent au cinéma, se retournent avec un sourire au coin de la bouche, je leur fait alors une grimace en leur souriant après.


Lauren: Well, have you choosed something? (Alors, avez-vous choisi quelque chose?)
Lucinda: No, not yet (Non, pas encore)
Hélia: Mais ça va venir. Pour ma part, "Kong Fu Panda" m'intérresse. Ça vraiment l'air d'être drôle, sinon il y a aussi "On ne rigole pas avec le Zohan" qui a l'air bien aussi.
Andréas: Mmmhhh! On voit qu'Hélia commence à avoir du goût!!!
Hélia: Hey!!! J'en avais avant aussi.
Andréas: Bien sûr.

Nous restons là pendant au moins cinq minutes, nous discutons, nous nous concertons et finalement nous nous décidons que le film qu'on irait voir serait en fin de compte, "Film de peur 4". Une chance pour eux qu'ils se débrouillent quand même un peu en anglais parce qu'ils ne l'auraient pas trouvé drôle de regarder un film seulement dans cette langue, et puis il y a toujours moi qui peut leur expliquer.

Nous nous dirigeons vers le guichet et je prends huit billets pour le film, ensuite nous rentrons dans le hall du cinéma et on va au comptoir où on commande ce que l'on veut manger. J'en ai pris pour plus de trente-cinq dollars, par chance, j'ai sauvé de l'argent à l'entrée et surtout que l'on soit six mineurs et seulement deux adultes. Nous prenons nos affaires après un dernier regard amusé du serveur. Nous entrons dans la salle et nous nous installons confortablement dans le milieu. Je regarde Tom et Bill qui ont déjà commencé à manger...cela ne me surprend guère et d'ailleurs ils finissent aussi par attirer l'attention du reste du groupe, surtout quand on sait que quand ils mangent du pop corn, celui-ci fait du bruit sous les coups de dents des deux jumeaux.

Les lumières s'abaissent pour s'éteindre et nous arrêtons de parler. Dans la salle, c'est silence, seuls les bruits de la nourriture se fait entendre, à part ça, une mouche camickaze pourrait se suicider et on l'entendrait presque. Nous sommes tous très attentifs au film et bientôt, il prend fin.

Nous nous relevons et nous nous étirons car, bien que les chaises du cinéma soient confortables, il n'en reste pas moins que nous sommes assis depuis presque deux heures. Nous ressortons de la salle vraiment contents de ce film, nous avons bien ri et cela nous a fait énormément de bien. Il est presque quatorze heures lorsque nous sortons dehors, sous le beau soleil d'après-midi avec cette chaleur qui fait du bien. Nous rentrons directement à la maison après cela, car Lucinda doit encore faire une partie de son ménage.

En attendant que les gars soient partis chercher du pain et quelques autres ingrédients au marché du coin, moi et Hélia nous aidons un peu Lucinda à passer l'aspirateur. Une fait le sous-sol, je fais l'étage principale et l'autre fait l'étage supérieur. Après pour l'aile de derrière, nous nous rejoindrons pour répartir ce qu'il reste à faire.

Je passe l'aspirateur dans chaque pièce et tasse chaques meubles et la repasse sur la télévision, sur les commodes et les bureaux, sur les calorifère, les divans, et autres. Cela me prend un peu plus de deux heures et quelque pour finir l'étage. Entre-temps, les gars sont arrivés et ont commencé aussi à nous aider en lavant les vitres et les miroirs de toute la maison. Vers dix-sept heures, nous snous rejoignons dans le salon du deuxième étage et nous décidons de finir le tout par l'époussetage. Certains ont plus l'habitude de faire du ménage, d'autres ont un peu plus de misère, mais au final, la maison est toute propre et elle sent vraiment bon.

Épuisés, nous prenons tous une heure de repos avant d'aller faire à souper ensemble.

Une heure après, je vais chercher tout le monde pour commencer la préparation du repas. Dans la cuisine, nous rions beaucoup et même si nous essayons de ne pas trop faire de dégât, cela n'est pas vraiment facile.

Vers dix-neuf heures trente, nous sommes tous assis autour de la table et nous mangeons nos très bonnes pâtes qui nous ont valu un petit dix minutes d'intense nettoyage dans la cuisine! Nous nous régalons vraiment de ce fameux repas et nous sommes quand même fières de nous.


Tom: Évidemment que c'est bon, il y avait Lauren qui était là.
Bill: Oui, mais n'oublions pas Gustav qui se débrouille aussi très bien en cuisine!
Hélia: Mais surtout, c'est avec les talents de Lucinda que nous avons pu accomplir ce repas.
Georg: Tout de même, nous ne serions pas allés bien loin sans la très bonne supervision d'Andréas!
Andréas: Hey, j'ai quand même coupé le pain et je les ai tartinés de beurre, en plus, j'ai fait une partie de la vaisselle.
Gustav: Oui, bon, on peut aussi bien dire que c'est en équipe que nous avons fait ça, non?
Lauren: Et voilà, le grand sage vient de parler.
Tom: Tu peux bien parler, tu lui ressembles un peu tout de même.
Lauren: Ah, je ne savais pas que j'étais sage, dis-je en riant.

C'est encore une fois dans la joie et la bonne humeur que nous nous parlons et Lucinda est à présent tout à fait à l'aise avec mes amis et cela transparaît dans sa manière de parler. Nous discutons de tout et de rien, mais surtout nous nous remémorons de certains passages du film que l'on a trouvés drôles, et en les évoquant, on recommence, évidemment, à rire jusqu'à en pleurer, surtout avec certains commentaires que nous faisons.

Je suis vraiment contente d'être là avec mes amis. Il y avait longtemps que je ne m'étais pas sentie comme ça...


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Après le souper, nous décidons, comme une grande famille, de faire toute la vaisselle ensemble. D'ailleurs, je crois n'avoir jamais autant ri, surtout quand la vaisselle terminée, nous commençons une bataille d'eau tout de suite après que Lucinda soit bien sûr partie.

