Chapitre 40

Chapitre 40
Je finis par m'endormir tellement la chaleur dans le lit est confortable. Tom dans un réflexe probable, vient m'enlacer alors que Gustav, comme un gentleman, reste de son côté sans pour autant s'éloigner de moi pour éviter que je pense qu'il m'évite. C'est avec la respiration de tous et de chacun que vers 23 heures je finis par me laisser emporter par le sommeil.

Ces quelques heures ont été pour moi bénéfique. Sans aucun cauchemar et sans interruption quelconque dans mon sommeil, l'insomnie semble m'avoir tenu entre ses mains aussi longtemps qu'une seconde passe pour un condamné à mort. Je me lève environ quatre heures plus tard, alors qu'au loin je vois la nuit qui se dissipe lentement mais sûrement. J'essaie de sortir du lit, mais entourée des bras de Tom, ce n'est pas chose guère facile. Finalement, agile comme écureuil, je finis par me faufiler à travers les couvertures et les garçons sans les déranger nullement dans leur sommeil. Dès que je sors du lit, je remets les couvertures à leur place pour permettre de préserver la chaleur. Je remets mes pantalons, mai n'enfile pas mes souliers car je suis fatiguée des pieds. Je traverse de l'autre côté de la pièce et me sers du jus de fraise et de kiwi au bar mélangés avec du 7up.

Après m'avoir préparée mon jus, je m'assied sur un des fauteuils et décide d'écouter un peu la musique. Je sors un des anciens CD de ma mère et le mets dans le lecteur avant de connecter les écouteurs. Je prends les écouteurs et les mets dans mes oreilles, j'augmente le son et la musique finit par sortir. C'est un des chanteurs québécois préférés de maman que j'écoute, il s'appelle Éric Lapointe. Une vieille chanson me parvient jusqu'à moi, c'est une de mes préférés, une des premières que j'ai découverte de ce chanteur. Parfois, maman et moi nous passions des heures dans la grande salle de musique à écouter des CD, des tas. Nous nous lassions rarement de ces moments où nous restions assis attentives à la musique et aux sentiments qui émergeaient de nous à chaque fois que nous entendions une note résonner et traverser tout notre être.

La chanson que j'écoute fait remonter tellement de souvenirs que malgré moi il y a quelques larmes qui coulent contre mes joues. Je pleure en silence m'enfermant dans mon monde où seule ma mère pouvait entrer. Je replie mes jambes sous moi et place mes bras autour d'eux tout en posant ma tête sur le côté. Je ferme les yeux et d'un air suppliant, j'essaie de faire abstraction des souvenirs qui surgissent pour mieux goûter à la musique. Quelques sons gutturaux s'échappent de ma gorge suivant ainsi le rythme. Sans m'en rendre compte, Bill est venu s'asseoir à côté de moi. En posant sa main sur mon épaule, il me fait sursauter et dans un réflexe que j'aurais cru s'être dissiper ces deux dernières semaines, je me lève dans un bond et me place en piquet en regardant la tête haute. Ma vue s'embrouille et je distingue Bill très mal. Sur mon visage aucune expression n'y a fait place, mais bientôt elle est tracée par un sentiment de peur et quand je vois que finalement ce n'était que mon frère, mes traits s'adoucissent. Je suis tellement soulagée, dans un temps j'avais cru m'être réveillée d'un beau rêve et m'être de nouveau retrouvée là-bas, mais non, c'était plutôt ça le rêve...ou plutôt un cauchemar. Je me détends et reprends place sur mon siège. Je soupire de soulagement et soutiens ma tête à l'aide de ma main gauche. Mon bras droit à ce moment décide de faire des siennes en m'élançant un peu. Le plâtre me gêne et je ne peux rien y faire. Dire que j'ai encore quinze semaines à patienter avec un bras à demi-fonctionnel et ça pour certaine tâche parce que pour d'autres, il me sert franchement à rien. Je me décide à relever la tête vers Bill qui me regarde inquiet. Il change d'expression dès que je lui fait un sourire et que je m'approche de lui.


Lauren: Tu n'arrives plus à dormir?
Bill: Non, plus vraiment.
Lauren: C'est quoi? Les lits ne sont pas confortables ou c'est Hélia qui bouge trop?
Bill: Ni l'un, ni l'autre. Simplement je ne suis plus habitué à dormir sur un lit alors qu'on est au milieu du ciel en plein vol, et puis je t'ai entendue te lever.
Lauren: Ah...excuse-moi, je croyais avoir fait vraiment attention pour le silence. On dirait que non finalement.
Bill: Ah pour le silence, c'était correcte, mais en fait, j'étais déjà réveillé et je t'ai vu bouger. Au début je me demandais ce que tu allais faire jusqu'à temps que je te vois assis dans le lit, après j'ai entendu ton lit craquer un peu et le son de tes pas. Sinon, toi, pourquoi t'es-tu levée?
Lauren: Parce que je ne suis pas encore habituée de dormir plus de trois heures d'affilées, alors puisque j'en avais dormis quatre...mais je suis quand même prête à affronter une nouvelle journée car je me suis très bien reposée. D'ailleurs nous arrivons dans à peu près une heure, je crois.
Bill: J'ai hâte de revoir l'appartement. Elle m'a manqué je dois dire vu le nombre de fois à laquelle on allait là-bas.
Lauren: C'est sûr. L'endroit doit sûrement être resté comme dans mes souvenirs, par contre, je ne sais pas s'il y a quelqu'un qui s'est occupé d'entretenir les lieux, donc, peut-être que c'est sale!!! J'espère que non quand même, mais sait-on jamais?
Bill: Dis, qu'est-ce que tu écoutais?
Lauren: Un vieux CD d'Éric Lapointe de maman.
Bill: Qui c'est celui là?
Lauren: Un des chanteurs les plus appréciés au Québec. Veux-tu écouter la chanson? Elle est vraiment belle!
Bill: Mais je ne comprendrais rien!
Lauren: Tu n'auras qu'à te dire que ça te fera pratiquer ton français et puis sinon, je pourrai te la traduire après.
Bill: D'accord, je te fais confiance.
Lauren: Oh, mais quel honneur!

Je fais partir la chanson et aussitôt Bill l'entend.

La rage au corps
La mort au c½ur
J'te veux encore
J'en vis et j'en meurs

Tu m'jettes pis tu m'prends
Mais là c'est une fois de trop
Veux-tu boire tout mon sang
Me ronger jusqu'aux os?

D'l'amour j'en veux pus
Je m'avoue vaincu
L'amour j'en peux pus
C'est beau rien qu'dans les vues

Chus monté si haut
Qu'chus jamais r'descendu
Je mords encore à ta peau
Comme au fruit défendu

D'l'amour j'en veux pus
Je m'avoue vaincu
T'as eu c'que t'as voulu
Cette fois je r'viendrai pus

Si tu m'trouves étendu
Un matin sur l'plancher
Ou si tu m'trouves pendu
Dans ta chambre à coucher
Appelle pas l'ambulance
Ni la police
Mais berce moi en silence
Que je m'assoupisse

D'l'amour j'en ai bu
Je m'en suis tellement saoûlé
Mais tout c'que j'ai vécu
Y a rien qu' moi qui l'sais

D'l'amour j'en veux pus
R'garde c'que j'suis dev'nu
L'amour j'y crois pus
C'est beau rien qu' dans les vues


Je lui traduis rapidement la chanson et il me dit qu'il la trouve magnifique. Puisqu'il connaît maintenant le sens de la chanson, il insiste pour la réécouter une autre fois. Je fais alors repartir le CD et les premières notes retentissent dans les écouteurs. Quand la chanson finit, il me demande s'il y a d'autres chansons comme celle-là qui seraient susceptibles de l'intéresser. Je lui réponds que oui. Je me lève donc et vais chercher un autre CD de lui que je remplace de le lecteur. J'enclenche la fermeture, remets l'autre CD dans sa pochette avant de partir le lecteur et de le mettre à la chanson voulu. Encore une fois, Bill écoute attentivement la chanson. Dans ses yeux, je vois qu'il comprend quelques bribes ici et là mais sans plus.

Ce monde s'ra jamais beau
Le monde est tellement fou
Ce monde, j'en aurais fait cadeau
Heureusement, tu changes tout
La nuit, y fait jamais chaud
La nuit, c'est comme un loup
Le loup voulait ma peau
Heureusement, tu changes tout

Mon ange, il est temps que je change le visage de mon dieu
Veux-tu étendre ta beauté sur mes brûlures?
Mon ange, les anges ont tes yeux, tes blessures
Si tu savais tout ce que j'te jure, du fond de mon armure

Ce monde s'ra jamais beau
Il n'est pas pour nous
Si au moins la nuit je peux toucher ta peau
Le reste je m'en fous

Mon ange il est temps que je change le visage de mon dieu
Veux tu étendre ta beauté sur mes brûlures?
Mon ange, les anges ont tes yeux, j'en suis sûr
Si tu savais tout ce que j'te jure, du fond de mon armure

J't'attendais dans l'oubli, sans but, sans patrie, comme un gars fini
J'avais plus l'goût d'avancer
Plus l'goût d'exister
Heureusement, tu changes tout

Mon ange, il est temps que je change le visage de mon dieu
Veux-tu étendre ta beauté sur mes brûlures?
Mon ange, les anges n'ont pas tous les yeux purs
Si tu savais tout ce que j'te jure, du fond de mon armure


Bill: Quelle était cette chanson?
Lauren: Celle-là s'intitulait «Mon ange» et l'autre d'avant c'était «D'l'amour j'en veux pus».
Bill: Elle est superbe aussi. J'aime beaucoup ces deux chansons et la manière dont le chanteur les interprètes. On dirait qu'il vit les émotions comme si elles venaient du fond de ses tripes.
Lauren: Oui, pour ça il est très talentueux en effet. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle maman aimait bien l'écouter pendant des heures, parce qu'elle s'évadait dans son monde en même temps que la musique défilait. Il y en a une autre que je voudrait te faire écouter, celle-là est probablement ma préférée, je dois dire.

Je reprends le disque et le remets à son tour dans la pochette appropriée avant d'aller le reporter et l'échanger contre un autre de ses CD's. Je sors du placard celui avec inscrit dessus «Adrénaline». D'un pas lent, je reviens à ma place et pose le CD dans la machine avant de le laisser jouer à la chanson sélectionnée.

Qu'est-ce que ça peut ben faire, que je vire ma vie toute à l'envers,
Qu'est-ce que ça peut ben faire, quand moi, j'aurai l'c½ur à l'envers,
Qui c'est qui viendra pleurer à ma place?..

On est toujours seul, on finit toujours avec sa gueule...

Mais qu'est-ce que ça peut ben faire, si j'veux pas vivre la vie de mon père,
Mais qu'est-ce que ça peut ben faire, que j'me prenne pour un univers,
Mais qu'est-ce que ça peut ben faire?..

Qu'est-ce que ça peut ben faire, quand y aura plus rien qui me fera rire,
Qui c'est qui viendra mourir à ma place?..

On est toujours seul, on finit toujours avec sa gueule...

Mais qu'est-ce que ça peut ben faire,
Que je grimpe les murs, que j'vive dans les airs,
Si j'veux pas vivre la vie de mon père...

Wo, pousse pas trop fort,
J'ai pas envie de mourir avant d'être mort;
Wo, arrête,
J'veux pas descendre avant d'être arrivé au bord...

Donne-moé le temps de prendre mon temps,
Donne-moé le temps de m'habituer à respirer;

On est toujours seul,
{Ch½ur: on finit toujours avec sa gueule}
On est toujours seul,
{Ch½ur: on finit toujours avec sa gueule...}

Mais qu'est-ce que ça peut ben faire, si j'veux pas vivre la vie de mon père,
Que je vire ma vie tout à l'envers, qu'est-ce que ça peut ben faire?

Qu'est-ce que ça peut ben faire?


Encore, à cause du très mauvais français et du fort argot du chanteur, je me vois obliger de retraduire cette chanson aussi. Bill est plus qu'extasié devant la découverte d'un nouvelle artiste et québécois de surcroît! Il me demande si je pourrais mettre ces trois chansons-là sur son I-Pod dès que nous serons arrivés. Je lui avoue que je ne sais pas trop comment on fait, mais que s'il est capable de le faire, il pourra toujours essayer sur un des nombreux ordinateurs dans l'appartement. Il accepte ma proposition et me demande un crayon. Je lui en apporte un qui était dans un des tiroirs du bar. Il me le prend des mains et commence à écrire les titres des chansons dans sa paume de main. Je l'aide avec l'autographe parce qu'évidemment, les mots ne s'écrivent pas comme ils devraient l'être surtout qu'il a déjà de la misère avec cette langue, s'il faut en plus qu'il ne puisse pas reconnaître les mots chantés dans un dialecte très québécois.

Peu à peu, mes amis se réveillent un à un et comme de fait bien sûr, c'est Tom le dernier levé. Nous sommes tous prêts pour l'atterrissage environ dix minutes avant. Quand nous entendons la voix du pilote dans l'interphone qui nous prit de nous attachez, nous mettons tous nos ceintures en nous assurant qu'elle est bien mise de peur qu'il n' y ait un accident qui surgisse.

