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Pendant le trajet, Tom joue avec son cellulaire et regarde par la fenêtre le paysage défiler alors que Bill essaie d'en savoir un peu plus sur la personne que je vais voir.
Bill : Elle s'appelle comment?
Lauren : C'est Victoria Shailey. C'était la meilleure amie de ma mère. Elles ont fait leurs études ensemble à Oxford et depuis ce temps là, elles n'ont jamais cessé de se voir. C'est d'ailleurs elle ma marraine. Ça fait longtemps que je ne l'avais pas vue et je ne sais pas si elle va me reconnaître, j'espère que oui. Elle parle un peu l'allemand, alors ça va être plus facile de lui parler.
Bill : Ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'elle ne t'a pas oubliée. Mais pourquoi ce n'est pas avec elle que tu es partie vivre, ce n'est pas que je ne suis pas content que tu sois ma s½ur, mais...
Lauren : En faite, elle est marraine en pratique, mais pas en théorie, du coup elle n'était pas reconnue par la loi comme étant celle qui allait s'occuper de moi s'il y arriverait quelque chose avec mes parents, c'est pour ça que je suis avec vous.
Bill : Elle sera contente de te voir, je pense. Après toutes ces années...
Lauren : Je l'espère vraiment, mais je ne sais pas comment elle va réagir quand je vais lui dire que ma mère est morte et que mon père est devenu un tueur en série. Je ne sais même pas si elle sait que je suis encore en vie.
Bill essaie d'apaiser mes craintes. Il me parle d'une douce voix pendant tout le long du trajet. Au bout d'un moment, Tom qui n'est plus intéressé par le paysage, commence aussi à se mêler à la conversation et tente également de me rassurer.
Quelques instants plus tard, nous arrivons à la destination finale. Je paie le chauffeur, nous descendons du taxi et nous avançons vers la maison de Victoria.
D'un pas mal assuré, j'avance dans l'allée en pierre et presse finalement la sonnette. J'angoisse un peu en attendant qu'elle vienne ouvrir. À travers les petites vitres de la porte, nous voyons une madame d'à peu près trente-cinq ans qui s'avance vers nous. Elle nous ouvre enfin la porte et nous regarde chacun notre tour jusqu'à temps qu'elle pose les yeux sur moi. Elle semble se souvenir de quelque chose, mais n'a pas l'air de savoir quoi exactement. Elle nous demande d'une douce voix ce que nous voulons.
Lauren : Marraine? C'est moi Lauren.
Victoria : Lauren??? Lauren Lloyd?!!!
Lauren : Oui, c'est moi. Est-ce que nous pouvons entrer?
Victoria : Ah oui, oui, bien sûr, dit-elle en se tassant sur le côté pour nous laisser la voix libre.
Nous nous installons dans son salon pendant qu'elle part faire du thé. Bill et Tom sont de chaque côté de moi, ce qui a pour effet de me détendre, déjà que je l'étais un peu quand Victoria m'a reconnue, alors maintenant, je me sens tout à fait à l'aise.
Victoria revient quelques instants plus tard avec un plateau où il y a 4 petites tasses de porcelaine, 4 soucoupes et une bouilloire aussi. Elle dépose le tout sur la petite table du salon.
Victoria : Un peu de thé Lauren?
Lauren : Oui, merci beaucoup.
Elle prend la bouilloire à l'aide d'une mitaine de cuisine et verse le liquide anglais dans une des petites tasses qu'elle pose sur une petite soucoupe. Elle me les tend et je les prends, les déposes sur mes genoux.
Victoria : Et vous, les garçons?
Ils ne savent pas trop quoi répondre. C'est vrai que nous en Allemagne, le thé n'est pas trop notre fort, c'est plus le café. Mes frères me regardent d'un air interrogatif et moi je leur jette un regard qui leur prie de dire oui. Ce qu'ils font tout de suite.
Bill et Tom : Oui. Merci beaucoup.
Quand les garçons reçoivent leur tasse, ils ne semblent pas trop savoir quoi faire avec. Je les plainds, j'aurai dû leur parler des coutumes anglaises avant que l'on arrive, je me sens un peu coupable de la manière dont la situation tourne. Pendant que Victoria a le dos tourné pour aller s'installer dans un des divans en face de nous, je leur chuchote de dépose leur tasse sur leurs jambes et d'en boire au moins la moitié. Les garçons n'ont l'air pas de vouloir le faire, mais je les dissuade en un regard.