Flash Back

Je suis là au milieu de la cuisine, entre mes deux frères qui me regardent d'un air malicieux... je ris, mais d'un rire nerveux. J'essaie de me sauver par l'extrémité de la pièce, mais j'ai homis de penser que peut-être ils courraient plus vite que moi. Ils réussissent à m'avoir et nous nous écroulons de rire contre le sol, bientôt Andréas vient nous jeter de l'eau dessus, et nous trois, pour nous venger, nous lui en jetons aussi, mais au dernier moment Andréas, qui ne tient plus en place tellement le plancher est trempé, glisse, et c'est Gustav qui en reçoit dans son dos. Le hic, c'est que Gustav a bien beau être de ma grandeur, je ne fais pas le poids contre lui, et naturellement c'est à moi qu'il s'en prend. Il prend de l'eau dans un verre, et lance l'eau à travers la pièce. Je suis alors trempée un peu de partout et je peux entendre les autres qui rient de moi, mais sérieusement de moi!!! Je pars de la pièce...mais non, je ne suis pas fâchée...j'ai seulement une petite idée en tête. Je sais que les autres sont restés là sûrement à se demander quoi faire surtout qu'ils pensaient probablement que je ne réagirais pas comme ça. Je monte en haut, me dirige vers un placard au bout d'un couloir quelconque, ouvre enfin la porte, et trouve enfin ce que je cherchais. Je redescend en bas et vais dans la salle de bain le remplir. Sur la pointe des pieds, je retourne dans la cuisine où tout le monde est là en cercle à se parler et à se demander qu'est-ce que j'ai eu! Parfait!!! Ils sont tous en cercle et comme Bill me fait dos et qu'il est le plus grand, les autres ne pourront pas me voir avancer surtout qu'ils ne font plus attention à l'entrée de la porte. Je porte lourdement mon objet rempli d'eau, m'avance en faisant attention à l'eau qui est déjà sur le sol, essaie de ne pas glisser ou, sous le coup de la nervosité, de rire. J'avance tout d'un coup, leur fait un fait un saut en faisant "Bouhhh" dans le dos de Bill, qui d'ailleurs se retourne tout surpris, et sans plus attendre un geste de plus, je leur lance toute l'eau que la chaudière contenait sur eux. Je suis morte de rire quand je vois Bill les cheveux applatis et le maquillage dégoulinant tout comme Hélia. Mais le pire, c'est le visage que Tom fait...on dirait qu'il a vu un fantôme alors qu'Andréas tire une de ces tronches et que Georg et Gustav, se regarde tout mouillé. Je ris tellement que j'en ai de la misère à respirer, à me relever et surtout à ne pas pleurer. S'ils se voyaient, je ne saurais pas ce qu'ils feraient!!! Pauvre eux...mais je peux dire que les pire sont vraiment Hélia et Bill qui le maquillage éparpillé un peu partout sur leur visage, les vêtements trempés, les cheveux qui dégoûtent, l'eau qui sort de leur bouche et surtout le bruit de leurs souliers innondés quand ils avancent n'arrangent en rien à ma situation!!! Le premier à réagir c'est Andréas, qui se lance à ma poursuite à travers toute la maison, je cours, je cours, je cris en balançant mes bras de tous bords tous côtés et me cache, mais comme à chaque fois, je me fais avoir en beauté, parce qu'en silence Andréas m'avait suivie jusqu'au placard où je suis cachée. Il l'ouvre donc d'une volée et cri "Ahhhhh" et moi, ne m'attendant pas à ça, je cris vraiment fort et vraiment aïgu. Lui, surpris, de mon cri, recommence aussi et bientôt, les autres viennent nous rejoindre en haut en se demandant ce qu'il a bien pu me faire!!!

Après s'être tous calmés, quand nous revenons dans la cuisine, on rit de ce que nous venons de faire... et c'est reparti pour un autre petit tour! Je vous dis qu'aujourd'hui aura été la journée du grand nettoyage. On se remet tous à quatre pattes avec des linges, une tonne à vraie dire, dans les mains à essuyer le plancher, les murs et le reste. Nous replaçons ensuite tout ce que l'on a déplacé pendant que l'on courrait.

Vers huit et demi, tout est redenu comme avant. Je me prépare donc à sortir pour voir le monsieur que je suis supposée aller rencontrer aujourd'hui. Cette fois-ci, personne ne m'accompagne et je ne leur tiens pas rigueur, surtout que ce genre de choses me regarde. Je sors donc dehors en attendant que le taxi que j'ai appelé arrive. Quelques minutes plus tard, il est arrivé et j'embarque dans celui-ci. Le chauffeur, contrairement aux nombreux précédents que j'ai eu, est plutôt gentil et très bavard. Je le prends immédiatement en sympathie et je sens que c'est réciproque. Même si je suis sa cliente, il n'essaie toutefois pas de savoir pourquoi je vais voir un des meilleurs docteur de l'Angleterre et je le respect d'autant plus! Nous rions beaucoup ensemble et parfois, sur le long trajet de presque trente-cinq minutes, nous écoutons de la musique et nous commentons la chanson, ce qui redouble quelques fois nos rires.

Malheureusement, nous arrivons finalement à destination, mais :


Chauffeur: If you want, the next time, you'll say that you want M. Ridgeway. (Si vous voulez, la prochaine fois, vous direz que vous voulez M.Ridgeway. )
Lauren: Certaintly! (Certainement!)

Et je sors du véhicule après l'avoir généreusement payé pour ce qu'il a fait pour moi.

Je suis dans l'allée et pour la première fois, je me demande vraiment si c'est une bonne idée que je sois là. J'avance tout de même le long du stationnement, arrive devant la porte, prends une grande respiration avant d'appuyer sur le bouton à côté de la poignée de la porte. J'attends et tout d'un coup la porte s'ouvre!!!


...: Lauren!!!
Lauren: 0_o!!!


__________________________________________________

Voilà la fin de ce chapitre...je reviens bientôt...promis!!!

# Posté le mercredi 25 juin 2008 14:18

Modifié le samedi 04 juillet 2009 20:40

Chapitre 38

Chapitre 38
Lauren: Com...comment!!???!!dis-je bouche-bée sous l'effet de la surprise, mais reprenant mes esprits je rajoute: Excusez-moi. Désolée, mais comment savez-vous mon nom monsieur Rawls???
Rawls: Je suis allé en Allemagne il y a presque deux semaines de ça et je ne fais que revenir. Pour vous dire, je vous ai vue aux nouvelles...d'ailleurs c'était assez rare que l'on ne parlait pas de vous ou de l'enquête. Je suis vraiment désolé pour votre famille et pour vous aussi. En se tassant sur le côté de la porte: Entrez, entrez. Ne restez pas sur le pas de la porte.