Nous sommes sur la terre ferme quelques instants plus tard et c'est dans un horrible crissement de pneus que nous sentons les secousses et le ralentissement de l'avion. Pendant que le pilote fait des man½uvres pour immobilier l'immense engin, nous, nous tenons bien contre les accoudoirs. Enfin, il s'arrête finalement après un dernier virage à gauche. Nous pouvons maintenant nous détacher et respirer l'air frais. Alors que des personnes chargés de prendre nos bagages entrent dans l'avion, les autres sortent, mais moi, je tiens quand même à les aider, ce qui semble apparemment les surprendre beaucoup. Les bagages réunis, une voiture nous attend ou plutôt, la limousine de ma famille est là, garée derrière. Nous chargeons le coffre et nous montons ensuite à l'intérieur. Pendant tout le trajet, nous discutons et nous essayons, Bill, Tom et moi de décrire le plus fidèlement possible à quoi ressemble l'appartement, mais avec les années, tout cela c'est un peu mêlé c'est pourquoi parfois on est pas tout à fait d'accord sur certains détailles.

Nous arrivons aux alentours de cinq heures et demi du matin en bas d'un immense immeuble comme on n'en voit jamais en Allemagne. Celui-ci fait au moins vingt-cinq étages dont les trois derniers nous appartiennent. Nous empoignons chacun toutes nos valises qui sont dans le coffre avant de voir partir la limousine dans le stationnement souterrains. On entre dans le vestibule et je vais au comptoir demander à la femme les clés de l'appartement. Bien sûr, au début elle me soupçonne alors elle me pose un tas de questions dont les réponses sont soient disantes top secrètes, heureusement pour nous, j'ai su répondre à toutes sans me tromper une seule fois. Elle sort donc le trousseau de clés du dessous du comptoir, détache celle que je veux et me la tends en nous souhaitant un bon séjour dans l'immeuble.

Je rejoins les autres et ensemble nous attendons l'ascenseur qui met un temps fou à descendre. Quand il arrive, nous embarquons dedans avant qu'il ne referme ses portes. À 7 dans un petit cubicule comme celui-là avec nos bagages, on peut dire que nous sommes vraiment à l'étroit ici, par chance, comme toute chose à une fin, il finit par rouvrir ses portes coulissantes au vint-troisième étages. Nous avançons d'un pas assez pressé et nous nous arrêtons devant la porte. Tous attendent que j'insère enfin la clé dans la fente et quand finalement nous entendons un déclic et que j'ouvre, nous voyons que rien...

# Posté le samedi 12 juillet 2008 02:23

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 19:54

Chapitre 41

Chapitre 41
... n'a changé par contre, on dirait que c'est jour de ménage. Bien qu'il soit très tard le soir, il y a devant nous mes anciens employés...enfin ils sont toujours actuels, mais...voilà quoi. Quand nous entrons et que nous avançons jusqu'au pas de la porte, ils retournent tous la tête vers nous et nous regardent comme des intrus jusqu'à ce que Merry, si je me rappelle bien, se souvienne des jumeaux. Eh oui, on ne me reconnaît pas encore toujours vu les traces de blessures qui sont toujours présentes sur mon visage, mais les jumeaux n'ont pas changé ou très peu...à part avoir pris quelques centimètres et avoir beaucoup plus affirmé leur styles, ils sont pareilles. Le reste du groupe est gêné, je le sens et moi aussi d'ailleurs. Il y avait longtemps que je n'avais pas mis les pieds ici. Je ne me rappelais pas que c'était aussi luxueux, en même temps, vivre dans un trou pendant quatre ans et d'en ressortir après rend à peu près n'importe quoi luxueux!!!

C'est une femme avec trois hommes qui viennent devant nous et qui nous prennent nos valises de nos mains. Nous les suivons après avoir essuyé nos souliers sur le tapis à l'entrée. C'est moi la première à suivre la dame qui grimpe les escaliers. Ceux-ci tournaient et un tapis rouge était posé dessus tout le long. La rambarde était faite de bois de houx d'une très bonne et très rare qualité, ce qui ne me surprend pas du tout de maman, elle qui aimait l'exclusivité. Pendant 3 minutes, le temps que l'on monte, il régnait un silence à réveiller les morts, c'est frappant à quel point la nature humaine peut faire en sorte de changer une atmosphère aussi rapidement que la vitesse de la lumière et la détendre aussi lentement qu'un escargot estropié. Ils déposent nos affaires en haut de la dernière marche du troisième étage avant de tourner les talons et de redescendre comme si de rien n'était. Nous prenons toutes nos choses et les mettons en commun dans une chambre, celle du bord. L'étage est certes vaste, mais en haut, à part des chambres, des salles de bains, des chambres et des salles de bains, il n'y a pas grand chose à voir, mais nous visitons quand même toutes les pièces et ensuite on départage qui dormira avec qui et qui dormira seul car il n'y a que cinq chambres dont une qui est celle du maître. Ainsi, pour moi c'est déjà décidé puisque j'ai déjà ma chambre et les jumeaux ont aussi toujours eu la leur depuis que l'on se connaît, d'ailleurs maman avait même accepté qu'ils choisissent la décoration. Il reste donc que Gustav, Georg, Andréas et Hélia à mettre à quelque part. Déjà il y a Georg et Gustav qui tiennent absolument à être ensemble et après quelques secondes de conversation, Hélia se joint à moi. Andréas ne tient pas à être seul, c'est pourquoi dans notre chambre de filles, nous l'acceptons finalement avec joie malgré tout. Chacun de son côté, nous allons chercher nos bagages que nous nous empressons de ranger dans les meubles qu'il y a dans les chambres. Tout en mettant de l'ordre dans nos affaires, nous parlons fort pour que d'une pièce à l'autre on puisse s'entendre sans être obligés de répéter.
Nous sommes fatigués par le voyage en avion et le décalage horaire. En effet, cela fait bizarre de te dire que théoriquement, il n'est que seulement une heure de plus que quand tu as décollé de Fulham, mais qu'en pratique, ça fait déjà plus de sept heures que ça c'est passé. C'est comme ça qu'en une journée on a réussit à vivre trente heures, choses qui se produit que très rarement en général. Je suis la première à vouloir me coucher et je suis la première à y aller aussi. Pendant que tous mes amies et que mes frères sont à l'étage d'en dessous entrain de parler dans le salon dans un coin de l'étage entouré à cinquante pour cent d'une baie vitrée, moi, de mon bord, je prends une bonne douche chaude avant de m'immiscer bien sagement dans les draps en coton de mon lit.


Point de vue Bill:

Tout ceci est surprenant je dois dire. Nous sommes des célébrités dans le monde allemand et nous commençons à l'être aussi un peu partout en Europe, nous partons souvent en tournés et nous dormons plus de la moitié du temps dans des hôtels cinq étoiles, pourtant j'ai l'impression de ne pas me sentir à ma place au milieu de tout ceci comme si j'étais un novice face à tout ça, c'est un sentiment très étrange. Layla, la mère Lauren était détentrice d'une grosse chaîne d'hôtels reconnus dans le monde, aussi connu sinon plus que les hôtels Hilton qui sont pourtant très réputés, et était même déjà au départ héritière d'une fortune qui s'est construite et qui a porté fruit au cours des cinq dernières générations de sa famille. Elle était à la tête de plusieurs dizaines de milliards de dollars, elle vivait dans le luxe le plus sophistiqué et elle était toujours à la fine pointe de n'importe quoi comme la mode ou les gadgets aussi bien qu'en voiture qu'en jet privé. Maintenant qu'elle est morte, toute sa colossale fortune revient de droit à Lauren. On pourrait presque dire que j'envie ou que je jalouse ma soeur à cause de tout ce qu'elle a et que je n'aurai jamais, mais non, en honnête homme je ne peux pas avoir un sentiment tel quel pour une personne qui ne se souvient pas de toute son histoire, qui lui manque encore parfois quelques lambeaux ici et là, qui a vécu une misère atroce et qui pourtant se tient toujours sur ses deux jambes et qui semble être devenue plus forte émotionnellement que jamais, même si parfois elle craque, mais qui, dans son cas, ne craquerait pas? Tout ici respire l'argent, l'argent et l'argent et contrairement à d'autre, qui après un séjour en enfer comme ma soeur, Lauren reste naturelle, elle ne se fait pas avoir par des choses futiles. Depuis que je la connais, elle est toujours restée terre à terre, même quand elle avait onze ou douze ans et qu'elle pouvait avoir tout ce qu'elle voulait, elle ne le faisait pas par principe disait-elle, peut-être le fait-elle encore pour la même raison?

Je descend les marches et comme si j'étais venu hier, je me dirige dans le salon au bord de la baie vitrée et m'assieds sur un des longs divans qu'il y a ici. Cet endroit est mon préféré après notre chambre à coucher à Tom et à moi. Les murs du salon sont peints en blanc cassé tandis que les meubles, les divans et tout le reste est en noir. La décoration est d'un classique à en couper le souffle et l'éclairage est d'une belle teinte d'orangée donnant l'impression de chaleur. Dans un coin en haut à gauche, il y a un détecteur de mouvement, normal même banale pour des riches à la seule exception que ce prototype est unique en son genre. Il en existe seulement qu'une dizaine appartement tous à la famille de Lauren. En effet, dès qu'il y a du mouvement dans la pièce le foyer s'allume comme si c'était une vraie personne qui vous voyait à travers ce petit appareil et qui veillait sur votre confort personnel. C'est ainsi qu'en mettant un pied dans la pièce, j'entends le son habituel du foyer qui se met en marche et les lumières tout d'un coup commence à s'allumer. Je regarde depuis ce temps la pièce jusqu'à temps que j'entends des «Bill, Bill» non loin de la pièce. C'est sûrement Hélia qui me demande, alors je lui dis où je suis et ce n'est pas seulement Hélia que je vois, mais aussi Andréas, Gustav et Georg, Tom étant absent du moins pour l'instant. Comme si Andréas avait lu dans mes yeux, il me dit:


Andréas: Il a dit qu'il descendait en bas se chercher quelque chose à manger. Tu le connais, il va sûrement revenir que dans trente minutes.
Bill: Oui, tu as bien raison, dis-je en riant. Ça ne me surprend guère de lui. Bon, moi aussi je commence à avoir faim, quand même.
Hélia: Oui, tu as raison, on n'a même pas mangé pendant le voyage.
Georg: Très bien, alors on descend en bas d'abord, dit-il exaspéré puis il finit par rire.

Les autres ne sachant pas où la cuisine se trouve, c'est moi qui sert de guide. C'est comme ça que nous descendons au premier étage de l'appartement et qu'à partir du bas des escaliers, je tourne en droite par deux fois pour nous retrouver face à une long couloir. J'avance suivis du reste de la band et je vais jusqu'au bout où nous pouvons voir de la lumière. Nous entrons dans la pièce et même s'il y a encore des employés qui finissent le ménage, Tom ne s'est pas gêné pour prendre quelques petites choses à grignoter. Il est à la table avec ses tranches de pain avec du nutella dessus. Naturellement, nous nous approchons de lui pour lui parler, pour lui tenir compagnie. Je m'assieds en face de lui alors que les autres se placent un peu partout autour de la table. Je commence à parler puisque personne n'ose apparemment le faire.


Bill: C'est ça l'appartement de Lauren. Il n'a pas du tout changé, exactement comme dans mes souvenirs d'aussi loin que je me souviennes.
Hélia: C'est très jolie, je m'y ferais moi à cette vie.
Tom: Peut-être, mais Lauren, elle, elle ne s'y ait jamais faite, ou sinon, elle ne le laissait pas paraître.
Gustav: Ça ne me surprend pas d'elle!
Bill: Qu'est-ce que tu veux dire?
Gustav: Que de la manière que je la connais, de ce qu'elle laisse entrevoir d'elle-même, elle ne me semble pas le genre de fille à s'accrocher aux petits plus de la vie comme si elle était amplement capable de vivre avec ce qu'elle a, le minimum...enfin, ce qu'elle a... ce qu'elle aurait plutôt.
Andréas: Tout à fait d'accord. On dirait que l'argent de l'intéresse pas.
Tom: Ça toujours été ça. Quand on était jeune, sa mère lui proposait plein de choses, une nouvelle maison, de nouveaux vêtements, des beaux voyages dans les endroits les plus chers ou la rencontre de groupe hyper populaire, ou un nouveau yacht à son nom, et pourtant, elle refusait tout le temps...
Bill: Sinon, elle disait qu'elle acceptait l'argent, mais après elle allait le donner à des ½uvres caritatives, ou sinon elle nous en donnait, à Tom et moi pour nous payer nos voyages scolaires même si elle savait qu'elle ne pouvait pas venir avec nous, ou encore elle en donnait une partie aux pauvres qu'il y avait dans la rue.
Tom: Exactement, il y a aussi une fois avec Bill, on l'a vue en donner à une jeune fugitive qui devait avoir seize, peut-être dix-sept ans.
Bill: En plus, de ce qu'elle nous disait, les personnes dans sa classe du moment ne l'aimait pas beaucoup à part un certain Josh qui la défendait des fois.
Georg: C'était qui ce Josh?
Bill: Mhhh, elle nous a dit que c'était son partenaire de science et de physique.
Tom: Le fait est que les autres ne l'aimaient pas parce qu'elle avait douze ans et qu'eux en avaient seize ou dix-sept pour certains, alors tu vois la différence d'âge.
Georg: Ils étaient jaloux d'elle et de son intelligence.
Bill: C'est ce que l'on a pensé. Donc ce Josh était du même âge que le reste de la classe à l'exception près que lui ne se moquait pas d'elle. D'ailleurs, elle avait même accepté de lui donner des cours particulier pour essayer de remonter ses notes parce qu'il était dans l'équipe de football (soccer) et qu'il devait avoir de bonnes moyennes. Si je me souviens bien, ils n'étaient pas spécialement amis, mais avaient quand même du respect pour l'autre.
Andréas: Mais pourquoi les autres se comportaient comme ça avec elle? Juste à cause de son âge? Ils ne savaient pas qu'elle était plein au as?
Bill: Non, Lauren c'était bien gardée de ne pas le dire.
Tom: D'ailleurs nous, on l'a découvert quand un jour on l'a vu dans cette immense maison proche de la nôtre. Tout le monde dans le quartier disait que ces gens là étaient des snobinards bourrés de frics, et nous on se demandait qui pouvait être ces gens dont tout le monde parlait dans le dos. En plus, il y en avait qui prétendait qu'il y avait une fille de notre âge et qu'elle était sauvage à ce qu'il paraissait. On les a cru, mais ce que l'on ne savait pas c'est que cette fille là était notre amie jusqu'à temps qu'on la suive chez elle parce qu'elle avait oublié quelque chose chez nous.