Victoria nous regarde un instant avant de prendre la parole.
Victoria : Alors Lauren, qui sont ces jeunes gens?
Lauren : C'est une très longue histoire, mais pour faire court, ce sont mes frères. Je te présente Bill à ma droite et Tom à ma gauche.
Victoria les salut de son fauteuil et leur dit qu'elle est enchantée de les rencontrer.
Victoria : Mais là, je suis sûre que tu n'es pas venue jusqu'ici pour me présenter tes deux frères.
Lauren : Non, en effet. Je suis venue parce que j'ai quelques problèmes personnels et j'aimerais que tu m'aides à éclairer quelques points noirs.
Victoria : Mais oui, bien sûr. Demande ce que tu veux, je vais essayer d'y répondre.
Lauren : Voilà, avant tout, il faut que je te dise que depuis la dernière fois que nous nous sommes vues, il y a plusieurs années, beaucoup de choses ont changés. Si tu n'es pas au courant, je regrette sincèrement de t'annoncer une triste nouvelle.
Victoria : Que peut-elle bien être?
Lauren : Maman, enfin, Layla, est...morte!
Le visage souriant de Victoria se crispe tout d'un coup et je vois ses yeux s'assombrir. Elle commence à trembler, mais essaye quand même de se contrôler. Elle reprend une grande respiration pour se calmer et me demande :
Victoria : Est-ce que ça fait longtemps qu'elle... n'est plus là?
Lauren : J'en ai bien peur, lui répondis-je d'une petite voix.
Victoire : Combien de temps au juste? Semble-t-elle inquiète.
Lauren : Depuis plus de quatre ans. Elle est morte dans notre résidence en Allemagne.
Victoire : Pourquoi elle ne m'a pas dit qu'elle avait une maladie? Je croyais qu'on était de très bonnes amies.
Lauren : Tout simplement parce qu'elle en avait pas une. C'est dur à dire la manière dont elle morte, dis-je dans un souffle.
Victoria redresse son visage vers moi où perlent, sur ses joues, des larmes. Dans son regard bleu comme l'océan, je vois déverser les chutes du Niagara. Cela m'incite à pleurer à mon tour encore plus. Un silence se fait dans la pièce et on ne peut entendre que les sanglots déchirants de deux personnes qui brisent l'ambiance. Victoria, reprend peu à peu ses esprits et finit par me demander comment elle est morte.
Lauren : Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée!
Victoria : Ce n'est pas grave, je tiens quand même à le savoir. S'il te plaît...
Lauren : C'est Gislain, il...il l'a...empoisonnée à l'arsenic.
Victoria : Le salaup!!!
Elle est tellement énervée qu'elle en laisse tomber sa tasse par terre. Le thé est bientôt imbibé par le tapis du style de Louis XIV. Elle se passe la main dans les cheveux en se crampant tellement la douleur de la nouvelle s'est faite violente. Peu à peu, elle se met à genoux et commence à se balancer d'en avant à en arrière. Parfois, elle pose une main sur sa bouche pour étouffer un cri. Son autre main est contre son ventre et bientôt elle a des spasmes. Pleurant aussi depuis un certain temps, je dépose ma tasse sur la table et vais la rejoindre. Je me mets à sa hauteur devant elle, lui effleure ses cheveux châtains bouclés avant de la prendre dans mes bras. Ensemble nous pleurons son départ, nous la pleurons: elle.
Ellipse temporelle
On a arrêté de pleurer il y a quelques minutes, secourues par mes frères qui nous ont reportés jusqu'au divan, les larmes aux yeux eux aussi. Nos yeux sont sèches et sans vie à cette instant. Victoria m'a posée plein de questions auxquelles j'y ai répondues le plus franchement possible. Étant la meilleure amie de ma défunte mère, je ne lui cache aucun détaille. Elle veut aussi savoir ce que mon père m'a fait subir. Je lui raconte alors la longue tragédie qu'il m'est arrivée, je lui dévoile toutes les sévices qu'il m'a faits et même encore plus. Je suis consciente que la moitié des choses que j'accepte de dire à Victoria n'était pas connues de mes frères, qui parfois prennent un air choqué. Je déverse en même temps que mon récit, toute ma haine contre mon géniteur qui ne m'a jamais voulu que du mal.