Je fais quelques pas par en avant, franchis le seuil de porte et me retrouve dans une magnifique maison de type viennoise. Je regarde le plafond, les escaliers...tout d'un regard impressionné par la justesse des goûts de cet homme de la fin de la vingtaine, peut-être du début de la trentaine. Monsieur Rawls fait parti de ceux que tout le monde voudrait un jour ou l'autre connaître davantage, et ce, pour sa beauté, pour sa grande délicatesse, sa courtoisie incomparable, mais surtout pour la bonté et la grande générosité qui émanent de lui autant pour ses patients que pour sa famille, ses amis et les autres. Tout de suite, quand il m'a ouverte, j'ai senti un certain charme provenant, non pas de sa beauté en tant que telle, mais surtout de ce sourire qui fait s'envoler tous tes soucis. Il est d'un taille moyenne, peut-être un peu petit pour un homme, mais il semble tout de même athlétique vu sa musculature impressionnante. Il m'a donnée confiance en lui en un rien de temps et pourtant, il n'y a même pas une minute, je ne le connaissait pas encore et je m'attendais à voir un viel homme aigris marmonnant dans sa barbe des insultes ou autres...ou encore, une sorte de surdoué à lunettes portant des chemises avec des noeux papillons et qui a le dos voûté. Pourtant, James est tout le contraire et sa maison magnifique ne fait que prouver que son sens de l'esthétique est vraiment développé... Tout de suite en entrant, j'ai senti une sorte de chaleur venir du foyer. Il fait bon vivre ici et ça se sent.

James m'entraîne dans le salon où il me fait signe de prendre place sur une confortable causeuse alors que lui, s'assoie sur un des divans en face de moi. Nous commençons, tout naturellement à nous parler de tout et de rien, tournant principalement sur nos vies, parfois sur la sienne et d'autrefois sur la mienne...moins passionnante(!!!), mais comme toute chose a une fin, nous abordons finalement LE sujet, celui pour lequel je suis venue ici. Au début, il me sent un peu rétissante à parler de ça, mais il trouve le moyen de me mettre plus à l'aise. Il ne me presse point, il n'insiste point, il ne fait qu'être là, à m'écouter d'une oreille attentive tout ce que je lui déverse. Bien sûr, pour pouvoir entamer, il a fallu, comme habituellement, que je lui explique ma situation et que je lui dise qui je suis vraiment. Aux premiers abords, il semble surpris par tout ce que je peux lui raconter. Il m'avoue même que s'il ne m'avait pas vue aux nouvelles quelques jours auparavant, il n'aurait sûrement point cru en mon histoire, pourtant il y croit fermement et souhaite simplement pouvoir m'aider. Il est triste, naturellement, que je lui annonce la mort de ma mère même s'il s'en doutait quelque peu puisqu'il y avait un petit bout de temps qu'il n'avait pas entendue parler d'elle. Quand je lui raconte la manière sordide qu'elle est morte, il en reste coi et ne peut pas le croire, surtout parce que Gislain et lui étaient amis à un certain temps. Il est vite dégouté et surpris par ce que je lui révèle, nous sommes même obligés de faire des pauses pour que le mal se passe. Finalement, nous réussissons enfin à nous parler après que mon histoire se soit achevée. Je lui dis honnêtement ce que je veux de lui, le pourquoi je suis ici. Je lui dis tout sans aucun détour, sans aucune arrière-pensée, sans rien lui cacher...je suis transparente. Il accepte de m'aider, non pour Gislain, mais pour sa meilleure amie, Layla, et sa petite fille, moi.

Je pars enfin de chez lui, quelques heures après alors que les étoiles sont hautes dans le ciel et que la lune se fait plus brillante que jamais. Dehors, un vent frisquet du nord s'aventure entre ma peau et mon chandail, me faisant frissonner. J'attends que Lucinda vienne me chercher accompagnée de Georg qui voulait venir aussi. Les minutes s'écoulaient depuis un petit moment lorsque je vois enfin une voiture se stationner dans la cour de Rawls. Lucinda allume les phares avants pour me faire signe que ce sont eux et Georg, pressé de me voir, Georg descend de la voiture pour venir me prendre dans ses bras. Quand il arrive à ma hauteur et qu'il m'enlace enfin, il sent que j'ai froid, alors il retire sa veste qu'il me passe autour des épaules. Nous nous dirigeons vers le véhicule et il décide de venir à mes côtés à l'arrière au lieu d'aller à sa place, en avant.

Pendant tout le trajet du retour, nous parlons et nous rions beaucoup. Il me relate ce qu'ils ont fait durant la soirée en mon absence. Je suis écroulée de rire quand il me dit que Tom a failli se faire dessus après avoir vu un film comique. Moi je lui raconte plus mes impressions que j'ai eues sur James Rawls. Je lui dis également qu'il est même prêt à m'aider et que je sens qu'enfin je vais pouvoir faire de quoi pour mon père. Il est content pour moi même s'il ne dit rien à ce sujet, je n'ai qu'à le regarder dans les yeux pour lire ce qu'ils expriment. Je lui en suis extrêmement reconnaissante.

Un peu plus tard, nous arrivons finalement chez nous où la noirceur semble être tombée depuis longtemps. Les arbres murmurent des mots incompréhensibles à notre langage, mais ils continuent pourtant à balancer leurs branches d'un côté et de l'autre, d'avant en arrière dans un mouvement perpétuel. Le ciel est maintenant plus éclairé puisque nous sommes à présent hors de la ville et de ses nombreux lampadaires. La maison est joliment éclairée par plusieurs lampes suspendues ici et là tandis qu'à l'entrée, il y a deux rangées de lumières qui semblent nous accueillirent et nous accompagner jusqu'au garage.

Nous descendons en nous étirant un peu et en baillant aussi. Il fait dire qu'il est proche de minuit et que nous nous sommes, en tout cas, pour ma part, levés il y a des heures. D'un pas nonchalant nous entrons dans le manoir suivis de Lucinda de près. Bill et Hélia viennent nous voir dès notre entrée. Ils veulent absolument en savoir plus sur ma rencontre avec James Rawls, mais d'une humeur quelque peu comique, je décide de les faire patienter au maximum. Un moment donné, ils finissent par craquer et ils sont maintenant entrain de me supplier. Je m'assoies donc sur un des divans d'un des nombreux salons que cette maison peut contenir et je leur fait signe de prendre place en face de moi.

Avant que je commence mon récit des évènements, le reste de la bande entre dans la pièce et vienne également s'asseoir. Je commence à tout raconter de long en large à un point où je me surprends même à leur décrire l'architecture de cette magnifique maison. Je conclue par le fait qu'il a décidé lui aussi de me venir en aide. Mes frères, plus particulièrement, sont contents pour moi, mais les autres aussi le sont heureusement.