Bill: C'est là qu'on l'a découvert et quand elle l'a su, elle a eu peur de notre réaction. Quand on lui a posé la question elle nous a répondu qu'elle savait ce que les autres disaient sur elle, qu'elle n'était pas stupide. Elle disait qu'on était devenu amis sans que nous sachions pour leur situation économique et que si on l'aurait su, peut-être que ça aurait changé quelque chose. Elle voulait qu'on la connaisse pour de vrai et non à travers ce que les autres pouvaient dire d'elle et de sa famille, c'est une des raisons pourquoi elle ne l'a pas dite aux personnes de sa classe. Elle ne voulait pas s'attirer plus de trouble comme ça avec la réputation que les autres s'amusaient à répandre sur elle en ignorant que c'était elle. Elle tenait à rester elle-même, c'est sûrement pour ça qu'elle acceptait peu l'argent que sa mère lui donnait.
Andréas: Eh bien, c'est bien son genre, mais je n'aurais pas cru qu'elle serait aussi généreuse.
Bill: Oui, elle était tellement gentille avec nous et nous de même. Même si elle était beaucoup plus intelligente...
Tom: Je crois qu'elle a 175 de QI.
Bill: Oui, donc même si elle était plus intelligente que nous, ça ne changeait pas la manière dont elle nous traitait. Elle nous disait qu'on n'était pas stupide quand on avait eu une mauvaise note à un examen et que l'on se plaignait un peu, du coup pour qu'on en ait une meilleure à l'examen suivant, elle venait souvent chez nous ou nous chez elle et elle nous aidait dans nos devoirs et elle nous expliquait ce que l'on avait pas compris.
Tom: On doit dire qu'elle prenait beaucoup de son temps pour nous. Mais elle disait tout le temps que ça lui faisait plaisir d'aider les gens. À part ça, à part l'école, elle était comme tous les autres enfants de notre âge, tout à fait normale. Si quelqu'un serait passé dans la rue pendant que l'on s'amusait à faire des bonshommes de neiges, il n'aurait jamais su que la fille avec nous était probablement plus intelligente et plus instruite que lui ou qu'elle était plus riche.
Georg: Eh bien, elle a vraiment le sens de l'amitié.
Tom: Ce mot, elle l'a probablement tatoué sur le coeur!
Andréas: Je comprends pourquoi tu es tombé amoureux d'elle Bill.

Point de vue externe

Bill sourit à cette remarque. Ces yeux pétillent de bonheur rien qu'en se souvenant de ce bon vieux temps, celui ou tout était simple. Il soupire d'aise en relevant sa tête par en arrière, les lumières du lustre au-dessus d'eux se reflètent dans ses beaux yeux bruns maquillés de noir.

La soirée se finit ainsi, entre amis. Bill et Tom partage avec bonne humeur les souvenirs, dont ils se rappellent avec Lauren, de leur enfance. Ils aident les autres à découvrir un peu plus qui est leur bien généreuse hôte. Ils racontent en plus amples détailles leurs rencontre et Bill partage un peu sa vie amoureuse avec Lauren. Ce sont tout simplement des jeunes adultes qui se remémorent ces journées ensoleillés qu'ils passaient dans un parc à regarder le ciel au bord d'un étang ou ces nuits d'été sur l'immense trampoline en Angleterre à observer les étoiles. Ils font part de leur plus beaux souvenirs, de leurs bons moments comme des moins bons, de leur peurs enfantines, des bons coups et des mauvais qu'ils ont eu un plaisir fou à faire, des niaiseries qu'ils ont fait comme la fois de la salle de bain inondée. Les autres personnes qui se font raconter l'enfance des jumeaux sont contents pour eux et parfois tristes quand ils apprennent ce qu'ils leur est arrivé. Leurs humeurs changent au fil des choses qu'ils apprennent. Même Andréas, leur plus vieil ami, à part Lauren, et leur meilleur ami en apprend d'avantage. Des pans de leur enfance leur sont ainsi dévoilés. Chacun, parfois exprime leur opinion, ou d'autres fois demande d'avantage d'explications quand il ne comprend pas certaines choses ou les raisons pour lesquels ils l'ont fait. Les célèbres jumeaux et la milliardaire sont en ce moment des parfaits jeunes adultes comme vous et moi. Leur étiquette tombe et deviennent au fil et à mesure comme eux. Ils semblent tout d'un coup plus accessibles, moins éloignés. Tout le long, les amis revivent, pour certains et pour d'autres, vivent, avec eux ce bon vieux temps.
De parler d'eux de cette manière fait du bien aux deux frères et à partir de ce moment, les liens qui unissent cette petite troupe semblent se resserrer de plus en plus. Aujourd'hui, en ce moment, à cette heure, cette minute, cette seconde, ils ne sont plus que de simples amis, on ne parle plus du groupe TH et de leur compatriotes, de meilleurs amis, non, loin de là, à partir de cette instant précis et barbouiller en rouge dans le temps, ils forment la plus belle des familles: une famille d'amour et de compréhension. À partir de là, tous savent qu'ils pourront tout se dire sans avoir peur de ce qu'on dira d'eux, tout se partager car tous seront là pour les uns et les autres, dommage que Lauren dorme à ce moment-là.

Plus tard, aux petites heures du matin américaines, les six membres de cette nouvelle famille quittent peu à peu la pièce et montent se coucher en sachant très bien que pendant la nuit, ce lien de confiance profond, jamais ne se brisera, ne s'éteindra.

Alors que certains font un détour dans la salle de bain pour prendre une bonne douche ou se détendre dans le bain avec de la mousse, d'autres décident plutôt de mettre un terme à cette merveilleuse journée et de s'en remettre au pouvoir bienfaiteur des bras de Morphée. Finalement, tous dorment avec sur leur visage, ce sourire imprégné et cette façon paisible qu'ont les jeunes enfants quand ils se sentent en sécurité. Dans la nuit, ils s'évanouissent et chacun part tranquillement dans leurs rêves, leur monde, là où tout ce dévoile: leurs peurs, leurs rêves, leurs pensées, leurs souvenirs ou leurs fantasmes.

Dans la maison, il règne un silence tellement inhabituelle, non pas de ceux qui te font trembler de chaire de poule ou de ceux où tu sens cette tension ou encore de ceux où tu as l'impression qu'il y a quelqu'un qui te guette dans le noir et qui peut t'attaquer comme longtemps Lauren a vécu, non pas de ceux-là, c'est plutôt un silence où c'est rassurant de se réveiller au beau milieu de la nuit et de penser que tu ne peux pas être à un meilleur endroit, où la chaleur et l'hospitalité sont reines et que rien ne peut t'atteindre.


Ellipse temporelle

Peu à peu, la nuit se dissipe et les quelques premiers rayons de ce merveilleux soleil font places et viennent frapper dans les fenêtres en distribuant à tous et à chacun un peu de cette chaleur qu'ont en communs tous les matins de New York. Une jeune femme commence à s'extirper de son sommeil, mais après mûre réflexion décide le prolonger jusqu'à dans les heures avancées de l'avant-midi pour finalement ne se réveiller que vers onze heures.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 21:16

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 20:26

Chapitre 42

Chapitre 42
Point de vue Lauren

Je me réveille, je suis heureuse, j'ai fait de merveilleux rêves et je me sens superbement en forme, prête à attaquer une nouvelle journée dans cette immense ville. Je sors de mon lit et me dirige vers la gigantesque salle de bain commune au fond du couloir à ma gauche, juste en haut des escaliers et avant le couloir des chambres. J'essaie tant bien que mal de ne pas faire de bruit et m'immisce dans la salle avec des vêtements que j'ai pris silencieusement pour ne pas réveiller Hélia et Andréas qui dormaient toujours dans ma chambre. J'entre donc et referme la porte doucement de sorte que quand elle accote le mur, on entende à peine un son perceptible mais malgré tout, là.

Je peux enfin respirer, ici la salle est insonorisée de sorte que l'on puisse prendre une douche ou un bain à toutes heures de la journée sans déranger les autres occupants de l'appartement. Je me déshabille en silence, vais me chercher une débarbouillette, une serviette et une sortie de bain avant d'entrer dans la baignoire. Finalement assise, j'ouvre les deux champlures dosant de façon à ce qu'il y ait une plus grande quantité d'eau chaude.

Pendant que l'eau coule encore, j'ajoute de la mousse et appuies sur le bouton pour le bain tourbillon. Je referme l'eau quand celle-ci atteint à peine le haut de mes seins et que la mousse recouvre le reste jusqu'au épaules. Je m'étend de tout mon long, penche la tête par derrière pour pouvoir l'accoter sur le bord et commence à me laver sans empressement. Je relaxe pendant une bonne dizaine de minutes après cela. Il y avait longtemps que je n'avais pas pris le temps, vraiment, de me faire plaisir et de me reposer en oubliant complètement mes problèmes et le monde extérieur, un peu comme si, d'une certaine manière, il n'existait que ce moment avec l'eau et moi, seule à seule.

Retour à la réalité, je sors du bain, le fait couler, m'assèches et me rhabille toujours silencieusement même si je sais que je peux faire autant de bruit que je le veux et que personne ne m'entendra, mais j'ai plus l'impression que c'est à force de faire tout le temps ça. Je sors de la salle de bain, retourne dans ma chambre et me choisis une paire de chaussure. Je remarque que mes deux amis dorment encore paisiblement, Hélia dans mon lit et Andréas prenant tout la place dans l'autre. J'enfile mes souliers et d'un pas feutré, je quittes ma chambre pour une deuxième fois. Je referme la porte derrière moi en la laissant entrebâillée quand même et descend après les deux étages pour me retrouver dans ma cuisine.

Alors que je sortais tout l'assortiment pour me préparer un repas, un homme entre dans la cuisine et me prend le tout des mains en me demandant ce que je veux pour le diner. Je luis dis que des ½ufs, du bacon, des saucisses et du pain fera l'affaire. Je lui demande s'il peut en faire pour plusieurs personnes et ile me répond qu'il peut le faire certainement.

Alors que midi et demi sonne et que le repas vient juste d'être près, Gustav, Hélia et Andréas me font la surprise de descendre pour venir manger avec moi.

Autour d'un bon plat, nous discutons longuement. Le chef cuisinier qui a préparé le dîner reste devant ses fourneaux et ce, même s'il n'a plus rien à faire, donc je l'invite à se joindre à nous et de se servir dans ce qu'il nous a préparé. Au début, il me dévisage un peu et sans grande conviction vient s'asseoir à la table avec nous. L'atmosphère est gênant pour lui alors que les autres ne semblent pas se rendre compte de ce malaise. Je reste naturelle et parfois pour faire participer Phillipe, le chef cuisinier d'origine italienne, je lui pose des questions et au peu à peu on ne sent plus cette angoisse de sa part. Il laisse la gêne derrière lui et maintenant nous parlons franchement comme de vieux copains. Il se mêle à tous les sujets de conversations que nous abordons tout en mangeant un peu et cela a pour effet de me réjouir de le voir dans cette état. Le repas prend fin vers treize heures et quart et avec Phillipe, je range les restes du dîner et les mets dans le réfrigérateur. Inconsciemment, je prend un linge et lave toutes les surfaces de la cuisine et la table dans la salle à manger sous l'½il attentif et questionneur de Phillipe dont je me rends compte que seulement à la fin.