Je finis, après une longue discussion émouvante, par lui révéler la raison de ma visite.
Lauren : Victoria? Tu es toujours avocate?
Victoria : Oui!
Lauren : Je me demandais si tu voulais me défendre contre mon père. Je souhaiterais le poursuivre en justice et reprendre tous les biens qu'il nous a volés à Layla et à moi.
Victoria : Ça sera un immense honneur de représenter ma meilleure amie et ma filleule dans une cours de justice.
Lauren: Merci beaucoup d'avoir accepté.
Victoria : C'est avec joie que je ferais ça pour vous, ma très chère.
Quelques minutes plus tard, tout était conclu. Elle m'avait mise dans sa liste de clients à défendre et ne me demanda même pas de la payer pour le service qu'elle me rend. Elle répond qu'en quelque sorte, c'est moi qui lui rends ce service, puisque ça lui permettra de venger son amie. C'est sur un contrat signé à l'amiable que nous nous quittons le c½ur gros, mais fières de ce que nous accomplirons ensemble.
Nous reprenons le taxi et retournons chez moi.
À peine descendue de l'automobile, j'ai l'impression de me réveiller. Ça y est, je l'ai enfin fait. De me dire cela, me soulage grandement et c'est avec un teint blafard, mais abhorrant un sourire aux lèvres que je rentre, suivis de mes frères. Je monte en haut et décide d'aller prendre une bonne douche chaude pour chasser mes idées noires, pour me détendre et pour réaliser l'ampleur de ce projet : attaquer le plus grand tueur en série d'une grande partie de l'Europe.
Quand je finis, je sors de la salle de bain, m'habille rapidement avec les premiers morceaux qui me tombent sous la main et enfile une paire de basket.
Je redescends en bas où j'entends des murmures et des personnes s'exclamer de surprise et de dégoût.
Quand je rentre dans la pièce, tout d'un coup, tous les regards se posent sur moi et tout le monde a arrêté de parler. Je me sens mal-à-l'aise. Je ne sais pas quoi dire et apparemment comprise par tous mes amies, ceux-ci se lèvent, viennent m'entourer et me sers contre eux en me disant qu'ils seront toujours là. Je recommence à pleureur, mais cette fois-ci de reconnaissance. Je les embrasse un par un en leur disant à quel point je suis contente de les avoir près de moi, dans ma vie, à quel point je suis chanceuse qu'ils me supportent toujours et encore après toutes les horribles révélations qui se font à chaque jour. Andréas, quand je lui dis ça, me sert encore plus fort contre lui tout en me caressant les cheveux et en murmurant des «Chuuuutttt!!!» et des «Ça va aller!!!». Attendris par ça, le reste du groupe revient et nous refaisons un autre câlin à sept.
L'heure du souper approche à grands pas. On sent tous la succulente odeur qui provient de la cuisine.
J'affirme avec délice que ce soir nous mangerons des brochettes. Je sors de la pièce, laisse les garçons et Hélia derrière, mais avant de disparaître dans un angle mort, je me retourne et leur fait un sourire sincèrement remplie d'amour, le plus beau que j'ai fait, je leur dédie pour leur présence.
Je marche dans les couloirs pour enfin arriver dans la cuisine. Je m'approche du lavabo, lave mes mains et les essuies après. Je remonte mes manches et vais me chercher un tablier dans un des tiroirs à coté du réfrigérateur. Je reviens sur mes pas et commence à aider Lucinda à finir le souper. Je fais cuire le riz et prépare la sauce, pendant qu'elle fait les brochettes. Quand les brochettes sont au four, nous commençons à préparer le dessert qui sera un gâteau des anges. Nous mélangeons les ingrédients ensemble et le mettons dans un contenant. La réaction chimique commence à faire son effet et le gâteau commence à prendre de l'ampleur et à se gonfler.
Le four crie. Les brochettes sont prêtes et le riz est lui aussi à point. Je vais chercher mes amis et leur dis que le souper est servi. Ils se lèvent tous commandés par la faim. Ils me suivent et nous allons nous asseoir dans la salle à manger. Nous nous asseyons comme nous l'étions hier et commençons à avaler chacune des délicieuse bouchés. Lucinda a servis deux brochettes à chaque personne, mais comme moi je n'ai pas l'habitude de manger beaucoup et que Bill a toujours faim, je lui donne une des miennes.