Fatigués par cette longue journée, nous nous disons tous bonne nuit et nous nous dirigeons dans nos chambres séparément. J'arrive dans la mienne, me déshabille et décide enfin de compte d'aller prendre une douche parce que j'ai quand même un peu chaud. Après celle-ci, je fais le reste comme habitude avant de rejoindre mon lit et d'allumer une petite lampe. Je finis par m'endormir quelques minutes plus tard.


Ellipse temporelle

Je me réveille, étrangement vers cinq heures trente, heure à laquelle il y a presque une semaine que je ne me réveille plus. Aurais-je recommencé à mal dormir? Peut-être, mais si c'est cela, je me compte déjà chanceuse de ne pas avoir fait un cauchemar comme il m'arrive encore de faire.

Je me lève donc malgré cette heure matinale. Je m'habille tout de suite en silence, fais le reste de ma toilette et à pas de loup, dans la plus grande discrétion, je descend au sous-sol.

Arrivée en bas, je m'installe sur le tabouret du piano et continue de peaufiner cette chanson que j'ai décidé enfin à leur faire entendre parce que je me dis que de toute manière je le ferais un jour, alors pourquoi pas aujourd'hui? Pendant des heures et des heures interrompues parfois par des brèves pauses de quelques minutes, je m'échines à rendre cette composition aussi bonne que l'autre. Finalement, j'arrête vers neuf heures trente peut-être lorsque j'entends des pas en haut. Je descend de mon tabouret, sors de la salle et décide de remonter en haut.

Je franchis les quelques dernières marches lorsque la porte s'ouvre, non pas sur Gustav comme je l'aurai pensé, mais sur un Tom encore légèrement endormi. Je le regarde tandis que lui pose un regard interrogateur sur moi. Je lui fait un sourire et lui dis simplement que je n'arrivais plus à dormir. Il descend alors les marches jusqu'à moi et vient m'enlacer de ses grands bras protecteurs.


Tom: C'est encore un cauchemar?
Lauren: Non, de ce côté tout va bien, mais j'ai quand même l'impression que je refais de l'insomnie peut-être.
Tom: J'espère que ça va s'arranger parce que tes cernes ne faisaient que s'estomper, il ne faudrait pas que ça recommence.
Lauren: Non, je l'espère aussi et sinon il y a encore le vieux truc à maman.
Tom: Quoi donc?
Lauren: Boire du lait chaud avant de se coucher.
Tom: Ah oui, je me rappelle qu'elle nous faisait boire ça quand elle voulait que l'on dorme et qu'on était incapable. Après, on était tous parti in extremis au pays des songes.
Lauren: Oui. Ça a une certaine efficacité, dis-je en riant un peu.
Tom: Il y a longtemps que tu es debout?
Lauren: Depuis cinq heures trente à peu près.
Tom: Ça fait longtemps, ça fait presque quatre heures. Veux-tu réessayer de dormir encore quelques heures?
Lauren: Oui, pourquoi. Je me sens encore un peu fatiguée aussi.
Tom: Allez viens. On y retourne.

Il enlève ses bras autour moi, mais me prend quand même la main. Ensemble nous gravissons les quelques marches avant la porte. Nous nous dirigeons, à travers les innombrables couloirs, vers l'escalier principale menant directement aux chambres. Tom m'emmène dans sa chambre où il me dit que je dormirai avec lui. Pendant qu'il se glisse sous les couvertures, j'enlève mes pantalons et l'imite. Couchée, il s'approche lentement de moi, passe un bras autour de mon ventre et pose sa tête proche de la mienne. Il me tasse davantage vers lui et maintenant je suis complètement contre lui. Je sens une nouvelle fois, cette chaleur caractéristique des beaux moments m'envahir. Je ferme les yeux sous le regard bienveillant de Tom. Je sens son souffle chaud contre ma nuque...ce souffle irrégulier qui finit par le devenir, signe qu'il s'est lui aussi endormi à son tour.

Entourée ainsi de ces bras si protecteurs, si chaud et si à-l'aise avec moi, je sombre à mon tour lentement, après quelques heures réveillés. Je ne rêve pas et dans un sens c'est mieux je crois. Je me repose quand même et c'est le principal. Je dors d'un profond sommeil, de celui où, même avec des bruits environnant tu n'entends rien. Sans m'en rendre compte, je me tourne de coté, et me retrouve en face de Tom toujours avec ses bras sur mes hanches. Je me cale dans ses bras et mets ma tête dans le creux de son cou. Je replie mes bras contre moi, me mets en boule et continue de sommeiller.

Vers quatorze heures, Bill vient nous réveiller et posant une main sur notre épaule et en nous brassant un peu. Je suis la première réveillée, mais pour Tom c'est une autre paire de manches. Il faut presque dix minutes pour qu'il se réveille. Bill était tanné d'attendre alors il est parti, donc c'est grâce à moi qu'il a les yeux ouverts!!! Nos ventres grognent, ça n'a pas de sens. Je m'extirpe du lit, remets mes pantalons tandis que Tom met les premiers vêtements qui lui tombent sous la main. Il se hisse la casquette que je lui avait acheté sur la tête et nous partons direction la cuisine. Mon frère est toujours dans le champ de betteraves, donc c'est moi qui prend en charge de nous concocter un petit quelque chose.

Alors qu'il repose sa tête contre le comptoir, moi je sors tout ce qu'il me faut pour faire des crêpes. Elles sont prêtes cinq minutes plus tard. Je les dépose dans d'immenses assiettes que je dispose vis-à-vis nos places. Je rajoute dans celles-ci quelques fruits, pour que ça soit plus gais et fini par mettre un soupçon de sucre brun, le meilleur pour la santé.

Nous mangeons en silence, et parfois je lui en refais une autre quand il me le demande ou quand j'ai fini la mienne. En tout ce que j'ai fait, nous finissons quand même par finir l'énorme plat de pâtes que j'avais préparé.
Il m'aide par la suite à faire la vaisselle que nous finissons bien vite puisqu'il n'y avait presque rien. Nous rangeons tout et lavons le comptoir avant de redescendre rejoindre les autres qui sont probablement dans le studio. Je descend en premier, mais c'est Tom qui arrive dans la pièce avant moi. Les autres sont tous là, assis sur les fauteuils encore entrain de parler. Georg a pris une guitare basse et en joue un peu en même temps alors qu'Andréas, c'est une guitare sèche qu'il a entre les mains. Tom et moi nous nous faisons une place parmi la foule. Je leur rappelle que c'est la dernière journée ici et que l'on doit impérativement faire nos valises bientôt. Mais avant de nous bousculer pour récupérer nos affaires, je me décide enfin à leur présenter ma chanson que je ne voulais pas qu'ils entendent hier.