Phillipe: Pourquoi vous faites ça?
Lauren: C'est une habitude Phillipe. Le monde a bien changé depuis la dernière fois que nous nous sommes vu vous savez?
Phillipe: Je l'ai remarqué quand vous êtes venue hier et que j'ai vu votre visage encore tout écorché. Pourquoi?
Lauren: Gislain a changé et pas en bien. Croyez-moi, je suis sûre que les médias vont se faire une joie de tout raconter. Comment ne pas parler de la fille d'une femme milliardaire qui habitait autrefois dans leur ville? Ça se saura, j'en ai peur, malheureusement! Je m'inquiète de ce qu'ils pourraient dire sur ma famille, peur qu'ils ne disent pas les vrais faits ou qu'ils en oublient et que l'histoire ne soit plus si véridique que ça. Je n'ai jamais aimé les papparazis, ils s'amusent souvent à déformer la réalité ou ils trouvent tout simplement le sensationnel dans le seul but de vendre plus. Je n'arrive jamais à croire qu'ils soient si peu conscients et insensibles par rapport à ce qu'ils font des personnes dont ils parlent, on dirait que les individus ne sont qu'un moyen pour attirer l'attention sur eux, mais je pense profondément qu'on est pas des animaux avec lesquels on peut jouer comme bon nous semble quand bon nous semble, je trouve ça dégoutant ce comportement, totalement inadmissible.
Phillipe: Vous semblez tendue, un peu. C'est quoi qu'il s'est passé pour que vous soyez comme ça?
Lauren: Trop de choses!!! me retournant vers lui brusquement, en pesant bien mes mots et en le regardant droit dans les yeux, Si je vous dit quelque chose, vous me jurez de ne pas en parler à qui que soit? Surtout pas aux médias, de toute manière, ce n'est qu'une question de temps pour qu'ils vendent la mèche, ok?
Phillipe: Bien sûr, je vous le promet, dit-il en levant sa main à la hauteur de son visage.
Lauren: Gislain a tué plusieurs personnes...
Phillipe: Mon dieu, dit-il incrédule, incapable de croire ce qu'il entend.
Lauren: Je n'ai pas fini, il les torturait...devand moi. Moi aussi, je me suis prises des coups. Il m'a déviergée, il me filmait pendant qu'il me violait, il me torturait et il ne me nourrissait plus depuis longtemps. Pendant quatre ans, je suis restée prisonnière dans le château de mon père, il m'a séquestrée. Il est maintenant arrêté par la police pour attentat à la vie humaine et pour tentative de meurtre sans préméditation sur moi. Avec les nouveaux indices que j'ai laissés aux policiers lorsque je suis retournée là-bas avant de m'enfuir, devront aussi l'inculper de meurtres sur des dizaines de personnes. Entre-temps j'ai été recueilli et adopté par une nouvelle famille, celle des jumeaux...
Phillipe: Mais ce ne sont pas vos amis d'enfance???
Lauren: En effet, mais à cause de divers problème notamment l'accident que j'ai eu quand j'ai reçu les coups de feu de mon père ne m'ont pas aidée et j'ai perdu la mémoire, pour ce qui est des garçons, j'étais tellement mal en point qu'il était difficile de savoir qui j'étais. On l'a découvert que très récemment. Donc, je suis maintenant leur s½ur. J'essaie d'inculper mon père de voie de fait, de tentative de meurtre, de séquestration, d'avoir brimer ma liberté, de viol, d'extorsion et de détournement de fond parce que l'argent de Layla m'appartient en entier et qu'il a dépensé mon argent à son bien hessien et ainsi de suite, c'est la raison pour laquelle je suis ici. Je vais rencontrer des gens qui pourront m'aider dans le procès, peut-être même témoigner de ce qu'il faisait avant même que le drame ne se produise, on démontrera peut-être qu'il est instable psychologiquement. Même s'il m'a fait vivre un calvaire, je veux savoir les raisons pour lesquelles il l'a fait. Voilà, donc je suis partie de chez moi, j'ai quitté ma famille pour essayer de me retrouver et de mettre un terme au cauchemar sauf que, comme j'aurais dû m'en douter, il fallait que mes frères ne me laissent pas partir, alors ils ont débarqué il y a quatre jours à ma résidence en Angleterre avec Gustav, Georg et mes amis Hélia et Andréas. Depuis, je me suis quand même rapproché de Gustav et peu plus de Georg que je connaissais que très peu jusqu'à lors. Maintenant nous sommes ici.
Phillipe: Mon dieu, mon dieu, je ne peux pas croire que l'homme pour qui je travaillais il y a quatre ans est devenu un dangereux criminel. Il semblait vivre paisiblement, il paraissait être normal, il se fondait dans la masse du peuple dans le sens qu'il n'avait rien d'extraordinaire à part que de vivre aux crochets d'une femme milliardaire. Mon dieu, je ne peux pas y croire,c'est...je ne sais même pas comment le dire. Et vous? Ce qu'il vous a fait, c'est presque un miracle que vous soyez toujours ici. Si...si vous avez besoin de moi...je serai toujours, toujours là.
Lauren: Merci beaucoup, ça me touche profondément. Je sais que je peux compter sur vous, je vous ai toujours aimé. Vous n'avez pas changé d'un poil, toujours aussi serviable et aussi gentil, attentionné, prévenant. Je suis sûre que si ma mère n'aurait pas épousé Gislain, elle vous l'aurait demandé à vous. Elle me disait à quel point vous comptiez pour elle, vous étiez son plus grand ami, celui qu'elle connaissait depuis si longtemps. Elle me racontait des souvenirs qu'elle avait de vous deux à la fac, des voyages que vous aviez fait ensemble. Elle appréciait que malgré le fait qu'elle soit riche et que sa fortune semblait ne pas avoir de limite, que vous ne demandiez jamais plus que son amitié. Elle vouait un grand respect pour ça parce qu'elle m'a avouée qu'à votre place, elle aurait plutôt fait le contraire, elle aurait essayé de profiter de la situation même si elle se serait considérée comme une amie aussi. Elle avait, dans ses yeux à chaque fois qu'elle me parlait de vous, une telle lumière, des étoiles se voyaient dans son regard quand elle se rendait compte que vous la supportiez même quand, des fois, elle reconnaissait qu'elle pouvait être méchante avec vous. Jamais elle n'a dit du mal de vous, en tout cas, pas à ce que je sache. Vous étiez son confident le plus cher, jamais elle n'a voulu vous remplacer, jamais et même quand père avait voulu que l'on vous vire, vous vous rappelez? Je me souviens qu'elle avait piqué une colère noire parce qu'elle disait que c'était son argent et que si elle voulait te garder, on te gardait, c'était son dernier mot. Père a été en colère après des semaines durant pour cette épisode. Elle vous protégeait envers et contre tous. Elle vous aimait tellement, à un point où un jour elle m'a dit que pour elle, vous n'étiez plus vraiment un ami parce qu'avec un ami il y a toujours une certaine distance qui réside alors qu'entre vous deux, vous étiez si soudés, elle disait qu'elle vous considérait comme un membre de la famille depuis longtemps et je crois que ça ne plaisait pas à père de l'entendre dire autant de bien sur vous. Il était jaloux et a toujours été possessif. Après, ça n'a fait que se dégrader. Peut-être est-ce que ça vient de là sa psychose. Il voulait pour une fois contrôler, la contrôler et à donc décider de l'empoisonner, mais comme la recherche du pouvoir devenait tellement importante pour lui, il a commencé à essayer de se penser plus fort que Dieu en enlevant des vies comme bon lui semblait, il dépensait de grosses sommes aussi et a même finit par réussir à me faire un lavage de cerveau jusqu'à temps que je me rende compte de ce que j'étais entrain de devenir et que j'ai décidé de me battre pour le souvenir de ma mère et pour ma survie. Pendant des mois, des années j'ai crains cet homme sans pour autant en avoir peur. Je croyais le connaître, mais jamais je n'aurais pensé qu'il deviendrait ce qu'il est devenu, jamais, dis-je dans un souffle.
Phillipe: Votre mère serait tellement fière de vous. Elle me disait aussi beaucoup de bien de vous. Elle me disait à quel point elle était fière de sa fille, à quel point c'était un honneur d'avoir une fille comme vous, que c'était sûrement la divine providence qui lui avait pardonné ses vices. Elle était tellement heureuse.

Ensemble, nous partageons notre peine. Cela nous fait du bien d'être avec l'autre personne que la femme que nous aimions tenait le plus. Nous nous étreignons fort, nous nous enlaçons et en silence nous pleurons en sa mémoire. On se console mutuellement en se persuadant que tout ira bien et que tout s'arrangera. Alors que nous somme encore dans cette position en nous balancer d'un mouvement incessant, Tom entre dans la cuisine et nous trouve assis contre le sol à pleurer le ciel. Visiblement il s'inquiète pour nous, mais il sait que tout ce que nous désirons c'est de rester ensemble, souder dans notre monde. Phillipe est une homme d'à peu près trente-cinq ans, le même âge que ma mère aurait dû avoir cette année si elle aurait toujours été vivante. Je l'ai considéré comme le père que j'aurais tellement voulu avoir. Il me traitait comme sa propre fille et veillait à ce que je ne manque de rien. Il était chef cuisinier pour la famille depuis près de onze ans, mais il ne se limitait guère à son travail. Il tenait à ce que ce soit lui qui me garde quand mes parents sortaient à quelque part, me lisait des livres quand j'étais jeune. Il était un homme accompli et était, d'entre tous les employés que l'on pouvait avoir partout dans le monde, le seul qui dormait dans la même maison que nous. Il avait beaucoup de privilège que d'autres n'avait pas. On le payait très cher, une manière de se faire pardonner pour la mauvaise humeur de son mari envers lui, mais lui refusait souvent les chèques où ils étaient inscris dessus un montant allant jusqu'à cinq chiffres par semaines. En douce, il empochait le chèque, mais en renvoyait une partie dans le compte de ma mère. Il me l'avait dit quand je lui avait demandé pourquoi il appelait la banque, il m'avait alors fait jurer de ne pas le dire, ce que je fis tout le temps. Il m'avait dit qu'il était heureux avec ou sans la présence de Gislain, tant que Layla était là auprès de lui, il serait près à affronter mille dangers pour son bien être. Ça se voyait dans ses yeux qu'il tenait énormément à ma mère. Il en était amoureux et apparemment il l'aime toujours aujourd'hui, mais il avait tout de même accepté de voir la personne qu'il l'aimait se lier par les liens du mariage avec un autre et comme un fidèle ami, il avait assisté au mariage et avait pris la place qu'à le père d'habitude dans la cérémonie puisque grand-père était décédé peu de temps avant. Je n'ai jamais voulu une autre personne que lui pour père, mais le hasard fait bien les choses, il avait fallu que ça tombe sur Gislain par chance, Phillipe restait quand même malgré les nombreuses menaces que père lui faisait.

On se quitte peu de temps après. Je marche à travers le deuxième étage avec un crayon et un calepin en main entrain de penser. Je déambule de pièces en pièces sans faire attention aux autres. Bill me croise entre le salon et la salle de billard.


Bill: Qu'est-ce que tu fais.
Lauren: Je ne peux pas te le dire tout de suite, mais si ça continue comme ça a commencé, elle devrait être prête pour demain si j'ai assez d'idées par exemple.
Bill: Mais de quoi tu parles?
Lauren: Secret défense jusqu'au grand dévoilement. Par contre, si tu parles avec Tom, il te dira sûrement ce qu'il a vu tantôt.
Bill: Je ne comprends pas beaucoup plus, tu sais?
Lauren: La seule chose que je peux te dire c'est que ça a un rapport avec cette événement.
Bill: Je suppose que je ne peux espérer en savoir plus.
Lauren: Exactement, maintenant si je veux finir et commencer, tu dois m'excuser.
Bill: Bien sûr, me dit-il d'un air soucieux.

Je lui fait un simple sourire et mes yeux pétillent fortement. Je tourne les talons et décide plutôt de monter dans un endroit où je serai seule et tranquille. Je monte donc sur le toit de l'immeuble où ma mère avait autrefois emménager un petit paradis terrestre. Sur une chaise longue, je me pose et continue ce que j'étais entrain de faire.
Je cherche des mots, des phrases qui ont du sens, qui pourront exprimer l'état de mon âme, qui pourrait rendre honneur à la mémoire de ma mère. Il est difficile de trouver les mots pourtant les sentiments sont là et ne demandent qu'à être mis sur papier.

Je commence à griffonner quelques phrases sur le bout de papier et les assemble pour que ça ressemble à un couplet. Le temps file et je réussis à terminer d'écrire. La deuxième étape commence alors, je regarde chaque parcelle de cette feuille et j'arrange quand j'en ai de besoin.

Le soleil se couche sur les horizons de Manhattan et les milliers de vitres des immeubles miroitent les douces couleurs de l'astre du jour qui fait ses aux revoir à des gens qui sont trop occupés par leur propre vie. La température chute un peu et je commence à avoir froid, je décide donc de rentrer et d'aller dans la salle de musique au deuxième étage.

Calepin et crayon toujours dans la main, j'ouvre la porte du toit de l'immeuble, descend quelques marches, ouvre une autre porte, celle accédant à mon appartement et à travers les couloirs me dirige vers les escaliers du deuxième. Je me dirige ensuite vers la pièce adjacente au salon, elle aussi insonorisée. Arrivée à sa hauteur, je contemple la porte pendant un court moment avant d'entrer et de refermer la porte après que j'ai ouvert les lumières. Je dépose le calepin sur la table basse et vais chercher un instrument. Au violon, je joue quelques notes, mais j'ai des la misère à trouver exactement ce que je veux jouer. Il me faut une douce mélodie qui ferait pleurer, une musique mélancolique qui reflète le temps passé. Je lâche le violon et vais au piano, j'appuie sur de nombreuses touches jusqu'à temps que je trouve que c'est bien ce que je voulais. Par contre, je ne sais pas si c'est cette instrument que je recherche. J'inscris tout de même les notes sur une feuille de tablatures pour ne pas les oublier.