Nous finissons le repas dans la gaieté. Je vais chercher le dessert sur la table de la cuisine et je regarde si le gâteau a fini de gonfler et je constate que oui, alors je prends le plateau et l'apporte dans la salle à manger où Lucinda à sorti de la vaisselle de d'autres placards. Je dépose le dessert au centre de la table et retourne dans la cuisine chercher un couteau, des ustensiles, le coulis de fraises et de la crème glacé à la menthe. Le tout rassemblé, je me redirige vers la salle à manger et dépose ce que je transportais sur la table. Je distribue les ustensiles et donne le couteau à Lucinda qui nous coupe des pointes assez généreuses, tellement qu'à la fin, il n'en reste plus. Tout le monde nous félicite pour ce délicieux souper et cette fois-ci, tout le monde aide à desservir la table et à faire la vaisselle.
Ellipse temporelle
Je me suis couchée de bonne heure, fatiguée par tant d'émotions. Je réfléchie à ce qu'il m'est arrivée aujourd'hui. D'abord, mes amis qui viennent me voir, le super temps qu'on a passé à magasiner et enfin la rencontre avec Victoria qui défendra mes intérêts. Je suis si contente d'avoir fait autant de choses et aussi du fait que Lucinda semble plus joyeuse, moins coincée et moins peureuse grâce à ce que j'ai fait pour elle. La voir comme ça, m'incite à penser que j'ai fait ce qu'il fallait pour elle.
Alors que j'entends des personnes parler et rire dans les chambres d'à côté, c'est avec le doux chant de leur voix que je finis par m'endormir moins de quelques minutes avant 23 heures.
J'ai l'impression de voir quelqu'un dans ma chambre, une ombre qui se terre quelque part dans le noir et qui ne veut pas se montrer. Pourtant, à la lueur de la lune, je vois un reflet, c'est alors que je me rends compte que l'ombre est à côté de moi. Il s'approche de mon visage, mais pourtant je suis toujours incapable de distinguer son visage. Par contre cette voix, je la reconnaîtrais parmi des milliers. L'homme se penche toujours un peu plus en mettant son arme sur ma gorge. Il avance davantage son visage vers le mien et me susurre :
... : Traitresse!!! Traitresse!!! Tu vas payer tes péchés!!! Regarde ton bourreau qui vient!!! Me dit-il en glissant la lame contre ma gorge et l'enfonçant toujours plus loin.
Il se redresse et je peux enfin voir l'étrange inconnu qui vient de signer mon arrêt de mort. C'est Lui!!! Comme est-ce possible??? Je porte ma main sur mon cou et sens le liquide chaud couler le long de mon corps. Je m'assis sur mon lit, me lève et marche vers la porte de ma chambre en titubant. Je regarde une dernière fois derrière moi, inquiète de ce que je pourrais voir, mais non, il est déjà parti tel un souffle dans le vent. J'ai de la misère à respirer et à chaque pas que je le fait, du sang gicle de ma blessure. Ne sachant pas quoi faire, je vais frapper à la chambre de Tom qui est la plus proche de la mienne, malheureusement il n'est pas là. Ne perdant toutefois pas espoir, je continue d'avancer à me tenant contre le mur, c'est ainsi que je fais toute l'étage, mais aucun signe de vie. Je me sens devenir faible, je refais demi-tour et vois la traînée de sang que j'ai fait de ma chambre jusqu'au bout du couloir. J'avance en sens inverse et arrivée dans le haut des marches, j'entreprends de les descendre, mais les quelques gestes que je fais me font davantage cracher ce liquide, qui, pendant 17 ans, a nourri mon corps. Je continue pourtant de descendre...et c'est la descente fatale. Je perds pied et déboule toutes les marches une par une. Sous les chocs, je sens mes os se briser et arriver à terre... c'est mon cou qui casse...
Lauren est-elle réellement morte???
Où sont passés les autres???
Comment l'ombre a fait pour entrer dans la maison???
Vous saurez tout ça dans le prochain chapitre que je vais essayer de mettre aujourd'hui avant 22 heures!!!
Bonne lecture!!!