Je m'installe derrière le piano, m'assoie confortablement, poses délicatement mes doigts sur les touches et entame enfin ma composition.


Mille pensées pour mille jours en ton absence
Mille larmes pour mille années à t'attendre
Seule dans un monde immense, l'amour perd tout son sens
Et plus j'y pense plus tes souvenirs me hantent
Te souviens-tu de moi, peux-tu encore entendre ma voix
J"ai eu peur de trop t'aimer j'ai eu peur de devoir tout brûler

J'y pense encore le soir
Je saigne, je n'ai pu panser les blessures causées par l'usure
J'y pense encore le soir
J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin

J'ai tout effacé, les mémoires, les jours, les années
On m'a souvent dit que par amour on finit par oublier
Je n'ai jamais compris pourquoi chaque nuit
J'espère encore me souvenir de ton corps et de nos soupirs
Penses-tu encore à moi à toutes ces nuits passées dans tes bras
Tout ce vent de douce caresses l'océan de toutes nos promesses

J'y pense encore le soir
Je saigne, je n'ai pu panser les blessures causées par l'usure
J'y pense encore le soir
J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin sans moi, sans moi

J'y pense encore le soir
Je saigne, je n'ai pu penser les blessures causées par l'usure
J'y pense encore le soir
J'ai peur que tu m'oublies pour fuir vers une autre vie pour suivre ton chemin

Mille pensées pour mille jours en ton absence
Mille larmes pour mille années à t'attendre


Le son des notes s'estompe graduellement et je me tourne vers mes amis. Ils me félicitent d'avoir composé une si belle chanson, même s'ils ne comprennent pas vraiment ce que j'ai pu dire. Je la leur traduit alors et Bill se sent soudainement particulièrement concerné. Il me demande si c'est bien ce qu'il pense et j'approuve. Je leur explique donc pourquoi je leur avais dit que c'était une chanson très personnelle. Bill se rappelle alors de tout ce qu'on a vécu ensemble. Notre histoire d'amour quand on avait 12 ans qui ne s'est jamais à vrai dire terminée en quelque sorte. Je prend Bill à part parce que contrairement aux autres, il a l'air soucieux.

Bill: Pourquoi une chanson pareille?
Lauren: Parce qu'à travers mes compositions, je n'exprime que ce que je ressens.
Bill: Et c'est ce que tu ressens en ce moment?
Lauren: Non, pas du tout, mais c'est ce que j'ai ressenti les premières semaines de notre séparation. J'avais peur que si tu savais ce qu'il m'arrivait, une part de toi soit dégoûté par moi et que tu me laisses seule, mais maintenant je vous ai retrouvés et malgré le fait que l'on est grandi, on est resté les mêmes ou presque. Une partie de moi ressent probablement encore des doutes, des peurs en lien avec ce que l'on a vécu, mais jamais je ne douterai de ta sincérité envers moi ou de toi.

Bill retrouve peu à peu son sourire même si je sens qu'il est encore entrain de penser à ce que je viens de lui dire.

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Je vous présente James Rawls sur la photo.

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 17:54

Modifié le mercredi 09 septembre 2009 16:02

chapitre 39

chapitre 39
Bill se pose toujours des questions et je le comprends, moi aussi à sa place je me demanderais comment la fille que j'ai aimée a pu écrire une chanson sur notre relation où on entend presque dans le silence ce cri agonisant traduisant sa plus grande frayeur: le reniement par l'être aimé, mais contrairement à lui, je ne peux sentir sa douleur dans sa cage thoracique provenant de son coeur, je ne peux que m'imaginer partiellement cette lute des sens auquel il se livre depuis bientôt une bonne dizaine de minutes. Je ne trouve pas les mots pour le rassurer, je n'en suis pas capable et le pire d'entre tout, c'est de me dire que c'est de ma faute s'il est dans cet état. C'est moi qui vient de brasser de vieux souvenirs enfouis sous une masse de poussière avec ma chanson. Avoir su que ça serait l'effet qu'elle ferait, je l'aurai gardée pour moi comme un trésor que l'on dévore par nécessité de ne pas faire de mal et non par envie égoïste. De là où je suis, je ne peux m'empêcher de regarder Bill qui se fait prisonnier de ses tourments comme s'il était en même temps l'exécuteur et l'exécuté d'un quelconque châtiment et de faire la comparaison de mes autres amis qui sont toujours là, dans la même pièce que nous et qui regardent encore la feuille avec les paroles de ma chanson encore éblouie par l'arme que j'ai utilisé contre Bill: les mots! Ils restent là sans savoir vraiment que mon frère vit en ce moment un moment de solitude où se lit dans ses yeux l'égarement et où dans ses gestes résident une grande fatigue, las de constater que rien n'est encore fini et que malgré moi, je serai toujours imprégnée de ce mal qui me ronge et qui ne veut pas s'en aller. Je ne supporte plus de voir ce tableau et je ne me sens pas assez forte de rester avec les autres en sachant que j'ai causé du tord à quelqu'un et que celui-ci se situe à quelques pas de moi. Tête baissée, pieds traînant effleurant le sol, je soupire bruyamment, non pas pour me faire remarquer comme on aurait pu le croire, mais pour me donner le courage de le laisser réfléchir et de le laisser seul alors qu'il ne va pas bien. J'aimerais tellement le prendre dans mes bras, le bercer, le consoler et lui chuchoter des paroles qui le convaincraient vraiment pour qu'il puisse retrouver son sourire, mais malheureusement pour moi je ne sens pas cette force qui m'anime à chaque fois que je vois une personne dans le besoin, cette sensation de protection et de bienveillance ne dédaignent pas pointer leur bout du nez! Je tourne donc les talons et monte dans ma chambre où pendant de longues minutes je ramasse le moindre objet, le moindre vêtements qui jonchent le sol de mon petit chez moi privé. Quand tout cela est fini, je m'assieds lourdement sur mon lit qui rebondit sous le choc. Je contemple cette pièce où pendant cinq jours j'ai habité, où je me suis sentie totalement libre depuis mon départ de l'hôpital il y a 6 jours exactement. Je contemple chaque parcelle et me jure, dans un élan de mélancolie, que je reviendrai bientôt ici.