Éreintée, je sors me désaltérer et me changer les idées. Je vais voir Bill qui est justement dans le salon entrain d'écouter la télévision. Quand il entend le déclic que la porte fait quand je la referme, il tourne le regarde vers moi. Il porte son attention sur les moindres fait et gestes que je fais en cet instant. Je passe derrière lui et vais me prendre de l'eau dans la cruche qu'il y a derrière le divan où il est assis. Il se tourne de bord et me regarde faire. Je porte le verre jusqu'à ma bouche et bois et quand j'ai fini, je vais me poser sur le divan à côté de Bill.


Bill: Ça avance ton affaire?
Lauren: Super bien, je vais peut-être être capable de vous la montre plus tôt que prévu, probablement après souper, mais il reste encore quelques petites modifications à apporter. Elle n'est pas totalement terminée, mais oui, ça vient.
Bill: Je suis content pour toi, me dit-il d'un ton froid.

Je soupire d'exaspération et Bill me regarde d'autant plus croche quand il m'entend.


Lauren: Je sais que tu me regardes et je sais pourquoi.
Bill: Pourquoi?
Lauren: Tu n'aimes pas que l'on te cache des choses, mais là je ne vois pas pourquoi tu réagis comme ça. À part toi, il n'y a personne qui sait que je prépares quelque chose. À ta place je me considèrerais comme chanceux d'en savoir davantage que les autres.
Bill: Très bien si tu le prends comme ça, me lâche-t-il en reportant son attention sur l'écran.

Élipse temporelle

Il est près de vingt-et-une heure lorsque je demande à tout le monde de venir me rejoindre dans la salle de musique. Phillipe est là aussi et je suis contente de le voir à mes côtés parce que c'est pour nous deux que j'ai écris cette chanson. Je commence à l'entamer lentement au piano sous les oreilles attentives de mes amis.

S'il fallait qu'un jour
La vie t'arrache à moi
Qui consolerait mes peines
Où trouverais-je la joie
S'il fallait qu'un jour
Tu t'en ailles loin de moi
Qui guiderait mes pas?
Moi qui n'aime que toi

S'il fallait qu'un jour
D'autres mains te câlinent
Je courberais l'échine
J'en mourrais je te le jure
S'il fallait qu'un jour
Dans un grand tourbillon
Tu effaces mon nom
J'en crèverais je le jure
Je le jure

S'il fallait qu'un jour
La vie t'arrache à moi
Qui guiderait mes pas?
Moi qui n'aime que toi
Que toi
Qui guiderait mes pas?
Moi qui n'aime que toi

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 16:03

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 22:14

Chapitre 43

Chapitre 43
Phillipe vient me rejoindre sur le banc, il cale sa tête au creux de mon cou et commence à laisser échapper des soupirs de tristesse. Je l'enlace de mes deux bras et moi aussi je me mets à pleurer lentement en essayant de reprendre ma respiration. En silence, nous nous soutenons. Je crois que...je me sens plus...libre maintenant que j'ai exprimé et que j'ai fait libre cours à mes émotions surtout en ce qui concernent ma mère. Je me sens tellement mieux, libérée d'un fardeau, je suis moins lourde ou ce n'est qu'une impression. Mes frères viennent aussi m'entourer suivis par les autres. Ils nous consolent du mieux qu'ils le peuvent, mais c'est difficile de remonter le morale à une personne quand celle-ci pleure encore un être parti depuis déjà quatre longues années. Toutefois, comme Bill et Tom connaissaient ma mère un peu, ils savent à quel point elle était attachée à moi et moi de même envers elle. Phillipe et moi nous nous faisons bercer par les paroles chaleureuses de mes amis. En silence, sans s'en apercevoir, le silence revient, tout le monde est perdu dans ses pensées quelconques, nous sommes tous un peu loin de la réalité, dans notre monde. Nous voyons ce que nous avons sous nos yeux sans pour autant réagir au moindre mouvement, comme si nous étions hypnotisés.

Lentement, chacun de nous finit par se lever et par sortir de la salle, moi la dernière. Je reste encore quelques instants à caresser les douces notes du piano et dans un léger soupir, je me lève, me dirige à pas lents ver la porte et finalement je referme la salle derrière moi. La pièce plongée dans la noirceur s'allume tout d'un coup. J'avance nonchalamment vers la sortie et quand celle-ci est atteinte, les lumières s'éteignent. Je monte dans ma chambre me reposer un peu car il est quand même tard. Je ne saurai dire l'heure qu'il est, mais une chose est sûre, c'est que je suis fatiguée.

Je ne prends même pas la peine de me laver, je me dirige directement vers mon lit et me rappelant soudainement que je dois me brosser les dents, je me relève même si cela ne me tente guère. Je ressors de la chambre et me dirige vers la salle commune avant les chambres. Je ne perçois aucune lumière émergeant du bas ou du haut de la porte, mais je ne prends pas de chance et frappe quand même contre la paroi. Je pense qu'il n'y a personne, mais dans ce genre de salle on ne peut pas en être totalement sûr, c'est pourquoi j'ouvre la porte lentement au cas où qu'il y a effectivement quelqu'un de l'autre côté. La lumière est effectivement fermée, alors d'un mouvement de bas vers le haut, je dépose mes doigts sur une petite plaque d'aluminium qui met en marche les lumières. La pièce se remplit d'une douce chaleur et devient confortable. Dans les tiroirs, je cherche ma brosse à dents et de la pâte pour me les brosser. Alors que je me forçais à faire cette tâche qui ne me plaît pas vraiment, quelqu'un frappe à la porte, donc, encore avec ma brosse dans la bouche, je vais ouvrir et je vois Bill qui est là devant moi.


Bill: Je peux entrer un instant, s'il vous plaît?
Lauren: Bien sûr, lui dis-je sans une once de reproche dans la voix.

Il va s'asseoir sur le rebord de la baignoire. Il semble mal-à-l'aise, il se replie sur lui-même ou c'est l'impression qu'il me donne. La tête penchée, il marmonne quelque chose avant de racler la gorge et de répéter plus fort pour que je puisse l'entendre plus distinctement.


Bill: Je...je suis désolé pour avant souper, me dit-il.

Je crache dans le lavabo la pâte que j'avais dans la bouche et range le tout. Quand je finis, je m'approche de Bill, m'abaisse à sa hauteur en me mettant en petit-bonhomme de sorte qu'il puisse me regarder dans les yeux quand je vais lui parler. Je pose mes deux mains sur ses cuisses dans un mouvement réconfortant. Quand je lève mes yeux vers les siens, je vois bien qu'il a peur de ma réaction ou qu'il l'appréhende certainement. Avant de lui adresser la parole, je le regarde intensément et longuement en espérant qu'il puisse y lire non de la colère, mais du pardon. À mon tour, je prends une longue respiration et me décide enfin à lui parler.


Lauren: Je sais, lui dis-je dans un souffle. Je sais que tu t'en veux..à mort et ça se voit. Je crois aussi qu'il y a une part qui est de ma faute.
Bill: Comment ça? dit-il soudainement surpris.
Lauren: Parce que je savais que tu n'aime pas que l'on te cache des choses et je crois que moi non plus je ne t'ai pas très bien parlé.
Bill: Mais..tu vas me pardonner comme ça??? rajoute-t-il incrédule.
Lauren: Oui, parce que comme je te l'ai dit, il n'y a pas que toi qui est fautif dans cette histoire, mais je veux quand même que tu comprennes quelque chose.
Bill: Oui, quoi?
Lauren: Ce n'est pas parce que je ne te dis pas quelque chose que je t'aime moins, tu sais. Tom et toi, vous êtes les personnes les plus chères à mon c½ur, ce qui, j'en suis sûre en rendra jaloux plus d'un s'ils venaient à le savoir, mais pourtant, entre nous trois, il y a un lien que rien ne brisera. Si j'ai quelque chose à dire, sois-en assuré que je vais te le dire. Il n'y a aucun secret entre nous trois, compris. Tu n'as qu'à demander, ça ne dérange pas, mais ne t'attend pas non plus à ce que je réponde tout de suite surtout si c'est une surprise.
Bill: Oui, j'ai compris. Toi aussi Lauren, tu m'es chère, autant que Tom et je ne voulais pas te dire ça comme ça. Je me sens tellement fautif, je me sens mal comme lorsqu'on était jeune et qu'on savait que l'on avait fait une bêtise et qu'on voulait la cacher. J'ai tellement de remords et même si tu me dis que tout est correcte, je sens encore cette pression dans ma poitrine. J'ai l'impression que tu ne me regardera plus de la même manière et ça n'arrange rien. Je suis perdu, un peu comme si je me sentais renié alors que je n'ai aucune raison d'être comme ça. Je ne sais pas ce que j'ai, mais ça me tourmente depuis cette après-midi et surtout depuis que tu as joué ta chanson.
Lauren: Hey Bill, ça s'appelle la conscience. C'est bien d'un côté que tu te sentes comme ça, ça veut dire que tu as appris ta leçon, même si je t'ai pardonné, parfois on continue de se torturer soi-même, mais là, il n'y a aucune raison. C'est arrangé, oublié, peut-être pas, mais passé oui. Allez lèves-toi, il est tard et je crois qu'un bon sommeil te fera du bien.
Bill: Lauren?
Lauren: Oui Bill? Tu veux me demander quelque chose?
Bill: Je voulais savoir si tu pouvais venir dormir avec moi, ta présence me fera du bien, s'il te plaît. Tom est là, mais cette nuit, je veux être avec toi.
Lauren: Bien sûr que je vais venir, lui dis-je sur un ton réconfortant, mais là, tu dois te préparer à aller au lit. Mets-toi en pyjama, je vais faire de même et je reviens.
Bill: D'accord, je t'attends.

Je me dirige vers ma chambre, j'entre doucement sur le sol feutré, ouvre la lumière, mais j'entends un gémissement alors je ferme le courant.

Hélia: Lauren? dit-elle d'une voix ensommeillé.
Lauren: Oui, lui répondis-je en chuchotant.
Hélia: Tu viens te coucher?
Lauren: En faite, je vais aller dormir avec Bill, je crois qu'il en a de besoin. Je suis seulement venue me changer.
Hélia: Ok. Bonne nuit et à demain.
Lauren: Bonne nuit Hélia.

J'ouvre tranquillement et le plus silencieusement possible un tiroir de la commode où je tire un large chandail avec des pantalons courts en soie de nuit. Je détache mes cheveux qui étaient retenus en queue de cheval. Finalement, je sors de ma chambre et referme un peu la porte, je la laisse entrebâille pour faire quand même un peu aérer l'espace. Je me dirige vers celle de mon frère, à côté de la mienne. J'ouvre la porte de sa chambre, passe seulement ma tête pour finalement rentrer complètement.

Lauren: Bill? lui murmurais-je dans la noirceur.
Bill: Oui? Je suis déjà dans mon lit et sans toi, je ne suis pas capable de dormir, donc résultat, je suis toujours éveillé.
Lauren: Comme si j'étais indispensable, lui dis-je en riant.
Bill: Mais bien sûr, déclare-t-il sur un ton ironique ce qui me fait plus rire.

Je m'avance jusqu'à son lit, mais par malheur, je me coince la petite orteil contre le coin de la base.

Lauren: Sale cruche!!! Sac-à-papier remplie de tortue!!!
Bill en riant: C'est quoi ces expressions.
Lauren: Arrête, je me suis fait mal.
Bill: Veux-tu un béqué bobo?
Lauren: Moi, ça ne me dérange pas hein, mais si toi, tu veux m'embrasser le pied, je n'ai rien contre.
Bill: Ah ok, eh bien on va laisse faire, je crois.
Lauren: Je crois aussi, rajoutais-je en riant.

Je longe le long du lit, tire les couvertures de mon côté, Bill se tasse un peu pour me faire un peu de place et moi, je me couche sous les couvertures. Bill s'avance vers moi dès qu'il pense que je me suis bien installée. Tout comme Tom, il passe ses bras autour de mon corps et enfouie sa tête au creux de mon cou. Je lui prends ses mains dans les miennes et ressers l'étreinte. C'est ainsi que nous nous endormons finalement quelques minutes plus tard.


Élipse temporelle

Je me réveille. En face de moi, Bill est déjà réveillé et ne cesse de me caresser la joue ou de me replacer quelque mèches de cheveux. Je lui souris et lui en fait autant. Je pose ma main gauche sur la main de Bill qui est encore sur ma joue.Timidement, nous nous regardons dans les yeux en essayant vainement de savoir ce que l'autre pense sans pour autant être capable de déceler le moindre sentiment à part celui d'avoir l'impression d'être transportés dans un endroit où tout est silencieux, où ne survivent que nous deux. On est dans notre bulle en ce moment jusqu'à temps que Tom vienne à frapper contre la porte et finisse par l'ouvrir. Nous nous redressons sur le lit douillet encore chaud de nos corps.

Tom: Allez, frérot et frangine, il fait beau dehors. J'ai pensé que l'on pourrait aller se promener un peu dehors, puisque nous ne sommes pas connus ici, autant en profiter.
Lauren: Mais Tom, il est quelle heure?
Tom: Je ne sais pas, mais je m'en fou!
Georg: Il est 10 heures vingt-trois, entendais-je de fond.
Lauren: Très bien. Où veux-tu aller.
Tom: Chez madame Tussaud.
Bill: C'est quoi qu'il y a là-bas?
Lauren: Ce sont des reproductions de gens célèbres. Les mannequins ont pour particularités de paraître vrais!
Bill: Hein cool!!! Je veux venir. Allez Lauren, plus vite que ça, dit-il en se levant précipitamment de son lit.
Lauren: Très bien, alors je me dépêche.
Tom: Ne prends pas trois heures pour te préparer, hein!
Lauren: Pourquoi?
Tom: Parce que c'est le cas de Bill.
Bill: Hé!!! lance-t-il sur un faux ton indigné. Comment te permets-tu?
Tom: Ahhh, ce n'était qu'une blague et puis aussi pour ta question, je me permets tout!

Je me lève du lit, vais embrasser Bill sur la joue et en en me dirigeant vers la porte, je vais faire de même pour Tom. Je referme la porte délicatement et me dirige vers ma chambre. Je peux constater qu'Hélia et Andréas sont déjà debout vu l'état de leur lit...et du mien! Je ne prends même pas la peine de les faire que je me précipite sur ma commode pour me trouver des vêtements convenables. Je finis par choisir une paire de mes nouvelles paires de pantalons neuves que je me suis achetée en Angleterre. Ils sont slim et foncés. Avec ce bas, j'agence un haut lumineux, d'un gris métallique. Je mets quelques colliers et quelques bagues en faisant attention, surtout attention au collier que mes frères m'ont donné et que, nous trois, nous portons constamment. Je ne me maquille pas, de toute manière, je ne sais pas comment on fait. D'aussi loin que je m'en souvienne, les seules fois pour lesquels je me suis maquillée, c'était pour l'Halloween. J'enfile une paire de sandales et descends en bas après avoir fait ma toilette. Je me prends vite fait un fruit dans le plat et m'installe sur le divan en attendant que les autres soient prêts à y aller. Alors que je finissais ma pomme, Andréas vient s'asseoir sur un des divans en face de moi. Il mange une banane tranquillement sans se presser. Nous ne nous parlons pas, trop occupés à finir notre fruit au plus vite. Quelques secondes plus tard, pendant que j'allais jeter le c½ur de ma pomme au composte, le reste de la gang arrive dans un brouhaha. Nous sommes tous prêts. Je vais me chercher une veste et nous pouvons finalement partir. Nous marchons dans les couloirs aux murs jaune foncé alors que la moquette est d'un rouge flamboyant et qu'ici et là, sont suspendus après les murs, quelques centaines de petits lampadaires. Nous avançons pendant un bout de temps avant d'atteindre la grande escalier principale. Puisque les autres ne connaissent pas encore très bien les lieux, c'est mes frères et moi qui ouvrons la marche. Nous descendons l'escalier qui nous amène deux étages plus bas et là, nous prenons l'ascenseur. Nous embarquons dans cette petite cage et nous attendons qu'une légère secousse nous indiquant que l'on est arrivé vienne, en attendant nous parlons.

Lauren: Pourquoi vous voulez venir à celui à New York, vous n'êtes pas allés à celui à Berlin?
Tom: On monte rarement à Berlin et comme il y en a un à New York et qu'on est là, je me suis dit que l'on pourrait venir.
Lauren: Très bien. On va y aller à pied, mais c'est quand même loin.
Andréas: Pourquoi on ne prend pas un transport?
Lauren: Parce que dans les grandes villes et particulièrement New York et Tokyo, c'est plus long prendre un transport que de marcher c'est pourquoi on voit rarement des automobiles, parce que c'est désavantageux et puis de toute manière, il n'y a presque pas de stationnement. La preuve, c'est que les stationnements, ici en tout cas, c'est des sortes de petites cages où tu mets ton véhicule et qui après avoir pesé sur un bouton, s'élève faisant place à une autre cage de la même sorte. Le pire là-dedans, c'est surtout que puisque les stationnements sont en hauteur, si tu es le premier en haut et qu'il y en a d'autres en dessous de toi, tu dois attendre que les autres partent pour avoir ton auto.
Hélia: Ce n'est pas très commode je trouve ce système.
Lauren: Ouais, je sais, mais c'est le seul qui fonctionne la plupart du temps parce que justement, il manque trop de place. Les gens ici sont presque empilés les uns sur les autres.

L'ascenseur est légèrement secouée indiquant que nous sommes enfin arrivés. Nous descendons et nous nous retrouvons dans un des coins discrets du grand Hall d'entrée. Nous avançons vers les grandes portes vitrées.

Dehors, le soleil pose ses rayons sur nous. Il fait tout simplement beau et la chaleur est au rendez-vous. Dans les rues de cette grande ville, beaucoup de monde se promènent sous les gratte-ciels. Nous déambulons à travers des quartiers pauvres pour nous épargner une distance considérable entre chez nous et le musée. Parfois nous rencontrons des pauvres mendiant la belle étoile, leur chapeaux à ras le sol, ils sont souvent assis sur des ordures pour éviter la chaleur trop flagrante des rues en béton. À chaque fois que j'en vois un, je lui donne assez d'argent pour qu'il puisse survive au moins deux semaines sans problème dans ce monde de fous. En tout, je crois bien que j'ai fait la charité pour un peu plus de dix milles dollars.


Bill: Pourquoi tu leur donnes tout le temps de l'argent? Pourquoi tu ne le garde pas. Je ne dis pas qu'on ne peut pas aider quelqu'un, mais vingt?
Lauren: Peut importe le nombre Bill. Je crois que si tu serais dans cette situation, tu aimerais que l'on t'aide et ce même si tu sais que la personne a déjà donné. Aimerais-tu te dire que tu ne recevras pas d'argent parce que tu étais au mauvais endroit au mauvais moment pour la simple raison que la plupart des gens font comme tu dis, ils en aident seulement qu'un, mais il faut comprendre qu'il n'y a pas qu'une seule personne qui est dans cette situation. Je trouve ça bien d'utiliser mon argent pour aider les autres au lieu de le dépenser en paillettes et en bonbons. Je n'ai pas besoin de vivre la grande vivre pour mener une vie heureuse. La preuve, quand nous étions jeunes, j'aurais bien pu vous repousser parce que vous n'aviez pas le même statut social que moi, mais je ne pense que pas la grosseur du compte de banque de quelqu'un doit rentrer dans les raisons pour laquelle on veut le connaître. C'est ça aussi être charitable, et par chance, je le fais avec plaisir. J'aime tellement voir le regard de quelqu'un qui semble perdu et oublié, comme effacé de la planète parce que personne ne lui prête attention, s'illuminer. J'aime voir leur sourire et leurs yeux qui expriment tout, cette reconnaissance qu'ils ont envers toi et que nul part ailleurs tu ne pourras retrouver. Tu te sens revivre pendant un instant, tu as l'impression d'avoir accomplie quelque chose de grandiose qui ne peut être décrite. C'est comme ça que je me sens quand j'en aide plus d'un. Dans la vie, il ne faut pas se limiter parce qu'au fond, nous sommes tous pareilles. Je me dis que la personne à qui je donne mon argent est probablement, le frère, la s½ur, la mère, le père ou peut-être même un ami d'un autre.
Tom: On croirait entendre mère Térésa.
Lauren: C'est qui elle?
Bill: C'est une femme qui vit avec les pauvres en aidant les autres malgré sa situation. Elle est reconnue à travers le monde pour ça.
Lauren: Elle semble être une bonne femme.
Hélia: Oui, c'en est une.

Nous arrivons finalement après une heure de marche au musée, mais comme il est midi et que nous avons faim, nous décidons d'aller manger, mais avant je vais acheter les billets pour la séance d'après le diner. Je reviens et donne à chacun son billet. Tom et Bill semblent avoir aperçu un bon restaurant dans les parages.

Bill et Tom: MCDONALD'S!!!!!
Lauren: C'est quoi ça?

Je regarde dans la direction où ils pointent leur doigt et vois une bâtisse jaune avec un gros M accoté dessus avec deux autres petits de chaque côté de l'inscription. L'éclairage est chaleureuse tout comme le personnel qui y travaillent, mais je m'aperçois vite que c'est un fast food. Pas de veine, je n'ai jamais mangé pareille nourriture et de surcroît je ne connais rien au menu. Les garçons, sans que je m'en rende compte, m'entraînent à l'intérieur et vont déjà se mettre en file. Andréas, Hélia, Georg et Gustav nous suivent tranquillement et viennent se mettre derrière nous. Bill donne sa commande et Tom aussi.

Bill: C'est quoi que tu vas prendre Lauren?
Lauren: Si je te dis que je ne suis jamais entrée dans un McDo, tu me crois?
Bill: Non.
Lauren: Bien, je te le dis pareille. Je ne connais rien au menu.
Bill: Ah! Bien, je vais te commander un menu et puis si tu n'aimes pas, on pourra toujours aller ailleurs t'acheter quelque chose.
Lauren: D'accord.

Bill se retourne vers la caissière alors que moi je parle avec les autres.

Bill: Ce sera un cheeseburger double avec un fruitopia, un sunday au caramel et j'aimerais changer la moyenne frite en une petite. Ce sera tout. Bill se retourne vers moi. C'est commandé.
Lauren: Merci.
Tom: Mais tu n'es vraiment jamais entré dans un McDo?
Lauren: Vous voulez que je vous dise, je n'ai jamais mangé de fast food de ma vie.
Bill: Merde, c'est vrai. Je suis désolé Lauren.
Lauren en riant: Voyons Bill, ne fait pas cette tête. Ça ne me tuera pas d'essayer quelque chose de nouveau et à voir votre réaction, je suppose que c'est bon ce qu'il y a ici.
Tom: Ah oui, trop, me dit-il sur un excité.

Pendant que nous parlions tous les trois, les autres sont allés commander. Nous attendons que notre repas arrivent à une table non loin du comptoir, d'où on pourra voir nos choses qui sont prêtes afin d'aider les caissières à débarrasser un peu les comptoirs. Pendant ce temps, nous parlons comme d'habitude. Tom a l'air excité d'aller voir Angelina Jolie en mannequin alors que Bill se fait plutôt chier à attendre. Moins de huit minutes plus tard, notre commande est prête. Je vais payer le repas de tout le monde à la caisse. Je remercie bien la caissière qui semble soulagé d'avoir fini. Je le sais parce que je la voyais quasiment entrain de courir un peu partout pour rassembler le tout. Une fois, elle préparait toutes les boissons qu'elle avait mises sur un plateau, pour ensuite en attendant les sandwiches, aller mettre des frites dans le grand conteneur prévu à cet effet pour ensuite mette un panier grillagé qu'elle a trempé dans de l'huile bouillante avant d'appuyer sur le bouton. Elle est retournée à l'avant où sortait parfois des sandwiches de notre commande qu'elle mettait dans un autre plateau. Entre-temps, les frites criaient au meurtre, elle est donc retournée les brasser un peu après avoir repesé sur le bouton. Pendant qu'elle n'avait rien à faire, elle lavait les comptoirs où elle voyait qu'il était sale et elle ramassait les frites à l'aide d'un balais et d'un porte poussière. Un moment donné, elle est disparue de mon champ de vision pendant presque trente secondes avant que je ne la revois mettre les frites prêtes dans un sorte de comptoir creux et elle a rajouté du sel. Par la suite, elle est allée compléter notre commande et finalement, elle nous a fait nos frites et nos desserts. Je la plainds d'être obligé de courir comme ça. Je ne sais pas qu'elle effet ça fait, mais ça ne doit pas être agréable surtout que j'ai vu sur sa chemise que c'est une stagiaire, donc qui vient seulement de commencer. Sérieusement, si elle s'est trompée dans ma commande, je ne lui en voudrais pas parce que je considère qu'elle avait déjà beaucoup à faire.

Nous sommes entrain de manger et même si c'est ma première fois ici, je ne déteste pas ce que j'ai, c'est même bon, même si je ne finis pas mon repas tellement il y avait de choses.


Andréas: Tu ne manges plus Lauren?
Lauren: Non, je n'ai plus faim. Je me demande même comment vous faîtes pour continuer!!!
Bill: On a un très grand appétit.
Tom: Ça veut dire que je peux prendre le reste de tes frites?
Lauren: Bien sûr, lui dis-je en lui tendant le paquet et en lui faisant un sourire.
Andréas: Et moi, ton dessert?
Lauren: Vas-y. Vous pouvez prendre le reste, de toute manière, je ne le mangerai pas et tant qu'à gaspiller...
Georg: Trop bien, je vais prendre ton autre cheeseburger, moi.
Lauren en riant: Ne te gènes surtout pas.

Nous ressortons du restaurant près de trois quart d'heure plus tard.

# Posté le dimanche 27 juillet 2008 14:07

Modifié le samedi 12 septembre 2009 15:48

Chapitre 45

Chapitre 45
Je reste collé contre Tom en continuant de le bercer quand la porte s'ouvre sur Lauren. Tom ne bouge pas, mais Lauren le regard drôlement car elle ne sait pas ce qu'il se passe. Elle me chuchote pour ne pas que Tom puisse entendre :

Lauren : Tu m'expliqueras plus tard quand je reviendrai, j'ai un rendez-vous, je reviens dans deux heures tout au plus.

Je hoche la tête pour qu'elle comprenne que je l'ai très bien entendue. Elle ferme lentement la porte et avant que celle-ci ne soit complètement clôturée, elle me lance un sourire compatissant.