Il est presque 16 heures quand je me décide de laver le linge sale qui sont dans les paniers pour qu'on puisse les ramener chez nous. C'est ainsi que je commence par vider mon panier dans un autre panier où je mettrai les vêtements des autres également. Je continue ma tournée jusqu'à dans la chambre de Lucinda.

Avec un énorme panier sous le bras et une envie de ne pas faire le moindre effort, je décide de prendre l'ascenseur pour me rendre dans le sous-sol où les autres sont sûrement encore.

J'appuie sur la flèche rouge qui tend vers le bas et attends patiemment l'engin qui vient s'arrêter accompagné d'un déclic. J'entre lentement dans la cabine d'aluminium, et comme dans une boîte de conserve, je suis enfermée le temps qu'il m'emmène à ma destination finale. Ce n'est que quelques secondes plus tard que dans une douce secousse, je m'arrête. Les portes s'ouvrent en coulissant de côté me laissant ainsi le passage libre. Je sors et me dirige de l'autre côté, où il y a un salon et deux étages de chambres dans le fond. Sans attendre une seconde de plus, je me dirige vers les chambres, je descend quelques marches dont le nombre se compte sans difficulté sur ma main. Celles-ci descendues, je me dirige maintenant vers la buanderie situé au premier étage des chambres à l'extrémité gauche. J'ouvre la porte délicatement avant d'allumer la lumière à côté de la porte. J'avance et dépose finalement le panier sur le sol vis-à-vis la laveuse. J'ouvre la petite porte de la machine et mets tous les vêtements du panier là-dedans et la referme enfin. Je tourne la petite roulette et la positionne à gros lavage avant d'appuyer sur le bouton pour enclencher la porte. J'appuie encore et la machine pars dans un vrombissement assourdissant qui s'estompe dès lors que je referme la porte de la pièce. Je remonte à l'étage supérieur et cherche Lucinda que je trouve enfin dans le jardin entrain d'enlever les mauvaises herbes. Je me mets à sa hauteur et lui demande finalement si la famille possède toujours se fameux jet privé que ma mère avait fait l'acquisition il y a moins de cinq ans auparavant. Elle me répond aimablement que oui et je l'en remercie sincèrement. Je m'éloigne de la cours, ouvre le portail arrière de la maison et entre directement dans la salle à manger. J'avance et me dirige vers la cuisine où Lucinda m'a dit que je trouverai le numéro du pilote de la famille. Quand je rentre dans la pièce, je vois Bill qui mange au comptoir et tout à coup, la gêne tombe dans l'atmosphère comme a tombé la bombe de Hiroshima et Nagasaki. L'atmosphère est presque plus que palpable, je la sens sur tout mon corps. Bill rebaisse immédiatement sa tête quand il m'aperçoit dans l'entrebâillement de la porte. Je ne veux pas le mettre plus mal-à-l'aise qu'il ne l'est déjà alors je fais comme si de rien n'était. Je m'affaire plutôt à chercher ce numéro que je trouve au bout de trois minutes. Je prends le bottin téléphonique familiale et saisie le premier téléphone que je trouve. J'attends que mon interlocuteur décroche après que trois coups soient déjà sonnés. Enfin, j'entends le déclic et le grésillement familier lorsqu'on est en contact avec quelqu'un. Je m'adresse à monsieur Gauthier en français et lui explique la situation. Il accepte de préparer l'avion et nous dit que celui-ci sera prêt dans la soirée, il ajoute que dès que l'itinéraire sera tracée et que tout sera organisé comme la procédure l'oblige, il nous appellerait. Je l'en remercie et raccroche. Je remets le combiné à sa place avant de m'approcher de Bill. Je ne peux pas laisser l'atmosphère rester comme elle est, surtout que nous ne serons qu'à quelques pas l'un de l'autre dans le jet pendant plus 6 heures de temps, il faut que je fasse quelque chose et le plus vite ce sera réglé et mieux ce sera! Je me tire un tabouret à côté de celui où Bill est assis et j'attends de lui une quelconque réaction, et j'attends, et j'attends...mais rien ne vient alors je décide de faire les premiers pas.


Lauren: Bill, dis-je dans un souffle quasi inaudible. Bill, parle-moi s'il vous plaît.
Bill: Je ne sais pas s'il y a quelque chose à dire Lauren.
Lauren: Bien sûr qu'il y a quelque chose, il y a toujours quelque chose, lui déversais-je d'un ton suppliant. Dis-moi, c'est à cause de la chanson?
Bill: Peut-être que oui, peut-être que non. Peu importe en fait, mais les faits sont là...et c'est dur d'accepter.
Lauren: Accepter quoi? Bill, dis-moi, tu me fais peur!
Bill: Tu n'es plus comme avant et plus jamais tu ne le seras.
Lauren: Bien sûr que je le serai à nouveau, mais il me faut votre aide. C'est une tâche colossale et j'avoue que je doute de mes capacités à me rendre jusqu'au bout seule, mais vous êtes là vous. Je sais que vous m'aiderez à surmonter mes démons, je sais que vous serez toujours derrière moi où que je sois. Une présence ne suffit pas, ce qu'il suffit c'est la certitude et moi je l'ai. Même si vous ne serez pas là, j'aurai tout de même la certitude que vous veillerez sur moi tels des anges. Vous représentez beaucoup pour moi et tu le sais...
Bill: Mais j'ai bien peur que tu ne sois trop brisée pour qu'on le puisse recoller les morceaux. J'ai peur que ce que l'on fera ne soit vain, et si cela ne mène à rien? me dit-il en laissant couler quelques larmes alors que sa voix se fait enrouée. Je voudrais te protéger, je t'assure, mais ton père est capable de tout et s'il t'amenait loin de nous à jamais?
Lauren: Je me battrais pour moi avant tout, mais aussi pour nous, pour l'espoir que j'aurai de vous revoir un de ces jours. Même si les jours s'assombrissaient au fur et à mesure qu'ils s'en iraient, ma lumière à moi les vaincra, parce qu'en faisant tout ce qu'il a fait, il a fait de moi quelqu'un de plus fort. Dans un sens, il m'a ressuscitée, mais à son insu. Bill, je ne me laisserai jamais aller, il y toujours de l'espoir, je t'assure.
Bill: Tu en es certaine?
Lauren: Un peu plus qu'il n'en faut. J'en suis plus que certaine, j'en suis sûre et certaine!!!
Bill: Alors je te crois, me dit-il en me faisant un sourire.