Ellipse temporelle :

Lauren est partie depuis presque deux heures trente et je commence sérieusement à m'inquiéter, même si je sais que lorsqu'on est dans une grande ville comme New York, à cause des transports et du reste, il arrive souvent que cela prenne plus de temps que prévu, mais comme je suis son grand frère, je ne veux surtout pas qu'il lui arrive quelque chose... Tom aussi se demande où elle est. Si elle n'arrive pas très bientôt, il va péter un plomb je crois bien. D'ailleurs Georg et Gustav sont avec lui depuis qu'il a commencé à faire les cents pas, ils essaient de le calmer mais quand Tom est comme ça, c'est dur de le faire changer de comportement!!!

D'où je suis, j'entends très bien la porte d'entrée qui claque. Je sursaute violemment et d'un pas précipité, je cours jusqu'à la porte. Lauren est là, elle se tient debout devant moi. Elle semble surprise.


Lauren : Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
Bill : QU'EST-CE QU'IL Y A? QU'EST-CE QU'IL Y A? TU T'INTÉRESSE ENFIN À NOUS. MERDE LAUREN, ÇA FAIT UNE HEURE QUE L'ON T'ATTEND. OÙ ÉTAIS-TU? TOM EST À L'ÉTAGE ET IL N'ARRÊTE PAS DE S'EN FAIRE POUR TOI DEPUIS AU MOINS QUARANTE-CINQ MINUTES!!!...ET MOI AUSSI, J'ÉTAIS INQUIET POUR TOI. TU NE TE RENDS PAS COMPTE DE CE QUE TU AS FAIT. J'AI EU PEUR BON SANG, EN UNE HEURE J'AI EU LE TEMPS DE ME FAIRE TOUS LES SCÉNARIOS DANS MA TÊTE, TOUS SANS EXCEPTION. JE TE CROYAIS PERDUE, MORTE, KIDNAPPÉE OU PIRE RETROUVÉE PAR DES MALFRATS!!!

Sans un mot de plus, je tourne les talons. Je dois vraiment me calmer, mais vraiment. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris de lui parler de la sorte et maintenant que c'est sorti, je regrette amèrement ces paroles. Je suis vraiment égoïste et je m'en rends compte parce que s'il y a bien une personne qui se préoccupe de nous à part nos parents et David, c'est bien elle. Elle nous a déjà sauvées la vie et on dirait qu'en l'espace d'un instant, j'ai oublié cela. Lauren ne nous aurait jamais fait ça, je ne sais même pas comment j'ai pu en avoir seulement la pensée. Je dois me vider l'esprit, repenser à ce que j'ai dis. Pauvre elle, je l'ai laissée planter là, dans l'entrée, elle était complètement abasourdi, elle ne pensait sans doute pas que je lui parlerais de cette manière. Comment j'ai pu être aussi agressif, comment? En tout cas, je dois me retrouver seul pour faire le point, après, il faudra bien que j'aille m'excuser et que j'assume mes actes. Je n'avais aucun droit sur elle. Pourquoi moi je lui ai parlé sur ce ton, elle, elle ne me l'aurait jamais fait, ni à moi, ni à quiconque? Elle respecte bien trop tout le monde pour ça. Lauren dévoue pour moi un très grand respect, mais maintenant, qu'est-ce qu'elle va penser de moi? Je me sens soudainement pas à la hauteur de l'amour de Lauren, je ne la mérite pas j'en suis sûr.

Je m'enferme dans ma chambre en essayant tant que possible de ne pas claquer la porte quoique cela soit dur pour moi en ce moment. J'entre et pousse un long soupir de soulagement. En bas, il doit régner une tension monstre et ça, tout simplement à cause de moi. C'est alors que je me rends compte que la bombe à retardement à finalement exploser et elle a explosé en plein dans la face de celle que je ne voulais surtout pas. Je saute sur le lit et m'étends, je mets mes mains derrière ma tête et ferme les yeux ; une irrésistible envie de m'évader d'ici seulement pour quelques minutes. Alors que je commençais à m'endormir, j'entends quelqu'un frapper à ma porte, mais celui-ci n'entre toutefois pas, je devine alors que ça doit être Lauren puisqu'Hélia et Andréas sont partis depuis une demi-heure faire l'épicerie. Je prends un grand soupir et appréhende sauvagement ce qu'il va se passer quand ma s½ur va franchir le seuil de cette porte, qui, maintenant, me sépare du reste du monde et me protège en quelque sorte de ma stupidité. Je finis tout de même par lui parler.


Bill : Tu peux entrer.

La porte s'ouvre lentement dans un grincement. Lauren passe sa tête dans l'entrebâillement et je vois qu'elle fait une tête d'enterrement. Comment ai-je pu lui faire ça, à elle surtout, comment?

Je lui souris pour l'encourager à avancer plus et à entrer. Elle ouvre finalement complètement la porte et la referme tout de suite après comme ça, ce qui se passera dans cette chambre restera dans cette chambre. Elle vient s'étendre à côté de moi et se tourne sur le côté pour mieux me voir. Elle me parle et sans que je ne me sois préparé à ça, elle commence à pleurer. Elle se confond en excuse, elle fait tout ce que je ne voulais pas. Elle me dit que c'est de sa faute si je me suis fâché, si je lui ai crié dessus, elle pleure et implore mon pardon. Je me sens extrêmement mal dans ma peau parce que je sais qu'elle le fait parce qu'elle a eu peur de moi. Quelque part en elle, elle doit me confondre avec son père, parce que sinon, elle n'aurait pas resté là à ne rien dire et à m'écouter débiter, elle aurait essayé de se défendre, de dire qu'elle n'avait aucun compte à rendre personne comme une adolescente normale, mais depuis le début je me dis que Lauren n'est pas normal et qu'elle ne le sera sans doute jamais. Je savais et je sais que Lauren est fragile d'un côté, elle est comme une enfant qui se fait disputer et c'est comme ça qu'elle agit en ce moment. Elle se replie sur elle comme elle se repliait devant son père. Elle le fait parce que c'est devenu une habitude, parce que pendant de nombreuses années, elle a agit comme ça. Elle ne sait plus vraiment distinguer du vrai du faux et je m'en veux tellement.
Elle est à côté de moi et elle continue de pleurer en se rabaissant. Je la regarde un moment et j'aperçois qu'elle s'est recroquevillée sur elle-même en position f½tal. Elle a ses mains sur son visage comme si elle avait peur de moi ou plutôt, de comment je vais réagir. Elle a peur que la même scène de tantôt ne se reproduise et moi qui m'était juré de ne jamais lui faire mal, c'est moi qui, depuis qu'elle est sortie de sa prison de verre, lui lance la première pierre. C'est moi, Bill Kaulitz, ancien petit-ami et nouveau frère. Quand j'essaie de m'approcher d'elle pour m'excuser de mon comportement, instinctivement, elle ramène ses pieds contre elle et essaie de rentrer dans le mur, le plus loin possible. C'est effrayant maintenant à quel point je me rends compte que finalement Lauren est véritablement un enfant. Elle n'a jamais grandi, c'est comme une petite fille dans le corps d'un grande. Je ne sais pas comment interpréter la scène qui se déroule sous mes yeux. Je me dis que même si je ne l'ai pas frappée, pour elle, ça l'est tout comme. Pour elle, ça revient au même que ça soit physique ou non, ça lui a touché le c½ur, le point le plus sensible chez elle et je l'ai touché comme je toucherais n'importe qu'elle homme qui essaierait de ma la voler et qui voudrait lui faire du mal. Je n'en reviens pas...


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Hier, j'avais commencé à écrire la suite, mais comme je n'avais pas beaucoup de temps et que je voulais quand même que vous puissiez la lire si ça vous tentais, je l'avais mise en ligne...aujourd'hui, j'avais un peu de temps à tuer, alors j'en ai profiter pour vous mettre la suite qui vient tout de suite après...alors voilà.

Bonne lecture...


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Plusieurs fois, j'essaie de m'approcher d'elle, mais à chaque elle se recule tout le temps. Bientôt, elle est complètement contre le mur, il n'y a plus aucune issue et je me rends compte qu'en ce moment elle agit comme une bête sauvage qui est traquée. Elle ne peut aller nulle part car je lui bouche la route. Cette vision me lève d'autant plus le c½ur. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais sans hésiter pour ne pas la voir pleurer. Pour que revoir sur son visage autre chose que ces larmes qui n'arrêtent pas de me poignarder tout droit au c½ur. Aujourd'hui, en cette heure, en ce moment, je ne suis plus Bill Kaulitz, mais n'importe quel homme sans empathie, vidé de toute joie de vivre, je suis devenu n'importe lequel d'entre eux pour elle, j'en suis sûre. La bêtise humaine quand elle me prend...pourtant je sais qu'elle est plus forte que moi et à chaque fois je me laisse prendre dans le jeu, je ne peux y croire. Quand viendra le jour où je saurai véritablement réfléchir avant de poser des actes, quand arrivera-t-il?

Je ne sais plus quoi faire, ce froid, ce malaise, c'est moi qui l'ait crée et pourtant je ne sais pas comment le dissiper. Impuissant, moi? Oui, tout à fait. Quand j'essaie de faire quelque chose pour elle, je ne le fait pas bien, ou peut-être que si, mais j'oublie qui est véritablement Lauren et j'agis comme j'agirais avec n'importe qu'elle adolescente en pleurs. J'oublie et là est plus mon grand défaut. J'oublie qui elle est, qui je suis, j'oublie même le monde qui nous entoure parce qu'en fait, je n'existe plus vraiment, plus après ça. Me pardonnera-t-elle un jour? J'essaie de me convaincre que oui, que s'il y a bien quelqu'un qui peut pardonner ici, c'est bien elle, mais en mon for intérieur, j'en doute sérieusement. Qu'arriverait-il si elle ne le faisait pas? Je serai probablement détruit et même si elle m'excusait, son regard changera sûrement. Les quelques jours que nous avons vécus ensemble, beaux et remplis d'amour, deviendront-ils un simple souvenir, ou pire encore, seront-ils réduits au simple mirage? Si un jour on m'aurait dit que je ferai mal à une fille, j'aurai probablement ri, mais là, pour tout de suite, je ne la ri pas!

Je sors de ma chambre, je suis tourmenté par mon propre fantôme. Je laisse Lauren là, toujours sur mon lit, elle pleure encore lorsque la porte se ferme derrière elle. Dehors, le couloir est silencieux. C'est un très grand appartement, enfant je l'aimais parce qu'il était spacieux, mais maintenant il me semble trop grand, beaucoup trop grand. J'aurais besoin de quelqu'un en ce moment pour venir me parler, et me dire que ce que j'ai fait n'était pas correcte, quelqu'un qui pourrait m'aider à voir plus clair dans mon comportement, quelqu'un qui saurait me soutenir et me dire qu'elle saura passer par-dessus parce qu'elle m'aime, parce qu'elle tient énormément à moi, mais, tout de suite, dans cette appartement immense aussi bien en longueur qu'en largeur, je me sens seul. J'entends certes les autres parler à l'étage inférieur, mais je suis dans ma bulle, je suis prisonnier de ce sentiment, j'ai l'impression que j'ai froid, un vide total dans mon être. Et si je me sentais comme ça pour le reste de ma vie? J'ai peur, très peur, je suis à la limite d'être terrorisé, cette éventualité m'effraie.

Alors que je suis encore planté dans le couloir avec en bruit de fond, les sanglots de Lauren, Gustav agite sa main. J'étais parti sans doute trop loin d'ici pour avoir aperçu mon ami monter.

Dans son regard, je vois de l'incompréhension. Il scrute le mes pupilles comme si elles pouvaient parler à ma place et dire les réponses à ses questions silencieuses. Je vois sur ses yeux, des perles, il a pleuré je crois, en tout cas, c'est l'impression qu'il me donne. Tout autant que moi, il m'a entendu parler fort contre Lauren, il a sûrement dû être choqué par la manière dont j'ai réagi. Jamais, depuis que l'on se connait, il ne m'a vu comme ça, même avec mon frère, parce que oui, l'amour fraternel n'empêche en rien les disputes. Jamais, au grand jamais, je n'ai fait ça, je ne me reconnais plus, aidez-moi!!!

Gustav me prends par les épaules tout en me brassant d'avant en arrière en me disant tout bas :


Gustav : Bill? Est-ce que tu as perdu la tête? Qu'est-ce qui t'a pris de parler comme ça à Lauren. Elle était en retard, oui. On était inquiet, c'est certain, mais ça ne faisait qu'une heure. Tu ne crois pas que tu la surprotège? Ce n'est pas comme ça qu'elle va apprendre à vivre dans le vrai monde. Tu l'étouffes à force. Bill, je sais que tu veux la protéger, mais ça veut aussi dire lui apprendre à faire attention, mais si tu l'enfermes comme ça, comment elle va faire pour se débrouiller quand nous auront repris les concerts, quand les tournées commenceront? Bill, en tant que grand frère, tu te dois de la préparer. Je sais que tu regrette, ça se voit. Tu as une mine à faire peur mon vieux, mais tu dois te reprendre. C'était une erreur, même en connaissant très peu Lauren, je sais qu'elle comprendra. Arrête de te blâmer, arrête tout de suite parce que tu te fais du mal. Il y a déjà Lauren qui ne va pas très bien, ne t'y mets pas aussi. Ce n'était qu'une simple erreur, ça arrive à tout le monde. Imagine-toi si le monde arrêtait de tourner à chaque fois que quelqu'un ferait une niaiserie, le monde serait figer dans le temps. Reprends sur toi, c'est le momen.
Bill : Mais Gustav, je lui ai fait mal. Je ne sais plus quoi faire.
Gustav : Commence par retourner dans cette chambre. Essaie de te faire pardonner.
Bill : Mais j'ai essayé, mais elle se replie sur elle-même.
Gustav : Bill, tu connais ses problèmes, tu sais que c'est normal qu'elle réagisse comme ça. Prends ton mal en patience, quand elle verra que tu es toujours là, que tu tiens fermement à lui parler, elle se rendra compte que tu l'aimes vraiment. Fait un effort, s'il vous plaît...essaie...

Je ne sais pas quoi rajouter de plus. Je me retire, tourne les talons et entre de nouveau dans ma chambre. Lauren n'est plus sur le lit, mais de l'autre côté de la chambre, dans un coin. Elle n'arrête pas de se balancer d'avant en arrière, et malgré qu'elle se soit mise une couverture sur la tête et que je l'entende murmurer des paroles incompréhensibles pour moi, je sais qu'elle s'est un peu calmée. Petit à petit, les murmures que j'entendais auparavant me sont plus distincts, en fait elle est entrain de se chanter une chanson comme un enfant. Je ne comprends pas les paroles ou du moins que quelques-unes. L'anglais n'étant pas mon point fort, comment saurais-je parler le français, langue qui m'est inconnue même si mes nombreux voyages dans les pays francophones, tel la France m'ont immergé dans cette langue très différente de la mienne. Pourtant, je n'ai pas besoin de comprendre ce qu'elle chante pour savoir que c'est triste à s'en déchirer le c½ur... à travers ses bribes qui me parviennent, je crois avoir compris une des nombreuses phrases du refrain...

Ne t'en fais pas je sais qu'il t'aime aussi

Cette phrase, bien qu'elle soit la seule que je comprenne que je sois sûr de sa bonne interprétation, me fait énormément mal au c½ur...un coup de poignard qui ne va plus au c½ur, mais à mon âme. Ma petite s½ur est là, cachée sous la couverture, à l'abri des regards, coupée du reste du monde, elle essaie de se convaincre que je l'aime encore...comme si j'aurais pu un jour la détester ou la renier...

Point de vue de Lauren :

Si j'avais su qu'il prendrait mon retard comme ça, je ne serais pas restée plus longtemps pour en apprendre d'avantage sur le passé fastueux de mon père, je serais directement rentrée à la maison.

Bill vient de quitter la chambre, à travers mes pleurs, j'entends la voix de Gustav de l'autre côté de cette porte, j'entends celle aussi de Bill, je sais qu'il ne va pas bien et moi non d'ailleurs.

Je ne me sens pas bien sur ce lit, j'ai l'impression que bientôt je vais tomber dans un précipice entre le lit et le mur, alors je prends la couverture sous moi et me dirige vers l'extrémité de la chambre dans un autre coin, là, je jette la couverture sur moi, je me fais une sorte de cabane comme je m'amusais à faire lorsque j'avais 8 ans et après, lorsque mon père venait de me battre et que j'avais des plaies ouvertes et pleines de sang et que je voulais fuir son regard. La couverture à changer d'utilité à travers le temps, elle ne me sert pas juste à me réchauffer comme le commun des mortels, elle me permet de me renfermer sur moi et d'ériger une séparation entre le monde cruel qui m'entoure et mon corps frêle et dépendant encore des soins des autres. Sans que je ne m'en aperçoive vraiment, je commence ce mouvement de balancier que je sais si bien faire à force de l'avoir fait. Lentement, dans un murmure, je commence à chanter la même chanson que je chantais lorsque je vivais encore avec lui. Dans ma tête, tout est changé, certes, mais tout à rester pareille aussi, que ce soit mon père ou que ce soit une autre qui me fasse mal, ça reste la même affaire, on m'a trahie...et Bill aussi m'a trahie. Je lui ai fait confiance, je lui ai tout confié, tout dit, rien caché, je me suis mise à nue devant lui plus que devant quiconque d'autre...et voilà ce qui m'arrive...alors pour me convaincre encore que l'amour ne sert pas comme ça, qu'il vit encore pour moi et pour mon salut, je chante, je chante pour m'évader, pour oublier, pour me fondre dans la masse...mais surtout pour fuir...Oui je sais, je suis lâche, mais je ne me sens pas la force de me battre encore...pas pour l'instant du moins. Alors je cris tout ce que j'ai à crier...je cris dans ma tête et je murmure dans la réalité pour que personne ne me voit tel que je suis...


Endors-toi petite j'te jure
Demain tout ira mieux bien sûr
Oublis ces paroles
Oublis ces gestes qui t'ont... Tant fait souffrir
Endors-toi ma belle je sais
Le provoquer, c'est pas c'que tu voulais
Je sais tu l'aimes, tu n'a pas fais exprès

Encore une nuit
Où tu es seule, accroupie dans ton lit
Où tu as mal, et tu n'as rien compris
Ne t'en fais pas, je sais qu'il t'aime aussi


J'entends quelqu'un entrer dans la pièce, mais je m'en fou parce que pour l'instant, il n'y a que moi qui compte, et même si je chantais fort, qui comprendrait vraiment ce que je chante, qui, dans cette maison parle français...personne à part le cuisinier, mais il est parti ce matin parce que sa mère est morte du cancer hier et qu'il se doit d'être là pour les préparatifs des funérailles. Même si je sens une présence familière dans la pièce et même si je sais qui est là, je ne m'arrête pas, car il faudra bien un jour que je reconnaisse mes tords et un jour, je sais que tout ira mieux...bien sûr, mais ce jour n'est pas encore arrivé. Alors je continue et je ne m'arrête pas parce que je ne veux pas...non, je ne veux pas.

Pourquoi c'est toi
Qui finis toujours dans ses bras
À supplier de pardonner
Des gestes que t'as jamais posés
Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour
D'avoir cru que c'était d'l'amour
D'avoir volé l'enfance que t'a toujours désirée

Assis tout seul dans le salon
Ton père marmonne ses illusions
Il se fait croire qu'il a raison
Qu'il n'a pas vu les bleus sur ton front
Pourtant il a si mal
Pourquoi est-ce si normal
De tant vouloir t'aimer
Sans cesser de t'faire pleurer

Pourquoi c'est toi
Qui finis toujours dans ses bras
À supplier de pardonner
Des gestes que t'as jamais posés
Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour
D'avoir cru que c'était d'l'amour
D'avoir volé l'enfance que t'as toujours désirée

Encore une nuit
Où tu est seule, accroupie dans ton lit
Où tu as mal, et tu n'as rien compris
Ne t'en fais pas, je sais qu'il t'aime aussi

Pourquoi c'est toi
Qui finis toujours dans ses bras
À supplier de pardonner
Des gestes que t'a jamais posés
Je sais, un jour, tu lui pardonn'ras à ton tour
D'avoir cru que c'était d'l'amour
D'avoir volé l'enfance que t'as toujours désirée


Point de vue de Bill :

Ce qu'elle chante est magnifique sans doute...j'aimerais tellement comprendre ce qu'elle dit et ce qui se passe surtout dans sa tête. Maintenant, je maudis tous les diables de l'enfer de ne pas avoir fait plus attention en classe. Il faut dire que je n'ai jamais été un élève modèle, bien que je passe avec une bonne note tout de même dans cette matière, j'aimerais en ce moment en savoir plus sur cette langue...j'aimerais comprendre tout simplement, est-ce trop demander? Probablement.

Comme me l'a conseillé Gustav, je suis resté avec Lauren toute la journée, je ne suis même pas sorti de ma chambre pour aller manger, c'est Georg qui est venu m'apporter mon repas sur un plateau. Il est revenu par la suite pour amener celui de Lauren, mais elle ne lui a pas touché et on est au milieu de l'après-midi. Lauren a arrêté de chanter depuis presque bientôt trois heures, mais pourtant, elle n'a toujours pas changé de position...et moi non plus d'ailleurs. La Persévérance...elle n'a jamais été mon point fort, à moins que ce ne soit en musique, alors là, je fais de mon mieux, je pratique souvent et beaucoup même si je m'en lasse de toutes ses heures passées à répéter tout le temps la même affaire pour une note parfaite, pour un passage à améliorer...je n'ai jamais été patient, j'ai toujours tout voulu et tout de suite, mais avec Lauren, je sais qu'aller trop vite, c'est comme me jeter dans la gueule du loup, ça ne rapportera rien, ça va même empirer les choses. Je dois faire attention à ce que je fais. Je veux qu'elle sache que je regrette, mais cette situation peut durer éternellement, et alors, aurais-je la force de continuer dans cette ambiance? Je ne sais pas, mais pour Lauren, je ferais tout, même me couper les ailes, je veux qu'elle puisse me refaire confiance comme elle l'a déjà fait. Je sais que ça prendre sans doute beaucoup de temps, mais pour réparer mes erreurs, je dois faire quelque chose et avec Lauren, je ne sais pas toujours quoi faire parce que je n'ai jamais été confronté à ce genre de situation auparavant.

Au cours de l'après-midi, Hélia, Andréas et Tom sont venus pour voir comment ça allait, si la situation s'améliorait, mais à chaque fois, je leur répétais la même chose. Point positif là-dedans, rien ne s'est dégradé, mais ça me tue d'avoir le silence comme seul compagnie. Lauren reste muette depuis trop longtemps à mon goût, et encore une fois, je jette tous les blâmes de la terre sur la stupidité des hommes, et par la même occasion, par mon manque de tact.

Je me dis en mon for intérieur que si un jour, elle ne réussi pas à me pardonner, qu'il faudra bien me tuer, car sans elle, je ne suis plus moi. Bien sûr il y a mon frère, mon groupe et mes amis, mais comme il est étrange d'avancer dans la vie quand même une infime parcelle de toi reste accrochée au passé...et si je ne m'en remettrais pas, continuerais-je vivre? Et si oui, comment? Comme un fantôme, à l'image d'un vampire qui aspire la vie des autres pour pouvoir survivre, ou tout simplement comme un mort-vivant qui n'a plus rien à espérer de la vie parce que la vie la trahi maintes et maintes fois? Sans elle, je marcherai comme condamné qui s'en va sur l'échafaud, ou comme un malheureux qui s'emprisonne dans sa tête ou peut-être deviendrais-je un de ces nombreux misérables riches qui à force d'avoir fait des faux pas sont tombés en entier dans un gouffre. Je redoute le point de non retour car j'ai peur de franchir cette ligne qui me sépare de l'espoir pour finir dans l'abîme.

Les minutes passent et les heures aussi, il fait bientôt nuit à New York. Je regarde de là où je suis les nombreuses lumières de cette ville, les même qu'hier, mais maintenant tout est différent, tout. Du coin de l'½il, je jette un regard sur la couverture où se cache depuis environ 8 heures ma s½ur. Aucun mouvement ne parvient jusqu'à mes yeux...mais peut-être a-t-elle bougé et comme d'habitude, j'ai été aveugle.

Je me lève de mon lit car je sens la fatigue dans mes fesses et dans mes jambes. Lorsque je suis finalement debout, je me sens bien et j'en profite pour m'étirer tous les muscles possibles. Je marche un peu dans la chambre, je fais surtout des cercles, allant d'un côté pour enfin changer d'avis, et aller de l'autre sens. Par moment, je me plante devant les fenêtres pour regarder la beauté de la ville, mais pourtant je ne suis pas capable d'apprécier ce paysage et ce moment, je suis bien trop préoccupé pour simplement avoir l'idée de penser à autre chose.

J'entends quelqu'un frapper à la porte et la personne entre. Je me retourne et j'aperçois Gustav qui vient s'assurer que tout va bien. Il entre doucement dans la chambre et vient près de moi, il pose une main sur mon épaule gauche.


Gustav : Ne t'en fais pas Bill, laisse-lui encore un peu de temps.
Bill : Oui, mais combien au juste. Depuis la dernière fois que tu m'as parlé aujourd'hui, rien n'a avancé.
Gustav : Tu as essayé de l'aborder?
Bill : Non, je me disais que si elle voulait vraiment me parler, elle le ferait, mais elle ne réagit pas depuis de longues heures. Elle est dans la même position depuis que je suis rentré ici. Rien n'a changé!
Gustav : Tu peux essayer, là, non? En plus, je suis avec toi.

Je m'avance doucement vers cette forme aux contours indistincts. Je me mets en petit bonhomme et quand je parle à Lauren, celle-ci lâche une sorte grognement qui me fait sursauter. Ce son me fait peur, mais je prends mon courage à deux mains et refais une nouvelle tentative. Lauren ne me réponds pas, mais elle ne grogne pas non plus.

Je lui parle comme ça pendant proche de deux heures. Je lui parle d'une voix douce. J'attends une réponse de sa part depuis le début, mais celle-ci ne fait que m'écouter et parfois pour me répondre, je la vois hocher de la tête en dessous des couvertures.

De longues heures s'écoulent encore et je commence vraiment à désespérer, quoi faire? Quoi faire? C'est la seule et unique question qui me vient en tête, mais à chaque fois que je me la pose, je ne trouve pas de réponse. Bientôt, c'est la nuit avancée et je commence vraiment à m'endormir, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée de dormir, je devrais peut-être continuer de tenter le coup, mais combien de temps faudra-t-il que j'attende pour elle? Finalement, beaucoup trop fatigué, je finis par m'endormir sur le sol à côté de Lauren, je voulais impérativement rester à ses côtés...
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# Posté le jeudi 28 août 2008 17:53

Modifié le mardi 15 septembre 2009 15:28