Je me lève de mon siège et vient le coller le plus fort que je le peux. Il pose sa tête sur mon épaule tandis que je lui caresse d'un geste affectueux son dos. Je lui murmure des mots rassurants et quelques fois je lui dis quelques blagues pour détendre l'atmosphère. À force de m'entendre lui dire des âneries au creux de l'oreille, il finit par éclater de rire, ce qui me réjouit davantage. Nous restons comme ça de longues minutes et pendant celles-ci, j'ai l'impression que tout a arrêté de tourner, qu'à cet instant, nous ne sommes que deux, dans cette pièce, dans ce continent, dans ce monde. Je me sens bien près de lui et à mon tour, je laisse choir quelques larmes significatives pour moi, car elles sont la cause de tout mon bonheur. Je sens le parfum de Bill, qu'il sent bon! Son parfum est à la fois fort et doux, épicé mais pas trop, juste ce qu'il faut pour attirer l'attention sur son passage sans pour autant déranger. Cette odeur, je l'aime et à partir de ce moment, je ne l'oublierai plus jamais, comme encrée dans ma mémoire jusqu'à ma propre fin.

Nous nous décollons pour le meilleur et pour le pire. Je lui souris tendrement, d'un sourire d'une mère peut-être, d'un sourire de quelqu'un qui se veut bienveillant et qui promet que tout ira mieux. Dans le regard de Bill, je vois les yeux d'un jeune enfant apeurée qui décide de faire confiance en la personne qui est en face de lui. Je les vois s'illuminer comme s'illumineraient les feux d'artifices au milieu d'une nuit noire. Je perçois de la sincérité, de la peur, mais aussi, une confiance aveugle en moi, c'est ce qui me touche le plus, je dois dire. En d'autre circonstance, peut-être que notre couple aurait survécu? mais en même temps, nous n'avions que douze ans. À douze ans, on connaît encore que très peu l'amour, on se fait un idéal de ce qu'il peut être sans pour autant en dessiner les traits distinctement. Alors il aurait été également possible qu'entre nous, cela ne dure guère longtemps tout compte fait, pourtant il y a une chose dont je suis certaine. Cette chose est que n'importe ce qu'ils nous seraient arrivés, nous aurions toujours été là l'un pour l'autre parce que même à cet âge là, nous sentions déjà de puissants liens qui nous unissaient, nous deux certes, mais plutôt nous trois. Si je parle de Bill comme d'un amour perdu et retrouvé dans les bras de quelqu'un d'autre, c'est bien parce que c'est avec lui que je vivais cette histoire, par contre, je n'ai jamais oublié Tom non plus. Il prenait une énorme place dans mon coeur comme peuvent prendre tous les continents sur la terre. Je n'étais rien sans lui et il n'était rien sans moi tout comme avec Bill ou comme entre Bill et Tom. Si on ne nous avait pas connu, on aurait pu dire que nous n'étions pas un couple de jumeaux avec une fille, mais plutôt des triplets. Tout le temps, je me souviens, tout le temps nous nous tenions ensemble, jamais lassés de la compagnie de l'autre, toujours heureux de se voir et excités en pensant simplement à notre prochaine rencontre. Je pouvais passer autant de temps avec Bill qu'avec Tom, parce que malgré la relation qui nous unissait Bill et moi, je tenais toujours à voir Tom et Bill le respectait et m'encourageait surtout à préserver ce lien. Jamais il n'a eu de dispute ou de malentendu entre nous, jamais! On se complétait trop pour ça. Nous étions à la fois différents et pareils, la parfaite recette d'une belle amitié en santé et sans compromis à un tel point que si un envisageait de faire quelque chose, les autres s'empressaient de le suivre peu importe les représailles que cela pouvaient signifier. Nous étions trois gosses des quartiers quelconques, mais à la manière des trois mousquetaires, nous nous jurions fidélité, complicité et solidarité, les trois grands mots que nous nous répétions sans cesse.

Ce moment de nostalgie me ramène tellement loin en arrière, tellement de bons souvenirs me reviennent en mémoires, des souvenirs que je n'ai jamais oubliés et jamais je n'oublierai même en étant une aliénée mentale, ils ne se perdront pas dans ces coins incongrus de mon cerveau, parce que ces moments sont trop précieux pour que l'entité humaine, aussi sournoise et puissante puisse-t-elle être n'en vienne à bout.

Je regarde Bill dans les yeux et lui fait de même, sans que l'on puisse savoir ce qu'il se passe en ce moment, je sens une décharge électrique le long de mon échine: je l'ai retrouvé, ce lien! Celui-là même que nous avions jadis, il est toujours là, il a survécu au carnage, a traversé le temps et l'espace, a affronté l'oubli et vaincu la séparation.
Nous cherchons dans le regard de l'autre quelque chose qui nous a manqué, quelque chose qui nous importait peu, mais qui est maintenant d'un importance capitale. Peut-être les liens sacrés entre frères et soeurs, peut-être l'évolution de ceux de notre amitié ou peut-être une pâle copie de notre histoire, on ne le sait pas, mais peu importe, puisque nous l'avons, c'est tout ce qui compte.

C'est l'horloge grand-père qui vient nous tirer de nos pensées, il annonce les 17 heures et je vois que Bill semble tout à coup revenu sur terre. Il parait pressé et je sais bientôt la raison quand il lâche en phrase rapide, mais compréhensible qu'il n'a pas encore fait ses valises. Il me quitte non sans m'avoir auparavant adressé un regard où je lis toute la bonté du monde. Il sort de la cuisine et monte quatre à quatre les marches qui le conduisent dans ce long couloir où est sa chambre. Je redescend en bas voir les autres, peut-être en ont-ils profité pour boucler leurs bagages et que maintenant ils attendent au studio?

Je me dirige d'un pas lent et gracieux vers les antiques marches de bois sculptées avec minutie par un des plus grands ébénistes du monde et par son collègue et apprentis charpentier. Le vernis est toujours là comme s'il faisait parti à part entière de l'escalier. J'ouvre la grande porte et descends ces escaliers qui me mènent au sous-sol. Je franchis la dernière marche et j'entends des voix, mais elle ne viennent pas du studio, mais plutôt des chambres. Je tourne donc à ma droite et trouve mes amis appuyés sur la rambarde du deuxième étage des chambres dans le fond complètement. Ils sont là à jaser probablement de tout et de rien, mais en tout cas, ma présence de les dérange nullement et ils continuent toujours de parler. Je vois Gustav un peu plus loin qui est seul dans son coin et je me demande bien pourquoi alors je m'avance vers lui et me pose sur un des divans qu'il y a entre deux portes de chambres.


Lauren: Il y a un problème Gustav?
Gustav: Non, aucun.
Lauren: Alors pourquoi n'es-tu pas avec les autres?
Gustav: J'avais besoin d'être seul, parfois c'est une envie soudaine qui me prend.
Lauren: Alors peut-être ferais-je mieux de te laisser, lui dis-je gentillement sur un ton d'excuse.
Gustav: Ah non non. Tu peux rester là si tu veux, ta présence me fait du bien.
Lauren: D'accord.
Gustav: Je crois aussi que j'ai besoin de parler, mais à d'autre personne qu'à eux...
Lauren: Alors, tu penses à moi?
Gustav: Oui, si cela ne te dérange pas?
Lauren: Non, ce sera même un honneur. Alors je t'écoute, ne te presse pas surtout, dis-moi tout seulement quand tu seras prêt. On a le temps de toute manière.
Gustav: Merci.

Je reste assis à ses côtés et parfois il me parle de tout et de rien, mais surtout de ses problèmes, ou plutôt du cadeau qu'il voudrait acheter pour sa soeur, mais qui ne sait pas quoi. J'essaie de l'aider du mieux que je peux en lui demandant ce que sa soeur aime ou n'aime pas, ce qu'elle fait, qu'elle est son genre de caractère et à quoi elle ressemble. Quand j'ai enfin une bonne idée de comment peut être cette personne, je lui fait quelques suggestions qui semblent le ravir, bien sûr il faudra le temps de laisser ça murir parce qu'il ne veut tout de même pas prendre un décision à la va vite et je le comprends parfaitement.

Une heure et demi plus tard, vers les 19 heures, je leur annonce que l'heure du décollage est prévu pour 22 heures après que j'ai reçu le coup de téléphone de monsieur Gauthier. Tous semble ravis d'être dans quelques heures sur un nouveau continent et pour Tom et Bill, c'est plus l'excitation de revoir l'appartement familiale dans la grande ville de New York, appartement qu'ils n'ont pas vu depuis quatre ans au moins.

Nous soupons en bavardant comme jamais, en riant et en échangeant pour les quelques dernières fois avec Lucinda. Après le repas, pendant que mes amis finissent de regarder s'ils n'auraient pas laisser quelque chose trainer à quelque part, moi j'aide Lucinda à faire la vaisselle et à ranger la table. Environ quarante-cinq minutes avant le décollage, j'appelle Sylvie pour lui annoncer que nous changeons de continent dans quelques heures et que nous décollons sous peu. Bill et Tom se joignent à la conversation environ 20 minutes avant que l'on soit obligé de dire au revoir à notre mère.

À vingt et heure moins quart tapante, Lucinda va nous porter sur notre terrain privée où le jet nous attend patiemment. Les autres s'affairent à mettre les valises dans le petit avion et commencent à se préparer au décollage alors que moi, je suis toujours sur le sol à dire à Lucinda que s'il y a un problème quelconque, pour n'importe quoi, d'appeler à l'appartement. Je lui dis également que je lui ait laissé quelques billets pour qu'elle se gâte un peu parce que la vie est trop courte pour tout le temps faire du ménage. Elle me sourie aimablement et me dis merci à tout bout de champ. Je sens quelques larmes qui viendront dans quelques instants et c'est là que je me rappelle que Lucinda n'a jamais aimé les départ dû aux nombreux traumatismes qu'elle a eut dans sa vie. Je la prends dans mes bras pour la consoler et lui dis que nous serons toujours là, je lui dis aussi que je lui ferai parvenir un billet d'avion pour qu'elle s'occupe de la maison en Allemagne plutôt que celle-ci. Elle me demande inquiète, de quelle maison je lui parle et sans aucune gêne je lui affirme que ce n'est pas celle qu'elle croit, que c'est elle proche de ma nouvelle maison, proche dans le même quartier, celle dans laquelle je vivais il y a quatre ans.

Après maintes larmes et maintes promesses, je rentre dans l'appareil de luxe et prends place à côté d'un hublot dans le fond.

Le décollage se fait tranquille et les crispations de tout le monde s'envolent dès que nous sommes stabilisés. Je leur fait visiter un peu cette habitacle et leur montre les trois grands lits double dans la pièce d'à côté, la télévision, la salle de bain, le bar et le petit cinéma maison avant de retourner dans la pièce principale où il y a des sièges. Hélia, Andréas, Georg et Bill nous disent qu'ils vont se coucher un peu et nous pris de les réveiller avant l'arrivée si nous sommes encore debout. Ils disparaissent en un rien de temps derrière le rideau et bientôt nous entendons le silence complet. Il ne reste plus que Gustav, Tom et moi qui sommes encore debout.

À travers la fenêtre, nous regardons les points des lumières des villes anglaises qui défilent sous nous. Bristol, Londres, Oxford s'éloignent de nous peu à peu que l'avion continue d'avancer dans l'air. Bientôt, nous ne voyions plus rien, nous avons l'impression de ne faire qu'un avec le ciel, les nuages, les étoiles et la lune, en dessous de nous, se trouve l'océan atlantique dans sa grande étendue. Nous restons ainsi dans le silence pendant trente minutes au moins avant de se décider finalement d'aller se coucher à notre tour.

Nous franchissons le rideaux de laine qui sépare les deux pièces et sous nos yeux, nous pouvons voir qu'Hélia et Andréas dorment ensemble sur le lit du fond et Bill et Georg sont sur celui du milieu, en outre, ils nous ont laissé le plus grand lit pour nos trois au bord.
Nous enlevons tous nos pantalons et les garçons enlèvent également leur t-shirt avant de s'immiscer avec moi sous les couvertures. Ils finissent, comme les autres auparavant de s'endormir, alors que moi je suis encore là, seule dans la nuit, au milieu de ce silence interrompu ici et là par quelques respirations. Je tourne la tête dans la direction de Tom et regarde les nuages défiler à travers la fenêtre. À ce moment-là je me dis à quel point c'est étrange cette sensation de toujours faire parti du monde, mais qu'en même temps, de là où nous sommes, nous sommes indéniablement coupés de toute civilisation et pourtant le téléphone dans l'engin peut nous prouver le contraire, alors quelle drôle de sensation surtout la nuit...

# Posté le mercredi 09 juillet 2008 03:08

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 19:37